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Festival du Film : dernier bug !

Publié le par Bernard Oheix

 

Comment un jury composé de personnages aussi talentueux qu’un Almodovar, réalisateur de tant de films qui nous ont fascinés (Tout sur ma mère, Parle avec elle, Volver, Julieta), une Agnès Jaoui, femme de culture attachante, réalisatrice et actrice de talent, un Park Chan Wook qui a réalisé des films si bizarres (Old Boy, Thirst, ceci est mon sang, Mademoiselle…), Paolo Sorrentino (Il Divo, La Grande bellezza, un peu surfait quand même mais chouchou du Festival !) ou même  Will Smith, quoique lui, on avait l’impression qu’il était tellement heureux d’être présent et de faire l’acteur qu’il a dû en oublier de regarder attentivement les films… Comment ce panel de sommités qui n’a que le cinéma à penser pendant dix jours, dont on peut imaginer qu’ils sont totalement incorruptibles, choyés et dorlotés comme la prunelle de leurs yeux qu’on leur demande d’utiliser sans faillir, comment un tel jury peut-il se planter à ce point dans son palmarès ? 

Cela apparaissait impossible : ils l’ont fait !

Le syndrome traditionnel du jury vient encore de frapper ! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, telle est la question ?

 

Il a attribué, à l’unanimité comme à l’habitude (!), une Palme d’Or à The Square, Palme verbeuse, longuette et sans grand intérêt, dont on peut imaginer qu’un simple accessit aurait été largement suffisant pour une présence somme toute déjà symbole de victoire pour son réalisateur. Dans cette sélection de films pas toujours de grand niveau, mais reflet du cinéma d’aujourd’hui et de la créativité actuelle, une pépite pourtant éblouissait, mais leur cécité fut bien plus forte que le ravissement que ce film engendre.

Il aurait pu tout avoir. Une Palme d’Interprétation masculine, il ne l’a pas eu ! Il aurait pu pareillement doubler avec l’interprétation féminine, elle ne l’a pas eu !

Il aurait mérité un prix du Jury ou un prix spécial à minima : que nenni !

Il aurait pu prétendre sans contestation à La Palme suprême, celle fabriquée par Chopard et sertie de 70 diamants en cette année anniversaire et qui représente le graal de ceux qui concourent, mais c’était sans doute trop demander que de ce laisser aller et de primer ce bijou !

François Ozon avec L’Amant Double, porté par Marine Vacth et Jérémie Renier pouvait tout espérer en cette année 2017. Ce réalisateur nous propose depuis 20 ans des films étranges, à la fois angoissants et légers, des histoires complexes filmées avec simplicité, sait créer des climats, diriger des acteurs, ose l’impossible, mais cela n’a pas été suffisant. Et pourtant, ce film s’inscrit dans sa filmographie si riche comme une page d’or, un moment de créativité parfaite. Il faut aller voir L’Amant Double, déambulation hallucinée dans l’esprit tordue de personnages dont on ne sait où ils nous portent. Même si le final laisse un léger doute et aurait pu encore frapper plus fort, il est sans conteste le meilleur film de cette sélection, celui qui offre le plus de créativité et donne des clefs pour tenter de mieux comprendre l’être humain. Film intelligent, tout en finesse, retord à toute lecture trop simpliste, cultivant « l’ambiguïté et l’incertitude en miroir » (Bernardo Bertolucci), déambulation au fil d’une réalité jamais évidente, il est une page majeure dans sa filmographie comme dans celle de cette année si peu riche en chefs d’oeuvre.

 

Alors, à l’unanimité de moi-même, en mon âme et conscience, je déclare adorer L’Amant Double de François Ozon, et aujourd’hui, je lui attribue ma Palme D’Or du coeur 2017 ! Allez voir ce film de toute urgence, vous ne le regretterez pas !

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