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De Jodhpur à Udaipur

Publié le par Bernard Oheix

Jodhpur, la ville bleue qui n’a de bleu que le nom. 1,5 millions d’habitants et un condensé de toutes les contradictions de l’Inde moderne. Une pollution effarante dans une chaleur de 35°, un bruit infernal, une circulation kafkaïenne. Dans la saleté des immondices, une population qui se croise et s’active, des étals qui débordent les rues défoncées, des magasins qui regorgent de tout ce qui est imaginable, du rien comme du tout, et toujours, des hordes de motos qui klaxonnent à tout va pour se frayer un passage au milieu des tuk-tuk et des voitures.

Et pourtant, la citadelle de pierres ouvragées domine imposante et majestueuse, des palais de marbre surplombent la misère, des temples sont pavoisés de drapeaux de couleurs qui s’agitent dans la brise. 

Les gens sont accueillant et curieux, jamais agressifs, toujours rieurs. Et quand la nuit tombe, par un coup de baguette magique, les rues se vident et offrent un paysage de désolation, papiers qui trainent, vestiges des étals, vaches qui nettoient en dévorant les plastiques et les reliefs abandonnés au milieu des rues. Le silence n’est troublé que par les litanies religieuses qui montent dans le ciel, ricochant sur les lumières du fort et du Palais du Maharajah qui scintillent en dorée dans la nuit sans étoiles.

Les indiennes et les indiens sont d’une beauté étonnante, pas dans les canons traditionnels que nous connaissons, mais ils possèdent une grâce naturelle, l’élégance innée héritée d’un passé de prestige. Des traits bien dessinés, des yeux noirs, des dents blanches, un teint mat, une propreté corporelle et des habits soignés et chatoyants qui contrastent souvent avec l’environnement des grandes villes dans lesquelles ils s’entassent.

Et nous finirons notre journée chez Omelette Man, une échoppe célèbre au pied de la tour, chez tous les routards, qui offre sur un tabouret à mêmes les trottoirs, la meilleure omelette du monde ! 400 oeufs consommés en moyenne par jour, pour une portion dévorée qui nous coutera 50 roupies (0,70 centimes) et un goût de merveilleux dans la gorge !

De Jodhpur à Udaipur

Après l’agitation d’une métropole, nous quittons la terre des morts (le Marwar) pour les montagnes et le temple de Jaïn. Une construction totalement folle pour une religion marginale en nombre (seulement 12 millions d’adeptes !) mais très importante politiquement. C’est cette religion qui prône la non-violence qui inspira Ghandi. 

Un palais comme un gâteau à la chantilly, de marbre ciselé, des centaines de colonnes en dentelle de pierres, des dômes qui surplombent des puits ouvrant sur la nature, des espaces qui s’entrecroisent, un dédale de recoins immaculés conçus pour conforter les fidèles dans leur foi pleine de ferveur et de majesté. 

Cette religion végétarienne pousse son dogme à respecter l’ordre vivant jusqu’à la limite du possible, puisqu’elle refuse même de manger des légumes à racines de peur de troubler l’ordre naturel et d’avoir un mauvais karma en tuant des insectes vivants dans la terre !

 
De Jodhpur à Udaipur

Et tout au bout du chemin, la perle d’Udaïpur, la ville blanche, un des sites les plus remarquables du Rajasthan, construite autour de 7 lacs et qui conjuguent la beauté d’une ville humaine à la magie des fastes de l’Inde. On la dénomme la Venise Indienne même s’il y a moins d’eau et de canneaux que dans l’original ! C’est là que fut tourné Octopussy de James Bond. Visite du Grand Palais, tour sur le lac Pichola et de son célèbre hôtel/palais sur une île, dédale de ruelles propres et d’échoppes avenantes... pour finir par un repas sur le toit d’un restaurant où nous nous régalerons de plats typiques et succulents pour la somme de 15€... à 5 !

Et dès la tombée de la nuit, les litanies religieuses reprennent et montent dans le ciel pour bercer l’air de ces voix qui rappellent aux êtres humains la vacuité de leurs existence et empêcher le touriste de dormir !

De Jodhpur à Udaipur

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