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Parenthèse : Le culte de Gauchito Gil...

Publié le par Bernard Oheix

Tout au long de notre voyage, sur les bas-côtés des routes, on rencontre de curieux petits mausolées en toile et en planches ou flottent d’innombrables bannières rouges faseyant dans le vent. Dans toute l’Argentine, le Gauchito Gil est honoré. Religion, culte païen gauchisant, secte, saint non-reconnu par l’église... Les Argentins sont très discrets sur ce point mais à l’évidence, une foule d’adeptes viennent les entretenir, les enjoliver, faire des offrandes et se retrouvent dans ce mythe.

Gil est un espèce de Robin des Bois du XIXème siècle à la vie mouvementée, un mixte entre Arsène Lupin et le Chevalier Blanc, Don Quichotte et Zorro.

Sa vie est une légende. Il aurait déserté pour ne pas tuer ses frères dans la guerre permanente entre les libéraux (célestes) et les autonomistes (colorados). A la tête d’une bande de hors la loi, il aurait alors dépouillé les riches pour redistribuer aux pauvres. Capturé par le Colonel Salazar et condamné malgré une pétition demandant sa grâce, au moment d’être tué, il aurait promis un miracle au soldat chargé de l’exécuter : il sauverait la vie de son fils très malade s’il lui faisait une prière après sa mort. En rentrant chez lui, le sergent découvrit son fils à l’agonie et invoqua le Gauchito Gil. L’enfant guérit mystérieusement. Le sergent éleva alors le premier «mausolée» en l’honneur de Gil à l’endroit même où il l’avait exécuté et d’autres l’imitèrent, essaimant des sortes de niches où ils déposaient des offrandes, entretenant la flamme d’un miracle et d’un saint au service du peuple !

Il parait que Maradona, le «cultissime» Maradona, qui éclipse tous les Argentins vivants (même Lionel Messi n’arrive toujours pas à être considéré comme un grand chez lui, même le Pape François ne peut rivaliser avec «La main de Dieu !), ce Maradona qui reste le symbole absolu du pays, enfant du peuple et génie du foot, autodidacte et reflet du rêve Argentin, portait un maillot à l’effigie du Gauchito Gil (enfin, c’est ce qui se dit !) quand il gagna la Coupe du Monde de foot, dans un pays sous la botte des militaires.

Si le Che (un autre Argentin ne l’oublions pas !), est devenu une icône médiatique, il n’est qu’un joli poster diffusé dans le monde entier, sans racines, coupé de toute réalité, Gil, lui, est devenu une religion dans son pays, où se retrouve le peuple, sauvage, anarchique, totalement débridé. Que se cache-t-il derrière cette adoration ? Difficile de répondre, si ce n’est que les bannières rouges qui flottent dans le vent continueront longtemps à entretenir la flamme d’un héros populaire échappant à toute forme de récupération !

PS : au fait, pour le change à Mendoza, Jack-pot ! Après m'être promené sur l'avenue San-Martin avec deux billets de 50€ à la main, un "petit arbre" m'a abordé et après discussion, m'a offert un change à 12 pesos pour un €. Inutile de vous dire combien nous étions heureux de regonfler notre capital par un matelas de billets de 100 pesos !

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