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Clip Départ ! Festival de Cannes (1)

Publié le par Bernard Oheix

Et la grande foire mondiale de l’image 2015 est donc lancée, un 68ème Festival, mon 38ème personnellement... J’ai tout vécu des diverses façons d’assister aux séances : invitations quémandées, portes dérobées, fausses cartes de presse, contrefaçon des billets...à l’époque où en maîtrise de Cinéma, rien ne pouvait arrêter les étudiants de l’Université de Nice dévoreurs de pellicule que nous étions ! Et puis il y a eu à partir de 1996 mon retour sur la Côte d’Azur après un exil doré à la MJC de Bourg en Bresse, jusqu’à ce poste de Directeur de l’Evénementiel au Palais des Festivals à partir de 2001 m’autorisant une certaine (relative) liberté... plus besoin de tricher !

Désormais, avec la retraite en chantant que j’ai décidé de prendre, c’est comme un cinéphile de base avec son badge autour du cou que je vis le Festival du Film de Cannes, avec ses cohortes de files d’attente, les discussions dans les queues avec des inconnus cinéphiles, les échanges d’information et les tuyaux sur les films à ne manquer sous aucun prétexte... Un mixte entre d’insupportables contraintes et le divin plaisir toujours renouvelé d’une extase !

Ma dernière montée des marches sur le tapis rouge remonte à 10 ans environ, et je ne le regrette pas, tenue de soirée, noeud papillon, si loin à mes yeux des 24 image/seconde dont les 24 marches de l’escalier mythique sont le symbole...Ma réalité c’est la cinéphile, la vraie, celle qui m’autorise à voir les films en continu dans une salle de La Bocca, un quartier de Cannes, à l’Ouest de la Croisette, sans forcément choisir, acceptant d’être surpris ou déçu, ingérant les milliers de kms qui séparent un réalisateur Australien d’un Vénézuélien, un Chinois d’un Turc, même si à chaque édition, quelques thèmes, quelques tics, des références étranges viennent percuter notre conscience, comme si les cinéastes se donnaient étrangement la main à l’heure de concevoir leur oeuvre dans le creuset de leur culture ! Quels seront ces thèmes... réponse dans une trentaine de films même si la dizaine que j’ai déjà regardés me donnent d’ores et déjà quelques indications (les jeunes et la délinquance, les lieux d’enfermement... à vérifier !)

En pré-ouverture, Christina Noble, nonobstant la noblesse du sujet (une irlandaise part sauver des enfants des rues au Viet-Nam et créer des dizaines de centres d’accueil dans le monde) est un film sans relief, trop convenu, manquant d’un regard mordant bien loin de la complaisance !

C’est donc avec le film d’ouverture, La tête haute d’Emmanuelle Bercot que les premières émotions jaillissent ! Un beau film grave, porté par des acteurs sublimes, sur un jeune qui, de 6 ans à 18 ans, sera encadré par des éducateurs et une juge pour enfants tentant de le sauver de lui-même et de la violence qui le dévaste ! A l’heure où les cris d’orfraies de ceux qui voudraient toujours plus de sanctions exemplaires et vilipendent une justice dite laxiste, ce film retrace fidèlement le chemin de rédemption d’un enfant perdu, coincé entre une mère aimante mais désaxée, l’absence du père, et l’impossibilité du rêve d’un futur. Il montre que le pardon et la 2ème chance sont indispensables pour guérir, il trace un chemin original entre le poing fermé et la main ouverte !

Rafale d’oeuvres du Cinéma des Antipodes à l’occasion du Festival Cannes séniors et un magnifique Healing de Graig Monahan (Australie) qui aura le Grand Prix. Sur un thème qui rejoint celui de Bercot (lieu d’enfermement pour adultes, semi liberté et 2ème chance), Viktor, un meurtrier, retrouvera sa place dans la société et le coeur de son fils grâce au efforts de gardiens éducateurs et d’un programme de réinsertion qui lui permet de gérer une volière de rapaces.

Tabula Rasa de Adryanto Dewo (Indonésie) et White Lies de Dana Rotberg (Nouvelle Zélande) proposent deux films originaux aux émotions «exotiques» mais à l’immense humanité. Dans le premier, un aborigène Papou recruté pour son talent de footballeur sur son île, se retrouve dans les rues de Djakarta après un accident à la cheville qui brise sa carrière. Il se reconstruira grâce à une rencontre avec une femme qui lui donnera sa chance et à l’art culinaire dont il deviendra un maître. Dans le second, après le massacre de ses parents par des colons blancs au début du siècle dernier, une native devient un «marabout» et maintient les traditions de son peuple... Contacté par la servante d’une riche colon, elle découvrira que c’est une fille de son peuple que sa mère a «blanchit» afin de lui offrir un monde meilleur. La naissance d’une enfant lui offrira une descendance et permettra la transmission de son savoir !

On peut passer alors sur le scabreux soft de My Mistress de Stephen Lance (Australie) avec une Emmanuelle Béart en maitresse Sado-maso (!!!) et sur Ewerything We Loved de Max Currie (Nouvelle Zélande) ou le rapt par un couple d’un enfant vivant afin de remplacer un enfant mort aurait mérité un traitement plus nerveux et tendu...

Reste pour conclure cette première rafale de films, celui de la Semaine de la Critique (1er ou 2ème film) Sleeping Giant d’Andrew Cividino (Canada) nous montre l’errance d’un adolescent en vacances, perdu dans sa découverte de la sexualité et les rapports avec deux jeunes flirtant avec la délinquance et les défis physiques. Film fort intéressant, à la thématique puissante, qui s’étire parfois et manque de reliefs pour convaincre totalement !

Voilà, mon dixième film sera le Mad Max...Bien loin du Cinéma D’Auteurs mais si proche de nos émotions de grands enfants ! Rendez-vous donc très bientôt pour de nouveaux commentaires en direct !

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