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Vers Jaipur et la magie des couleurs !

Publié le par Bernard Oheix

Bundi, un immense hôtel comme un palais moderne où errent notre groupe réduit de français (5 personnes) et un couple de vieux indiens sympathiques dans le désert de salles immenses et de couloirs interminables. Il y a du «shinning» dans les coupures d’électricité plongeant le palace dans la nuit pendant un orage diluvien.

 

Le Palais/Forteresse de Bundi érigé au XIème siècle offre le visage de la désolation et de la décrépitude. Accrochée au versant abrupt d’une montagne, protégée par des remparts et un lac, il offre un point de vue inexpugnable... mais la roue du destin a tourné : un maharaja mort sans enfant,  un palais vendu, des havélis en abandon et le temps qui passe inexorablement, les dégradations dues aux orages violents,  les chauve-souris qui nichent dans les pierres, les visiteurs qui  vandalisent les trésors en grattant les feuilles d’or des fresques !

Et pourtant, la magie transparait à travers les vestiges du passé, du marbre blanc d’un trône aux vasques d’une salle de bain, des encorbellements en forme d’éléphants aux peintures de quelques salles miraculeusement préservées depuis plusieurs siècles. 

Ainsi, en quelques éclairs, on reconnait la marque de l’homme créateur et du génie constructeur de cette civilisation dans son âge d’or.

cette fresque murale date du XVIIème siècle...

cette fresque murale date du XVIIème siècle...

Et puis la route droite, bordée de champs de cultures (blé, lentilles) que les femmes récoltent à la main et entassent soigneusement en petit tas. Un déjeuner dans un «routier» typique, de terre battue, ouvert sur l’horizon, un repas divin de légumes épicés et de galettes de pain au beurre. L’Inde actuelle avec toujours ces sourires charmeurs qui invitent au bonheur.

On ne peut parcourir les routes traversant des villages avec leurs échoppes à même la route sans être subjugués par ces couleurs permanentes qui nous fascinent. Des saris rouges, bleus, jaunes, verts, mais toute la gamme des indigo, safran, violine pour les écharpes et le brillant des bijoux d’or et d’argent pour les relever. C’est à une symphonie visuelle que les indiennes nous invitent et dans la grâce de leur tenue et leur port altier, il y une histoire de la beauté et de la majesté de ces habitants contrastant bien souvent avec les reliefs d’un monde moderne incapable de digérer leur activité.

Une halte pour les ruines majestueuses de Chittorgarh envahies par les singes, monuments guerriers rongés par la lèpre, remparts inutiles contre la folie des hommes. On pressent dans les cicatrices de ce complexe militaire, toute la folie de ces royaumes en guerres incessantes, de ces armées qui s’affrontaient menées par les maharajas pour la conquête d’un bout de territoire, pour la suprématie d’une région sur une autre, au vent des grandes invasions musulmanes et mogholes qui venaient périodiquement affronter les hindous.

Les couleurs de la vie !

Les couleurs de la vie !

Enfin, le plongeon vers la capitale du Rajasthan, Jaïpur la rose, construite en 1727. Une ville tentaculaire de plus de 4 millions d’habitants dont les plans ont été dessinés par des architectes novateurs et toujours d’actualité, le «Shilpa Shastra», fondateur de l’architecture urbaine moderne.

C’est par une promenade en éléphant que nous accédons au Fort d’Amber. Un gigantesque complexe où l’ingéniosité des architectes et des bâtisseurs apparait dans toute sa sophistication. Salle des miroirs, bassins de recueil des eaux de pluie, système de «climatisation»... On sent dans ce Fort magnifiquement entretenu toute la vie des grands de l’époque et l’orgueil d’une caste de puissants aux pouvoirs sans limites dont la guerre et les arts sont les fondements.

Le Palais du Maharaja en est un exemple frappant avec ses manuscrits, ses tenues chamarrées, ses ornements et bijoux, ses armes d’argent, ses encorbellements d’ivoire et son marbre sculpté comme de la dentelle.

Et pour ceux que l’astronomie fascine, l’observatoire Jantar Mantar est une preuve de leur science, encore après des siècles, toujours aussi précis et d’avant-garde, décomposant le ciel et ses planètes, donnant un sens à leur mysticisme profond.

Une dernière promenade dans la vieille ville aux ruelles dégorgeant de toutes les marchandises envisageables, des plus vulgaires aux plus modernes, du toc au choc. Il est temps alors, dans l’appel des muezzins et de leurs litanies tentant de couvrir les bruits d’une ville en convulsion, de rentrer, ivres de fatigue, de soleil et d’images à jamais imprimées sur nos rétines, dans nos émotions et dans nos rêves.

 

Il nous reste à découvrir Le Taj Mahal et demain nous fonçons vers Aggra. Nous en aurons alors terminé avec le Rajasthan. Mais le voyage continue et Venarasi et le Kerala sont au programme !

 

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