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In memoriam Chiara Samugheo

Publié le par Bernard Oheix

Alfred Hitchcock, dans l'oeil de Chiara Samugheo.

Alfred Hitchcock, dans l'oeil de Chiara Samugheo.

Un jour, une dame d’un certain âge demande à me voir à l’entrée de mon bureau dans le Palais des Festivals…J’ai reçu tant de gens porteurs d’idées fumeuses et géniales à la fois, alors une de plus ou de moins ! Elle se présente, Chiara Samugheo, photographe, et me propose de réaliser une exposition à partir de ses photos sur les légendes du cinéma. Je n'avais jamais entendu parler d'elle, honte sur moi. Elle me sort un book et je le feuillette distraitement d’abord, puis de plus en plus fasciné, au fur et à mesure que je retrouve ces noms qui hantent mon imaginaire. Soudain, je tombe sur cette photo d’une Claudia Cardinale rayonnante. Claudia Cardinale ! Et quand elle voit que je ne résiste pas devant cette photo, elle m’achèvera d’une phrase définitive : « -Claudia est mon amie. C’est moi qui ai fait ses premières photos et je suis persuadée qu’elle acceptera de venir parrainer cette exposition et sera présente au vernissage ! » 

Chiara, en prononçant ces mots, venait de sceller une amitié naissante et de s’assurer deux mois d’exposition au Palais des Festivals de Cannes, en juillet et aout 1998. 

In memoriam Chiara Samugheo

Chiara Samugheo est, et restera,  la photographe des hommes et des femmes qui ont fait le cinéma, dans une période où l’image est rare, sacrée et où le talent de celui qui prend la photo se conjugue avec l’homme ou la femme qui est devant l’objectif ! Comme avec Alfred Hitchcock qui accepte de l’accompagner sur une terrasse où le linge sèche et qui se prêtera au jeu avec jubilation. 

Dans les années 60, les photos ont un sens, celui de capturer et de figer un moment de vie pour le restituer comme une œuvre d’art. On est loin de la surconsommation effrénée actuelle avec les téléphones portables qui nous permettent de fixer chaque moment de notre vie et brouillent la frontière entre l’art et la réalité ! Les personnalités qui s’offrent aux photographes ont la certitude d’arracher au temps une bribe d’immortalité. 

Claudia Cardinale, comme un papillon qui s'envole !

Claudia Cardinale, comme un papillon qui s'envole !

Quand je l'ai connue, elle habitait Nice, un appartement sur la promenade des anglais avec vue sur la mer. Elle était seule avec tant de souvenirs en elle pour meubler son présent. Elle était démunie devant la réalité, elle qui avait le don de figer l'éternité se trouvait bien désarçonnée devant ce temps qui filait entre ses doigts d'or.

Son grand amour venait de disparaître la laissant seule pour affronter son destin. Alors, elle donnait son amitié en partage, elle offrait sa mémoire à ceux qui acceptaient de partager des moments d'intimité toujours accompagnés des fantômes d'une vie hors du commun où elle avait croisé la route des plus grands.

C'était une mémoire vivante et ses amis, les Pierrobon, Nadine Seul, les Caramella, moi et quelques autres, lui offrions un peu de chaleur, de tendresse et le parfum de cette gloire qui avait été la sienne.

Mais les années passant, elle fut rattrapée par sa solitude. Elle fit donation de sa collection à un institut de Parme et entama son dernier parcours.

Sa famille réapparut dans sa vie. Elle fut happée dans un cycle mortifère par quelques uns de ses proches qui la mena à se retrouver vers Bari, sa région natale, coupée de tout ce qui avait été son existence. Bien décidés à récupérer les miettes d'un festin, ils l'enfermèrent dans un institut dans l'indifférence générale, isolée et dépossédée de tout, même de son téléphone et de la possibilité de maintenir un contact avec ses amis et le monde extérieur.

Gianni Torres, un jeune cinéaste, avait le projet de faire un film sur cette légende mais le mur érigé autour d'elle était trop grand. Il y a quelques semaines, il réussit à entrer en contact par téléphone et son visage triste s'illumina à l'évocation de son aventure cannoise, de cette exposition de 1998  où elle rayonnait de bonheur.

Mais la nouvelle vient de tomber. Elle s'est éteinte ce 12 janvier 2022 à 11h30. Qui pleurera sur son sort si ce n'est quelques amis qui se souviennent encore de la lumière qui se dégageait d'elle ? Qui pourra raconter ces pages d'une aventure humaine d'exception ?

Avec Chiara, la véritable star était l'être humain qui lui offrait son visage et son corps. Elle qui avait commencé à photographier les simples gens de sa région, les anonymes, ne perdit jamais le sens humain d'une photo faite pour dévoiler l'indicible qui se cache en chacun de nous. Et si les stars se prêtèrent au jeu, c'est avant tout l'essence de l'autre qu'elle cherchait à capturer.

Il reste ses photos et quelques bribes d'un passé sauvegardé pour que l'on puisse affirmer : "- Chiara était notre amie, elle était la vie et elle méritait mieux que cette fin misérable. Elle était un soleil... mais même les astres sont amenés à disparaître !"

Alors bon vent Chiara Samugheo dans ton paradis de l'image. Tu vas pouvoir te libérer de tes chaînes et retrouver ceux qui ont embelli ta vie et que tu as su si bien figer dans cette éternité devenue tienne !

Chiara avait entamé un travail sur les murs et façades de Nice. Au crépuscule de sa carrière, elle avait encore ce goût de l'expérimentation qui la poussaient à dévoiler, derrière la réalité, les images de son imagination féconde.

Chiara avait entamé un travail sur les murs et façades de Nice. Au crépuscule de sa carrière, elle avait encore ce goût de l'expérimentation qui la poussaient à dévoiler, derrière la réalité, les images de son imagination féconde.

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2022 : le grand plouf !

Publié le par Bernard Oheix

J'ai eu, en ce lundi 27 décembre, par un heureux concours de circonstances, les honneurs de France-Info diffusant un sujet sur mon "cas", par le biais d'une chroniqueuse, Olivia Leray, relation de mes enfants, qui cherchait à remplir son carnet avec des personnages réalisant des rites sur le passage d'une année sur l'autre. Quand elle apprit de la bouche de mes enfants que je me baignais chaque année au 1er janvier aux Rochers Rouges de La Bocca à Cannes sur un thème précis illustré, avant de boire une coupe de champagne avec quelques compagnons d'infortune, elle me contacta pour réaliser une interview !

Je lui ai expliqué la raison de ce rituel, un voyage en Russie il y a 20 ans par un hiver glacial, le bain dans un lac gelé par -40°, l'effroi et le ravissement de cette expérience hors du commun qui allait briser ma peur de l'eau glacée et me pousser à faire perdurer cette tradition sur les rivages hospitaliers de ma Méditerranée en chaque début d'année.

Le sujet est passé 3 fois dans la journée et me valut quelques coups de fil surprenants, preuve à l'évidence que prendre une douche ne peut se faire qu'en écoutant France-Info à 8h15 ou 9h30 pour nombre de mes relations !

 

Que nenni cette 5ème vague que nous attendions avec ferveur ! Anna et François m'accompagnent dans mon bain du jour de l'an !

Que nenni cette 5ème vague que nous attendions avec ferveur ! Anna et François m'accompagnent dans mon bain du jour de l'an !

Mais je ne pouvais pas, au vu de l'enjeu de cet ITW, en rester à une banale trempette avec deux ami(e)s brandissant un panneau dans une mer étale et sans même un rayon de soleil pour égayer le tableau.

J'ai donc dû employer les grands moyens et dénicher au fond de mon cerveau tortueux l'idée qui allait transformer ce rite 2022 en évènement particulier qui marqu

erait les mémoires. J'allais oser plonger tel les héroïques héros d'Acapulco bravant les hauteurs vertigineuses des falaises, j'allais m'élancer vers la grande bleue (un peu grise avouons-le) et défier toutes les lois de l'équilibre et de mon horloge interne !

2022 : le grand plouf !

J'ai donc grimpé au sommet du rocher, au moins à 3 mètres de haut, j'ai plié les genoux, pris une grande inspiration, et sous l'oeil du photographe ami, Éric Dervaux, me suis élancé avec toute la passion de cette année 2021 absurde se terminant et de ce 2022 qui ne laisse espérer que des bribes de bonheur, coincés entre des vagues de Covid (bien présentes elles) et une élection présidentielle pathétique, véritable concours Lépine de toutes les abominations !

Oui, j'ai plongé pour me donner de l'espoir et pour transmettre à mes enfants et petits-enfants un rayon d'humour bien nécessaire en ce début d'année !

Et j'espère qu'Olivia Leray, la journaliste de France-Info, sera contente de son sujet, elle qui attendait la preuve que je n'avais pas parlé pour ne rien dire et me dois donc une rasade de potion magique dans un estaminet parisien !

Et comme toujours dans les belles histoires, cela c'est terminé par une coupe de champagne à boire sans modération (vu le froid !) et par quelques rires bienvenus pour chasser les nuages de la morosité !

Baigneurs et non-baigneurs réunis pour la coupe de l'amitié ! Et si la fraternité avait encore son mot à dire ?

Baigneurs et non-baigneurs réunis pour la coupe de l'amitié ! Et si la fraternité avait encore son mot à dire ?

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