Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le grenier de la mémoire 17 : La Palestre e(s)t le Titanic !

Publié le par Bernard Oheix

"-Mon pti't gars, t'es vraiment trop payé et tu bosses pas assez" éructa Pierre Bachelet, pas le chanteur, l'autre, le Député Maire du Cannet, d'une voix rauque et graveleuse...

C'est le genre d'agressions que j'encaissais quotidiennement en me retenant au maximum de réagir, sur les conseils de Ressources et Valorisation qui me soutenait en me demandait de leur laisser le temps de dénouer la crise. Gérard Mathieu un jeune cadre intelligent de RV avec qui je m'entendais bien me poussait à m'accrocher en me prodiguant ses conseils. Il suivait mon dossier en subissant par ailleurs le caractère  imprévisible de cet atrabilaire convulsif... Comment la France des années 90 pouvait-elle encore donner du pouvoir à cette caricature d'un tyran petit bras, petit d'intelligence ? Comment pouvait-on voter pour un tel pantin ? La Démocratie décrit parfois des méandres surprenants !

A partir de Décembre 91 (on n'en était qu'à 3 mois de présence !), la tension monta à son zénith en une guerre de tranchées permanente. Refus de signer les factures pendant 15 jours d'affilée, refus  de me donner une signature sur un compte courant (je n'étais que le Directeur après tout !), refus d'accepter ma nomination comme conseiller (bénévole) à l'ADEM des Alpes Maritimes, refus de me laisser organiser la future inauguration en choisissant un intervenant extérieur grassement rétribué, refus de me laisser programmer sans son aval, (par exemple Guy Bedos et Noah non acceptés !)...

Mais c'est début janvier, au moment de l'arrivée de mon adjointe Sophie Dupont que tout c'est emballé ! Outre que le secrétaire-général de la Mairie la convoque sans m'en informer pour lui annoncer "-Qu'il y a un problème entre le Président (Le Maire) et le Directeur (moi)" et qu'il remette en cause son salaire en le rognant de 2000f alors qu'il avait été accepté en commission et par RV... Lequel secrétaire-général, véritable carpette, continuait à me présenter comme le secrétaire de La Palestre et non comme son directeur... me conseillant de ne pas irriter le Maire "-Car après, c'est tout le monde qui trinque...".

Ce qui mit le feu au poudre, c'est la réussite d'une négociation que je menais depuis plus d'un mois avec GSF. Ma mission consistait de trouver les moyens de faire tourner La Palestre sans argent public, que la Ville ne donnerait qu'une subvention minimum et qu'il fallait que je me débrouille pour trouver les financements de mon développement... C'était un challenge, et il était plutôt exaltant !

C'est à ce titre que j'obtins un accord de partenariat portant sur 3 ans de 500 000F (la 3ème tranche résiliable suivant la réussite des programmations et l'activité des 2 précédentes). En échange, une concession du marché nettoyage de 4 ans appuyée par un devis joint, le titre de sponsor officiel et une loge permanente. Un excellent deal qui me permettait enfin de construire une programmation et de m'orienter vers le démarchage de congrès.

Las ! Quand Pierre Bachelet apprit cette nouvelle, il devint fou furieux ! Il avait négocié en direct et sans m'en avertir avec une autre société et quand je lui rétorquais que la-dite entreprise avait été, comme les autres, sollicitée mais ne voulait pas d'un partenariat, il me répondit que je n'avais pas à me mêler de "ses" affaires en jetant le dossier par terre ! Cas classique d'un argent occulte qui allait atterrir sur un compte secret, bien à l'abri, et qui à défaut de permettre le développement de La Palestre, servirait à améliorer le quotidien de ses vieux jours !

Dans la foulée je reçus deux lettres :

Le grenier de la mémoire 17 : La Palestre e(s)t le Titanic !
A la réception de ces deux lettres, j'ai compris que ma mission au Cannet s'achevait et qu'il ne me restait plus qu'à démissionner avec, en plus, la culpabilité d'avoir entraîné Sophie Dupont dans cette galère !

A la réception de ces deux lettres, j'ai compris que ma mission au Cannet s'achevait et qu'il ne me restait plus qu'à démissionner avec, en plus, la culpabilité d'avoir entraîné Sophie Dupont dans cette galère !

Il y a parfois, dans la vie, des moments incroyables ! Le jour même où je comprenais que l'aventure Palestre s'achevait, je reçus un coup de fil de Françoise Léadouze, mon ancienne Adjointe à la Culture de Cannes, celle avec qui j'avais vraiment partagé un projet culturel ambitieux, avec qui je m'entendais à merveille et qui m'avait gardé son amitié en comprenant les raisons de mon départ : "-Bernard, les festivals se cassent la gueule, Pierre Jean n'est pas capable de gérer votre équipe, j'ai besoin de vous, est-ce que vous êtes d'accord pour revenir à Cannes ?".

Je jure que c'est vrai !

Et instantanément, sans réfléchir, je répondis :"-Françoise, je rêve de retravailler avec vous. C'est une catastrophe ici, un désastre, mais j'y mets 2 conditions : la première c'est que je revienne avec Sophie, je ne peux pas la laisser dans ce merdier, et la 2ème, c'est Mouillot qui ne m'a pas donné le poste et je veux être certain qu'il souhaite mon retour, dites-lui de me téléphoner pour me demander de revenir..."

Silence au bout du fil... "-Ok, Bernard, je transmets le message !".

Et là, en raccrochant, j'ai vu mon monde s'écrouler. J'imaginais le pire, je me mordais les lèvres de ne pas avoir accepté tout de suite la proposition, je me maudissais de mon inconscience, de cette fierté qui m'avait amené à exiger ce que je craignais impossible : demander à un maire comme Michel Mouillot de se dédire et de s'abaisser à me quémander de revenir ! J'étais fou... et surtout d'angoisse.

Les deux jours qui suivirent furent les plus longs, les plus interminables de toute mon existence ! Je n'ai pas beaucoup dormi. Et puis une sonnerie, et la voix chaude et chaleureuse de Michel Mouillot au bout du fil me disant "- Allez, Oheix, arrêtez vos conneries, la-haut ! Revenez à Cannes, on a besoin de vous ici. Je vous attends à mon bureau demain à 16h !"

Je crois que jamais de ma vie, je n'ai ressenti avec autant de violence, une bouffée d'adrénaline m'envahir comme en ce jour, en ce moment précis, en raccrochant un combiné qui venait de me délivrer de l'enfer dans lequel j'étais prisonnier !

Et c'est le sourire aux lèvres que j'ai pondu dans la foulée la lettre qui suit :

Je vous assure que la jubilation d'écrire cette lettre peut s'assimiler à un orgasme absolu !

Je vous assure que la jubilation d'écrire cette lettre peut s'assimiler à un orgasme absolu !

Le lendemain, un Michel Mouillot goguenard m'accueillit dans son bureau de la Mairie. Il m'annonça qu'il avait décidé de garder Pierre Jean à la Direction de l'Événementiel Fêtes de la SEMEC mais qu'il créait un Évènementiel Culturel dont je serai le Directeur au sein du Palais des Festivals !

Et c'est ainsi que, en refusant d'être un "animateur" sous les ordres de Pierre Jean, 6 mois après, je me retrouvais au poste que je voulais au départ, en ayant au passage, plus que doublé mon salaire !

PS : merci encore, après tant d'années, à Françoise Léadouze de m'avoir sauvé des affres de l'inconnu !

PPS : merci à Michel Mouillot d'avoir pris le Téléphone pour m'appeler !

PPPS : merci à Pierre Jean de n'avoir su prendre en main mon équipe et d'avoir échoué dans sa mission initiale !

PPPPS : merci aussi à Sophie Dupont qui m'a suivit dans cette aventure et ne m'a jamais lâché dans l'adversité !

Et pour la petite histoire, quand je me suis pointé au Palais des Festivals, la Directrice Générale de l'époque, Marie Pierre Colas, en me faisant signer mon contrat de travail, me déclara : "-Alors vous êtes ici parce que vous avez eu la tête de Pierre Jean, mais avec moi cela ne se passera pas comme ça, vous avez intérêt à marcher droit !". Bon, vu le personnage et ce que j'avais traversé, cela ne m'a pas inquiété outre mesure mais bonjour l'ambiance !

Quand à l'aboutissement de mon passage éphémère à La Palestre, ce n'est que quelques années après qu'il se conclut par la réception  d'un coup de fil à mon bureau du Palais des Festivals :

- Bonjour Monsieur, vous êtes Bernard Oheix, l'ancien Directeur de La Palestre...

-Moi-même...

-Ici la brigade financière de Nice. On aurait besoin de vous parler.

-A quel sujet ?

-Disons que l'on voudrait éclairer certains aspects de votre passage à la Soducan. Alors, si vous le souhaitez, on peut le faire discrètement, vous venez à la Caserne Auvare sur Nice pour une discussion amicale, sinon, on sera obligé d'employer des moyens, disons, plus officiels... Et au passage, amenez tous les documents que vous jugez indispensables pour justifier de vos missions et votre action pendant vos 6 mois de Direction...

Je me suis donc rendu à la Caserne Auvare avec une certaine angoisse, ce n'est pas tous les jours que l'on est convoqué par une brigade financière ! Mais j'avais tout conservé (pour preuve les documents présentés précédents !) et après 3 heures à donner un éclairage sur ma fonction, mes missions, les rendez-vous et les projets, ils m'ont libéré très cordialement et j'ai clôturé définitivement ce dossier... jusqu'à aujourd'hui où les conditions d'un confinement m'amène à dévoiler le dessous des cartes !

Quand à La Palestre, elle a vivoté quelques temps avant de sombrer dans un relatif anonymat. Elle n'est pas devenue cette salle incontournable de la Côte d'Azur ! Et le chantier de mes 40 ans, ce challenge d'une vie, il est mort-né, dans les éructations d'un cacochyme Pierre Bachelet que j'aurai par la suite, le plaisir d'inviter le 18 novembre 2000 au Palais des Festivals pour chanter "Au nord, y avait les corons".... Euh, pardon. Là, c'est le vrai Bachelet, l'artiste, qui chanta sur la scène ce soir là, pas le bateleur de foire qui m'avait pourri la vie pendant 5 mois et 28 jours sur les hauteurs du Cannet ! 

Voir les commentaires

Le grenier de la mémoire 16 : La palestre 1... l'Espoir !

Publié le par Bernard Oheix

A 40 ans, ma carrière s'était déroulée sur un rythme linéaire, 2 à 4 ans par poste (La Frayère, la MJC Bourg, La Belle Bleue, Les Campelières et l'OMACC). Réussissant globalement, à chaque fois, malgré l'échec de La Belle Bleue qui me permettait de garder la tête froide en me rappelant que je n'étais pas infaillible, loin s'en fallait !

C'est dans cette période d'euphorie que Michel Mouillot, le charismatique Maire de Cannes, sous la pression de la chambre régionale des comptes, en alerte depuis que "Jacques Médecin", le Maire de Nice, avait amené le détournement d'argent public par le biais des associations para-municipales jusqu'à une forme d'Art, décida de créer la SEMEC (Société d'Economie Mixte pour les Événements Cannois) afin de se conforter à leurs préconisations. 

Il s'agissait de fondre en une entité juridique offrant plus de transparence les 3 mastodontes associatifs que gérait la Ville : l'association Palais des Congrès, le Comité des Fêtes et l'Omacc. Dans ce nouveau système, l'argent public était utilisé sur un mode de gestion "privée" mais avec des contrôles très rigoureux. Un chantier colossal !

Si le Directeur-Général de l'ensemble ne pouvait que se rattacher à la gestion du Palais, le poste de Directeur de l'Évènementiel ne pouvait (me semblait-il !) que me revenir, vu que j'en étais l'adjoint et que René Corbier restait à la Direction des Affaires Culturelles (Orchestre de Cannes, Ecole Régionale d'Acteur, Bibliothèques et autres institutions de la ville...).

Las ! Michel Mouillot, avec qui, pourtant, j'avais d'excellentes relations, en décida autrement. Au printemps 1991, il annonça qu'il nommait Pierre Jean (le responsable du Comité des Fêtes) sur ce poste. Un coup de poignard auquel succéda une mise à mort quand le dit Pierre Jean  m'informa au cours d'un déjeuner "amical" que son adjoint serait Daniel Delesalle du Comité des Fêtes et que j'intégrerai la Direction de l'Evénementiel de la SEMEC comme animateur !

Pour la petite histoire, Pierre Jean était un ami du Maire, pianiste du groupe de jazz les "Haricots Rouges". Franc-Maçon, nommé au Comité des Fêtes depuis quelques mois, totalement incompétent dans ce métier d'organisation, même si c'était un homme très intéressant et cultivé dont j'étais l'ami et que je l'avais aidé dans ses premiers mois à faire une programmation d'été !

Quand à Daniel Delesalle, mon rival, ses limites faisaient que je n'imaginais pas qu'un jour il puisse être en concurrence avec moi et encore moins de me retrouver sous ses ordres !

Le paradoxe, c'est que si Pierre Jean m'avait attribué la Direction-Adjointe qui me revenait de droit, j'aurais accepté, même avec la rage au coeur ! Mais là, impossible de reculer... Et j'étais bien seul pour lutter à ce moment-là !

Je me devais de réagir !

 

Je me suis mis en campagne et très rapidement, j'ai trouvé un poste... Et quel poste ! Le challenge de mes 40 ans, l'objectif d'une vie. Je savais qu'au Cannet, une grande salle était en construction. Un montage complexe entre une municipalité qui concédait des terrains pour construire un ensemble résidentiel et qui en échange, se voyait offrir une salle polyvalente, sports spectacles et congrès, avec une gestion commune de l'établissement sous la forme d'une SEM (Société d'Economie Mixte !). Ultime paradoxe, je me retrouvais par le biais de Ressources et Valorisation, Directeur de la SEM qui gérait la plus grande salle en construction du Sud Est. Le Président de la SEM était le Député-Maire du Cannet, Pierre Bachelet, et je dois dire que le premier contact, l'entretien d'embauche avait été plutôt frais :"-Alors c'est Mouillot qui vous envoie pour m'espionner ? ".

Mais Ressources et Valorisation avait imposé leur choix. Et même un double choix puisque j'avais soumis ma candidature à la condition de venir avec mon adjointe, Sophie Dupont, celle dont je ne pouvais plus me séparer, professionnellement parlant !

Entre temps, j'avais demandé un rendez-vous à Michel Mouillot pour lui annoncer de vive voix mon départ. A mon entrée, il m'avait lancé "-Je sais, j'ai eu tort de ne pas vous nommer... Je le regrette ! ".

Puis on avais discuté amicalement de mon futur poste à la Palestre et il m'avait confié :"-Vous verrez, Bachelet est un incompétent, c'est un fou furieux, vous ne pourrez pas travailler avec lui. Sachez une chose, Bernard, ma porte vous restera toujours ouverte et si vous avez besoin de moi, je serai là !"

Et le 1er septembre 1991, j'intégrais mon "Graal" avec des bureaux situés temporairement à la Mairie du Cannet. La tête que j'ai fait le premier jour en découvrant sur la porte d'entrée une affiche appelant au rétablissement de la peine de mort ! 

 

Quand je suis arrivé, il n'y avait même pas le toit, un vrai chantier !

Quand je suis arrivé, il n'y avait même pas le toit, un vrai chantier !

Et je me suis attelé au travail, Sophie devant me rejoindre le 1er janvier 1992 même si nous avons tout partagé pendant ces 4 mois. Le premier (et seul !) problème que j'ai dû affronter était Pierre Bachelet. Un être abject, colérique, méprisant, fou à lier ! Je l'ai entendu dire en fin d'un repas qu'il arrosait trop, à une délégation du POP Bercy que j'avais amené dans l'objectif de réaliser des co-productions et des opérations croisées que : "-Finalement, Hitler, il n'avait pas fait que des mauvaises choses !". Imaginez la t

ête des émissaires de la plus grande salle parisienne à l'époque ! 

Chaque réunion hebdomadaire dégénérait en cris et hurlements (une partie m'appartenaient) et le secrétaire général de la Mairie est passé plusieurs fois pour me demander de ne pas énerver Monsieur le Maire et de me montrer plus souple !

Un jour, je lui ai apporté un parapheur avec des factures, branchement d'eau, raccord d'électricité, achats de sanitaires... Je me souviens encore de sa façon de prendre le parapheur et de le jeter en hurlant : "-Des factures, encore des factures et je ne vois jamais de recettes...". pour la petite histoire, la salle n'était pas ouverte et le toit à peine posé !

Malgré tout j'avançais, les plus gros tourneurs venaient visiter la salle pour signer des accords de partenariats vu que nous représentations la seule salle de cette gamme de 4000/5000 places dans la région.

Je commençais donc à bâtir une programmation jusqu'à m'entendre dire, à la proposition d'une soirée spectacle sport/culture (un match exhibition de Yannick Noah qui avait pris sa retraite de tennisman et un concert du jeune chanteur qu'il était devenu dans la foulée)..."- Yannick Noah, mais on va quand même pas faire un concert de nègres !".  Pour la petite histoire, c'est un projet que je reprendrai plus de 10 ans après aux Concerts des Hespérides avec une soirée Noah (match plus concert) et I Muvrini, une autre soir !

On était mi-décembre, et cela commençait à sentir sérieusement  le roussi ! Toutefois, pour le dénouement de mes aventures de La Palestre, il vous faudra attendre le prochain billet de ce blog !

C'est pendant cette visite, qu'un adjoint (pied-noir) du Maire me dit "- Mais pourquoi les murs en vert, cela me rappelle le drapeau de l'Algérie !"

C'est pendant cette visite, qu'un adjoint (pied-noir) du Maire me dit "- Mais pourquoi les murs en vert, cela me rappelle le drapeau de l'Algérie !"

Voir les commentaires

Le grenier de la mémoire 15 : un mec à l'OMACC

Publié le par Bernard Oheix

Septembre 1988. Je débarque à La Malmaison, siège de l'OMACC. Sur la Croisette, jouxtant l'ancien Palais des Festivals, une maison baroque sur 3 étages avec vue imprenable sur la rade et les iles de Lérins qui ferment l'horizon. En même temps que la Direction des Affaires Culturelles de la Ville, René Corbier assure la responsabilité de l'OMACC (Office Municipal de l'Action Culturelle et de la Communication). D'un côté le "public", de l'autre l'associatif, le "privé". Une double casquette bien dans le mélange des genres de cette époque où la démocratie a encore quelques progrès à faire, où les politiques se pensent au dessus des lois et intouchables, où la moralité fait cruellement défaut à la poignée de "quadragénaires" républicains qui secouent le cocotier, et pas seulement sous les feux de la Croisette !

On achève le premier mandat de François Mitterand, l'espoir et l'enthousiasme de son élection se sont éteints dans les feux de l'affairisme et des compromissions. La Côte d'Azur est un creuset de la lutte entre les tenants d'un héritage Gaulliste et la poussée d'une jeune droite dont un des leaders est François Léotard, le flamboyant maire de Fréjus. Les Carignon, Madelin, Noir et autres "jeunes" aiguisent leurs couteaux en prévision des élections municipales qui auront lieux dans quelques mois. 

A Cannes, Anne-Marie Dupuis fait partie de la vieille garde d'un Gaullisme à bout de souffle et son mandat s'achève dans l'immobilisme et le pathétique. Michel Mouillot, jeune et ambitieux ami de Léotard, est bien décidé à conquérir Cannes et à insuffler un sang nouveau à la Ville du Festival !

C'est dans cette période charnière que je m'installe au 1er étage. Le contact avec Corbier est excellent. Il prend la place symbolique d'un "grand frère" en me guidant dans mes premiers pas. Il me confie des cartons avec la mission de produire les "Actes du Colloque sur le Masque de Fer" qu'Alain Decaux venait d'assurer sur Cannes. Je vais me plonger avec délice dans la masse d'interventions et éditer un opuscule sur ce personnage de légende de l'Ile Sainte-Marguerite. Livre qui des années plus tard sera toujours en vente au syndicat du tourisme. Mais je ne vous dirai pas qui se cachait sous le masque. Pour cela, il faudra visionner l'excellent documentaire-fiction de mon ami Arnaud Gobin, "Les Prisonniers de l'Ile" où je campe St Mars, le geôlier du prisonnier le plus célèbre de Cannes ! Clin d'oeil de l'histoire !

Et dans le bruit et la fureur d'une campagne municipale électorale meurtrière où tous les coups sont permis, je prends possession de mon poste de Directeur-Adjoint. 

A l'époque, l'OMACC est une structure composée de bric et de broc avec un personnel hérité de l'histoire, plutôt âgé et peu performant. L'objectif de son Directeur est de la transformer en une machine de guerre pour la culture et l'animation, et ce d'autant plus, que l'arrivée imminente d'une nouvelle équipe laisse présager d'une refonte radicale de tout ce secteur.

Et c'est ce qui va se passer avec l'élection de Michel Mouillot et la nomination d'une Adjointe à la Culture Françoise Leadouze qui vont révolutionner la vie cannoise en cassant les vieux codes et en insufflant un sang nouveau à tout le secteur.

Cette aventure durera un peu plus de 3 saisons pour moi. Exaltante, riche... Nos réunions, le soir tard, cigarettes et verre de vin, avec Francoise et René, où nous reconstruisions, à défaut du monde, une structure en pleine évolution et dont les missions s'élargissaient. 

Préhistoire du Festival des Nuits Musicales du Suquet (les sièges étaient non-numérotés et la billetterie manuelle), Festival du Livre, Rencontres Cinématographiques de Cannes à leurs débuts, quelques programmations ponctuelles, travail dans les écoles et lycées pour drainer vers les salles les élèves, un gigantesque chantier s'amorçait et mon poste de numéro 2 me convenait parfaitement. J'étais libre, les coups, le rapport aux politiques, c'est René Corbier qui les prenait, et pendant ce temps je bâtissais une équipe en recrutant des Sophie Dupont, Florence Jacquot, Elisabeth Lara..., tout un bataillon féminin qui allait former ma garde prétorienne jusqu'à ma retraite 25 ans après ! J'organisais les manifestations, développais des projets, à la fois totalement intégré et électron libre, toujours dans la complicité avec mon directeur ! Des années bonheur, insouciantes !

Sur le Balcon, jeunes et beaux !

Sur le Balcon, jeunes et beaux !

Mais le moment de l'année que nous attendions tous, c'était le Festival Guitares Passions, une manifestation totalement improbable crée par Pierre Olivier Piccard dont nous assurions la production. Des stagiaires aux stars de la guitare dans tous les genres, des cours aux concerts, des jam's sessions la nuit dans des halls d'hôtel. Une folie qui débordait dans la ville et nous plaçait à l'épicentre d'un tourbillon musical !

C'est d'ailleurs en cette occasion que j'ai réussi un de mes plus beaux coups ! La Reconstitution de la Bataille de Nashville. Sur une idée de Marcel Dadi, fan de Chet Atkins, l'invité d'honneur, nous avions imaginé une reconstitution en habits d'époque sur les allées de la Liberté en front de mer, centre ville ! Il a fallut trouver des associations de "fans" pour jouer les armées (Une pour le Sud, une autre pour le Nord), des camions de terre  et des tracteurs pour aménager les tranchées, des bottes de paille... En ouverture, les hymnes des deux armées interprétés par Atkins et Dadi, en live et en même temps, et le public venu en masse qui n'en croyait pas ses yeux !

Le grenier de la mémoire 15 : un mec à l'OMACC
Le grenier de la mémoire 15 : un mec à l'OMACC

2 anecdotes : dans la bande de "frappadingues" qui ont débarqué de Belgique et de France, il fallait un bataillon nordiste d'éclaireurs indiens... lequel bataillon se réduisait à un seul "indien" par ailleurs. Cheveux nattés, teint cuivré, vêtu d'un pagne et d'un gilet de cuir à frange, il y croyait dur comme du fer à sa mission d'éclaireur. C'est sans doute à cause de cela, que la veille de la reconstitution, la police municipale m'a réveillé en pleine nuit pour me demander si l'énergumène qui se promenait à 2h du matin dans la rue d'Antilles, un immense coutelas à la taille, faisait bien parti de notre opération. Il a fallu que je me lève et que je le délivre des mains des "pandores" interloqués pour le ramener à son campement des allées de La Liberté où ils dormaient, le camp nordiste en face du camp sudiste ! Et le lendemain, en pleine action, il a grimpé sur un platane pour "éclairer" ses alliés sur les mouvements des troupes sudistes... lesquels avec force canons et mousquets ont déclenché une attaque foudroyante, l'isolant de son corps d'origine ! L'éclaireur Indien, bloqué sur sa branche à 5 m de hauteur et paniquant, qui jusqu'à là s'exprimait en borborygmes, se mit à hurler en bon Français, "-Laissez moi descendre, je veux descendre !" dans l'hilarité générale !

La 2ème porte en soi la preuve évidente que la victoire du Nord était inéluctable. Au lendemain de la reconstitution, après une nuit où sudistes et nordistes, touts camps confondus, avaient abondamment fêté leur victoire en ingérant des liquides ambrés, deux bus se pointèrent à 10h pour récupérer les "acteurs" à notre plus grande satisfaction pour les emmener loin de leur théâtre d'opération, dans leurs villes d'origine. A notre grande surprise, tous les nordistes, camp démonté, tentes rangées, malles alignées, attendaient sagement de monter dans leur bus... Pendant ce temps, un bordel innommable régnait chez les sudistes, certains dormaient encore, d'autres se baladaient, certains buvaient leur café,  dans la cohue indescriptible  de leur camp ! Comme quoi, parfois, l'uniforme fait la norme et l'homme rejoint l'histoire !

3 années intenses... qui vont s'achever dans une certaine confusion que je vous raconterai dans un prochain billet ! Une véritable aventure humaine dans une ville hors du commun. J'ai beaucoup appris pendant cette période. j'ai aussi pris confiance. J'ai gardé des ami(e)s pour la vie, Françoise Léadouze, René Corbier, j'ai constitué un fond d'équipe qui allait me suivre jusqu'au bout de la nuit, dont Sophie Dupont qui allait devenir mon adjointe pendant plus de 20 ans et mon âme soeur... elle me succèdera d'ailleurs à mon départ à la retraite.

J'y ai aussi gagné une certaine crédibilité et la certitude, au fond de moi, que je n'avais pas usurpé ma place et que j'étais bien là où je devais être !

Et que je méritais d'y être !

Voir les commentaires

Le grenier de la mémoire 14 : 1986 Au rebond des Campelières !

Publié le par Bernard Oheix

Je sortais d'une période folle où j'avais vécu à un rythme épuisant. Réunions, voyages, rapports, projets, j'avais tout tenté pour me fracasser sur l'écueil de la vente des contrats d'artistes... ce qui est un peu dommage, vu que c'était le fondement de La Belle Bleue !

Quand la fin fût officielle, un immense vide c'est emparé de moi. Mais "Que Faire ?" comme disait Lénine ! 

Je me suis retrouvé sur la liste des mutations de la FFMJC avec une compagne qui avait comme seul objectif de fuir La Belle Bleue pour rejoindre sa Méditerranée ! Sa "corsitude" avait repris le dessus ! J'ai donc refusé des postes intéressants dans des structures culturelles qui avaient ce petit inconvénient de se situer dans le Nord, les Vosges où même la Région Parisienne !

Jusqu'au coup de fil de la secrétaire de la Fédération (qui m'aimait bien !) m'annonçant que mes 3 refus d'affectation pouvaient entrainer une radiation d'office si je refusais la 4ème ! Or ma demande était claire, un poste en Provence-Alpes Côte d'Azur... région où il n'y en avait aucun de disponible !

Et là, Miracolo ! Jacques Médecin, maire sulfureux de Nice, ré-ouvrait un double poste de direction à la MJC Gorbella qu'il avait fermée quelques années auparavant à cause "des conciliabule putrides(sic)" qui s'y déroulaient ! Et j'en obtins officiellement un en compagnie, pour la petite histoire, de mon ami Jean-Pierre Carriau !

Sauf que par un subtil jeu de domino, une Directrice de la région, corse et amie de la présidente Corse de Gorbella, réussit à squatter un des 2 postes, ce qui me ravit car s'il y avait bien un lieu qui me faisait peur, c'était celui de Gorbella, la MJC de mes années étudiantes. J'y avais vu des films, fait des activités, de l'agit-prop, animé des débats et ne souhaitais surtout pas me confronter à ma ville natale dans ces conditions !

Et par un jeu de chaises musicales subtil, c'est à Mougins, à quelques kms de La Bocca où j'avais grandi, que j'ai été nommé  de nouveau Directeur d'une MJC !

Alléluia !

Ouvrir la porte de son bureau et savoir que son fauteuil serait là, aujourd'hui et demain encore, il ne faisait aucun doute ! Ce fut comme une libération et les nuages noirs qui rodaient alentour s'évanouirent d'un seul coup de baguette magique !

Il faut dire que cette MJC avait un profil totalement atypique, unique, particulièrement excitant. Un établissement modèle, où cohabitaient sur 3 communes (Le Cannet, Mougins et Mouans-Sartoux), un collège, une MJC, une piscine, une association d'handicapés. On y trouvait l'éducatif, la formation citoyenne, l'apprentissage artistique, l'entretien du corps, le handicap, et même le rapport à la politique ! Les activités pléthoriques, des responsables brillants (le Président Claude Lanza du CEC (Centre Educatif et Culturel), le principal Taix du Collège des Campelières) et une présidente de la MJC, Liliane Marco, qui deviendra au passage mon amie pour la vie !

Des adhérents en nombre, des activités passionnantes, (acrobaties, danse, gym...), un personnel d'animation impliqué et compétent (les Fodella, Anne Marie Sanguin, Sophie Rohmer, Pierre Vion...), rien de tel pour redonner la rage de vivre et de bosser ! Alors, j'ai enclenché la surmultipliée !

En quelques mois, j'ai enchaîné la création d'une salle de sports avec l'aide du Chantier des Jeunes de Cannes, la création d'une École de Cirque, une médaille d'or à La Rochelle, au championnat de France de danse amateur, rien de tout cela dont je ne sois totalement responsable, si ce n'est que j'étais de nouveau au bon endroit, au bon moment ! J'étais redevenu un animateur. Je savais accompagner les autres, ceux qui sur le terrain travaillaient depuis des années !

 

 

Assemblée Générale de la MJC costumée, juste avant une expédition au Carnaval de Venise ! Comment allier l'utile à l'agréable ! A droite, dans sa magnifique corolle la Présidente Liliane Marco à mes côtés, campé en colonel de l'animation !

Assemblée Générale de la MJC costumée, juste avant une expédition au Carnaval de Venise ! Comment allier l'utile à l'agréable ! A droite, dans sa magnifique corolle la Présidente Liliane Marco à mes côtés, campé en colonel de l'animation !

Et c'est en 1988 que j'ai réalisé un des plus beaux coups de ma carrière ! La première Nuit de la Palabre, et à l'époque, nous n'étions pas nombreux à imaginer que le verbe pouvait se mettre en spectacle ! C'était le tout début des ligues d'improvisation et des joutes oratoires. Un jury, des candidats, des thèmes à explorer (sérieux ou absurdes), des animations sur le thème de la parole (poésies, conteurs), deux présentateurs (dont moi !), un maître du temps avec gong, des pièges pour le public appelé à participer...) Le succès fut incroyable. J'ai d'ailleurs, à la demande Chantal Veuillet, mon ex-collaboratrice de la MJC de Bourg, repris 15 ans après, cette formule pour 3 éditions en Bresse à partir de 2013 (Les nuits de la Tchatche ) qui furent des "must" dont certains se souviennent encore ! J'avais d'ailleurs embarqué à cette occasion mes potes Nilda Fernandez et Vincent Absil comme présidents du Jury et ils poussèrent la chansonnette entre deux "rings de la parole" pour la plus grande satisfaction du public !

J'ai toujours sû parler, mais là, c'était pour la bonne cause, celle du "tout dire pour rien" !

Le grenier de la mémoire 14 : 1986 Au rebond des Campelières !
Le grenier de la mémoire 14 : 1986 Au rebond des Campelières !

Mais le temps passait trop vite. Un jour, René Corbier, le Directeur des Affaires Culturelles de la Ville de Cannes, ancien Directeur du CEC, dont les enfants fréquentaient la MJC, m'invita à déjeuner. Il me proposa de devenir son Directeur Adjoint de l'OMACC, l'Office de la Culture et de la Communication de Cannes. 

On ne peut résister à une telle proposition quand on a grandi à Cannes dans les HLM du Ranchito, que son père était sapeur-pompier, que l'ascenseur social m'avait propulsé dans les sphères de l'Animation et de la Culture et que l'on avait rêvé toute sa vie en passant devant les 24 marches du Palais des Festivals, temple de tous les désirs !

C'est à regret, pour cette équipe formidable des Campelières trop tôt quittée, que j'ai accepté sans hésitation, je dois l'avouer, la proposition de René Corbier ! Et je ne l'ai jamais regretté car outre d'avoir trouvé un ami (véritable alter-ego) en sa personne, j'ai mis le pied dans une formidable machine qui allait me porter vers  la Direction de l'Événementiel Culturel de la Ville où j'avais grandi en faisant mes premières armes !

Le grenier de la mémoire 14 : 1986 Au rebond des Campelières !

Voir les commentaires

Le grenier de la mémoire 13 : pause 2 en forme de faire-part !

Publié le par Bernard Oheix

Il fut une époque où les naissances se multipliaient comme des petits pains dans mon entourage avec la nécessité, à chaque fois, de devoir sanctifier le bout de chou qui pointait son nez de quelques mots bien sentis, histoire de montrer que l'on était pas indifférent à l'arrivée du Divin Enfant !

En voici deux exemples :

Je ne suis pas certain que la belle et coquine Esther se rappelle de ce mot mais je vous assure qu'à voir la tête de la maman et du papa, cette missive de bienvenue les a touchés profondément !

Je ne suis pas certain que la belle et coquine Esther se rappelle de ce mot mais je vous assure qu'à voir la tête de la maman et du papa, cette missive de bienvenue les a touchés profondément !

Transmis à mon Président pour la naissance de son fils....

Transmis à mon Président pour la naissance de son fils....

On aimait bien jouer au ping-pong tous les 2 : il avait le style et la vivacité, on s'est parfois bien divertis à échanger des phrases !

On aimait bien jouer au ping-pong tous les 2 : il avait le style et la vivacité, on s'est parfois bien divertis à échanger des phrases !

Mais avouons-le... Les décès ont pris le pas sur les naissances...privilège de l'âge assurément ! Et si trouver un style pour parler d'un bambin vagissant est quelque chose, cela en est une autre de devoir parler à un ami que la mort foudroie, à quelqu'un avec qui on a partagé la vie et qui est touché au coeur de son être ! Il n'y a pas de recettes, juste la tentative désespérée de chasser les nuages par un coup de baguette magique... ce qui n'arrive jamais !

Les parents d'Elodie avaient créé une adresse mail au nom de leur fille et demandaient qu'on lui adresse un mot ! Angoissant mais qui peut juger de leur tentative de la faire exister malgré tout encore quelques heures !

Les parents d'Elodie avaient créé une adresse mail au nom de leur fille et demandaient qu'on lui adresse un mot ! Angoissant mais qui peut juger de leur tentative de la faire exister malgré tout encore quelques heures !

Une copine de Fac, son frère et sa mère dévastés, et des mots vides pour tenter de combler la douleur si présente

Charly,

Il n'est pas toujours facile d'exprimer par des mots la réalité de la tristesse, du chagrin, l'expression d'une profonde injustice, le désarroi de la solitude que provoque le départ de l'être aimé.

Alors parfois, les écrits sont bien inutiles. Mais comment dire à celle qui est partie qu'elle nous manque ? Comment dire à son frère, à sa mère, à toute sa famille que l'absence est partagée, que les liens qui ont existé restent intacts ?

Elle a fait partie de nos vies, elle est encore en nous, elle y restera.

Quelques sourires, de grands yeux qui interrogeaient la vie, des moments gravés qui émergent parce qu'elle a fait ce grand saut définitif dans l'inconnu.

C'est cela notre Betty. Même si le temps était passé, que la distance s'était installée entre nous, elle est un morceau de notre histoire, une belle page de cette histoire où nous avons partagés des repas, des espoirs, de la colère... et surtout des rêves !

Alors à toi qui reste notre Charly, par delà le temps, parce que tu nous relies à notre jeunesse, à la beauté de la vie, même si l'âge accomplit son oeuvre et nous rapproche tous ensemble de ces frontières mystérieuses qui voient s'évanouir tant de nos êtres chers, qui nous rapprochent aussi de nos propres peurs...

A toi, nous disons des mots d'amitié pour celle qui ne pourra plus les recevoir. A toi, à ta maman, à son mari et à tous ceux qui l'ont connue et aimée et qui, aujourd'hui doivent trouver la force de vivre avec son souvenir.

Bises de Bernard et Thérèse

 

Voilà... Il y en aurait beaucoup d'autres à exhumer, le scribe de service appelé à la rescousse chaque fois par l'équipe de l'Evènementiel ou les aléas de la vie, ayant tout conservé dans des cartons d'archives accumulées depuis un demi siècle ! Mais la douleur est intime et la joie paradoxalement difficile à partager ! Et puis ceux qui ont reçu ces mots ont imaginé quelques fractions de temps qu'ils étaient uniques...Et ils le resteront parce que ces bouteilles à la mer ne sont que la prolongation des sentiments, des émerveillements et des terreurs, de l'incertitude de la vie et de la permanence de la mort !

Et en ces temps de pandémie, il n'est pas inutile de se rappeler la fragilité de nos certitudes !

Mais on ne peut pas terminer sans une note d'espoir... alors voici ce mail transmis le 31 juillet 2007 à mon Président David Lisnard, à ma Directrice Générale Martine Giuliani et à mon équipe ! En hommage à un cinéaste, quelques mots à défaut d'images !

Le grenier de la mémoire 13 : pause 2 en forme de faire-part !

Voir les commentaires

Le grenier de la mémoire 12 : L'écrivailleur... 1ère petite pause en mots !

Publié le par Bernard Oheix

De tout temps j'ai écrit... Poésies, nouvelles, romans...tout y est passé ! Pourtant, en plongeant dans ces 50 années d'archives qui dormaient dans mes cartons, j'ai découvert que mon "talent !" (si vraiment talent j'ai, ce sera à vous d'en juger !) s'exprimait souvent quotidiennement, dans mon travail comme dans ma vie privée, par des lettres, notes et commentaires que je transmettais avec constance. On va commencer cette série avec le Palais des Festivals ! Je vous demande seulement, en les lisant, d'imaginer les têtes que faisaient le Directeur Général, le Directeur des Ressources Humaines ou Financier à la réception de ces mails, entre deux réunions, un dossier à traiter et une décision à prendre !

Problème de moquette dans nos bureau ! Lettre au Directeur Général... Ils nous l'ont changée, je dois l'avouer, dans la semaine !

Problème de moquette dans nos bureau ! Lettre au Directeur Général... Ils nous l'ont changée, je dois l'avouer, dans la semaine !

On ne m'a plus jamais dérangé avec cette clause des contrats artistes... étonnant non ?

On ne m'a plus jamais dérangé avec cette clause des contrats artistes... étonnant non ?

Tête du Directeur Financier, Michel Lefrancq... Il l'a affiché dans son bureau comme un trophée !

Tête du Directeur Financier, Michel Lefrancq... Il l'a affiché dans son bureau comme un trophée !

Valentin Prozinsky de Old and News Monte-Carlo... Un homme charmant que faisait tourner les plus grands solistes et orchestres ! A Cannes, malgré sa collaboratrice, mon amie Fédérica Brunelli, il n'avait pas énormément de succès... Il faut dire que ses budgets étaient astronomiques !

Valentin Prozinsky de Old and News Monte-Carlo... Un homme charmant que faisait tourner les plus grands solistes et orchestres ! A Cannes, malgré sa collaboratrice, mon amie Fédérica Brunelli, il n'avait pas énormément de succès... Il faut dire que ses budgets étaient astronomiques !

Voilà, j'enchaînerai avec quelques autres rubriques dès demain ! Mais quand même, un peu de poésie dans ce monde de brutes... Cela ne peut pas faire de mal !

Voir les commentaires

Le grenier de la mémoire 11 : Rock Around Europe... Euh...Europe ?

Publié le par Bernard Oheix

Dans la frénésie de l'agonie de La Belle Bleue, quelques mois qui se déchirent et nous mènent inexorablement vers le gouffre, dans la certitude que rien de conventionnel ne pourra me sauver, mon cerveau, bien malgré moi, s'est mis en mode accéléré à la limite de la saturation.

C'est ainsi que j'ai pondu (entre autre) pour le Directeur de la Musique et de la Danse un dossier sur la création d'un ONDA Rock-Chanson basé sur un conventionnement de lieux s'engageant sur une programmation de 8 concerts à l'année avec paiement des artistes (pour rompre avec le pervers % sur la recette) et couverture de 50% du déficit. L'objectif étant de créer un choc diffusion en Province et de professionnaliser les jeunes musiciens.... vaste programme !

En 1985, Année Internationale de la Jeunesse, c'est à l'AFIJE (Agence Française des Initiatives de la Jeunesse en Europe), que j'ai présenté, le projet Ring Rock, un match musical de groupes de rock... mais de celui-ci, je vous en reparlerai dans un prochain billet....

Aujourd'hui, c'est de Rock Around Europe qu'il s'agit, et donc de mon ami Alberto Signetto, colosse débordant d'énergie, bon vivant, Turinois, Cinéaste et  ami de toujours avec son frère Sandro.

Nous nous étions rencontrés au Festival de San Remo au début des années 70 et nous ne nous étions plus lâchés. Je ne compte pas les bouteilles de vin que nous avons éclusées ensemble. Nous avions même écrit un scénario (Itinerario Gaudi, un polar sulfureux se déroulant à Barcelone)...

Alberto était une machine à improviser, un tribun, un grand cinéaste turinois et nous étions, intellectuellement, comme deux frères siamois...

Je l'avais invité comme membre du jury professionnel en 1988 aux Rencontres Cinématographiques de Cannes et je me souviens encore de quelques belles soirées et de la présentation de son film, Weltgenie, un CM onirique tiré d'un poème de Gottfried Benn qui a eu un succès incroyable et fut couvert de prix dans plusieurs festivals !

Je l'avais invité comme membre du jury professionnel en 1988 aux Rencontres Cinématographiques de Cannes et je me souviens encore de quelques belles soirées et de la présentation de son film, Weltgenie, un CM onirique tiré d'un poème de Gottfried Benn qui a eu un succès incroyable et fut couvert de prix dans plusieurs festivals !

Quand je lui avais parlé de mon idée d'un groupe de rock composé de musiciens de chaque pays d'Europe, il avait instantanément embrayé au quart de tour ! C'est lui qui avait trouvé le nom (Rock Around Europe), et de discussions en discussions, nous avions affiné le concept jusqu'à son aboutissement sous forme d'un dossier en trois langues.

Je m'étais mis en chasse auprès des institutionnels français, lui des structures italiennes, et ensemble nous avions prospecté les Espagnols (rencontre surréaliste avec l'Ambassadeur d'Espagne !). Les premiers résultats largement positifs, nous nous sommes rendus à Londres dans un voyage homérique pour rencontrer Brian Eno pressenti comme directeur artistique de l'opération. Il n'avait pas dit non, le bougre... Mais de ce voyage, vous aurez droit à un billet plus tard !

Mais qu'était-ce donc que ce RAE... ce Rock Around Europe !

Le grenier de la mémoire 11 : Rock Around Europe... Euh...Europe ?
Le grenier de la mémoire 11 : Rock Around Europe... Euh...Europe ?
Quelques pages du dossier de présentation ! C'est Alberto qui avait eu cette idée de créer un papier avec les textes en langue originale sur fond des couleurs des drapeaux de chaque pays concerné !

Quelques pages du dossier de présentation ! C'est Alberto qui avait eu cette idée de créer un papier avec les textes en langue originale sur fond des couleurs des drapeaux de chaque pays concerné !

Il s'agissait de sélectionner par audition publique de jeunes musiciens de 3 pays (France, Espagne, Italie), de les faire travailler  pendant 3 mois avec un Directeur Artistique (Brian Eno),de produire un 45T, de créer un look Européen, et de faire une caravane du Rock qui aurait sillonn les 3 pays (plus les autres !) en portant un nouveau message d'une Europe de la Culture ! 

Même si ce projet s'est échoué sur l'inertie de certains bureaucrates (une minorité y croyait malgré tout !) et sur le scepticisme général de la place de la culture dans la création d'une Europe moderne, nous avions pressenti les crises futures de cette Union Européenne incapable de se construire comme un projet d'avenir pour les jeunes et de transcender la réalité des crises nationales

Après un élargissement absurde vers l'ancien bloc de l'Est, vers des pays pas prêts à assumer la volonté d'une véritable Europe (Pologne, Hongrie) mais qui en veulent les profits et surtout pas les contraintes... (mais il fallait bien fournir une main d'oeuvre bon marché aux entreprises !),  ce sont les financiers et les divisions qui ont été le ciment d'une UE coupée de la population et des réalités. Le plus beau rêve de notre génération (l'Europe) s'est embourbé dans les luttes intestines, les politiques restrictives, les conflits nationaux, les égoïsmes... L'Europe des financiers s'est érigée et nous dévoile désormais son incapacité à affronter le monde globalisé, les crises et le repliement sur soi qu'ils ont générés !

En cette heure de pandémie, l'Europe agonise et s'est bien, dans notre naïveté et notre jeunesse, ce que nous avions pressenti quand nous luttions pour qu'elle soit ce territoire de rêves et d'espoirs qu'elle aurait pu devenir !

Alors Rock Around Europe... une utopie ?

L'histoire a tranché. La Belle Bleue est morte et notre espoir avec !

Quand à Alberto, comme tant d'autres désormais, il s'est évadé vers le néant, trop tôt. J'espère, où qu'il est, qu'il y a de bonnes bouteilles de vin, des disques de rock (oui, cela existait les galettes de cire !)  et qu'il m'attend pour qu'on termine enfin un scénario qui n'est jamais définitivement écrit !

Voir les commentaires

Le grenier de la mémoire 10 : La Belle Bleue, le grand plouf !

Publié le par Bernard Oheix

Après la réalisation au niveau de la MJC de Bourg en Bresse d'un CD 45t auto produit avec un artiste local, Patrick Veuillet, j'ai sans doute eu la plus belle illumination de ma vie professionnelle... mais aussi préparé le plus grand bouillon de ma carrière, ce qui pour une boîte que j'avais dénommée La Belle Bleue est un peu regrettable, surtout que je n'avais pas de bouées, à cette époque !

En 1982, le Parti Socialiste préparait son congrès à Bourg, lequel parti venant de faire élire François Mitterand comme président (le premier de gauche depuis la libération) et le premier pour ma génération qui n'avait toujours connu que la droite au pouvoir !

A cette occasion, Edwige Avice, Ministre de la Jeunesse et des Sports, tutelle des MJC, avait souhaité rencontrer le monde associatif et visiter notre établissement. Branle bas de combat. Je l'accueille avec la présidente Renée Touton et la rencontre se passe merveilleusement. Je lui parle de notre action pour la création en région, lui offre notre CD et lance quelques idées, notamment celle d'un organisme rattaché aux MJC de France qui aurait pour mission de structurer l'offre et la demande des 600 lieux qui diffusaient au minimum 5/6 spectacles dans leur année sans compter les lieux plus adaptés à la diffusion culturelle comme certaines MJC de Paris, Cannes, Annecy et autres qui possédaient une salle de spectacle et une programmation à l'année !

Banco, me dit-elle, on peut monter un FIC, contactez mon secrétariat en me tendant une carte de visite. Il a fallu que je me renseigne pour savoir ce qu'est un FIC...en l'occurence un Fond d'Intervention Culturelle pour des projets novateurs !

Très rapidement la machine s'est emballée, rencontres à la FFMJC, délégué nommé sur l'opération (Gérard Bortollato), secrétariat d'Edwige Avice et présentation du projet dans les réunions régionales.

L'objectif dans cette France maillée par les structures associatives était de créer une structure professionnelle apte à coordonner une action au long terme, faire fructifier le réseau de diffusion et permettre l'émergence  d'artistes en récupérant les dividendes du travail opéré pour les lancer dans le grand bain !

Vaste projet qui, à l'évidence, était dans les têtes de nombres acteurs socio-professionnels mais que j'avais réussi, aussi incroyable que cela puisse être, à faire vivre !

 

Le grenier de la mémoire 10 : La Belle Bleue, le  grand plouf  !

J'étais subitement devenu le Zorro de la culture.... sauf qu'assez rapidement j'en suis devenu le Zéro de l'absolu ! Si mon raisonnement était parfaitement abouti, il a achoppé sur deux aspects : le premier d'évidence est que la programmation est le jardin d'éden de tous les responsables, la carte de visite de l'égo des Directeurs bien nécessaire pour se coltiner toutes les tâches ingrates du quotidien. En l'occurence, tout le monde voulait être sur le Catalogue de La Belle Bleue... mais rares étaient ceux qui acceptaient de piocher par solidarité dans ce catalogue pour leur programmation !

Le deuxième aspect est lié à mon humble personne ! Si j'étais doué comme animateur, capable de vendre n'importe quoi à n'importe qui, je manquais cruellement de fondements artistiques, de bases solides pour effectuer les choix, assumer une vision professionnelle au long terme ! Je travaillais sur le coup de coeur et dans l'instant. Certains m'ont suivi et Nilda Fernandez en est un exemple qui explosera avec son CD, Madrid, Madrid, 3 mois après que La Belle Bleue ne se soit dissoute ! Moi je l'avais proposé l'année précédente aux 600 MJC pour une poignée de figues avec 5 contrats signés à la clef ! 

Mais 2 années c'est vraiment trop court pour emmagasiner et percevoir les mutations profondes de cette époque où le show-biz pointait son nez et se structurait autour d'une jeunesse qui avait enfin le pouvoir et l'argent (Cf. les industries culturelles naissantes sous l'action de Jack Lang) !

Un des écueils que j'ai dû affronter et sur lequel je n'ai pas eu le courage de trancher, c'est que tous les artistes qui avaient entamé cette aventure avec moi venaient de cette région Rhône Alpes et que c'est dans ce creuset que j'ai réalisé les premières prospections et ventes de contrats.  Je n'ai pas eu le temps d'intégrer les forces vives des autres régions et de devenir leur référent. Quand je décide de réaliser un 33t, Nilda rêve de le faire avec  La Belle Bleue ! Comment dire à Patrick Veuillet, qu'après avoir lancé l'opération, je le laisse tomber pour quelqu'un d'autre qui me semble plus prometteur... je n'ai pas eu cette force ! Or Nilda était l'avenir, Patrick le présent !

Mais quand je regarde mon catalogue, je me dis qu'il avait fière allure malgré tout, que les Marianne Sergent, Denis Wetterwald et autres, avaient compris l'intérêt de cette opération. Que les 80 contrats des Aventuriers de la Gondole Perdue, la présentation à Bourges des artistes La Belle Bleue, ce n'était pas rien malgré tout !

Au bout de deux ans et après plus de 200 contrats vendus, la réalité d'un modèle économique m'a rattrapé. J'ai loupé, et les MJC avec moi, le tournant décisif d'une mutation profonde. Le grand paradoxe de toute cette période, c'est que les MJC qui avaient contribué à l'élection d'un président de gauche, ont été enterrées par cette même gauche au pouvoir dans un jeu délétère où personne n'avait raison et où tout le monde s'est retrouvé victime d'une histoire en marche vers un monde futur en train de naître, celui d'internet, de la globalisation et de la rentabilité à tout crin. Cela impliquait le démantèlement du social pour l'économique, de la formation citoyenne pour un statut de consommateur passif !

Le résultat, c'est que les quartiers privés de leurs structures se sont embrasés et que les artistes ont perdu leur réseau de scènes de proximité pour balbutier leur talent et grandir. Les bars allaient les remplacer pour un gain (très) relatif ! 

Mais il reste Internet, You Tube et le confinement pour continuer de rêver !

PS : Merci à Chantal Veuillet, mon assistante à l'époque, qui a subi le meilleur (assez rarement) comme le pire (le plus souvent) en travaillant à mes côtés pendant ces 2 années cauchemardesques !

PPS : Merci aux nombreux artistes qui rêvaient avec nous, aux quelques directeurs qui y ont crû, à Jean-Pierre Carriau, missionné pour une expertise, avec qui j'ai pris une cuite mémorable quand la cause perdue a été entendue !  

PPPS : C'est dans cet échec que j'ai forgé ce que j'allais devenir, que je me suis donné des armes qui m'avaient fait défaut. Je l'ai su rapidement, instinctivement. Pour moi, il y a un avant La Belle Bleue et un après !

PPPPS : Et je pense à mon ami Nilda Fernandez. Toute notre vie, nos chemins se sont croisés, en Russie comme en France. Le 22 septembre 2010, je t'ai offert un orchestre symphonique pour t'accompagner sur la scène du palais des Festivals afin de célébrer notre amitié ! Cette amitié a résisté à mon échec et à ton succès. On se retrouvait à chaque fois avec bonheur en rigolant de nos débuts balbutiants. Le temps nous appartenait jusqu'à ce qu'un fil se rompe et que tu t'évades. Ta voix miraculeuse n'a jamais cessé de retentir en moi et elle résonne encore comme la certitude d'un passé que j'ai aimé partager avec toi !

Voir les commentaires

Le grenier de la mémoire 9 : L'ethnologue du quotidien !

Publié le par Bernard Oheix

Il ne fallait pas qu'elle me cherche... Elle m'a supplié de lui épargner ce billet, mais en cette heure de confinement intense, les barrières de la bienséance s'écroulent facilement ! Et puis, Sylvie n'avait qu'à pas être mon amie de jeunesse, pré bac et pré-pubère ! Non mais !

Fille des montagnes par les parents, elle a grandi dans le Sud au bord de l'eau bleue pour une fois son coeur pris par un savoyard, retourner sur les pentes neigeuses qui cernent Grenoble. Et c'est ainsi que sa fulgurante carrière de photographe s'est échouée dans l'univers macho des combinaisons fluo, à faire des portraits de skieurs en mal de reconnaissance, signant au passage quelques unes des plus belles photos de Montagne Magazine et d'autres publications tournées vers les cimes des Alpes. Elle a bien tenté aussi de marquer ses voyages incessants de reportages (souvent réussis par ailleurs) de quelques traces immémoriales.

Mais elle a raté le coche d'être cette "Ethnologue du Quotidien" que je lui avais offert dans mon immense mansuétude ! Elle aurait pu grâce à moi devenir l'égale des plus grands, mais son confort et les gains misérables d'une existence dorée l'ont détournés de la voie royale qui l'aurait menée au pinacle des Cartier-Bresson, Doisneau et autres références de la photographie du sens !

Et pourtant, j'ai tout fait pour la lancer dans le grand bain. Pour preuve, cette exposition que je lui ai consacrée dès novembre 1980 sur les murs de la MJC de Bourg en Bresse dont j'étais le tout nouveau directeur, preuve s'il le fallait, de la confiance que j'avais en son talent !

 

Le grenier de la mémoire 9 : L'ethnologue du quotidien !
J'ai tout fait pour elle, mais l'histoire ne retiendra pas que j'ai été un visionnaire et qu'elle m'a lâchement abandonnée.

J'ai tout fait pour elle, mais l'histoire ne retiendra pas que j'ai été un visionnaire et qu'elle m'a lâchement abandonnée.

Le grenier de la mémoire 9 : L'ethnologue du quotidien !

Ma Sylvie, je t'aime toujours. Tu as un mari sympa et brillant, deux enfants adorables, tu es grand-mère...mais quand donc accepteras-tu d'être enfin cette photographe d'exception ?

Je te lance un message comme une bouteille à la mer : envoie-moi 3 des photos dont tu es la plus fière, et je les publierais ici même afin de me prouver que je n'avais pas rêvé ton talent !

Bise ma copine !

Voir les commentaires

Le grenier de la mémoire 8 : moment de tendresse !

Publié le par Bernard Oheix

Petite pause en forme d'humour ! On en a bien besoin !

Tout d'abord avec un édito qui m'avait été demandé par la directrice d'un établissement scolaire, admiratrice fervente des Saisons de Cannes : Elle était responsable d'un journal de l'école, Le Garoupiot et souhaitait que j'écrive un petit mot en guise d'amitié.

Et voilà le résultat :

Et vous l'avez compris, en cette période de pandémie : Il suffit d'un voEu pour transformer la CRISE en CERISE ! Quand au texte, plus de 10 ans après, je trouve qu'il résonne étrangement avec l'actualité ! Prémonitoire, n'exagérons pas, mais quand même !

Et vous l'avez compris, en cette période de pandémie : Il suffit d'un voEu pour transformer la CRISE en CERISE ! Quand au texte, plus de 10 ans après, je trouve qu'il résonne étrangement avec l'actualité ! Prémonitoire, n'exagérons pas, mais quand même !

En 2011, je réalise pour la première fois Les Nuits du Suquet comme Directeur Artistique. J'avais invité mon ami Laurent Korcia, qui, au delà de son talent, marche souvent à côté de ses pompes ! Il est un peu lunaire Laurent, sans doute le prix à payer pour son génie. Et il me l'a prouvé au moment de s'habiller pour son concert et d'entrer en scène !

Le grenier de la mémoire 8 : moment de tendresse !
J'ai retrouvé mes chaussures qui avaient supporté un soliste exceptionnel, mais je n'ai pas réussi à capturer son talent... Entre les pieds et les mains, il avait choisi ! C'était peut-être beaucoup demander !

J'ai retrouvé mes chaussures qui avaient supporté un soliste exceptionnel, mais je n'ai pas réussi à capturer son talent... Entre les pieds et les mains, il avait choisi ! C'était peut-être beaucoup demander !

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 > >>