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Port-Folio de l'été 2009

Publié le par Bernard Oheix

Des instantanés pour se souvenir d'un été particulièrement chaud ! On commence par quelques souvenirs (agréables) des feux avec deux belles personnalités, Corinne Touzet et Sophie Duez. Ces photos ont été captées par Candice C, la stagiaire qui m'a accompagné tout au long de ces 6 semaines et de ces 6 feux. Année d'exception avec 3 grands tirs (Autriche, Pologne et France) + un hors compétition magique de nos amis italiens de Panzera. Les débats furent difficiles et le palmarès sujet à discussions... mais c'est la règle d'un jury et des étranges pulsions qui le traversent et figent les états d'âme ! 


Bon, faut rêver, Corinne Touzet, c'est ma copine...mais dans le jury de la pyrotechnie 2009, c'est pas tous les jours dimanche, ils sont durs les membres du jury de nos jours  !

Sophie Duez, la présidente du jury...Elle est belle la Sophie, mais quel caractère !
Deux grosses personnalités pour un seul jury, c'était beaucoup pour un humble directeur !

Mais ce n'est pas tout ! Yves Simon, Etienne Perruchon et Françoise Delaporte sont venus nous accompagner à l'occasion, personnalités diverses se greffant au jury avec des regards émerveillés pour ces soirées magiques !


Françoise D...Elle rêvait de rencontrer Corinne T, c'est chose faite !


Les photos suivantes ont été réalisées par mon ami Eriic. Il travaille dans la com et la pub, il réalise des maquettes et des documents et quand il y a des spectacles, il vient se fondre dans la foule derrière sa barbe pour saisir des moments uniques et figer le temps. C'est Eriic, un grand photographe devant l'éternel et mon ami ! Merci de m'avoir permis d'utiliser tes photos !

Nilda Fernandez, dans une clôture des Nuits Musicales du Suquet qui a fait couler beaucoup d'encre, ravissant une grande partie du public pour provoquer l'ire d'une poignée d'excités qui eurent tendance à s'en prendre à votre scripteur. J'ai survécu et Nilda est reparti pour de nouvelles aventures...un opus qui fera date et sortira cet hiver, j'en suis persuadé !
La belle et sculpturale Ebony  Bones illuminant Le Pantiero. un vrai choc, une bombe en train d'exploser sur scène sans retenue. Elle est merveilleuse mon Ebony et elle ouvre magnifiquement ce Pantiero qui vivra de belles heures !

La soirée des DJ's, 3 monstres réunis pour étirer l'espace dans les volutes répétitives de leurs sons, ouvrir une faille dans nos perceptions et jouer avec nos sens...
Rebotini, l'homme machine. Il crée en live, un univers déjanté, assemblage de bruits, de séquences originales et de répétitions en boucles, un vrai compositeur qui rappelle les expériences des années 70 d'un Pierre Henry...Mister Oizo, un animal à sang froid... Il jongle avec les sons des autres, introduit une touche personnelle dans des compositions multiples, surfe sur les crêtes des rythmes pour définir son propre univers. Une démonstration de classe !

Erol Alkan, le Maître anglais. Il fait des reprises qui inventent des morceaux à vif, des plages inconnues, des standards qui explosent sous sa maîtrise absolue. Il va porter le public à incandescence pour le dernier set de ce Pantiero 2009.

L'été se termine enfin. Il y a eu aussi le Jazz à Domergue avec une sublimissime China Moses, Le Festival de l'Art Russe, avec  danse, vodka et  beauté des femmes, une clôture enlevée pour les feux par notre ami Panzera et il ne reste plus qu'à partir en vacances, avec la satisfaction du devoir accompli, une île corse à l'horizon, se reposer, attendre en  espérant que les concerts de septembre soient complets...Au vu des programmes, cela peut s'envisager !
Allez, ciao, je me casse... A bientôt !

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Pantiero 2009

Publié le par Bernard Oheix

 

16 groupes, des dj’s en pagaille, des afters jusqu’à l’aube, le crû Pantiero allait-il résister à la déferlante des plages électroniques (12 000 spectateurs en moyenne par date !), à la création d’un Festival à Nice sur 4 jours, (2many DJ’s)…et à une offre qui s’est structurée depuis quelques années dans la région.

 

Jean-Marie Sevain, le Directeur artistique proposait deux jours à tonalité rock, une hip-hop et une clôture en électro pur et dur.

Sur les 4 jours, quelques belles pépites ont embrasé cette terrasse magique du Palais, suspendue au-dessus du vide, coincée entre le vieux port, la colline du Suquet et la baie de Cannes avec son arc de palaces flamboyants ceinturant l’horizon. 8000 personnes sont venues se plonger dans les délires sonores de ces groupes pas toujours connus en dehors de leur sphère d’initiés, avec une baisse sensible sur la journée hip-hop et le plein sur la dernière journée (3000 spectateurs).

 

Le 8 août.

Après The Chap dont il n’y a pas grand-chose à dire, Fujiya et Miyagi ont marqué par leur pop expérimentale, nimbée de claviers et d’électro, des boucles hypnotiques à la recherche d’un équilibre impossible, des nappes sonores élégantes se développant en harmonie pour imposer un groove psychédélique. Une belle prestation élégante et distancée.

ESG, l’événement annoncé de cette première soirée me laissera sur ma faim. Ces pionnières d’un punk-funk new-yorkais sont une tranche d’histoire de la musique contemporaine. Sur une trame lourde de batterie-percussions et de voix profondes, elles tentent de ressusciter le passé. Elles me paraissent datées, comme si nous assistions à une tranche d’histoire coupée du présent, un album sorti de notre mémoire pour nous souvenir du bon vieux temps (déjà !). Leur force iconoclaste originelle s’est diluée dans l’expérimentation moderne et l’appropriation de ce qui faisait leur force. Reste que les fans ont vibré.

La vraie surprise viendra d’une black déjantée, Ebony Bones. Superbe dans son accoutrement de couleurs vives, avec un groupe qui maîtrise parfaitement la scène, des costumes, des maquillages carnavalesques, un vrai show endiablé où l’énergie pure va se balader entre l’afro-beat, le punk, le funk pour emporter le public dans un délire totalement assumé. C’est une grande artiste qui vient de naître…un album, quelques concerts seulement mais déjà toute l’expérience et la finesse d’une artiste généreuse qui s’offre sans réserve au public. Un show vivifiant, tonique, esthétique où la musique roule comme des vagues d’énergie pure.

 

Le 9 août.

On attendait Naïve New Beaters…Malgré l’ordre de passage (ouvrir la soirée dans la clarté du jour !), Naïve en deux riffs de guitare s’est emparé d’un public au départ clairsemé pour ne plus le lâcher et donner un show de légende. Deux guitares et une machine multicartes vont faire saigner l’éther, remplir l’atmosphère de sons pénétrants comme des lames d’acier dans le public, montée d’adrénaline, pop-électro torturée, juste un pas devant le présent, à la limite des conventions qui implosent sous leur énergie et leur humour. Car le leader sait habilement jouer de son accent et de ses interventions pour s’attacher les présents et donner à l’obsession de ce son puissant la légèreté d’un moment de partage. Vive Naïve New Beaters, king of Pantiero.

Stuck In The Sound, pour honorable qu’ils furent, avaient la lourde tâche d’embrayer derrière ce show décapant…Il fallut attendre Kap Bambino pour retrouver le punch originel d’une musique hors-normes. Dans ce duo machine et voix, un zébulon blond monté sur des ressorts, une voix de tête à la limite de la déchirure, dans un jeu de scène paroxystique porte à incandescence le public médusé. Elle saute, bondit, s’égosille en un jeu évident de transe, soutenue par le son bas et gras d’un punk électro qui percute les sens. Faille dans le consensus ambiant, ce duo de Bordeaux est une pure révélation (pour moi !) et possède un jeu de scène d’une maturité étonnante malgré leur jeune âge !

Late of The Pier  arrivait pour conclure, précédé de la réputation d’un groupe dont on s’accorde à penser qu’il sera grand et créera l’évènement. Psitt ! Pompier, grandiloquent, avec des voix très inégales et une certaine naïveté dans l’approximation tant du jeu que de l’interprétation…Late a encore du temps (!!) pour progresser, on découvre leur jeunesse en live et si le CD est plutôt intéressant, le show laisse largement à désirer, dévoilant les faiblesses de ces gamins trop vite encensés ! Ils ont l’avenir pour eux, sauront-ils l’utiliser ? Réponse dans quelques années !

 

Le 10 août.

Soirée intégralement consacrée au hip-hop. Bon, ce n’est pas mon genre préféré mais depuis longtemps j’ai appris à ouvrir les oreilles et à abandonner mes préjugés. Disons-le, ce n’est pas ce 10 août qui m’ouvrira les portes des sensations extrêmes ! Kid Acne, Krazy Balhead font partie de la catégorie des hip-hopeurs hurleurs. Yo! Majesty, sans sa moitié perdue dans les brumes océanes, tente de meubler l’absence de sa comparse et s’époumone sans convaincre. Son funk (grotesque reprise de James Brown), son agitation et ses provocations tournent à vide. Lady Sovereign, sans son DJ (décidément, les duos ont tendance à perdre leur moitié !) laisse 10 mn la scène vide avec un show de lumières anémiques dans la musique d’une bande enregistrée avant d’entrer pour 40 mn pauvre et désespérante de vacuité !

Désolé messieurs et dames hip-hopeurs, on reviendra en 2ème semaine pour se persuader de la dimension extatique de cette musique venue des bas-fonds !

 

Le 11 août.

The oscillation. Dans une soirée consacrée au DJ’s panzer division, la présence de ce groupe au rock alternatif, aigre et incisif, avec des montées violentes comme des bourrasques sonores pouvait étonner. Ils assurent une belle introduction, vivante et métallique, avec un côté « can » au rock psychédélique, nostalgie empreinte de modernité.

Place donc à nos trois représentants d’un monde mécanique où la robotique crée l’illusion. Rebotini qui compose l’intégralité de ses sons en direct grâce à ses machines, offre un set gras et lourd passionnant. Son œuvre s’inscrit dans une tradition de musique concrète répétitive, des sons issus de la réalité pour être transformés en musique par leur intensité, leur fréquence, leur incessant enchâssement dans des trames fluctuantes. Il assure une vraie composition originale et permet le lancement tant attendu de la star Mr Oizo. Célèbre pour sa pub qui passe en boucle, animal au sang froid qui se dissimule pour mieux séduire, il va occuper l’espace avec tout son savoir-faire, une maestria pour passer de « samples » connus en plages originales hypnotisantes, cassant les rythmes, distordant les sons et imposant un univers personnel.

 Les 3000 fans ont chaviré depuis longtemps et derrière son mur de machines, Mr  Oizo mène parfaitement le jeu, faisant alterner les fréquences obsédantes avec la délicatesse de plages aériennes qui viennent comme des ponctuations éthérées.

Reste Erol Alkan, le dieu londonien, celui qui est sans conteste la star des grandes fêtes électro. En vieux routier habitué à son public, il va jongler avec toutes les musiques contemporaines, jouant sur tous les tableaux, déclenchant l’hystérie, décortiquant sans cesse les structures de chansons connues pour les rendre plus dynamiques, recréer à partir de la réalité une nouvelle composition originale, réinventant la musique originelle pour donner corps à la matière brute. C’est un opéra moderne en direct, une façon de prouver que l’on peut piller les musiques des autres tout en étant authentique, réinjectant de l’âme dans des œuvres connues. Son final sur Sting restera dans la mémoire de bien des spectateurs éblouis.

 

Voilà terminé le Pantiero 2009, par un vrai succès dans une édition mitigée. Les « afters » balbutiants, un soir un peu faible en assistance, quelques groupes hésitants, n’enlèvent rien à la richesse de cette manifestation atypique. Sur le toit du Palais des Festivals, entre les étoiles et la mer, le Suquet et les yatchs, pendant 4 jours, la modernité put s’exprimer au sein d’un écrin de conformité ! C’est cela aussi Cannes et la sélection du Directeur artistique, Jean-Marie Sevain, a au moins le mérite de sortir des sentiers battus et d’explorer les voies nouvelles de la musique de demain... il y a des pépites dans ces chemins de traverse !

 

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Infernum Suquetam

Publié le par Bernard Oheix

 

La roche Tarpéienne n’est jamais loin du Capitole…J’en ai fait la cruelle expérience, une fois de plus, et des ors de Montréal, où la gloire m’effleura, aux pavés glissants des Nuits Musicales du Suquet, il n’y eut qu’un pas que je franchis allégrement pour me vautrer dans la fange de l’ignominie !!! Jugez-en par vous-même !

 

« -Mesdames, messieurs, aujourd’hui, je viens de prendre la décision la plus stupide de ma carrière d’organisateur… ».

Ainsi ai-je entamé mon discours sur le plateau du Grand Auditorium du Palais des Festivals, déclenchant les rires des 700 personnes installées sur les fauteuils de velours rouge, dans la quiétude de la salle, en lieu et place d’affronter des bourrasques sur les gradins du Suquet, sous les étoiles, plus près de toi, Mon Dieu !

Le repli éventuel au Palais des Festivals devant être impérativement décidé au plus tard à 16h15, sans possibilité de retour en arrière, en ce 22 juillet 2009, la lecture à 14h30 du bulletin météo me refroidit quelque peu. Des vents en moyenne à 40km/h étant annoncés, je passe 30 mn au téléphone avec le responsable de la station où nous sommes abonnés afin de tenter de voir clair dans l’imbroglio d’une soirée qui s’annonce complexe. 700 personnes ont pris leurs billets pour les sœurs Labèque. La salle est archicomble. Ce n’est pas la première fois que je les programme et chacune de leur venue est propice à une bonne décharge d’adrénaline. Disons-le clairement, elles n’aiment pas jouer en extérieur, détestent le vent et les cris des cormorans, le moindre klaxon déclenche leur irritation et quand un spectateur tousse, elles se sentent personnellement agressées. Cela n’enlève rien à leur talent et à leur gentillesse, elles sont comme cela les sœurs Labèque, méticuleuses et particulièrement scrupuleuses quant à l’exercice de leur art.

Je reprends rendez-vous téléphoniquement avec le gardien des cieux pour 16h afin de faire un ultime point qui ne changera rien. Il me certifie que le Suquet subira de travers des rafales de vent marin entre 20h et 23h et les artistes consultées par précaution me poussent au repli immédiat…

J’imagine la tête de mes supérieurs à l’annonce qu’il faut rembourser tout le monde parce que j’aurais fait le mauvais choix et déclenche in petto un repli stratégique au risque zéro malgré la maigreur du souffle d’Eole qui tente une percée vers 16h30, sans conviction… avouons-le !

Sophie D, mon adjointe débarque en rigolant… « -repli, vous avez dit repli, mais il n’y a pas de vent …pourquoi ? Encore une de tes lubies, Bernard !». Admirez au passage la solidarité de ma plus proche collaboratrice, celle qui partage ma vie (professionnelle) depuis 20 ans désormais !

Je résiste et tente de me convaincre de la justesse de ma décision, me mets à guetter, le nez en l’air, chaque branche d’arbres qui se courbe timidement… Et plus le temps passe, plus le vent décroît jusqu’à ce qu’il s’éteigne définitivement à 19h30, laissant les drapeaux en berne, mon cœur en jachère et le public particulièrement furieux de ce repli intempestif, incompréhensible.

Je vais donc passer les heures qui suivent à exhiber mon bulletin devant les faces de hordes excitées zébrées de rictus méchants afin de prouver que le vent devrait être là, jusqu’à ma montée sur scène pour une expiation publique.

Inutile de vous dire que je n’en menais pas large au moment de pénétrer sur l’immense plateau, m’accrochant au micro comme à une bouée de sauvetage…jusqu’à cette introduction qui dérida la salle et me mit les rieurs dans la poche…

Sophie, goguenarde, avait annoncé à la cantonade, que cette fois-ci, si j’arrivais à les faire sourire et à les retourner en ma faveur, j’aurais vraiment droit à une médaille ! Je la porte au revers de tous mes espoirs, comme un tribut payé au vent capricieux colportant les ondes mauvaises d’un dieu Suquétan pervers !

 

Les soeurs Labèque, après la tourmente...

Mais ce n'en était pas fini avec cette édition du Festival !
Passons sur les rumeurs montantes, celles qui déchirent le silence précieux des pianistes avec des airs de « batucada » peu propices au mixage des genres, à notre toile esthétisante surplombant les spectateurs sauvagement lacérée dans un pur élan de vandalisme par une nuit sans fond, pour arriver à cette clôture des Nuits Musicales du Suquet avec mon ami Nilda Fernandez.

« -Mesdames et messieurs, un guitariste a besoin de doigts, un chanteur de cordes vocales et une danseuse de jambes…c’est, hélas, ce qui manque à notre Carmen ! En effet, il y a une semaine, pendant une répétition de ce spectacle que j’ai vu à Paris, à la Casa des Espana, spécialement repris pour Cannes en exclusivité, elle s’est foulée une cheville…exit donc notre Carmen. Dans l’impossibilité de trouver une danseuse, refusant une annulation pure et simple, j’ai convaincu Nilda d’adapter son spectacle en reprenant  un travail sur Garcia Lorca qu’il avait monté tout en conservant la trame musicale du précédent spectacle… Dommage pour la Carmen Cita et vive donc Fédérico Garcia Lorca… ».

 

Il est certain que le début du spectacle péchait quelque peu, malgré deux chansons sublimes de Nilda sur des poèmes de Garcia Lorca…le rapport à l’Espagne, une conférence sur la renaissance du flamenco, une distribution de jambon…chaque élément en soi était plutôt riche mais l’impréparation et l’improvisation de cette première partie de 30 minutes rendaient un flou artistique pas toujours convaincant…Par la suite, le groupe (deux guitares, deux voix masculine et féminine, un carom et deux danseurs, homme et femme) entra en scène pour une heure et quart d’un flamenco âpre et rugueux. Les musiciens géniaux, la chanteuse sublime, un danseur atypique portaient l’ensemble et réussissaient à retourner l’ambiance et à faire basculer les spectateurs malgré une poignée d’entre eux (une vingtaine) qui décidèrent de quitter la salle au bout d’une demi-heure non sans avoir au passage, apostrophé le metteur en scène avec vulgarité.

Un des semeurs de zizanie, 35 ans, pantalon blanc, chemise blanche, (ouverte sur un torse viril avec poils noirs frisés) vint vers moi de sa démarche chaloupée et m’apostropha. « -J’ai un ami avocat, je suis Corse, et maintenant, si tu ne me rembourses pas immédiatement, on réglera ça en homme » me dit-il, en me saisissant par une épaule ! « D’abord, c’est pas un spectacle, ils boivent et mangent du jambon sur scène au lieu de jouer et de danser ! »

«-Monsieur, enlevez votre main de mon épaule », répondis-je stoïque, avant que la police n’intervienne avec brio, (on ne s’en prend pas au caissier ! (sic), et que le spectateur irascible et peu mélomane conclue d’un sonore « -mais enfin, si on se fait enculer, alors on n’est pas un homme ! »

Et moi qui pensais que la musique adoucissait les mœurs et qu’une soirée au Suquet à 30€ sous les étoiles ne pouvait déboucher que sur une note d’harmonie !

Et 650 personnes debout, à la fin du spectacle, firent une ovation aux musiciens et à un Nilda attachant, légèrement désorienté et quelque peu perplexe.

Reste l’attitude inqualifiable d’une poignée d’histrions sans éducation, mais de cela, je vous reparlerai bientôt, dans un billet futur !

 

Le Suquet est terminé, il fait chaud, très chaud, et les manifestations s’enchaînent, Feux d’artifice, Pantiero, plages électroniques, Jazz à Domergue… avec leur lot de problèmes et leur somme d’angoisse. C’est la marque d’un été complexe, dédié aux caprices d’une météo fluctuante et d’une société en crise…mais le beau temps reviendra et « l’avis de tempête culturelle », accroche de notre programme d’été sur Cannes, cessera bien un jour prochain ! Enfin, on l’espère !

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Une nuit à Vence

Publié le par Bernard Oheix

 

Juan Carmona, mon vieux complice des « Nuits Flamenca », virtuose de la guitare gitane, avec Dominique Fillon, un jazzman au nom si lourd à porter (Eh oui ! C’est bien le frère !)… même si son talent n’appartient qu’à lui, sans aucune discussion. Ils étaient annoncés dans une création en première partie de Khaled, dont le dernier disque est un bijou, autant d’éléments pour me convaincre de me rendre avec Nilda Fernandez, sur la place de la ville pour passer une soirée musique de détente après son opus flamenco en clôture des « Nuits Musicales du Suquet » de Cannes.

 

 

Jaillissement de notes, torrents déferlants pour maestros en fusion, un jazz teinté de sonorités flamenca qui coule en flots ininterrompus. Une création les réunit pour des échanges riches et cristallins. Même si la virtuosité élégante des musiciens est manifeste, c’est une musique qui ne me parle pas, qui effleure mon cerveau sans atteindre le cœur. Je préfère et de loin le Carmona de la Symphonie Flamenca, le rugissement de sa guitare à une expressivité trop sophistiquée. C’est ainsi, j’aime toujours le Maître, même si sur ces chemins de traverse, il m’apparaît quelque peu figé, enfermé dans sa volonté d’aller vers les autres en s’oubliant. Carmona est un grand soliste contemporain de la guitare, il n’est que juste qu’il se confronte à diverses formes d’expression mais son talent réside au bout de ses doigts quand il parle vraiment de cette musique qui le hante et règne dans son âme de gitan perdu dans un monde de chaleur.

 

J’adore l’ultime opus de Khaled. Des compositions fortes, un musicien qui se régénère et offre une nouvelle facette de son talent. J’en frémissais de l’écouter et de voir son show. Déception. Il reste Khaled, un son trop fort et gras qui déboule des enceintes, une gestuelle un peu ridicule, un sourire qui résiste au temps. On a envie de l’aimer, de lui offrir notre écoute mais il semble si absorbé par son propre destin, qu’il n’y a pas de prises à l’émotion. Quelques tentatives de se trémousser plus loin, il nous laisse sur notre faim, sans l’énergie de ses débuts, sans la sérénité de la maturité. Un peu trop accrocheur, manquant de finesse, il réussit par la force de son timbre à me prendre par la main mais échoue à me transporter dans une contrée où tout est harmonie.

J’aime khaled malgré tout et continuerai à le suivre en espérant que l’alchimie subtile de la perfection lui offre enfin la magie d’une communion avec son public !

 

Au passage, dans cette équipe géniale des Nuits du Sud, le meilleur festival de la Côte, où professionnels et bénévoles se côtoient, Théo Saavedra, le directeur artistique et Serge Kolpa, le directeur technique nous accueillent avec le sourire de ceux qui ne trichent pas. J’ai toujours du plaisir à les retrouver, la concurrence est une belle émulation quand elle se produit dans un respect mutuel.

 

Pendant le changement de plateau, une amie qui m’avait interviewé récemment se dirige vers moi et me dit bonjour. Elle est accompagnée d’une jeune fille qui me salue. Je la regarde sans mettre de nom sur son visage.

-Bonjour, je suis Gwendoline C. Vous ne vous rappelez pas de moi ?

-A vrai dire, non, cela me dit quelque chose, mais…

-J’étais une de vos étudiantes à l’Université de Nice, il y a plus de 5 ans. Les cours d’économie du spectacle en licence Arts du Spectacle.

-C’est vrai ! Et que deviens-tu ?

-Je travaille aux Nuits du Sud… et c’est grâce à vous ! Vous m’avez donné le goût de l’évènementiel et vous m’aviez conseillée d’aller vers la technique pour trouver du travail…C’est ce que j’ai fait et je voulais vous dire merci. Je vous avais raté l’an dernier mais quand j’ai su que vous étiez là, je tenais à vous rencontrer, enfin !

 

Je lui ai claqué une grosse bise qui a résonné sur la place pour la gratifier de ces mots doux et pendant quelques secondes, j’ai été heureux, simplement heureux et fier. Comment imaginer que l’on puisse influer positivement sur l’avenir des autres ? Elle me rappelait à l’espoir et au plaisir que j’avais réellement eu de transmettre un peu de mon expérience dans ces murs de la Faculté. Même si l’aventure avait tourné cours, (confère mon article dans le blog, rubrique Culture du 05/03/2008), elle reste la preuve vivante que je n’ai pas effectué tout cela pour rien !

Merci Gwendoline et bon vent dans ton métier !

 

 

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Mes 5 minutes de gloire...

Publié le par Bernard Oheix

C’est Andy Warhol qui écrivait que chacun d’entre nous est condamné à avoir son quart d’heure de gloire dans son existence…Bon, dans mon cas, j’ai la nette impression que Montréal 2009 aura entamé ce capital de quelques minutes particulièrement riches ! Jugez-en par vous-même en lisant la suite…

 

Je suis le Père Noël et nous sommes en juillet…C’est ainsi que j’ai attaqué mon discours devant 25 000 personnes massées sur les gradins de La Ronde déclenchant immédiatement une cascade de rires !

Au départ il y a un voyage éclair à Montréal afin de rencontrer les responsables du Festival de Feux d’Artifice et de Juste pour Rire…deux manifestations avec lesquelles je suis particulièrement lié par des liens d’amitié. 5 jours qui s’annonçaient intenses et qui le furent bien au-delà de mes espérances !

Après une telle entame qui déclencha une première vague de rires, il fallait pouvoir assurer. J’ai donc enchaîné en expliquant qu’il y avait trois raisons à mon statut provisoire de Père Noël.

La première fut expédiée rapidement, en l’occurrence, c’est votre serviteur qui devait distribuer les cadeaux aux artificiers accostant sur le ponton flottant où j’étais juché devant la foule installée sur d’immenses tribunes en arc de cercle. La deuxième me permit de renouer avec le succès. En effet, contrairement à ce qu’affirmait la jeune chanteuse québécoise qui m’avait précédé en tant que marraine de la soirée, j’affirmais haut et fort que ce n’était pas elle qui avait importé le beau temps (les précédents feux s’étaient déroulés sous la pluie et dans les tourmentes du vent) mais bien moi, arrivant de Cannes. Le soleil, en tant que méridional, je maîtrise quand même mieux qu’une native qui ne fait que l’entrevoir pendant quelques semaines de juillet à août ! Pour la troisième raison, je m’assurai derechef un triomphe auprès de la foule.

« -Je viens faire allégeance, devant Martyne Gagnon la Directrice du Festival et toute son équipe, devant vous, chers amis québécois, j’ose l’avouer : Cannes n’est pas le premier Festival de Pyrotechnie du monde, c’est bien Montréal…et c’est dur pour un Français d’avouer un truc comme cela, c’est très dur ! »

A partir de là, j’ai déroulé en souplesse, brodant sur les feux d’artifice et la créativité des artificiers dans cet art devenant majeur, sur les liens d’amitié entre Montréal et Cannes et mon plaisir d’être ici, dans ce temple de La Ronde où se dessine les voies de l’artifice !

Effet garanti pour un discours rondement mené qui m’autorise à penser que j’ai désormais ma place réservée au soleil de l’été québécois et quelques Québécoises définitivement attachées à l’idée de nouer des liens d’amitié avec la France du sud !



Pour la petite histoire, originellement, c'est le consul d'Argentine qui devait faire le discours, mais son absence de dernière minute m'a obligé, à la demande de Martyne Gagnon, la Directrice du Festival, d'improviser mon laius...avec le résultat que vous connaissez !

Mais mon séjour avait pour but aussi de rencontrer le Directeur de Juste pour Rire, Gilbert Rozon, un homme avec qui j’avais sifflé un infâme vin dans des cornes de buffles par -30° au carnaval verglacé de Québec en matant des Miss transies dénudées dans le froid polaire, quelques siècles auparavant, scellant une amitié que ni l’éloignement ni le temps ne pourront éroder. Un homme étrange, passionnant, chef d’entreprise et visionnaire, à l’humour affleurant en permanence derrière une vision caustique de la vie, dissimulant derrière une provocation permanente, une vraie pudeur de la vie !

C’est ainsi, qu’honneur suprême, je me suis retrouvé entre les tables de Patrick Timsit ou de Florence Foresti, en train de déjeuner en solo avec maître Rozon pour un repas sympathique, humour et propos sérieux se mêlant en un rideau de fumée que nous seuls pouvions décrypter !

Pendant ces quelques jours, j’ai assisté à une version particulièrement étrange de Boeing-Boeing. Je n’avais jamais vu cette icône du théâtre parisien et outre qu’elle fonctionne parfaitement dans sa mécanique de standard « boulevardien », cette version québécoise, les accents, l’adaptation discrète aux codes locaux, lui donnent une puissance supplémentaire. Un gala (carte blanche) de François Morency réunit Anthony Kavanagh, Eboué, et une pléiade de comiques du crû dans des sketches d’une férocité sans égale !

Si l’on rajoute la zone de déambulations extérieures, en accès gratuit, interdite à la circulation, grande comme le centre ville de Cannes (entre les rues Saint-Denis, Maisonneuve et Sainte-Catherine) où des centaines d’artistes jouent en permanence pour les passants, où des animations sont proposées dès le début de l’après-midi jusqu’au soir tard, où juste pour jouer, juste pour danser, juste pour chanter se confondent en un joyeux mélange qui ne perd pas son sens premier d’amener à la fête, où défilent des jumeaux et explose un carnaval… Alors, on a la dimension de l’événement gigantesque qui se déroule sur 3 semaines à Montréal. Il n’y a pas de pendant à Juste pour Rire…et c’est quand même la deuxième fois que j’avoue cela à nos cousins de la belle province… en une semaine !

Une équipe d’organisation géniale, (beaucoup de filles efficaces et sympathiques), attentive à bien recevoir, un club VIP où se croisent, dans la bonhomie, stars et inconnus, les yeux d’une belle black comme le souvenir d’une Afrique qui élit domicile sur ces terres accueillantes (le Québec est devenu le nouvel eldorado des francophones des anciennes colonies), une mousse avec des amis à parler de transformer le monde par l’humour, des soirées qui dérivent, Nathalie G, adjointe de Rozon comme cerbère de charme pour se fondre dans la nuit quand les chemins se séparent, c’est Montréal 2009, hardi au cœur, Juste un Rêve, un feu d’artifice, Juste un moment de Grâce…

 

Et je vous certifie que les 25 000 personnes du Festival de la Pyrotechnie de Montréal m’ont applaudi à tout rompre. Je les ai eus, mes 5 minutes de gloire !

 

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Deux morts et un enterrement !

Publié le par Bernard Oheix

 

Petit commentaire déposé sur le blog de David Lisnard écrivant sur la starification de Michael Jackson après son décés.


Divagations au petit matin !

« Dans le cas de notre ami M. Jackson, cher Président, vous évoquez sont statut de "starification" mais n'est-ce point plutôt de "scarification" dont il faut parler ? En quel cas, notre messie de la pop aurait offert son corps et son sang à l'élaboration de son propre mythe et d'une nouvelle religion dont ses fans seraient les apôtres ! En l'occurrence, la scène prendrait furieusement une allure de cène et son parc Neverland deviendrait un Eden épargné par le pêché originel ! »

 

La mort du roi de la pop m’a laissé étrangement indifférent. D’ailleurs, je me suis aperçu à cette occasion que je n’avais aucun CD de lui. Ce n’est qu’après les nombreux reportages entrevus à la télévision et les articles de Libé et du Monde que le personnage a pris une certaine épaisseur pour moi. Son rapport aux « fans », sa disponibilité et la gentillesse de sa sécurité, (vérifiée à l’occasion de sa prise d’empreintes par ma collaboratrice Nadine S. lors de la présentation de son clip au Festival du Film) n’étaient pas qu’une légende. Sa trajectoire d’enfant prodige en star momifiée par un culte planétaire n’obère en rien la part d’ombre d’un personnage lunaire. Qu’en est-il exactement de ce passé de soufre qui brouille une image colorée ? Le rapport à la teinte de sa peau qui mène à cet étrange paradoxe que l’emblème des blacks américains tentait désespérément de se blanchir en gommant sa couleur d’origine, la monstruosité de ses masques mortuaires dérobant son visage aux photographes, son nez sans cesse « retaillé » aspirant le regard de son trou noir, ses enfants engendrés dans la froideur d’une mécanique même si son amour paternel ne semble point discutable…Mais le reste aussi, les nuits dérobées d’enfants perdus, mythe ou réalité ? L’histoire ne tranchera jamais, mais il reste les traces de ses spectacles, les galettes d’un son brut, cette silhouette étonnante de grâce virevoltante en échappant à la pesanteur, ce sens de la scène et de la musique qui en font un des personnages fondamentaux de l’univers musical de la fin du XXe siècle ! Sa disparition brutale, apte à générer toutes les rumeurs, entretiendra sa légende et lui permettra de se retrouver aux côtés des James Dean, John Lennon et autre Hendrix foudroyés en plein soleil pour l’immortalité !

Que dire alors de cette cérémonie mondialement diffusée où l’improbable côtoyait le mauvais goût, le génie, l’à-peu-près, où un Dieu si typiquement invoqué par les américains, dispensait ses bienfaits en larmes dégoulinantes cascadant de bouches éplorées, où les voix s’époumonaient à tenter de monter dans l’azur afin que les présents récupèrent un peu de la gloire du disparu…Facticité d’un clan artificiellement reconstitué, d’un père honni devenu le géniteur d’un dieu mort ? Rien sans doute, si ce n’est que l’authentique tristesse de certains ne pouvait que se heurter à la réalité d’un monde où la mort affronte au quotidien les indéfinissables, les sans-grades, les mères et les enfants qu’une faux vengeresse décapite allégrement aux sons des tubes de Michael Jackson que la radio déverse en flots tumultueux !

 

Par contre, j’ai été choqué par la disparition soudaine de la grande chorégraphe Pina Bausch. Je me souviens encore en 1984, au TNP de Villeurbanne, de la seule et unique fois où j’ai vu une de ses pièces en live. Je me rappelle vaguement de danseuses et danseurs vêtus de tenues sans forme en train de se jeter sur des parois de bois délimitant la scène, d’une musique assourdissante et d’une émotion naissant de l’enchevêtrement des corps et de la rythmique d’un mouvement paroxystique, sans fin. Après Béjart en Avignon en 1969, Pina Bausch en 1984 m’a transmis une idée de la Danse sans frontières ni limites, comme une bouffée d’air pur dans le conformisme d’un académisme qu’elle faisait voler en éclats. Mon imaginaire chorégraphique s’est structuré autour de ces deux repères.

Je n’aurai plus l’occasion de la voir. C’est une grande perte pour le monde des idées et de l’art. Depuis 10 ans, je suppliais Yorgos Loukos, le Directeur artistique du Festival de Danse de Cannes que j’organise, de monter un projet avec elle et de la programmer, et ce d’autant plus, qu’il la connaissait personnellement. Ce n’était pas chose aisée mais j’avais bon espoir…je l’ai perdu définitivement cet espoir de croiser son chemin et de partager un moment de sa magie, je le regrette infiniment !

Il reste le mystère d’une femme morte en cinq jours d’un cancer inconnu. Les rares éloges d’un monde frileux ne l’empêcheront point d’accéder au Panthéon des vraies célébrités, celles que l’histoire grave dans ses pages en lettres d’or. Tant d’autres disparaîtront à jamais du grand livre des femmes et hommes qui ont transformé le monde des certitudes…que le temps n’usera point son aura mystique. Elle échappait aux règles, aux normes, n’était jamais où on l’attendait, toujours dans cet univers si particulier de bruit et de fureur qui fait que le silence de sa disparition devient assourdissant. Elle posait inlassablement des questions et ces questions resteront ouvertes à jamais de par sa disparition…si rapide, trop tôt.

Il est toujours trop tôt pour que la lumière s’éteigne !

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15 s de Tour de France

Publié le par Bernard Oheix

 

 

 

Non, ce ne sont pas de vraies fesses mais un manequin sur une voiture... plutôt agréablement moulé, n'est-ce pas mesdames !
Furieux. Je suis très en colère.
Pensez donc. Me voilà en train de chevaucher ma moto pour monter à Pré du Lac voir passer le Tour de France, l’événement de l’été qui nous fait l’honneur de partir de Monaco et de traverser les Alpes-Maritimes. Grand cycliste devant l’éternel (Venise-Gdansk, Bourg en Bresse-Budapest, les tours de Sardaigne et de Corse, Lyon-Rome…tout cela, c’est moi avec mon pote Petitpoisson, c’est son nom, pas besoin de rire !), je ne pouvais laisser échapper cette occasion de me confronter aux stars de la petite reine et de humer le bon air de l’exploit sportif !

Le PMU, une cavalière attachée par des sangles à un cheval en bois ! Leurs mains vertes  distribuées généreusement restent un des grands mystères de cette journée...A quoi servent-elles ? Je me pose encore la question !
Et bien vous ne me croirez peut-être pas, mais je n’ai même pas eu le porte-clefs Cochonou, (Ah ! les 2CV rouges qui foncent en pétaradant !), tout comme le bob blanc de Skoda qui a atterri à quelques mètres de moi…Quand à la casquette noire à passements rouges de la Caisse d’Epargne, c’est un Allemand (sacré teuton) qui l’a piquée juste devant moi. J’ai hésité à recommencer la guerre mais ces yeux bleus perçants sous un casque de cheveux blonds m’en ont dissuadé. On attendra avant de reprendre les hostilités que nos forces soient reconstituées et que nos cyclistes se remettent à gagner des étapes. La main verte PMU, (j’ai toujours pas compris à quoi elle servait !), me passant sous le nez, tout comme le sac Vittel et les bonbons Haribo, pour lesquels des mômes sales et déguenillés se battent comme des chiffoniers sans aucun respect pour les adultes qui tentent de saisir au vol les trésors dispensés par la caravane publicitaire !
Des fifres et des belins pour ma pomme, j’ai juste décroché une casquette BBox/Bouygues… c’est vraiment dégueulasse !

Bon, deux heures d’attente sous le soleil avec une noria de véhicules déboulant sans que l’on comprenne pourquoi. La pub des voitures Skoda sur les BMW, des pneus qui roulent, d’étranges véhicules à la Mad Max avec des sonos tonitruantes vantant on ne sait quel produit pendant que d’accortes jeunes filles balancent mollement des objets volants non-identifiables dans les pieds de la foule déchaînée...C’était quand même beaucoup dans l’ensemble !

Une voiture pneu... Admirons l'esthétique futuriste de ce magnifique véhicule !
Soudain, 4 coureurs débarquent avec 4 mn d’avance. Ils transpirent en se déhanchant pour prendre le rond-point et foncer vers Grasse. On cherche à repérer leurs noms mais personne ne les connaît. Juste derrière, une masse indistincte de coureurs surgit, amoncellement de jambes en mouvement, de couleurs rutilantes, de casques profilés et de lunettes d’extraterrestre. Un sifflement bizarre les accompagne, vent dans les chaînes de vélo, crissement des boyaux sur le gravier de la route.
Je veux les immortaliser et tente de les prendre en photo quand soudain, avant même d’avoir pu mitrailler, des voitures défilent avec des fourches en l’air et des vélos qui brinquebalent dans l'azur. 15 secondes et puis s’en vont, concerts de berlines avec des officiels qui secouent leur main dans l’enthousiasme général, public comptabilisant leurs trésors, soleil sur la tête et le vide soudain…un silence sépulcral succédant à la liesse, mouvements furtifs d’une foule se repliant sur ses bases avec des commentaires d’expertise médicale.

Voilà, ils sont là. Ils vont passer  à la vitesse de l'éclair sans même nous faire coucou. 15 secondes, c'est court pour 3 heures d'attente !
Ainsi donc, je n’ai vu, ni le maillot jaune, ni Armstrong, ni aucun autre coureur définissable, j’ai entrevu, ce me semble, derrière des verres fumées, la silhouette de Laurent Fignon, (mais je n’en suis pas certain !) et le tout a duré le temps d’une inspiration…mais j'ai gardé la casquette Bouygues et elle me sied à ravir !

Bon, la conclusion, c'est que j’irai l’an prochain voir les matches de l’AS Cannes en football, même là, il doit y avoir plus d’agitation !



La fête est finie, on range les barrières, les flics réendossent leur tenue...Moi, je garde le Che sur mon coeur en farouche défenseur des excès d'une société de consommation. Les forçats de la route continueront à suer sur le macadam pour que les foules s'esbaudissent et que l'audimat explose ! Où étais-je en ce dimanche 5 juillet ?

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Nathalie la stagiaire

Publié le par Bernard Oheix

Un discours de plus, un de moins à penser pour la postérité. Une nouvelle fois, j'ai dû plonger en moi afin d'honorer le passage en nos murs d’une stagiaire particulièrement brillante. Ces discours, prononcés devant l’équipe, sont devenus un rite de passage obligatoire pour les membres de l’évènementiel en partance, en anniversaire (chiffres ronds uniquement !).

Naturellement, il y a eu des larmes, des vraies, non seulement de la Nathalie concernée mais aussi de toutes les filles de la direction. Quand je pense au gâchis de ces jeunes qui arrivent plein d’espoirs sur le marché du travail et que je connais la réalité économique qui les attend, j’ai honte de ce monde dans lequel nous plongeons nos enfants !

 

 

 

 

Il en est des stagiaires comme des saisons… par essence, elles sont éphémères, arrivent pour passer et s’évanouir, s’enchaînent en un flot continu dans ce monde où la précarité est devenue un standard de vie.

 

On vous a donné une formation de qualité, vous avez la rage au cœur, le désir d’en découdre afin de trouver une place, vous débarquez avec votre passion insufflant une énergie nouvelle à ces équipes de permanents, race en voie de disparition, je tiens à le préciser, qui ne pourraient fonctionner sans votre apport… que déjà il me faut faire un discours pour annoncer votre départ avec comme objectif un travail de serveuse de limonades ou de petites culottes dans un établissement de la rue d’Antibes…

Cruelle injustice, ironie malsaine… Vous avez espéré de ces quelques mois passés à nos côtés, on a pressuré votre aptitude à tout faire (même l’innommable…les fameux mailings que vous avez enfournés par milliers dans des petites ou grandes enveloppes !), on vous a donné une partie de notre expérience…mais à quoi cela sert-il quand le monde marche sur la tête et que les jeunes n’ont qu’un horizon bouché comme espoir de salut…gâchis immense qu’il nous faudra bien solder un jour !

 

Mais pour en revenir à toi, ma Nathalie chérie, quand nous t’avons vue débarquer en décembre 2008 au Gala de Johann Strauss, tu as été notre cadeau de Noël, la cerise sur le gâteau d’une nouvelle année. Tu as rayonné au Festival International des Jeux, assuré les caterings d’innombrables stars qui t’en restent éternellement reconnaissantes, serré dans tes bras des colis de programmes, usé tes yeux sur les ordis, pondu d’indicibles rapports, répondu présente à toutes sollicitations… tout cela en cherchant, sans la trouver, l’âme sœur (malgré les efforts consentis par ton directeur pour te dénicher la perle rare qui t’empêcherait de t’acheter un chien pour avoir de la compagnie !) et en nouant des liens d’affection avec l’intégralité des filles de l’Evènementiel pour une fois pas jalouses de cette jeunette aux charmes appétissants bien capable de faire perdre le nord à un directeur normalement constitué !

Alors, Nathalie, après ces mois en notre compagnie, on va te souhaiter une carrière belle et ambitieuse, un travail à la hauteur de tes capacités et de tes ambitions, un salaire comme une récompense méritée de tes actes, un poste, un vrai, dans la culture ou dans l’agriculture, n’importe où, du moment que tu œuvres à la richesse humaine, au développement de la société, que tu t’épanouis chaque matin en quittant les bras de ce fiancé, que tu trouveras bien un jour, et qui te comblera comme tu le mérites avant d’aller rejoindre à l’aurore les chaînes de la production d’une entreprise qui t’aura fait confiance.

Allez, Nathalie, on t’aimera toujours. Tu es passée parmi nous pour laisser une belle trace dans notre cœur. Et si on a pu te donner quelques armes en plus pour affronter ton avenir professionnel, alors tant mieux, on t’aura rendu ainsi, une parcelle de ce que tu nous as offert si généreusement pendant ces 6 mois !

Cannes, le 30 juin 2009.



Voici un extrait du discours que j’ai décidé d’ôter à la dernière minute. Il appesantissait quelque peu le propos… mais c’est tellement ce que je pense !

 

Qu’avons-nous fait de votre beauté ? Comment imaginer un monde dans lequel nos enfants n’héritent que des vestiges d’un siècle passé ?

Envolé les contrats à durée indéterminée, vive l’intermittence comme système de régulation permanente !

Que vive les salaires en solde, les gras émoluments et stock-options étant déjà réservés par les nantis et ceux qui détiennent le pouvoir !

A quoi servent les diplômes, la formation, les stages. A rien, circulez, y a rien à voir ni en tirer !

Ilotes de l’économie, esclaves modernes comme régulateur des dépenses salariales, facteur d’adaptation de l’entreprise, juste avant le chinois ou l’indien corvéable à merci !

Courrez, camarades stagiaires, l’histoire vous mord la nuque…

 

  

 

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Chutes de Riens

Publié le par Bernard Oheix

 

Je me suis souvent demandé ce qu’il advenait de ces scènes tournées par les réalisateurs mais non-incluses dans le montage final présenté au public. Elles somnolent sur des étagères comme la Belle au Bois Dormant, attendant qu’un jour, par miracle, un remontage en version longue les exhument pour leur donner vie, (c’est le cas assez rarement, hélas !) où qu’un aventurier des archives perdus viennent fouiner parmi ces bobines afin de dénicher la perle rare, le trésor d’un plan magique à jamais éternel, que des étudiants en cinéma vont disséquer jusqu’à en extraire la quintessence…Plus généralement, ces plans s’assoupiront à jamais dans le vide de l’inconnu !


Il en est de même pour les écrits. Combien de textes barrés d’un trait nerveux présents dans une version initiale qu’une relecture condamnera à l’exil définitif et qui rejoindront un éther dans lequel errent des phrases sublimes, des approximations incertaines, des chapitres entiers qu’une logique perverse balaye, des assemblages hétéroclites, des mots d’autant plus abandonnés qu’ils ne sont plus destinés à la lecture mais à l’archivage ou à la poubelle.

Tous ceux qui écrivent ont ressenti un jour ce pincement douloureux de devoir sacrifier, sur l’autel de la cohérence et de l’efficacité, des phrases qui apparaissaient indispensables à la naissance du texte. Un vide se créé de devoir les abandonner comme orphelines d’une logique impitoyable.

C’est ce qui m’arrive aujourd’hui, dans la 3ème version d’un roman, La Métisse du Peuple des Epines, qui ne verra peut-être jamais le jour en tant que roman, mais dont les scories, elles, sont d’ores et déjà renvoyées dans les greniers de la mémoire !

Aussi, ai-je décidé de les mettre en ligne afin de les faire exister fugacement, juste l’espace d’un désarroi, avec l’idée peut-être, de ne pas laisser ces morceaux de moi-même sans sépulture. Vive les chutes des riens d’un grand néant !

 

Page 17

Au cœur de la nuit des temps, quand l'être humain a décidé de devenir un homme et qu'il s'est redressé pour regarder la ligne d'horizon et jouir des couleurs pourpres d'un coucher de soleil sur la crête des monts découpés sur le ciel, on peut imaginer que, dans un langage balbutiant, il a inventé des mots trop beaux pour naître du néant. Bien au-delà de ces paroles qu'il cherchait à crier dans l'azur, du fond de son âme et de l'esprit de son peuple, une voix discordante s'essayait à franchir des cordes vocales malhabiles. Avec un bâton ramassé dans la forêt, tapant sur des fûts évidés qui résonnaient dans la nuit tombante, il a entonné une curieuse mélopée, un grondement sourd de son souffle qu'il apprenait à dompter sur ces muscles cachés au fond de sa gorge. Les autres membres de la tribu décidèrent de suivre son rythme, son phrasé, ses ruptures de ton, de jouer sur les contrastes et les décalages pour se fondre à l'unisson quand l'ensemble des présents plongeaient les yeux dans les étoiles. Peut-être est-ce ainsi  que le chant polyphonique est né, une belle histoire traversant les âges et les cultures de l'oralité, un moyen de vaincre le vent qui emportait les coutumes dans ses rafales, première forme d'art, bien avant que les couleurs de la vie ne meublent les ombres dansantes sur la pierre des abris troglodytes ou que les outils taillés dans le silex ne se mettent à transformer le monde.

 

Ce texte n’a vraiment pas de chance. Il se trouvait déjà dans la première mouture d’un roman précédent. Je l’avais sauvé en le réincorporant dans « La Métisse » mais la malchance le poursuit, une 3ème correction lui sera fatale, je le condamne derechef en l’expulsant de nouveau. Exit l’histoire rêvée d’une polyphonie ancestrale, le musique continuera de s’électrifier sans que l’on sache d’où est né cet art majeur !

 

Page 42

Dely était une révolutionnaire dans l’âme. Elle possédait une haute conception de la place de la femme dans la société Malgache. « Les hommes sont souvent veules et cupides, ils ne cherchent que le plaisir immédiat et ont tendance à imaginer qu’ils sont les maîtres de nos corps » me disait-elle. « Les femmes sont puissantes quand elles le désirent, elles peuvent faire plier les mâles. » Elle me narra un jour, le rite du Palabre des Femmes en pays Tanale, une région qui jouxtait l’Androy. « -Si une femme est insultée, humiliée, frappée, qu’un homme du village se conduit mal contre sa propre épouse en jetant la honte sur toutes les autres, alors, les femmes se réunissent pour palabrer et guidées par la Déesse du ciel,  déclenchent le grand exode. Toutes les femmes, de la plus jeune à la plus vieille, s’en vont en colonnes, abandonnant les hommes à leur sort. Il faudra un émissaire qui demande pardon au nom de tous les mâles et une réparation en zébus d’autant plus importante qu’ils auront attendu, pour que la déesse du ciel accorde à la doyenne des femmes l’autorisation de reprendre leur place aux foyers. Ne l’oublie jamais ma fille, les femmes sont fortes quand elles sont unies. Ne sois jamais faible, ils en profiteraient pour t’arracher ton honneur »

Ma mère était ainsi, bien que respectueuse des traditions, elle refusait que celles-ci permettent aux hommes d’exercer leur pouvoir sans contrepartie. Elle s’ancrait dans un féminisme naturel où les responsabilités devaient être partagées, puisant dans son couple la preuve que l’harmonie pouvait se conjuguer à  deux.

 

J’ai entendu cette histoire de « la palabre des femmes Tanale» chez un conteur Malgache. J’avais aimé cette image d’une cohorte de femmes quittant les cases et laissant les hommes sans ressources, abandonnés, obligés de se faire la cuisine et de langer les enfants mâles… Las, dans l’histoire de « La Métisse », cela alourdissait le propos et le rendait trop didactique. Cette belle page de l’histoire de la lutte des femmes restera donc inconnu… Désolé, mesdames !

 

Page 18

Quand ma mère apparaissait, la lumière semblait plus brillante, quand elle vous regardait de ses yeux si doux, elle vous transmettait des mots d’amour sans paroles. Quand elle vous caressait, c’est comme si les ailes d’un ange vous enveloppaient. Elle était ainsi, fille du dernier roi du peuple des épines, épouse d’un prince blanc, reine dans le cœur des hommes et mère de tous les enfants du monde.

 

En hommage à toutes les mamans du monde…

 

Voilà quelques phrases sauvées du néant. Elles ont perdu leur âme de ne plus se renvoyer en écho d’une histoire en train de se construire, mais au moins auront-elles gagné un souffle de vie pour mourir de leur belle mort !

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Ultimes Colibris

Publié le par Bernard Oheix

Île paradisiaque. Le voyage se termine aujourd'hui, dans un avion qui nous fera remonter le temps et débarquer vendredi matin sur la Côte d'Azur pour retrouver nos vies d'antan, le présent au quotidien. Près de 3 semaines à rencontrer des gens étonnants dans un cadre de vie superbe, contrastes permanents, mer omniprésente, soleil ou pluie, sites somptueux, douceur de vivre... Et toujours ces "colibris", montages photographiques réalisés par mon frère Jean-Pierre O... qui nous accueille et nous permet de découvrir la Martinique de l'intérieur !


Barnabé, grand pêcheur devant l'éternel, nous fait découvrir son territoire...Le "rocher", couvert d'oiseaux et de sel qui ferme la baie de Tartane en sentinelle perdue de l'Atlantique, le cap de la Caravelle avec sa baie du galion, les fonds marins où les poissons jettent des tâches de couleurs, les vagues sur lesquelles le bateau danse...Ô combien de marins... ont ressenti cette sensation particulière de partager un moment d'éternité avec la nature ensorcelante !



Gaston est heureux. La pêche fut particulièrement bonne et directement vendue aux habitantes de Tartane qui se sont précipitées vers l'étal à peine la barque ancrée...Comment le savaient-elles que ses filets regorgeaient de daurades ventrues qu'il découperait et vendrait au poids de tranches juteuses ? Mystère... L'après-midi, sur le terrain de boules jouxtant les barques, il pourra oublier ses lignes et frapper des carreaux avec la régularité d'un métronome...


Sortie superbe avec Jean-Guy, conteur hors-pair qui nous fait découvrir la côte du Précheur, dernier village avant la montagne Pelée dont la cime est éternellement dans les nuages. Des baies mystérieuses, des rochers aux poissons multicolores, des dauphins paressants à nos côtés en animaux de compagnie, un déjeuner à Anse la Voile, plage accessible uniquement par barque, située à la charnière entre l'océan Atlantique et la mer des Caraîbes. Un repas composé d'accras et de poissons... le jaune du soleil, le vert de la végétation et le bleu de la mer comme des touches célestes pour une partition divine.

Un bon résumé d'une de nos journées...une petite marche en compagnie de gens passionnants dans des coins superbes. Un déjeuner au poisson dans un restaurant typique accompagné de vieux rhums, avec en riccochet, une sieste dans la chaleur moite pour évacuer le stress [quel stress !?)... et le soir, un repas entre amis qui finira par une belote et toujours beaucoup de rhum !!! Dur, dur la vie en Martinique ! Merci aux familles Clément et Jupiter pour leur accueil, un beau passeport sur l'art de vivre en Martinique et sur la convivialité. 

Voilà, le voyage touche à sa fin. Je garde avant tout à l'esprit la gentillesse naturelle des habitants, la diversité incroyable du métissage dans la luxuriance d'une île aux effluves chargées d'épices. C'est une grande île, avec ses montagnes et ses côtes qui jouent à se dérober l'horizon en permanence, dans la violence d'un océan présent à tout instant, l'odeur d'humus d'une décomposition qui enrichit la vie de son terreau fertile. Tout s'élance vers le ciel, comme si la surface plane des vagues ne pouvait contenir la force des éléments.
Il y a aussi les sourires des Martiniquais, légèrement en coin, pli de la lèvre moqueur, oeil à moitié fermé, la main dans les cheveux, comme si la vie valait vraiment le coup d'être vécue quand l'histoire des hommes s'ancre dans la douleur et que le passé ouvre des plaies béantes. La blessure des mémoires vivantes implique une distance que le Martiniquais vous offre avec respect, pour ne pas sentir le souffle de la haine embraser l'atmosphère quiète des douceurs océannes !
Le temps est venu de se comprendre,semble-t-il  vous proposer, à nous d'entendre les cris monter des nuits où le souffre brûlait !



PS : Et pour mon égo, un montage que je vous propose afin de garder la tête froide au moment de retrouver mon poste de Directeur de l'Evènementiel  du Palais des Festivals de Cannes !!!!

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