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On ose tout en 2015

Publié le par Bernard Oheix

Que retenir de 2014 ?

Que le Daech avec son cortège de femmes violées et ses décapitations est la nouvelle mesure d'un ordre de la barbarie… et que le jury du Festival de Cannes est passé à travers le film Timbuktu qui en est la plus belle, tragique et poétique dénonciation ?

Que les hommes politiques en général sont déconnectés de la vie réelle et campent dans des sphères inconnues des mortels où l'impunité, la morgue et l'inconséquence font le lit de la démocratie ?

Que Lavillenie a battu le record historique de Bubka à la perche ?

Que Chilly Gonzales a offert le 28 juillet aux Nuits Musicales du Suquet un concert d'anthologie à Cannes ?

Que deux livres nauséabonds de Zemour et Trierwiller ne peuvent concurrencer une ligne de Murakami et que Modiano a obtenu un Nobel bien mérité ?

Que la liste des absents s'allonge et que les frontières de nos amis se rétrécissent, tribut payé à l'âge et à la fuite du temps ?

Que la vie est belle malgré tout et que l'on peut encore rêver d'un monde meilleur ?

Et c'est pour cela que l'on va tout oser en 2015...

Le bain de la nouvelle année et de mon anniversaire, en costard cravate, hommage à tous les damnés de la terre !

Le bain de la nouvelle année et de mon anniversaire, en costard cravate, hommage à tous les damnés de la terre !

C'est fait ! Rendez-vous donc à l'année prochaine afin de faire un bilan sur l'état du monde et sur ma santé mentale !

C'est fait ! Rendez-vous donc à l'année prochaine afin de faire un bilan sur l'état du monde et sur ma santé mentale !

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Angéla, 30 ans de bonheur !

Publié le par Bernard Oheix

Elle naissait, il y a 30 ans déjà !

Elle naissait, il y a 30 ans déjà !

Depuis des années, pas un anniversaire en chiffres ronds, pas un départ en retraite, pas un grand évènement de la vie professionnelle du Palais des festivals de Cannes sans un discours de Bernard, comme un passage obligé, un incontournable challenge ! C’est parfois usant, et quand Thérèse m’a demandé d’écrire un discours pour les 30 ans de ma fille, je me suis aperçu avec horreur que je ne l’avais jamais fait pour mes enfants. Où est le discours de tes 30 ans Julien ?

Alors je me su!s assis devant l’ordinateur, j’ai regardé ce temps qui s’est écoulé si vite et je me suis lancé, parce qu’il le fallait bien, parce que vous le valez bien !

Chère Angéla, cher Benjamin ( et chers Julien et Sarah)...

Avoir 30 ans ! A 20 ans, on est une promesse d’avenir, à 30 ans, une certitude du passé !

Il y a 10957 jours et des poussières d’heures, à ce moment précis, tu naissais comme la belle Viriatine que tu deviendrais ! Un têtard vagissant que nous étions venus contempler avec ton grand frère Juju en chantant «Angela, nous voilà !» à tue tête tout au long de la route qui partait de la MJC de Bourg pour arriver à cet hôpital perdu dans la Bresse qui ne savait pas encore ce qui venait de se dérouler dans ses murs. Ta mère n’avait presque pas souffert en te délivrant, disons le (c’est elle-même qui nous l’a affirmé), il y avait des lambeaux de neiges au sol et des brumes écharpant l’horizon, on était le 4 décembre et c’était presque la fête des lumières à Lyon !

Et quelle lumière dans notre vie. On était déjà des adultes... c’est à dire que l’on avait votre âge actuel, celui que ce discours célèbre. Nous étions des expatriés en terre «incognita» d’une Bresse profonde, on jouait à travailler et à se prendre au sérieux. Nous ne savions pas vraiment ce qu’était vivre et les contraintes qui en découlaient. L’avenir nous appartenait tout simplement parce que nous l’avions rêvé, et dans ce futur si proche, deux enfants occupaient largement leur espace de vie, nous apprenaient à vieillir, à coup de maladies infantiles, de tétés et de cacas «odorants» (ah! la puissance olfactive des déjections de nos enfants, quel charme !), de devoirs à faire et d’histoires à raconter pour vous endormir, interminables, avec en plus la nécessité de l’inventer de soir en soir...Si je m’étais enregistré avec mes pirates aux vies éternelles en train de poursuivre un trésor magique, Harry Potter aurait été un délire pour potaches attardés, j’aurais été publié dans le monde entier, et nous serions riches à millions ! Il faut avouer que vous m’inspiriez tant !

Mais la seule richesse que nous possédions, c’était vous, vous deux, bien avant d’y agréger des Benjamin, des Sarah, et de construire votre propre monde tourné vers des espaces plus lointains !

Nous avions le privilège de sortir d’un monde sclérosé de l’après-guerre, dont nous contemplions les stigmates encore visibles dans notre enfance, en étant la dernière vague du «baby-boom», d’avoir eu 18 ans en mai 68 en imaginant accoucher d’un monde nouveau, meilleur, plus humain, le flower power nous enchantait la tête. Nous étions au coeur des 30 années glorieuses, et avions emprunté cet ascenseur social qui nous permettait d’accéder bien au delà de la condition de nos parents.

Mais nous étions inconscients de tout cela, nous le vivions et chaque moment de notre vie nous rappelait que ces deux enfants que nous avions conçus étaient notre promesse d’avenir !

Nous en avons passé du temps à apprendre à être des parents, sans doute pas les meilleurs du monde, mais les vôtres, ceux qui devaient vous guider et vous permettre de devenir des adultes, qui vous aimaient, vous dorlotaient, vous punissaient quelques fois, même si nous ne comprenions pas pourquoi tant de parents avaient des problèmes sérieux avec leur progéniture alors qu’avec vous, tout semblait presque facile !

Nous n’avons presque pas eu de crise d’adolescence, peu de tenues noires de révolte punkitude, pas de délinquance, jamais de rappel à l’ordre de l’autorité. Vous étiez des excellents élèves un peu fainéants mais brillants naturellement. Vous avez failli devenir des pianistes et tubistes d’exception, des footballeurs et des athlètes, des «circasiens» et des danseurs et nous en avons supporté des galas interminables, des matches (le dimanche matin dans la boue et le froid !) et démonstrations de Karaté ou auditions devant jury... sans que jamais cela nous pèse et avec la certitude que vous alliez trouver votre place dans ce monde dans lequel nous vous avions conçus !

Notre plus grande fierté de parents et de vous contempler, avec vos qualités, vos défauts, votre passion intacte devant la culture, votre capacité de réflexion ! Que de bonheur devant votre goût pour les arts, vos talents naturels d’être vous-mêmes, votre aptitude à la vie !

Nous savons que vous êtes traversés par le désir d’excellence, l’écriture, l’art, la recherche permanente d’un équilibre intérieur mais aussi et surtout, par votre incroyable aptitude au bonheur.

Je ne peux parler de l’enfance de Ben et de Sarah mais je subodore que leur enfance est à l’image de la votre car les compagnons de vos vies sont à l’image de ce que vous êtes profondément, bons et généreux, intelligents et ouverts, comme si les chats ne pouvaient rencontrer des chiens et que le monde avait une cohérence profonde pour les êtres de bonne volonté.

Vous êtes notre passé mais votre avenir. Nous vous avons offert ce que nous pouvions donner, le reste, c’est à vous de le conquérir en sachant que vous êtes armés pour affronter les turbulences d’un monde que notre génération laisse en piteux état ! Comment imaginer que votre si belle jeunesse ne redonne pas un sens à ce monde vieillissant où les rancœurs et le rance tentent toujours de s’imposer devant l’humanité profonde des humains !

Il y a 30 ans, tu naissais Angela pour devenir notre soleil, une étoile qui illumine nos vies et avec les tiens, ce groupe qui navigue autour de toi, qui t’enrichit et t’offre la beauté d’être avec les autres, nous te disons merci d’être là, de nous apporter le mirage de la vie !

Voilà, 30 ans, c’est si peu pour tant de félicité !

Longue vie à toi, notre fille que nous aimons !

Il y a tant de mystère à donner la vie et à la voir s'épanouir sous tes traits !

Il y a tant de mystère à donner la vie et à la voir s'épanouir sous tes traits !

Voilà, 30 ans de bonheur et encore tant d'émotions à partager !

Voilà, 30 ans de bonheur et encore tant d'émotions à partager !

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Timbuktu et les Héritiers

Publié le par Bernard Oheix

Deux films à l’affiche... deux bijoux qui montrent à l’évidence toute la richesse et la poésie de l’image, toute la force et la conviction d’un engagement, l’incroyable pouvoir de fascination d’une histoire juste filmée avec le coeur pour un véritable message d’humanisme. Je ne reviendrai pas sur Timbuktu de Abderrahmane Sissako (cf. mon article du mois de mai dans ce blog) si ce n’est pour vous dire que «Ma Palme d’Or 2014» est «Le» film de l’année. Il est désormais à l’affiche, il est possible de le voir, il est indispensable de le visionner pour mieux comprendre ce qui se passe dans certaines parties du monde traversées par la folie meurtrière de l’intégrisme. Face au pouvoir d’une dictature, tout discours est immédiatement confronté à un contre-discours, une propagande à une contre-propagande, sans que les frontières ne puissent bouger dans ce choc sans vainqueur possible. Mais comment lutter contre une image juste. Contre la guerre du Vietnam, la photo d’une petite fille nue courant sur une route dévastée à plus fait que tous les discours du monde. Pour exprimer la famine en Afrique, une photo de Salgado a renvoyé des générations entières vers le confort de leur égoïsme...

Il fait nul doute que Timbuktu est une oeuvre majeure pour comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Mais un autre film vient de sortir sans tambours ni trompettes, animé par la force de ceux qui le voient et en sont les véritables portes paroles. Les Héritiers, où comment intégrer notre vision de la jeunesse dans un univers où nous ne comprenons pas toujours le véritable enjeu de ce qui se trame dans nos banlieues et dans la tête de nos enfants, ceux d’une 3ème génération après la révolution des années 1968 où nous pensions changer le monde sans comprendre qu’il nous fallait aussi changer pour réussir cette révolution sans guerre.

Les Héritiers est un film de Marie-Castille Mention-Schaar avec comme seule actrice connue, une Ariane Ascaride solaire au zénith de son talent, une actrice qui réussit à nous faire partager sa passion et son amour de la transmission du savoir sous les traits d’une enseignante passionnée. Une pléiade de jeunes actrices et acteurs au réalisme foudroyant l’entoure. L’histoire semble presque rebutante de banalité, une énième séquence de la jeunesse d’une banlieue difficile comme on n’en a tant vues, avec tous les poncifs imaginables depuis le choc de la Palme d’Or du Festival de Cannes 2008, Entre les murs de Laurent Cantet.

Et pourtant, le film tiré d’une histoire vraie arrive à renouveler le genre, nous fait passer par toute la gamme des émotions, du rire aux larmes, de la profondeur à la légèreté, de l’attachement à la répulsion, comme sous la palette d’un peintre, l’éclairage permettant des interprétations variées d’une même scène.

La professeur d’Art de cette seconde condamnée à l’échec va réussir l’impossible : fédérer autour d’un projet les personnalités si différentes de cette bande de «barbares» modernes, agrégat de nationalités et de confessions diverses, traversée par les échos d’un monde en fureur que plus personne ne comprend. En parlant de la «grande histoire», la Shoah, ils vont transformer leur propre monde, se ré-approprier une fierté dont on les prive, une capacité de vivre ensemble et d’inventer de nouvelles règles d’harmonie.

Sans jamais caricaturer, abordant par touches légères d’innombrables pistes (le port du voile, la conversion à l’Islam, le rôle des caïds et la pression sur les filles, les vies brisées des parents), la réalisatrice garde le fil de son histoire pour décrypter avec cohérence la véritable histoire morcelée de leurs vies en lambeaux et redonner un lien à l’ensemble.

On en arrive à travers tant d’émotions à espérer un happy end et il n’est que justice qu’il arrive comme pour nous donner le souffle d’espérer, la force d’y croire !

oui, il est possible de changer le monde, oui, il est possible d’introduire de la beauté dans les paysages dévastés de notre société égoïste, oui la vie est belle !

Et si vous ne me croyez pas, allez voir Les Héritiers, au delà d’un vrai film particulièrement soigné et même académique, au delà d’une technique qui évite tous les poncifs (le bruit des voix, les couleurs criardes), il y a une authentique histoire de l’homme en train de se souvenir des drames passés pour exorciser les démons du présent !

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Wasla

Publié le par Bernard Oheix

Il y a des gens que l’on rencontre presque par hasard et qui nous marquent instantanément. Un coup de foudre d’amitié, loin de toutes préoccupations et ambiguité, comme la lumière du soleil peut illuminer un matin d’espoir de la Côte d’Azur. Tarek Abdallah en fait partie. C’est un Egyptien au regard profond, qui parle d’une voix douce mais ferme, un corps élancé et racé, élégant naturellement. Il est de ces grands lettrés comme la culture d’Orient nous en a tant offert, de ces gens visionnaires qui savent lire au delà des mots et jongler avec les images pour décrire ce qui est derrière la réalité du monde.

En cette époque où l’on brûle allègrement les trésors de l’humanité, où des intégristes peuvent abattre des statues millénaires au nom d’une purification contemporaine, où des trublions fascisants, par la grâce d’un média, s’érigent en philosophes du bon sens et de la pensée creuse, où l’on casse les liens sociaux pour isoler l’individu et l’enfermer dans les prisons de son propre regard... en cette période ou le fiel de la haine de l’autre se diffuse comme le parfum rance d’une histoire éternelle de destruction, Tarek Abdallah est comme une vigie, un être qui se souvient, un veilleur qui alerte et remet au goût du jour le passé, la beauté essentielles des idées et de la culture comme un vecteur d’humanité indispensable à l’avenir.

Le CD que Tarek Abdallah vient de produire et qui sortira le 1er décembre, Wasla, porte comme sous titre «Suites Musicales Egyptiennes» et c’est bien du côté de la musique savante que son auteur se situe. Musique Classique d’Orient, cet ensemble de compositions originales entremêlent les douces sonorités de l’oud dont il est un maître, aux percussions élaborées d’un riq (petit tambourin traditionnel égyptien) tenu par Adel Shams El Din. Chaque morceau semble accrocher les notes et les tisser pour envelopper l’auditeur dans un réseau maillé de douceur et d’énergie.

Ce CD est austère et léger, violent et doux, fin et dynamique. Il témoigne d’un vrai désir de permettre au passé de fusionner dans le présent et la technique hors pair des deux interprètes est au service d’une romance achevée, boucle intemporelle où se fondent les notes cristallines des deux virtuoses. Le temps s’étire au service de cette symphonie orientale, on décroche du présent pour se fondre dans «les grands déserts où luit la liberté ravie», on se glisse presque malgré nous dans une mélopée entêtante que l’on garde bien après la fin de l’écoute, porte ouverte vers un ailleurs de désirs et de mystères. Ce n’est pas une oeuvre contemporaine mais atemporelle et cela en fait la force, l’indiscutable originalité. Il faut savoir prendre son temps à son écoute, abandonner ses codes et ouvrir son esprit tant cette proposition échappe à toute notre logique.

Extraits du Dossier de presse :

«La wasla est une expression particulière de la suite musicale, développée par

différentes traditions arabes, du type nuba en Maghreb ou fasl en Syrie. Outre

sa définition première qui signifie liaison, le terme wasla réfère donc à la suite

musicale savante propre à la tradition égyptienne qui fut pratiquée entre le

dernier tiers du XIXe siècle jusqu’aux années 1940. De nos jours, cette

période est considérée comme étant l’Âge d’Or, non seulement de cette

tradition musicale, mais aussi de l’art du ‘üd égyptien en solo.

« Wasla » est une création élaborée par Tarek Abdallah proposant de renouer

le lien avec l’Âge d’Or de cette tradition musicale à travers une approche

personnelle de la suite musicale égyptienne, aussi bien sur le plan de la

composition que de l’interprétation et de l’improvisation.

Ce programme se compose de trois wasla, se déroulant sur trois maqäms/

modes différents alternant des formes composées, semi-composées et

improvisées.

La première wasla est composée entièrement par Tarek Abdallah en mode

Bayyätï. La seconde en mode Rast en hommage à Mohamed al-Qasabgi

(1892-1966), le plus grand Maître de l’art du üd égyptien au XXème siècle.

Enfin, la troisième wasla est composée en mode Sikah.

Tarek Abdallah termine une thèse de musicologie à Lyon. Il est l’archétype d’un intellectuel jonglant entre deux cultures, la sienne et celle de son pays d’adoption, entre le passé et le futur, entre ici et ailleurs.

Wasla pourrait se traduire par «le Lien». Et c’est bien dans cette démarche d’une liaison entre l’histoire et le présent, entre l’Europe et l’Orient, entre la musique savante et la musique du monde qu’il se situe. Cette oeuvre est le reflet de sa pensée et l‘aboutissement d’années de recherche, de réflexion, entre sa fidélité aux maîtres d’une culture musicale qui plonge ses racines dans l’histoire fascinante de son pays et sa volonté de la perpétuer en la renouvelant.

Le 1er décembre 2014, dans les rares bacs qui restent disponibles, allez acheter Wasla, pour ouvrir ses portes de la perception ! Et si d’aventures vous croisez la route de sa tournée dans les lieux de culture qui résistent aux assauts du showbiz, n’hésitez pas, son concert est un moment de grâce ultime !

Wasla

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les Nouvelles MJC

Publié le par Bernard Oheix

Avant...

Bon, cela commence mal ! Le passé encore et toujours avec cette récurrence : avant c'était mieux ! D'accord, faisons simple, allons à l'essentiel même si en tant qu'ancien Directeur de Maison des Jeunes et de la Culture j'ai énormément à dire sur le sujet que je revendique d'une façon absolue et sans réserve ma matrice et la filière où j'ai forgé mes premières armes !

Les MJC (600 en France !) étaient positionnées, soit dans des quartiers, avec une dominante socio-culturelle, soit dans les centres villes avec une dimension plus culturelle. Dans tous les cas, elles étaient formatrices, écoles de citoyenneté, pratiquaient des activités (yoga, astrologie, sports…) tout en regroupant des publics diversifiés, organisaient des rencontres et des débats, projetaient des films dans des ciné-clubs où des intervenants bénévoles animaient des discussions passionnées, invitaient à décloisonner les cultures, aidaient à construire une société laïque, multi-culturelle, travaillaient sur le politique. Elles étaient des vecteurs de la démocratie, accueillaient les groupes artistiques émergents locaux, devenaient le lieu où se tournait un grande partie de la jeunesse en mal d'actions et de créations, l'endroit que l'on investissait en l'accaparant pour améliorer son quotidien et le vivre ensemble !

Bon, c'est un peu schématique mais tellement vrai ! Combien d'acteurs politiques à s'être testés dans les réunion des conseils d'administration, combien d'artistes à s'être rodés dans les salles exigües des complexes polyvalents, combien de directeurs et d'animateurs issus des quartiers et passés par les moules de l'action volontaire et bénévole !

Elles n'ont pas su s'adapter sans aucun doute, mais elles ont été abandonnées dès la fin des années 80 au profit de structures municipales, on les a jetées à l'encan d'une action plus contrôlable, plus maîtrisable, soumise au pouvoir d'un édile qui avait compris après mai 81 et la victoire de la gauche, le rôle de l'associatif. Les politiques locales ont voulu des résultats directs et ont embauchées des flics de la Municipale plutôt que des animateurs de quartier… Le résultat, on le connait ! Des banlieues qui s'enflamment de se sentir abandonnées, un communautarisme qui s'envole, le retour du religieux, le racisme qui fait son lit de la méconnaissance et des à priori !

Mais voilà, l'histoire est une boucle sans fin et de nouvelles structures sont en train d'émerger, souvent dans les zones industrielles, dans des préfabriqués du premier étage, avec vue sur les noeuds routiers et parkings à proximité !

Alors vive la nature si bien faite !

Voilà donc cette MJC new âge ! Le yogi lévite, on se relooke en faisant du pôle dance, on apprend le vin en oenologue averti, Yohan fait son site Internet et la sorcière Belinda initie aux astres ! Tout cela à volonté, pour un montant fixe et sans aucun engagement d'apprendre l'anglais ! Vous avez dit confiance ?

Voilà donc cette MJC new âge ! Le yogi lévite, on se relooke en faisant du pôle dance, on apprend le vin en oenologue averti, Yohan fait son site Internet et la sorcière Belinda initie aux astres ! Tout cela à volonté, pour un montant fixe et sans aucun engagement d'apprendre l'anglais ! Vous avez dit confiance ?

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Les Musicales de Bastia 2014

Publié le par Bernard Oheix

Mais que ce passe-t-il dans le monde de la culture vivante ?

Que les financements de la culture se contractent, est une évidence au vu du séisme qui secoue la France et des économies nécessaires, indispensables... On a même réussi à l’intégrer au fond de nous !

Il n’en reste pas moins que cette culture, en France, est aussi un vecteur de développement, une réalité qui s’insère dans le tissu économique, une dimension du rayonnement culturel de notre pays et de ses valeurs devant le rouleau compresseur de l’idéologie dominante anglo-saxonne et son nivellement par le bas ! Pour ne pas en en avoir tenu compte à entraîner la ruine de certaines cultures européennes... Le cinéma Italien a payé un lourd tribut à, sa Berlusconisation ! La richesse de la scène musicale Allemande des années 70 a été broyée par le rouleau compresseur des «majors» américaines !

Là où les industriels Français se couchent en exportant leur production, en délocalisant leurs fortunes et leurs profits colossaux, là où les banques jouent l’international contre la France, les créateurs ancrés dans leur environnement, sont restés fidèles à une certaine idée de notre pays et de ses valeurs humanistes !

Et si la Lepenisation de la vie politique est rampante et envahit l’espace public, que la «zémourisation» des idées est en oeuvre, niant les réalités de l’histoire et des chiffres, il n’en reste pas moins que des forces vives, des penseurs, des chanteurs, des hommes de théâtre perpétuent la tradition d’une France fière d’elle-même et de son passé, de son présent et de son avenir et continuent à oeuvrer afin que la culture soit bien ce moment de rencontre et de partage, ce laboratoire du partage des différences !

Alors pourquoi donc, quand des responsables éclairés comme un Raoul Locatelli, philosophe et penseur, concentré sur l’essentiel de ne pouvoir embrasser le futile de par sa cécité, quand un tel acteur de la vie culturelle d’une île de Beauté, qui tente depuis des années d’importer la richesse d’une culture tendant la main aux idées les plus nobles... pourquoi donc est-il trahi par un public versatile qui ne veut s’abreuver qu’au flot télévisuel de la facilité et du formatage en lessivage. On lui propose un programme de qualité et d’exigence où le bon goût règne, pourquoi donc ne répond-il pas présent aux rendez-vous du coeur des musicales de Bastia ?

Il y a bien des ambiguïtés dans cette salle du Théâtre de Bastia qui résonne du vide des absents ? Où sont-elles ces légions des lendemains qui chantent ? Sont-elles chassés par les cohortes qui déambulent en éructant sur les trottoirs de la défense de valeurs familiales dépassées, qui s’arc-boutent sur le passé et nient le futur ? Le combat est-il perdu d’avance et fonçons-nous vers le mur des haines, des racismes et du repliement, de l’intolérance et du chacun pour soi ?

A travers sa programmation intelligente et subtile, Raoul Locatelli proposait une alternative à l’égoïsme et faisait appel à l’intelligence... Raté me direz-vous, s’en réjouiront certains ! Mais le combat pour un monde meilleur ne s’arrêtera pas devant les sièges vides d’un théâtre car du chaos ne naîtra pas un monde harmonieux !

Gardez-vous de vos démons, ils sont parmi nous et tentent d’imposer leur lois mortifères aux espoirs d’une vie meilleure !

Mais parlons aussi de culture !

Le jeudi 9 octobre, Raoul Locatelli avait conçu une soirée sur le thème de la Méditerranée. Ouverture en fanfare avec les Marseillais de Gacha Empaga resurgi des limbes... Manu Theron et Sam Karpienna invitant Ange B des Fabulous Trobadors, pionnier du «beatbox» à la Française. Renaissance d’un mythe avec quelques faiblesses dû au manque de temps pour figer le spectacle dans le cadre d’une scène majestueuse, mais énergie des 3 musiciens, des voix si différentes qui cherchent l’unisson et se trouvent dans de superbes envolées lyriques, composant un hymne à la fureur de vivre.

L’Alba enchaînera, et là où tout était tension et énergie, imposera la douceur de ses mélodies et la suavité de ses voix polyphoniques. Un des meilleurs groupes actuels à l’évidence d’une Corse si riche musicalement. Je les avais accueillis il y a quelques années dans les Saisons de Cannes et depuis, ils ont encore progressé, gagné en maitrise, créé des chansons qui s’appuient sur une richesse instrumentale et un curieux harmonium à la mélopée grinçante, et dont les voix sont les vecteurs d’une émotion brute, issue de la nuit des temps. L’Alba, c’est le rappel du passé et la promesse de l’avenir...

Pour terminer ce voyage en Méditerranée, les «salentinois» du Sud de l’Italie de Mascarimiri réussiront à nous transporter aux rythmes de la «Tarente», formidable machine à remonter vers la tradition. Derrière la modernité d’une console électro, les tambourins, clarinettes et lyre calabraise, servis par la voix d’un leader charismatique, nous ouvrent à la ferveur d’une foule en train de défier la nature et les dieux, vers la liesse populaire au coeur d’un village perché sur un éperon dominant le bleu de la mer, s’embrasant aux rythmes lancinants du «pizzicato» pour des débordements de fête où le corps exulte !

Changement de couleur radical le vendredi 10 octobre avec une soirée dédiée à la Chanson Française. En ouverture, Nicolas Reggiani vient rôder son spectacle «Parfum de Femmes», avec des textes essentiellement écrits et chantés par des femmes même si Léo Ferré et quelques autres écrivains s’immiscent dans le show. Accompagné avec beaucoup de sensibilité par lke jeune et talentueux Joseph Robinne au piano, sa belle silhouette donne vie aux mots, souligne les élans de coeur de femmes en recherche d’harmonie, font jongler les rimes de grands poètes...Tout en douceur, Nicolas Réggiani trace son chemin à sa manière propre, en renouant avec une tradition de la chanson française où la voix et les paroles donnent du sens et éclairent les sentiments de la vie. Vous avez dit Poète romantique ?

C’est vers le non-sens que Loïc Lantoine nous détournera en clôture de soirée. Accompagné d’un batteur-harmoniciste éblouissant, d’un guitariste qui fait chanter les cordes, d’une contrebasse folle donnant une énergie décalée, Loïc Lantoine chante, déclame des textes réalistes, des poésies brutales, invoque les sentiments déchirés pour des complaintes à fleur de peau ! Sa gestuelle erratique, son humour grinçant, la qualité du son et les rythmes envoûtants sont une véritable révélation pour la plupart des spectateurs. A mi-chemin d’un rocker nommé Arno ou de l’énergie d’un groupe comme Les Ogres de Barback, son spectacle éperonne tous les codes, déglingue les usages, rompt avec nos certitudes.

Loïc Lantoine est un chanteur lunaire. Il délivre un message d’espoir pour ceux qui luttent contre le conformisme et tentent d’inventer des images nouvelles sur des mots nouveaux avec des recettes anciennes !

Voilà, on pourrait rajouter à ces deux soirées, un groupe de filles qui présentent les soirées en chantant, des révélations et jeunes talents, des rencontres et «afters» dans le hall du superbe Théâtre de Bastia.. Toute une vie où les bénévoles s’activent avec gentillesse, où les artistes sont généreux d’être coupés de leurs réseaux et habitudes, où les techniciens font un travail remarquable... Tout cela pour un public trop clairsemé mais ravi... C’est la dure vie de l’action culturelle de terrain, en province, quand tout repose sur le désir et la bonne volonté... Honneur à Raoul Locatelli, à tous ceux qui ont fait les Musicales de Bastia 2014, et à l’an prochain, on vous en supplie, pour de nouvelles aventures culturelles !

Loïc Lantoine, jongleur de mots, déjanté sue scène, rimeur d'absurde et conteur d'humour !

Loïc Lantoine, jongleur de mots, déjanté sue scène, rimeur d'absurde et conteur d'humour !

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Un discours de plus !

Publié le par Bernard Oheix

Voilà ! Un petit discours de plus, hérité d'une tradition remontant au temps où j'étais un Directeur dynamique et proche de ses collaborateurs !

Mon ex secrétaire m'a demandé de faire un dernier effort…pour Cynthia ! Alors j'ai craqué, et c'est après que j'ai appris que deux autres étaient en commande ! Mais c'est une autre histoire !

Voici donc l'histoire de Cynthia, 30 ans et toutes ses dents, et de son anniversaire le jour où elle a décidé d'arrêter de fumer !

30 ans... enfin !

Bon, c’est vrai ! A son arrivée dans le service de l’Evénementiel de Cannes, je me suis un peu demandé de quelle planète elle débarquait exactement ! Faut dire que, descendue des montagnes à peine dégrossie de l’adolescence, avec l’insolence et l’inconscience de la jeunesse, elle valait le tableau, la Cynthia Reberac de l’époque !

Elle avait encore quelques formes d’adolescente nourrie au «MacDo», une insouciance vestimentaire confinant à la provocation, (c’était le bon temps où elle était capable d’exhiber ses charmes et une poitrine fort généreuse en toute innocence !), elle parlait en laissant traîner des mots incongrus et ne doutait de rien dans son «jean» moulant très avantageux pour des formes à faire damner un homme !

Mais cette gamine à peine sortie de ses langes et achevant ses études par un stage au Palais des Festivals de Cannes, avait une énergie à démonter n’importe quel pisse-froid de bureaucrate directeur planqué derrière son bureau, revenu de tout, et regardant la ligne bleue de l’horizon d’une retraite bien méritée en contemplant les ultimes chantiers d’une vie professionnelle bien remplie !

Et oui, Cynthia Reberac, tu es bien mon dernier challenge, ce 12ème des travaux d’Hercule, où comment transformer une sauvageonne en collaboratrice zélée et efficace, une ébauche, en épure !

Et tu resteras à jamais la trace de mon génie formateur, même s’il me faut avouer que c’est Sophie Dupont qui se chargea de ton éducation et t’inculqua les rudiments de l’art d’organiser et de créer l’ordre à partir du chaos !

Tu habitais encore chez papa et maman, descendais de tes montagnes en pétaradant dans ta voiture brinquebalante, effectuais des heures impossibles sans rechigner, toujours prête à apprendre, à rendre service, dévorant goulûment toute bribe de savoir avec la soif d’une femme cherchant une oasis dans un désert d’incertitudes.

Tu ne doutais de rien, tu baissais la tête et fonçais comme si la vie ne devait que se brûler à ton contact, plier à ta volonté, s’incurver afin de satisfaire tes désirs !

De ce premier stage, tu sortis avec panache, laissant un sillage de bonne volonté, une évidence que tu collais à ce métier et que rien ne t’arrêterait dans ton désir de revenir parmi nous !

Et à partir de là, disons-le, tu dévoilas ton vrai visage !

Même l’apparente fermeture d’ouverture de poste, même l’achèvement de ton cycle d’études, même la tentation d’aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte ! Non, tu revenais toujours vers ces bureaux où tu avais vécu quelques mois qui semblaient des années. Stage, CDD, précarité, rien ne te faisait démordre de cette conduite qui devait permettre qu’à un moment, il devint presque plus simple de t’intégrer que de te refuser l’accès à notre équipe.

Car tu l’avais mise dans ta poche cette petite équipe de travail que tu souhaitais faire grossir de ta présence !

Même l’impassible Sophie, qui en avait tant vu de ses stagiaires excités, qui cédait à ta capacité d’apprendre... Même notre Hervé, que tu avais retourné comme un gant, et ne jurait plus que par toi comme assistante, même Nadine qui te mit le grappin dessus pour combler les vides d’une Festival des Jeux, ce que tu accomplis avec talent même si tout le monde sait que tu n’aimes pas jouer... Même Marie, campant derrière son statut de maman des stagiaires qui t’octroyait tous les stylos que tu demandais et te pardonnait tes consommations excessives de feutres et autres agrafeuses sans te morigéner...

Toutes et tous ont succombé à ton charme, toutes et tous ont fait que ce poste, que rien ne dessinait, finalement, s’est ouvert pour toi, comme si ta volonté était plus forte que la réalité des chiffres, que les préceptes d’une Direction Générale, que la dureté d’une période sans pitié pour les jeunes qui ont soif d’apprendre et de travailler en s’intégrant !

Alors, tu es devenue la Cynthia Reberac de l’Evénementiel du Palais des Festivals, la vraie, celle qui aime son travail, celle en qui on a confiance, une collaboratrice juste et efficace, qui ne s’est pas endormie derrière sa titularisation pour casser son rythme de croisière... Bien au contraire, tu as passé la vitesse supérieure !

Tu as mis ta passion au service de la réalisation des événements culturels, tu as su te rendre indispensable, à Bernard Oheix en train de partir, à Sophie Dupont en train d’investir les plus hautes responsabilités, à l’équipe toute entière, devenant une cadre responsable et efficace de la culture Cannoise !

Bon c’est vrai aussi qu’il y a un prix à payer ! Trop absorbée par ton travail, tu as perdu en chemin un mari potentiel à qui tu aurais dû servir, comme une femme aimante et soumise, des bières pendant qu’il regarde des matches de foot sur le canapé et que par contrecoup, tes futurs enfants s’impatientent de naître, que tu rêves parfois d’une console technique en lieu et place d’un tableau «excel», et que dans ton sommeil, toute seule dans le petit lit de ton austère studio, tu te laisses à espérer, parfois, ne plus avoir de responsabilités sur un Festival des Jeux quelconque ou sur un concert de musique classique des Nuits Musicales du Suquet... Mais qu’importe !

Tu es au zénith de la vie parce que tu sais désormais ce que tu veux et ce que tu vaux bien !

Et ce que tu vaux, on est tous ici pour te le dire et te le confirmer : tu es de l’or, un bijou de femme, une battante, une positive «women», et on est fier de travailler avec toi !

Surtout ne change rien, Cynthia, ce sont les autres qui devront s’adapter, et il y a bien dans ce monde, quelque part sur cette terre, un homme qui ne sera pas un boulet pour t’attendre, qui comprendra quel trésor se cache en toi et combien il faut t’accepter comme tu es, pleine et entière, indépendante et capable de vivre avec les autres, ombres et lumières...

Tu as l’âge des possibles, c’est une certitude, et je suis heureux au nom de toutes et tous, de te dire, «bienvenue parmi le monde des adultes, des trentenaires, de ceux qui sont les femmes et les hommes qui devront transformer le monde afin de l’améliorer car il en a bien besoin !»

Bon anniversaire très chère Cynthia Reberac, et au travail !

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Vignettes du Sud Ouest

Publié le par Bernard Oheix

Mon mois de juillet fut particulièrement dur et éreintant. Deux semaines chez nos cousins Québécois pour aider à mettre sur pied avec une belle (mais si débordante d’énergie !) équipe d’organisation d’un Mondial des Jeux qui semble décoller enfin, puis sans coupure, une semaine à errer sur sur les remparts des Nuits Musicales du Suquet dont le crû 2015 restera dans les annales de la musique classique cannoise...(Cf. mes deux derniers articles du blog). Il était sans doute temps pour mon corps fatigué de quitter la moiteur des journées étouffantes de la Côte d’Azur pour l’air vivifiant des montagnes pyrénéennes. Direction Font Romeu donc pour un stage de remise en forme bienvenu !

Imaginez-vous allongé dans une cuvette de pierres naturelles creusée sur les pentes d’une montagne dominant les hauts plateaux, le nez dans des effluves d’oeufs pourris, la peau rougissant sous les 41° de température d’une eau jaillissant directement des entrailles de la terre ! Bienvenue

aux termes des Bains Romains de Dorres accrochés tout en haut des sommets, vers les étoiles, à ciel ouvert ! Ils savaient vivre nos ancêtres !

Et si le temps menaçant vous oblige à vous rapatriez sur Llio, alors les jets d’eau continus de bains bouillonnants vous malaxent et triturent sans égards jusqu’à expirer de bonheur !

Cette région offre des possibilités infinies de découvertes et de ballades. Marches vers le lac de Bouillousse avec les télésièges qui vous montent au pied des montagnes, canyoning dans une rivière chaude avec rappel dans des cascades...

L’escalade des 844 marches qui grimpent au fort de Villefranche sur Conflans fut un grand moment de solitude à l’inverse de la visite de ce fort érigé par Vauban (mais combien en a-t-il fortifié de ces bastions chargés de protéger nos vallées, nos ports et nos villes ? Combien de vies a-t-il eu pour pouvoir armer nos innombrables confins ?).

Le village relié par un escalier souterrain au fortin qui la domine, barre la route de la vallée stratégique qui serpente au pied du Mont Canigou. Prouesse architecturale, il semble préservé du temps, admirablement conservé, patrimoine mis en valeur. La prison des empoisonneuses, les canons sur affuts, les pierres mêmes qui nous parlent du passé... Tout cela pour une seule bataille, un seul engagement contre les espagnols ! Tant d’efforts pour si peu de bruits et de fureurs !

Direction Toulouse, la ville rouge si bien nommée ! Circuit en bateau sur le canal de Brienne et la Garonne, petit train qui serpente dans le centre historique, L’église de la Vierge Noire, la salle du Capitole... la totale du touriste heureux !

Petit détour champêtre du côté de Marmande pour une halte chez Myriam et rendez-vous à Rodez pour le Musée Soulages qui vient d’ouvrir. Choc ! Syndrome de Florence (cette perte de conscience due à un choc esthétique violent décrite par Stendhal), toute une palette d’émotions brutes !

Des cubes de fer qui semblent émerger de la terre au sommet d’une colline sur les contreforts de la ville, un parc et une plongée dans les entrailles de l’univers d’un peintre qui jongla avec deux couleurs et inventa un arc en ciel en noir et blanc.

Je n’étais pas un grand spécialiste de son oeuvre, loin s’en faut ! Je connais si peu de choses en arts plastiques...mais comment ne pas être secoué par ce qu’il propose, par cette incroyable richesse d’un art en deux couleurs et trois mouvements. Simplicité extrême des traits, richesse incroyable de son oeuvre mutant sous nos yeux, au gré de la lumière, du mouvement, comme si elle ne s’appartenait pas mais vivait dans nos yeux, dans notre coeur !

Le Musée Soulages, un temple dédié à l’intelligence et au génie, dans sa ville natale, avec sa cathédrale orgueilleuse dominant les vallées, son centre ville tortueux et son restaurant

de l’Aubrac servant un ris de veau à l’aligot achevant de vous transporter définitivement vers un paradis terrestre !!!

On ne pouvait alors échapper à la visite de l’Abbaye de Conques, halte des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle, dont les innombrables vitraux ont été réalisés dans les années 80 par Soulages. Dans ce village niché dans des collines verdoyantes, sorti tout droit du moyen-âge, ruelles pavées tortueuses, maisons en pierres de taille, le temps n’a plus de prise, échappe à la logique et aux cartes postales. C’est le génie de l’homme s’exprimant, c’est un condensé de l’histoire humaine dans un site riche de la passion et de la ferveur du penseur et du bâtisseur. L’église domine les maisons alentours regroupées sous sa protection et ses flèches élancées déchirent le ciel. D’immenses ouvertures trouent les façades du bâtiment. Soulages, si loin des poncifs et des clichés des vitraux traditionnels, a inséré des volutes abstraites, lignes courbes dessinant des motifs sur un fond de verre translucide spécialement inventé par le peintre ! Génie du contraste !

Il ne restait alors qu’à se rendre dans l’Aveyron pour trois jours d’une halte dans le havre reposant d’un petit village de la France profonde ! Comme elle est belle cette France quand elle échappe à la réalité et aux convulsions d’un monde qui a perdu son âme et laisse les passions humaines, le goût de l’accumulation, les financiers et les politiques, la haine et le racisme, l’exploitation et la misère trôner au centre de

ses préoccupations !

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Chilly Gonzales, Huster… et les autres !

Publié le par Bernard Oheix

Il y a quelques semaines, j’avais présenté dans ce blog, mon édito des Nuits Musicales du Suquet faisant état de l’angoisse du Directeur Artistique avant le pénalty... Certains m’avaient d’ailleurs très gentiment répondu sur l’air du «-Arrête de faire ta chochotte, après près de 5000 spectacles programmés, comment encore douter ?». Et pourtant !!!

Même avec l’expérience, il reste cette curieuse alchimie entre l’idée que l’on se fait d’une programmation et sa réalité sur le terrain. Rien ne remplace le moment précis où le rideau tombe, devant un public ou pas, après un show à la hauteur ou pas, et tous les aléas possibles d’un confrontation à la météo, aux bruits extérieurs, à tout ce qui peut dérégler une machine que l’on pense réglée à la perfection !

Mais avouons-le tout de suite, si un Directeur Artistique doit être heureux, alors je suis béat, c’est le nirvana, l’apothéose, le quasi sans fautes dont on rêve toute sa vie ! Même la météo fut avec moi, puisque dans ce climat d’un été pourri, la pluie diluvienne s’est abattue le 25 juillet, jour «off» du Festival et le 29 juillet, lendemain d’une clôture éblouissante ! Il y a des années comme cela où tout ce que vous touchez devient de l’or !

Car si clôture il devait y avoir, comment résister à Chilly Gonzales, (près de 3 ans que je tentais de le programmer) et qui était présent comme un cadeau du ciel en exclusivité Française, seule date de l’été dans l’hexagone et dans sa première d’un nouveau spectacle avec le Kaïser Quartet. Devant des tribunes archi-pleines (même les escaliers avaient été réquisitionnés), après avoir refusés des centaines de spectateurs, il a assuré comme la bête de scène qu’il est, maniant tour à tour la dextérité incroyable d’un soliste hors norme, un humour phénoménal et un sens aigu du partage et de la pédagogie. Le public lui a fait une ovation et dans les loges, après sa représentation, je suis tombé à genoux devant lui en écartant les bras en signe de soumission (sic) pour lui exprimer ma reconnaissance ! Il a ri et nous avons parlé comme des complices heureux du tour que nous venions de jouer à une musique classique «naphtalisé», l’éperonnant pour mieux la mettre en valeur, l’assassinant avec des «raps» vengeurs et des «riffs» pianistiques pour la glorifier quand le Kaïser Quartet partait pour de superbes envolées classiques afin d’en souligner son extraordinaire modernité. Il fait nul doute que ce concert restera à jamais gravé, non seulement dans ma mémoire, mais aussi dans celle des 700 spectateurs présents qui l’ont ovationné ! Il rentre d’ailleurs dans le best-off de mes dix plus beaux concerts, aux côtés de mes amis d’Archive dans leur messe profane avec l’orchestre de Cannes, de l’iguane Iggy Pop, de Pete Doherty et des petites culottes de jeunes filles qui volaient sur la scène, de Salif Keïta tombant à genoux pour supplier le public de danser, des «kalachnikovs» de Goran Bregovic et de quelques autres encore comme Lizza Minelli transfigurée par !es spots lights !

Merci Chilly Gonzales d’être ce que tu es... et peut-être à très bientôt !

4200 spectateurs pour un potentiel maximum de 4800 places alors que tous les Festivals de la région accusent une fréquentation en baisse, parfois de façon cruelle. 5 programmes complets sur les 10, un degré de satisfaction quasi à l’excellence des publics comme des artistes, un budget tenu et que des perles dans un collier de reine, voilà les Nuits Musicales du Suquet 2014 !

Tout avait commencé le 22 juillet avec une des 3 créations du Festival (donc avec une réelle prise de risque !).

L’Ivresse de l’Opéra, est un montage de moments de fêtes et de libations d’opéras divers (Bizet, Verdi, Carmina Burana...), scénographié par un complice de toujours (Paolo Micciché, auteur du Requiem de Verdi/Le Jugement Dernier ou du Mozzartissimo dans mes saisons précédentes) avec des images en superposition projetées sur le fronton en vieilles pierres de l’Eglise du Suquet. Cela n’a peut-être pas convaincu certains puristes adeptes des «3 ténors», mais un vrai public populaire lui a fait sa fête ! La joie et le bonheur se lisaient sur le visage des spectateurs heureux de parcourir toutes ces oeuvres avec intelligence et fraîcheur. Les jeunes du conservatoire Franci de Sienne, les 3 solistes et la bonne humeur d’un «divertissement dionysiaque» ont entrainé une adhésion bien éloignée du confort aseptisé d’un opéra traditionnel !

David Levy est un ami ! C’est aussi et avant tout un soliste d’exception et un homme de défis. Car gageure il y avait dans ce qu’il a osé ! C’est au cours d’une discussion à l’automne dernier, cherchant une idée de programmation que la lumière a jaillit. Avec inconscience, j’ai balancé par provocation les Variations Golberg de Bach, avec tout autant d’inconscience, il s’est emballé, m’avouant son rêve secret d'interpréter cette oeuvre mythique quasiment jamais jouée en «live» ! Et il a tenu bon ! Un an de travail pour que 250 personnes (capacité maximum) dans la cour du Musée découvrent et savourent la complexité et l’incroyable finesse de cette pièce majeure du répertoire qu’il a su rendre avec un talent hors pair. Merci à toi David Lévy, tu restes un grand parmi les grands et tes défis sont à la hauteur de ton immense talent !

Wolfgang (cela ne s’invente pas !) Doerner, le nouveau chef de l’Orchestre de Cannes m’avait proposé une création autour de la musique de Mozart et d’extraits de sa copieuse correspondance en écho ! Superbe idée, adhésion immédiate ! Restait à trouver la voix de Mozart. Grâce à mon fils, Julien Oheix, (son manager de tournées), Francis Huster, dont tous les directeurs artistiques rêvent de pouvoir l’annoncer, à gentiment accepté de venir se prêter à cet exercice. Mélomane, homme de culture imprégné de musique, il a su rendre à Mozart un peu de sa vie si tumultueuse et trop courte. Sa voix tombait du ciel étoilé, Mozart, par ses propres mots réincarné, comme une présence charnelle que ses oeuvres musicales venaient sertir de lumières. Divin frisson !

De Bach à Piazzola, par Helena Rueg au bandonéon et Micha Pfeiffer à l’alto, tel un coup de foudre... D’abord par la pluie venant s’immiscer dans l’ordre des choses (quelques gouttes, un parasol installé en catastrophe afin de protéger les instruments et le concert est reparti !) mais surtout parce que ce projet novateur permettait de tendre des passerelles entre la musique classique et la musique populaire. Leur Libertango restera comme un des (nombreux) moments forts de ce festival.

Place alors au classique pur avec deux formations d’anthologie et un jeune duo. Le Philarmonique de Chambre de Saint Petersbourg (composé uniquement d’anciens élèves du conservatoire Rimsky-Korsakov, (le meilleur du monde, dit-on !). Excellence du jeu nerveux des cordes, du rythme fascinant imposé par le chef Juri Galbo, de l’incroyable fascination d’un soliste bouleversant (Dimitri Berlinsky, plus jeune lauréat du concours de violon Paganini)... Jamais, je n’ai entendu L’été de Vivaldi comme ce soir-là, communion totale avec les éléments ! La Passione de Joseph Haydn achevant une représentation digne des plus beaux moments de l’histoire du Festival du Suquet. Cette école des pays de l’Est si typique, on la retrouvera dès le lendemain dans un Quatuor Talich accompagné de la pianiste roumaine Dana Ciocarlie. Sons boisés, sens du phrasé, engagement, tout un équilibre de la perfection pour deux oeuvres d’exception, le romantique La Jeune fille et la mort de Schubert (cf. le film de Polanski) et l’incroyable modernité de l’opus 44 Quintette pour piano et cordes de Robert Schumann. D’une présence et d’une actualité rare, ces notes qui jaillissaient sous les archets donnaient une dimension littéralement métaphysique à cette soirée magique.

Benjamin Trucchi au violoncelle et Grace Fong au piano, avaient auparavant donné le tempo d’un classique majestueux.

Restait une soirée ouverte sur le monde, une de ces fils tendu entre deux rives que j’affectionne tout particulièrement. Le maître de la Kora, l’instrument le plus classique de l’Afrique, Ballaké Cissoko, nous transporta dans des contrées lointaines pour un voyage d’émotions, un vibrant hommage à ses dieux qui lui donnèrent l’art de dispenser la grâce. Griot de père en fils, il improvisa ses gammes en réponse au lieu superbe de cette cour du Musée de la Castre dominé par un donjon qui l’inspirait. L’Afrique éternelle. 120 personnes présentes, 50 CD vendus à la sortie, comme si chacun d’entre nous désirait conserver une parcelle de cette langueur qu’exprime une Kora que des doigts d’or font chanter.

Le Gospel Drums devait achever ce cycle. Né au cours d’une discussion passionnée avec Thierry Nossin, un producteur ami en qui j’ai une totale confiance, l’idée de réunir les Tambours Croisés avec une chorale Gospel, du chant mère de l’Afrique à l’expression de leurs descendants asservis, fonctionna à merveille. Beauté des voix si pures, énergie lancinante des tambours, la salle entière debout reprenant le refrain d’un final grandiose, comme pour affirmer que la musique est une et indivisible, partie d’un tout et expression du particulier, génératrice de consensus et manifestation de la diversité du génie humain.

Et bien sûr, Chilly Gonzales pour clore définitivement des Nuits Musicales du Suquet 2014 qui resteront comme le symbole d’un aboutissement personnel, un équilibre entre le classique et le moderne, la preuve que le classique sait être ouvert au monde actuel et que les racines de la culture plonge aussi bien dans le temps que dans les horizons si vaste de l’âme humaine. Territoire infini de la beauté qui échappe aux règles.

Alors oui, je peux vous le dire désormais, je suis fier d’avoir enfanté tant de bonheur et de rencontres, tant de sourires et d’émotions.

Oui ! Cette édition des Nuits Musicales du Suquet, sa fréquentation, la présence du maire de Cannes, David Lisnard, mon ami qui sait aimer la culture pour ce qu’elle est, la joie d’une équipe de l'Evénementiel du Palais des Festivals et des techniciens, permanents ou intermittents, tout cela restera gravé à jamais dans ma mémoire.

Merci à la musique de me donner encore le droit de rêver !

Il déteste les selfies.. mais il fera une exception devant mon désir enfantin ! Merci encore Chilly !

Il déteste les selfies.. mais il fera une exception devant mon désir enfantin ! Merci encore Chilly !

Francis Huster, un seigneur. Appelez le Mozart désormais !

Francis Huster, un seigneur. Appelez le Mozart désormais !

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Mondial des Jeux Loto Québec. Année 2014

Publié le par Bernard Oheix

Depuis deux ans, je travaille sur Montréal avec l’espoir fou de créer une manifestation nouvelle autour du monde des jeux. Pour moi, qui ai géré pendant 15 ans le Festival International des Jeux de Cannes, la référence absolue en la matière, ce serait un formidable pied de nez à l’histoire que d’ouvrir un nouveau front au Québec et de réussir cette entreprise sous l’aile de Gilbert Rozon, le patron charismatique de Juste pour Rire.

Tout avait commencé par un coup de fil au mois de septembre 2012, au tout début de ma retraite dorée !

-Bernard, tu te crois en vacances ! Tu te dores au soleil alors que tu es mon directeur du Festival des Jeux et que tu ne le sais même pas ? Allez, monte à Paris, il faut que l’on parle !

Et pour être sincère, ce que Gilbert R veut... !

J’ai connu Gilbert à l’aube du nouveau millénaire, à la Bourse Rideau, un marché du spectacle vivant qui se déroulait à Québec, en février, où j’étais invité régulièrement car je programmais fréquemment nos cousins de la Belle Province. Cette année-là, la Bourse coïncidait avec le Carnaval de Québec ! Imaginez ! Beauté des femmes à moitié nues sur des traineaux dérapant sur la neige par - 30°, fanfare aux doigts gourds, sculptures dans la glace formant des structures fantasmagoriques que seule la chaleur future du printemps viendraient renvoyer au néant !

Mais s’il faisait un froid polaire pour les acteurs du Carnaval, nous les spectateurs le partagions en buvant dans de grandes cornes un vin chaud âpre à déboucher tous nos calculs intérieurs et à chasser les démons du grand froid !

Comme souvent dans ce type de situation, on sympathise, on parle, on crée de l’illusion en se dévoilant. L’homme a mes côtés était sympathique en diable, doté d’un humour corrosif à dégeler les plus coincés, ce qui dans la situation de ce Carnaval par moins 30° n’était pas pour me déplaire !

Comme souvent avec des inconnus, on se livre sans affectation, on joue une partition où, sous couvert de se dérober, on en dévoile beaucoup plus sur soi-même que dans bien des réunions sérieuses à souhaits !

Et il faut dire qu’il m’attirait le bougre, et je ne parle pas de sexe, vous l’avez bien compris !

Il était en pleine ascension vers son apogée pour devenir un des hommes les plus influents de «l’entertainment» et le québécois le plus populaire de la planète en dehors de René, le mari de Céline Dion. J’avais mon bâton de maréchal avec la direction de l’Evénementiel de la Ville de Cannes, je ne demandais rien à personne, il n’avait rien à m’offrir, nous pouvions tomber en amitié !

Peut-on être ami avec un homme qui côtoie la moitié de la planète spectacle... certes pas ! Mais je pressentais qu’il avait une certaine estime pour moi, que je devais l’amuser. Magie de la rencontre !

Dans ces bribes de discours qui s’échappaient dans la tentative de briser la glace (à noter cette image pertinente par moins 30°... Qui es-tu ? Que fais-tu ?), on se lâche quelque peu et dans mon explication de textes (les festivals, la danse, la pyrotechnie, les saisons d’été et d’hiver, les 120 jours spectacles annuels, mon argumentaire bien rodé et maîtrisé à la perfection), j’en vins à lui parler du Festival des Jeux... Et là, j’ai vu son oeil s’allumer, la machine Rozon se mettre en route, l’insight du singe savant jaillir et mon nouveau pote, quinze jours après débarquait sur Cannes avec une délégation pour comprendre ce qu’était ce Festival des Jeux si bien vendu par cet olibrius de sudiste un soir de glace éternelle !

Têtes ahuries devant les 800 scrabbleurs sagement alignés, les 500 bridgeurs, les centaines joueurs de belote et de tarot... Effarement à voir se précipiter des hordes de familles vers le salon des jeux et remplir le Palais des Festivals de bruits et de passion !

Malgré quelques fausses notes, (ce fut l’année de ma plus mauvaise cérémonie de remise des As d’Or, exilée au Palm-Beach avec 3 cacahouètes et un verre de champagne frelaté en agapes), Gilbert Rozon, en homme d’affaires avisé, à son retour sur ses terres, décida d’ouvrir dans son Festival Juste pour Rire, la plus grande manifestation au monde d’humour, un secteur d’animation dans la rue sur le thème du jeu.

Avec des hauts et des bas, depuis 2001, Juste pour Jouer existe et montre à l’évidence que ce secteur est un vraie vecteur d’animations. Pourtant, il manquait un véritable projet, une stratégie de développement qui s’inscrive dans le temps, une équipe compétente... et c’était ce que Gilbert Rozon me proposait en ce septembre 2012 dans son loft Parisien «cosy», entre deux verres d’un bon vin et deux tranches de rire : l’aider enfin à accoucher de ce Festival qu’il dessinait dans ses rêves, qu’il percevait comme un élément capable de confirmer sa stratégie de développement et de renouvellement perpétuel.

Je suis venu faire un audit en novembre 2012 et il m’a reçu avec amitié et sympathie. Nous avons conclu un accord pour fonder ce festival des Jeux avec un objectif à 3 ans, l’idée étant de se positionner comme une des manifestations phares du monde du jeu en 2017, année de la célébration du 375ème anniversaire de la fondation de Montréal dont il est un des commissaires chargés des festivités.

Las ! Le monde n’est pas toujours un fleuve tranquille et l’édition 2013 s’avéra comme une catastrophe. Confiée à une équipe extérieure, coincée entre des dossiers complexes, sans soutien politique, dans la jungle d’une logique de «business» où les chiffres doivent parler avant même d’être émis, le produit «Juste Pour Jouer» 2013, malgré la bonne volonté de certains, s’effondra comme un château de cartes ! Mais je l’en avais averti et j’avais pressenti l’impasse dans lequel se trouvait cette manifestation dès le printemps.

Une nouvelle fois, Gilbert Rozon fit preuve de ce sens inné des affaires qui est le sien, de sa capacité à entrevoir les lignes de fractures et de réagir dans la foulée en inventant des réponses adaptées!

Pendant l’édition 2013, il me demanda de lui présenter en détail l’opération telle que je la voyais, me fit rencontrer un de ses poulains pour prendre en charge les destinées du Festival, accepta de constituer une équipe (réduite certes...) et la machine fut (enfin) lancée.

Arman Afkhami, le producteur est un perse francophone multi cartes, attachant en diable, un chien fou héritant à moins de 30 ans d’un dossier porteur d’avenir. Il a un bagout incroyable, vendrait de la glace à des Inuits et sait driver une équipe et rêver debout. Son adjoint, Guillaume Degré-Timmons est encore plus jeune et accède au rang envié de porteur de projet, s’occupant de la conception et du suivi, véritable doublure opérant sur tous les fronts. A ses deux permanents soudés, on peut rajouter une assistante débarquant au printemps, Wacim, un responsable des réseaux sociaux quasiment bénévole, colosse débonnaire au sourire charmeur, toujours prêt a aider et bourré de compétences, et une stagiaire Française non-payée redoutable d’efficacité drivant une horde de bénévoles avec doigté !

Si on me rajoute comme consultant, voilà l’équipe gagnante de pieds cassés en train de marquer l’histoire de la Ville de Montréal où les festivals et spectacles éclosent en été comme les fleurs au printemps.

Mais c’était sans compter sans Francis Gagnon de Socio-jeux, un passionné passionnant perdu dans un monde de jeux, sans l’équipe d’un Bar à jeux atypique, le Randolph, sans un président d’une Fédération d’Echecs osant postuler pour le Mondial des Jeunes en 2017, les responsable de Cyber’Activ aux projets ambitieux, sans tous ces bénévoles et ces soutiens spontanés qu’une société où la méritocratie existe sait générer, et sans tous ceux qui oeuvrent depuis des années dans cette mini-industrie et qui me font l’honneur et le plaisir de penser que j’apporte un vent nouveau à cette manifestation en train de naître.

Car après bien des vicissitudes, des périodes de doutes et des atermoiements, deux séjours à Montréal à l’automne et à l’hiver, la venue à Cannes d’Arman et de Guillaume, le soutien indéfectible de Gilbert Rozon et de ses principaux cadres de Juste Pour Rire (Alain Cousineau et Marc Tremblay) ont permis in-extrémis à la situation de se décanter et au Mondial des Jeux loto Québec d’ouvrir en ce 12 juillet, dans les flonflons de la fête et un air de succès plane autour du Mondial des Jeux loto Québec.

Il faudra bien sûr le confirmer tout au long des 15 jours qui viennent mais d’ores et déjà, cette première marche tant redoutée est franchie.

On peut le dire désormais, Le Mondial des Jeux existe, il est né un 12 juillet 2014 à Montréal, c’est un bébé en pleine forme, qui pète le feu, nourrit à la «poutine» de caribou, dans la passion d’une bande de jeunes qu’aucunes limites n’effraient, apte à construire un avenir doré et a dessiner pour les années à venir, un monde où jouer pourrait bien être un moyen de construire leur propre avenir !

Et moi, j’observe et je suis heureux, ils me rendent un peu de ma jeunesse et de mes rêves envolés, ils me permettent d’être encore en vie et d’espérer !

Gilbert Rozon et Bernard Oheix pendant l'inauguration du MDJ... Life is beautiful, life is a festival !

Gilbert Rozon et Bernard Oheix pendant l'inauguration du MDJ... Life is beautiful, life is a festival !

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