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Festival du Film 2017 : dernière livraison avant clôture !

Publié le par Bernard Oheix

 

Si le Festival a commencé tout doucement et sans passions extrêmes, depuis trois jours, de vrais films sur des histoires de chair et d’êtres humains émaillent toutes les sélections. Petit tour d’horizon de quelques coups de coeur qui donnent de l’espoir à un cinéphile enfin récompensé de ces longues files d’attentes, de ces heures à guetter l’éblouissement devant un écran qui s’éclaire !

 

Deux magnifiques films italiens pour nous rappeler que ce pays est toujours une terre de cinéma. Après le beau Fortunata, (cf. précédent article), Après la Guerre (Annarita Zambrano) tente de solder les cicatrices des années de plomb. Suite au meurtre absurde et brutal d’un professeur de droit en 2002, le spectre du terrorisme renaissant et l’abandon de la jurisprudence « Mitterrand » en France provoquent la fuite d’un ancien leader terroriste avec sa fille adolescente sur les chemins d’un nouvel exil. C’est aussi toute sa famille en Italie, la mère, la soeur, le beau-frère qui voient leur existence bouleversée par le drame.

Incapable de faire le bilan de ces années terribles, devant le désespoir d’une génération sacrifiée, l’Etat Italien s’arc-boute sur des règles qui empêchent la réconciliation. Un film sur une époque révolue où le terrorisme se voulait la bonne conscience de ceux qui luttent et que le futur rattrapera toujours dans son horreur !

L’intrusa de Leonardo Di Costanzo dévoile le visage d’une mère courage, une femme qui gère un centre de loisirs dans une banlieue Napolitaine rongée par la lèpre de la « camorra ». Dans une contexte fragile de tensions extrêmes, sa décision d’accueillir la femme d’un maffieux va mettre en péril tout le travail d’une équipe passionnée qui lutte au quotidien pour sortir les enfants du ghetto mental dans lequel la corruption et la violence les plongent. Les haines à fleur de peau et la peur qui suinte à chaque pas trouveront un fragile rayon de soleil dans un final d’espoir. 

 

On avait aimé le film Russe Sans Amour pour cette absence cruelle d’un enfant qu’un couple en train d’exploser provoquait. Une Femme Douce de Sergeï Loznitza élargit le propos, c’est la société toute entière qui est en train de s’écrouler. Un film désespéré sur la quête par une femme de son mari emprisonné dans une Russie en décomposition où toutes les valeurs se perdent, où les beuveries et le sexe se mélangent dans le pitoyable d’un échange sans partage. Une étrange fable conclut le film de 2h 22 (toujours un peu trop long !). Que l’on retrouve le film au palmarès, tout comme Sans Amour ne serait pas incongru tant les deux films russe touchent à l’essentiel des rapports humains dans une Russie qui s’enfonce dans le chaos et le désespoir.

Deux films français aussi. Le superbe et fascinant L’Atelier de Laurent Cantet où Marina Fois anime un atelier d’écriture auprès d’adolescents difficiles de La Ciotat. La violence passée, celle de la fermeture des chantiers dans les luttes et la violence d’aujourd’hui qui s’exprime dans les rapports tendus entre les jeunes se canalisent dans l’écriture d’un polar. L’écrivaine qui tente de mettre un peu d’ordre est alors fascinée par la personnalité brute d’un adolescent qui flirte avec l’ultra-violence et l’extrême droite…

Un film magnifique, sur la rédemption et l’interrogation, sur la recherche de l’humanité qu’il y a en chacun de nous !

Jeune femme de Léonor Serraille, campe une jeune femme à la limite de tout, du désespoir et de la violence, de la frustration et de la haine. Pourtant, dans un long cheminement vers elle-même, elle va recoller les morceaux épars de sa vie, faire enfin la paix avec les démons qui la hantent, accepter la fin d’un amour qui la dévore avec un artiste qui a été son Pygmalion avant de l’abandonner. C’est un vrai portrait de femme porté par une interprète fascinante, Laetitia Dosch dont l’énergie, la violence et la fragilité se transcendent dans sa volonté de survivre et de s’accomplir.

Directions du Bulgare Stephan Komandarev est un film choral dont le fil conducteur se situe dans les divers taxis qui vont charger des gens aux destins qui se croisent. C’est sur le fond d’une Bulgarie à bout de souffle, rongée par la corruption et qui fait le grand écart entre un destin européen et son passé de misère que des personnages vont accomplir leur trajet vers la solitude et les drames. Tableau désespéré d’une société en train d’exploser, entre la misère et la corruption, les trafics et les blessures du passé. Un film magnifique qui aurait mérité d’être en sélection pour concourir pour la Palme.

Je ne dirai pas de mal de In the Fade de Fatih Akim. Même si la facture du film est un peu trop classique et les effets parfois appuyés, le thème, un attentat raciste par des fascistes dans l’Allemagne d’aujourd’hui, me semble trop d’actualité pour que l’on dédaigne d’un revers de la main cette oeuvre puissante, forte sur le combat d’une mère qui vengera la perte des siens contre une société incapable de punir les coupables. Diane Kruger est remarquable et ce film, il faut l’espérer, aura une belle carrière en dehors des festivals !

 

Cette année, il n’y aura pas de pronostic sur le Palmarès. N’ayant vu que 8 films en compétition, je me garderai d’avancer des hypothèses même si j’imagine retrouver les deux Russes dans le tableau final.

Au final, j’aurai visionné 32 films dont 8 en compétition, 10 d’Un Certain Regard, 3 de La Semaine de la Critique, 5 du Cinéma des Antipodes et quelques Quinzaine et autres séances spéciales. J’en garderai la qualité évidente des Italiens, un regard toujours particulier et la richesse des réalisateurs Français, le scanner social des pays de l’est (Russie et Bulgarie) et quelques OFNI (Objets Filmés Non Identifiés). Parmi eux, Le Vénérable W, un documentaire fascinant sur les boudhistes racistes de Birmanie de Barbet-Schroeder qui fait froid dans le dos et un Ak-Nyeo du Coréen Jung Byung-Gil où dans les 3 premières minutes, une jeune fille très en colère tuent au pistolet et au couteau, 82 bandits qu’elle soupçonnait d’avoir tuer son père. C’est un film complètement fou, haletant et surprenant qui même à l’heure tardive de sa projection, ne pouvait que nous scotcher au siège et nous empêcher de dormir. Un Blockbuster à l’américaine sur fond de vengeance mais avec une maitrise incroyable et un supplément d’âme à réjouir tout cinéphile décidé à se lâcher un peu devant l’écran !

Voilà, l’heure de la cérémonie de clôture s’avance. Il faudra attendre un an avant de retrouver cette passion « cinéphilique » qui ouvre tant d’horizon, même dans ce monde qui a rétréci !

Et quand au thème de l’enfance meurtrie que j’avais défini dès le 3ème jour, il nous aura tenu en haleine jusqu’à la fin, jusqu’à l’ultime bobine, tant il ne faisait pas bon être un enfant dans les films présentés en 2017 au Festival de Cannes !

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L'Enfance meurtrie : festival du Film. 1ère partie

Publié le par Bernard Oheix

2017 ne sera pas une grande année (en terme de nombre de films !) pour moi. La faute à Lise ma petite fille me détournant allègrement des écrans. Après 5 jours, seulement 19 films au compteur, difficile d’envisager les 40 dans ces conditions extrêmes ! 

Mais puisque l’on évoque une (très) petite fille, autant rebondir sur le thème qui se dégage de cette première partie du festival avec une force peu commune ! Cette année sera celle de tous les états de l’enfance et de l’adolescence sous tous les angles possibles et imaginables ! Enfants meurtris, violés, kidnappés, abandonnés, mais aussi manipulateurs et bourreaux, on les aura tous entrevus dans cette édition du 70ème anniversaire du Festival du Film. Petite rétrospective sous l’angle d’une enfance brisée !

 

Cela a commencé avec Anu Singh, jeune fille désirant se suicider avec panache mais  qui finalement, n’y arrivant pas, décide de tuer son jeune amant, (c’est plus facile !) dans un film Australien tiré d’un fait réel du Cinéma des Antipodes, Joe Cinque’s consolation. Plus ambitieux et réussi, le film russe de Andrey Zvyagintsev, Sans Amour, devrait se retrouver au palmarès où un couple se déchirent sous l’oeil d’un enfant devenu un alibi dans la confrontation entre ses parents qui se le renvoie comme une balle encombrante. Il décide de fuguer… et la recherche désespérée des parents et d’une structure spécialisée dans la disparition des enfants le remettra au centre du jeu délétère qui s’est joué. Sa disparition inexpliquée lui redonnera sa place centrale, le rendra enfin présent et réel… mais trop tard !

Dans La lune de Jupiter, un adolescent réfugié syrien qui tente de rejoindre l’Europe avec son père, se fait tirer dessus par un commissaire Hongrois. Il va découvrir son pouvoir d’immortalité et de lévitation. Exploité dans un premier temps par un médecin corrompu puis aidé par lui qui devient son servant, il devient un objet de fascination et provoque une remise en cause des protagonistes. Film assez fascinant même si l’aspect religieux renvoie à un problématique complexe à prime abord.  

Dans la série de l’horreur absolue, rien ne sera épargné aux spectateurs dans Love Hunters de Ben Young qui nous abreuve d’images et de situations insoutenables. Une jeune fille est kidnappée par un couple de sérial killers avec tout ce que l’on peut imaginer. Ava (La Semaine de la Critique, premier ou deuxième film) de Léa Mysius, démarre magnifiquement. Une adolescente est en train de perdre la vue à cause d’une maladie génétique. C’est son dernier été. Malheureusement, le film se fourvoie dans un final totalement incongrue, échappant au contrôle de la réalisatrice-scénariste. Dommage, mais on la retrouvera dans son prochain opus tant elle affiche un vrai talent de mise en images.

Les filles d’Avril film mexicain de Michel franco présenté dans Un certain Regard (la sélection du  Festival hors compétition) voient s’opposer une fille-mère à sa mère/fille… La mère inconsistante et refusant de vieillir vient dérober le bébé et le père de l’enfant (17 ans) de sa propre fille. Celle-ci va se battre pour récupérer son enfant et renvoyer le géniteur. Un film bizarrement tordu qui laisse un goût étrange…

Gabriel e a montanha de Felipe Gamarano Barbosa suit les derniers jours d’un jeune qui a pris une année sabbatique pour parcourir le monde avant d’intégrer une université de Los Angeles. le film s’ouvre sur la découverte de son cadavre sur les pentes inhospitalières du mont Mulanji, sa dernière étape avant son retour programmé. Soutenu par des images de personnages qui l’ont vraiment connu dans sa volonté de s’intégrer parmi les populations locales, le film retrace son parcours et toutes les zones d’ombres du personnage. Son impatience, ses certitudes, son insouciance le mèneront à sa perte. Touchant et poignant.

Fortunata de l’Italien Sergio Castellitto est un film déchirant et magnifique. Une petite fille vit avec une mère courage (Fortunata), séparée d’un père policier abruti et violent. Elle tente de reconstituer sa vie et de gagner une liberté pour elle et sa fille. Magnifiquement réalisé, des personnages illuminés qui éblouissent, un final tragique et grandiose, un film attachant et singulier.

Dans Mise à mort d’un cerf sacré, de Yorgos Lanthimos, le thème de l’enfance s’impose de lui-même. Dans un processus de vengeance causée par la mort d’un patient, un père va devoir tuer un de ses enfants pour sauver l’autre !!! Âmes sensibles s’abstenir !

Enfin, on attendait beaucoup du dernier film en compétition de Michael Haneke, Happy End,  avec une distribution de prestige (Huppert, Trintignant, Kassovitz). Le film s’ouvre sur une petite fille (13 ans) qui empoisonne d’abord son hamster puis sa mère. Récupérée par son père, elle va contempler les dégâts d’une famille de la grande bourgeoise qui se décompose. Glacé et glaçant, d’une froideur chirurgicale, le film reste sur le fil du rasoir d’une réalité qui sécrète son propre poison.

 

D’une façon générale, les films sont trop longs, flirtant avec les deux heures, dégageant souvent une impression de confusion et de verbiage dont le Noah Baumbach L’histoire des Meyerowitz est une illustration parfaite, malgré un trio d’acteurs époustouflants (Hofffman, Sandler, Stiller). 

 

Dans quasiment tous ces films, un personnage vient s’imposer comme un élément indispensable de la vie quotidienne : le téléphone portable, outil de communication qui oblitère la réalité et transforme le rapport des individus. Sous couvert de les ouvrir aux autres, il les enferme dans une bulle sans prise avec la réalité. C’est particulièrement évident dans Passage par le futur du chinois Li Ruijun (Un Certain Regard) qui montre une jeune femme dans sa quête éperdue pour un avenir impossible. Elle acceptera de devenir un cobaye pour des expérimentations médicales afin d’assurer un avenir à ses parents dans une Chine où la crise ronge l’avenir. Le portable est omniprésent comme un témoin de l’agonie des êtres perdus dans un monde de souffrance.

 

Voilà, il reste 4 jours pour voir si les enfants et les portables peuvent faire bon ménage et offrir un horizon d'espoir dans un festival noir comme la vie qui nous entoure. Quand on est cinéaste, on ne doit pas facilement pouvoir créer des films heureux et optimistes quand on regarde l’état du monde qui nous entoure, et cela, nous spectateurs, nous en sommes les témoins privilégiés !

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Macron !

Publié le par Bernard Oheix

Et si l’avenir se jouait aujourd’hui... ou dimanche par exemple ?

Certains de nos choix n’impliquent que nous, sont du ressort de la sphère du privé. Athé, je respecte le croyant. Sudiste de Cannes, je n’en méprise pas le parisien… même si on peut en rire quelquefois. Blanc, je n’en pense pas pour cela être supérieur. Supérieur à qui et à quoi d’ailleurs ? Il y a tellement de gens plus intelligents que moi, à la belote comme dans le métier de programmateur, quelle que soit la couleur de leur peau, dans la vie comme dans le rêve. Nous irons tous un jour au bout de notre chemin, et ce n’est pas le ciel qui nous attend, c’est nous-mêmes, devant notre bilan, devant les nôtres, devant ceux qui nous ont connus et qui garderont notre mémoire jusqu’à l’extinction définitive des lumières.

J’ai découvert la musique du monde et elle m’a permis de voyager de par le monde, elle a ouvert des horizons d’une richesse insoupçonnée. J’ai voyagé et j’ai été reçu par des êtres qui n’avaient pas mon confort matériel mais qui m’offraient en partage leur repas et me donnaient un peu de leur humanité sans rien attendre en retour.

Ce monde, quand je suis né, à la moitié du précédent siècle, portait encore les stigmates d’une guerre effroyable où la raison avait perdu pied. J’en ai vu des traces concrètes. La fin de la guerre avait cessé depuis moins longtemps que le millénaire n’est entamé ! Une poignée d’années, une poussière de temps !

Alors je me dis que ces choix individuels que nous pouvons faire dans le secret d’un isoloir propice à se défouler, nous devons en porter la responsabilité devant les autres, devant nos enfants, devant les amis de nos enfants, devant n’importe quel humain dont les yeux peuvent pleurer à la mort d’un enfant, devant le coeur d’une mère qui voit les siens partir pour des voyages sans retour, devant ceux qui souffrent et n’ont pas les protections dont nous disposons.

J’ai grandi dans l’âge d’or, et je n’ai jamais connu le chômage, j’ai évité de justesse la grande vague du sida et j’ai vécu dans le confort d’une société française en plein développement. L’ascenseur social turbinait à plein et le monde nous appartenait.

Mais j’ai des enfants, une petite fille, des êtres que j’aime, et ceux que je ne connais pas forcément mais qui ont aussi un coeur et des réservoirs de larmes prêts à couler qui me demandent de ne pas être témoin etc complice de l’ignominie. 

 

D’un côté il y a la haine, le repliement, la fermeture, l’exclusion et avant tout, le chaos économique d’un programme absurde et changeant à tout moment avec comme seule certitude, l’explosion de l’Europe. Les négationnistes, les anciens fachos, les apparatchiks de l’appareil du Front National qui réussissent à s’adjoindre des êtres veules et cupides, des Ménard, Zemour, Collard et enfin un Dupont-Aignan qui veut se faire payer sa campagne et obtenir un poste de 1er ministre comme une consécration.

Il y a le mépris et l’utilisation sans vergogne de la peur et de la bêtise. Oui, je l’affirme, il faut être décervelé pour croire aux promesses d’une extrême droite aux slogans si faciles qu’ils en deviennent naturels. Oui il faut être con pour ne pas s’apercevoir que c’est un tissu de mensonges  et que le monde se portera plus mal de leur accession. Et la France explosera car du chaos ne nait jamais un monde harmonieux.

J’ai honte des électeurs du Front National.

J’ai honte d’un Mélanchon, vieux routier de la politique, blanchi sous le harnais des mandats interminables qui joue la stratégie du pire… Les insoumis Français ont le Pablo Iglesias qu’ils méritent, et il pue ce leader maximo, ce Trump de Gauche qui fait aimer la vertu politique comme le milliardaire de naissance Donald Trump a su se faire aimer des pauvres aux USA.

Oui je déteste ces hommes de droite, les Ciotti, Lellouche et autres qui naviguent en eaux troubles de calculs politiciens.

Oui je vomis ces cathos intégristes qui se cachent derrière leur religion comme ces intégristes musulmans qui prônent l’horreur pour faire fructifier leur petite boutique du malheur.

Il n’y a pas plusieurs votes possibles. Il n’y en a qu’un, voter Macron malgré la vraie haine qu’il déclenche. Une haine irraisonnée, sans fondements, irrationnelle comme s’il était responsable de tous les malheurs du monde.

Et si Macron me trompe, alors je pourrais descendre dans la rue et clamerais ma colère !

Je ne suis pas du tout certain de pouvoir le faire avec l'autre.

J’ai vécu une grande partie de ma vie, mais ceux que j’aime ont encore tant de rêves à accomplir, tant d’espoirs à porter que je ne peux me taire par égoïsme.

Voter Macron dimanche : une question de salut public, seulement cela, tout cela !

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