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Eloge des enseignants. In mémoriam Max Gallo, mon Prof !

Publié le par Bernard Oheix

C’est la série en cours de ce blog... un départ à la retraite, un décès, un hommage à des profs disparus... Le prix d’un certain âge, il fait nul doute ! Dans notre scolarité, nous avons tous rencontré des enseignants qui nous ont particulièrement marqués. Moi, j’en ai eu 5 en 20 ans qui m’ont façonné ! 5 soleils déterminants qui m’ont, sans aucun doute, sauvé la vie, permis d’être ce que je pouvais devenir, d’éviter de plonger dans les eaux noires du désespoir où l’anonymat des sans espoirs.

Le premier est un instituteur à l’ancienne, monsieur Legal qui a convaincu mes parents de ne pas m’aiguiller vers le  «certificat de fin d’études» malgré des résultats scolaires catastrophiques en CM2. Il faut dire que j’étais traité par un psychiatre/boucher comme para-épileptique à coup de médicaments à assommer un boeuf (trimétadione/ Phénobarbital...12 pilules quotidienne) et que ce barbare héritier de la tradition d’une psychiatrie américaine toute neuve (celle de Vol au dessus d’un nid de coucou ou de Shok Corridor) avait annoncé à mes parents que je ne ferai jamais d’études. Je me souviens en contrepoint, encore aujourd’hui de la voix de Monsieur Legal tentant de convaincre mes parents «-il faut lui donner sa chance, comme à ses frères. Il a quelques petits problèmes mais laissez le aller en 6ème tenter le coup. Il va murir, les enfants ne vont pas tous à la même vitesse.» Et c’est peut-être pour le remercier, ce directeur de l’école communale de Mouans-Sartoux à l’ancienne, vêtu de sa blouse grise, avec ses marques de craie blanche sur les doigts que je me suis acharné à ne pas le trahir et à finir mes études avec 2 licences, 2 maitrises et un DEA !

Et puis, en 1964/1965, il y a eu Dédé Aschiéri, au collège de La Bocca en 4ème et 3ème. Un jeune prof de math représentant l’avenir de ce mai 68 qui s’annonçait à l’horizon. Beau, intelligent, ouvert, parlant aux élèves, construisant des projets avec eux. La modernité en marche. Il me fit basculer dans le handball (j’étais un piètre footballeur !) dont il était l’entraineur, m’initia à la philosophie de la vie, me prépara à devenir un homme...même s’il me fit croire faussement que j’étais aussi un «scientifique» et que je pouvais viser la filière «S», son seul tort à mes yeux ! Merci Dédé de m’avoir lancé sur les chemins de la vie. Il faut dire qu’entre temps, j’avais expédié le boucher/psychiatre dans les limbes grâce à une psychologue révolutionnaire de Cannes (Mademoiselle Quertant) et que j’arrivais enfin, libéré de mes médications à être un peu moi-même ! Toi, tu allais devenir le maire inamovible de Mouans-Sartoux (plus de 40 ans sans opposition !) et même un député écolo extraterrestre dans un territoire du Sud plus à l’extrême droite que la moyenne !

En terminale au lycée Carnot de Cannes, c’est un prof de philosophie qui me permit de comprendre et de digérer les soubresauts d’un mois de mai 68 pas ordinaire vécu l’année auparavant en première.  Je me souviens de son premier cours. «-Voilà, je suis votre professeur de philosophie, je m’appelle monsieur Blanche et comme vous le voyez, je suis noir. Bien, vous avez 5 mn pour en rire et après, on en reparlera plus !». Et toute l’année, chaque cours devint une aventure intense, un moment de réflexion profonde et un moment d’apprentissage, de jongleries intellectuelles, de découvertes de ce qui sous-tend le réel et ne se voit pas toujours mais qu’il est indispensable d’explorer. Merci Monsieur Blanche, colosse sur votre vélo sillonnant les routes de la région  qui avez marqué tant d’élèves de votre sceau, de m’avoir fait entrer dans l’âge des idées à défaire et des constructions intellectuelles à élaborer.

Et il m’en reste deux pour le final, l’université de Nice où j’ai passé 10 années de bonheur. Deux professeurs jeunes, héritiers de  cette tradition française des lettres mais en phase avec un présent complexe où les professeurs se devaient de muter et où les étudiants se cherchaient une nouvelle place.

L’un est toujours mon ami, Jean A Gili, professeur de cinéma, section licence d’histoire. Il fut mon directeur de mémoire de Maitrise (mention Bien) «L’ambiguïté et l’incertitude en miroir» sur Bernardo Bertolucci, dont une grande partie fut édité dans un collectif de la collection 7ème art, sous sa direction. Il est le grand spécialiste du Cinéma Italien (Ah ! La richesse de ce cinéma dans les années 60 et 70 !) et nous sommes restés amis, à travers toutes ces années. Il m’avait fait l’honneur d’être invité d’honneur de mon jury de la pyrotechnie il y a une dizaine d’années. On s’est encore revu récemment en se promettant de ne pas laisser filer le temps sans se retrouver régulièrement. Merci Jean, de m’avoir pris sous ton aile et d’avoir sublimé mon amour du 7ème art.

L’autre s’appelait Max Gallo est vient de disparaitre. Imaginez le bonheur d’avoir Gili et Gallo en même temps en année de licence... auxquels on pourrait même rajouter Christian Loubet pour l’étude des civilisations disparues Maya et Aztèque. Période fertile s’il en fut. Dans une France en effervescence, deux lumières pour nous guider, nous éclairer et nous transmettre l’amour de la réflexion, du savoir, de l’interrogation. Il venait de publier son double livre sur le Franquisme et son opus sur Mussolini, se faisant de nombreux jaloux dans le monde universitaire où son succès public faisait bien des envieux. Il préparait La Baie des Anges et quittera l’enseignement quelques années après avoir été mon prof. Je me souviens, le concernant, d’un exposé en binôme avec Sylvie Gros, ma complice d’enfance, sur la succession de Lénine. Trotsky/Staline, le duel... Dans un exposé enlevé, nous l’avions mimé et vécu cette Russie soviétique en train de se déchirer pour l’héritage d’un pouvoir sans partage. C’était le début des «exposés» comme méthode de fond, et nous nous étions mis en scène avec passion et je dois l’avouer, un certain panache. Max Gallo avait écouté sans broncher, les étudiants applaudirent. Et lui d’intervenir : «- Quel brillant exposé. Pour la forme c’était parfait, vivant, passionnant. Quand au fond, si vous le permettez, réduire l’opposition Staline/Trotsky a un conflit quasi oedipien me parait un peu osé ! Alors je vais quand même vous donner un 13... mais je vous en supplie, ne réduisez pas le courant de l’histoire à de la psychologie de comptoir. L’histoire c’est avant tout l’analyse des faits dans leur perspective historique, pas des suppositions aléatoires sur des états d’âmes supposés. Revenez aux faits ! Mais bravo quand même ! 13, cela vous convient ?

Comment résister à son magnétisme. J’avais même un ami étudiant en droit (Dominique Aubin) qui venait assister à ses cours par pur plaisir. C’était magique, de haute volée, un pur esprit brillant attaché à transmettre combinant la pédagogie et le lyrisme. je ne l’avais plus revu jusqu’à il y a une dizaine d’années, pour un Festival du Livres de Nice dont il était l’invité d’honneur. Académicien, ex-politicien de gauche appelant à voter pour Sarko..Image brouillée certes ! Pourtant, nous avons eu l’occasion de reparler en tête à tête et je lui avais rappelé l’anecdote de notre exposé sur la filiation de Lénine. Il avait souri et m’avait dit «- Finalement, ce 13, c’était un bon compromis entre l’histoire avec un grand H et votre propre histoire...». Respect !

Voilà donc une page de tournée, une de plus. Max Gallo, un de mes maîtres s’en est allé en champ d’ honneur. Gloire à cet esprit éclairé. Grandeur de ce corps d’enseignants qui a formé des générations d’étudiants avides de trouver des réponses à leurs interrogations. Merci à vous tous d’avoir mené votre mission avec tant de passion ! L’école de la République et l’ascenseur social, les deux mécaniques qui ont projeté ma génération vers le futur d’un monde dont nous avions rêvé... Mais où sont nos espoirs passés ?

 

En 1975, à la sortie de La Baie des Anges. Photo empruntée à Hélène Espesset, elle aussi victime du charme de Max

En 1975, à la sortie de La Baie des Anges. Photo empruntée à Hélène Espesset, elle aussi victime du charme de Max

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Trump/Fillon : Match...Nuls

Publié le par Bernard Oheix

 

Passé les jours de fêtes, envolés les cotillons, confettis et promesses d’un futur enchanteur… On retombe donc dans notre dure réalité.

Donald Trump et ses premiers actes gouvernementaux… une vraie équipe de combat symbolisée par tous les extrémistes aux manettes et où se mêlent les conflits d’intérêts, les affaires familiales, des tweets incendiaires, une charge permanente contre les journalistes et les médias, 15 décrets absurdes, la suppression de l’agence sur le climat comme si les dérèglements climatique et la pollution pouvaient s’effacer d’un trait de plume, la négation de la réalité avec ce chiffre sur le nombre de personnes à son investiture… Il n’est pas seulement un pantin, mauvais homme d’affaire, animateur et bateleur vulgaire, raciste… Il n’a pas seulement promis la lune et n’importe quoi, il agit ! Et c’est bien là le problème !

Et cela va se compliquer quand il va toucher à l’économique et vouloir imposer des barrières et des droits qui vont bouleverser l’équilibre bien fragile du monde !

Ainsi donc, les Etats-Unis, qui ont exporté leur « Américain way of life", principaux bénéficiaires de la mondialisation, veulent désormais capter à leur bénéfice exclusif les fruits de cette croissance… et nous n’aurions rien à dire ? Nous buvons du coca, portons des jeans, utilisons google, leurs fonds de pensions nous imposent un modèle économique absurde et une vision de profits (pour eux !) à court terme mais en plus, il faudrait nous plier à son diktat et enrichir le pauvre salarié de la « corn belt » qui souffre ?

C’est comme les anglais, ils quittent le Marché Commun mais voudraient conserver l’accès au marché unique ?

 

Si le monde survit au chaos qui s’annonce, si les passions délétères ne l’emportent pas sur l’intelligence, et ce n’est pas du tout certain hélas, alors il faudra bien que l’on réagisse, que l’Europe s’unisse et devienne enfin ce territoire de l’espoir dont elle nous prive à cause des financiers qui ferment les yeux sur l’avenir à construire, des politiques qui jouent en permanence leurs intérêts nationaux contre une véritable construction européenne, des bureaucrates aux privilèges insupportables qui n’ont pas d’état d’âme et sont coupés de leur base.

 

Trump, Poutine, Erdogan, Orban, Bachar, Kim, dessinent-ils notre monde futur ? Ne sont-ils que des accidents d’une histoire qui balbutie ? 

Le monde est au bord d’une explosion planétaire…mais il n’y aura plus personne alors pour rendre des comptes !

 

Pour la France, c’est tout aussi réjouissant ! Après avoir tué le PS, notre président se ballade et donne des leçons… pendant que ses petits rejetons se déchirent et s’empoignent ! Bien sûr que l’on ne peut qu’apprécier la personnalité et les idées d’un Benoit Hamon, que le débat sur le revenu universel est la seule perspective réjouissante à analyser pour l’avenir… 

Mais sait-il qu’il ne peut pas être au deuxième tour et qu’il est condamné par le passif que Hollande a jeté sur le PS et qu’il lui faut passer son tour ? Et si l’on ne veut pas d’un Mélenchon avec ses positions scandaleuses sur la Russie et sur la Syrie et son éternelle mauvaise fois, morgue et mépris, que reste-t-il ?

Bon, malgré tout, le duel Marine/François à l’air de tourner court ! Comment ce petit père de la vertu se relèvera-t-il de cette « boule puante »… Mais l’odeur de merde, est-ce le lanceur de boule où le contenu de la boule qui la dégage ? Que Pénélope profite d’une façon éhontée du système, qu’elle perçoive des salaires indus pour des missions fantômes serait donc normal ? Et quand on analyse les salaires concernés, qui je le rappelle, se rajoute aux revenus de sénateur, de maire et autres indemnités de son mari François (sans doute plus de 12 000€ !) qu’est-ce donc que ces petits 5 000€ pendant 10 ans accordés à Pénélope Fillon qui ne s’occupe pas des affaires de son mari et pond deux fiches de lecture en 2 ans pour La revue des deux monde ! Broutilles que tout cela ?

 

Et que l’on ne me parle pas de la Trumpette tricolore en chef, celle qui est issue d’une famille qui s’est enrichie grâce à la politique et a des legs douteux, dont le fond de commerce nauséabond du père, qu’elle renie désormais du bout des lèvres, à clivé les français, qui capte toute la détresse du monde pendant qu’elle profite largement du système (voir les emplois fictifs y compris de son compagnon !), et dont les cadres et les maires prouvent, quelques mois après leur élection, qu’ils sont incompétents, âpres au gain, embauchent leurs amis et leurs proches, détruisent les équilibres et remplacent les petits arrangements par d’autres vers leur intérêts exclusifs !

 

Bon, cela va être dur de s’y résoudre, mais il faudra sans doute voter Macron avant que Sarko ne revienne en sauveur d’une France qui souffre ! 

En espérant qu’il n’augmente pas trop les frais bouche de la présidence, qu’il coupe le cordon avec les grands financiers de la banque qui l’ont enfanté et qu’il mette en oeuvre la seule loi qui pourrait sauver la démocratie : le non cumul des mandats et l’impossibilité d’enchaîner plus de deux mandats consécutifs… afin de casser cette caste de politiques professionnels au-dessus des lois qui gèrent la France à leur unique profit ! Mais cela, ce n’est pas gagné, et notre jeune Macron va devoir Marcher pour y arriver !

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Debout les damnés de la Politique !

Publié le par Bernard Oheix

 

Et nous voilà donc enfin avec un vrai candidat de droite. Fillon le révérend et sa cour de «cathos» que l’on croyait balayés de l’histoire, arc-bouté sur une révolution Tatchérienne... mais 30 ans trop tard !

Et dans cette rénovation de la société qu’il incarne avec un calme olympien, il y a la suppression de l’ISF, ces grandes fortunes que l’on accable de charges indues et qui de toute façon, continueront à s’exiler fiscalement, (heu! à optimiser leurs revenus !), La hausse de la TVA dont on est certain que ces salauds de pauvres seront bien obligés d’encaisser chaque jour en faisant les courses, la suppression de l’encadrement des loyers, comme si le niveau intolérable des loyers en ville était un privilège pour les jeunes et les cadres moyens... après tout, 1500€ pour un deux pièces dans le 18ème à Paris (non, pas le 16ème, Barbes, c’est tellement exotique !), c’est une spoliation des propriétaires), la suppression de 500 000 fonctionnaires, infirmières, gardiens de prison, police, enseignants... comme si le niveau de santé, de sécurité et d’éducation pouvait se résoudre en embauchant par un coup de baguette magique des hordes de chômeurs compétents avec des statuts précaires mais aptes à reprendre le flambeau de ces pourris de fonctionnaires... 39 heures payées 35 et la limite horaire hebdomadaire à 48h avec la disparition des heures supplémentaires, la retraite repoussée de 3à5 ans...Quand à l’attaque de la sécurité sociale, on est en plein démantèlement d’une construction si fragile que les riches pourront assumer mais que les pauvres ne pourront compléter par des mutuelles privées qui vont se gaver en faisant exploser leurs cotisations qui sont déjà bien élevées !

Et tout le reste !!! 

Et ce slogan imbécile, «-faire mieux avec moins !» toujours repoussé, accentué... comme si les choses n’avaient pas un coût ! Il n’y a vraiment qu’un riche pour sortir une telle absurdité !

Mais rassurez-vous, les maires continueront à faire du clientélisme et à entretenir des appareils municipaux dont le nombre et le niveau d'incompétence ne gêne personne. Rassurons-nous, les conseils généraux seront toujours présents avec un appareil qui ne sert à rien, si ce n’est à être la maternelle de la politicaillerie, l’apprentissage de toutes les magouilles et dont les vraies missions pourraient être transférées aux régions sans que cela n’entraîne de coûts supplémentaires.

Et moi, je suis d’accord aussi, pour que l’on aligne les retraites de ces nantis de l’EDF et de la SNCF... mais on pourrait y ajouter aussi la retraite des hommes politiques, cela ne serait que justice !

Et je suis d’accord, comme je l’ai entendu à la primaire, pour qu’il n’y ait pas plus de deux mandats dans le temps pour les permanents syndicaux (ces salauds de professionnels du syndicalisme) à la seule condition que cela s’applique aussi aux hommes politiques (ces vertueux professionnels de la politique) ! Et on pourrait y inclure aussi le non-cumul des mandats qui fait qu’un député-maire ou un sénateur-maire perçoivent des 15 000€ que ces impôts que nous versons alimentent  et leur offrent des retraites de... ministres !

 

Le monde marche à l’envers. A l’heure où les moyens de production se sont démultipliés et où nous pourrions tenter d’offrir un monde meilleur à nos enfants, nous pillons la planète en la condamnant, nous exploitons les populations, vendons des armes, offrons aux banquiers les clefs de notre avenir (vive les subprimes !) et la classe politique devient une caste dorée bardée de privilèges dont l’impudence n’a plus de limites.

En France, pour devenir riche, il faut, soit être riche (mécaniquement on le devient toujours plus en creusant les inégalités pour en arriver à ce qu’une poignée de familles tiennent 50% de la richesse du monde !), soit avoir le génie dans les jambes de Zizou, ou la voix et le talent de Julien Doré... mais si on n' a pas cela, on peut toujours faire de la politique !  On a alors besoin d’aucun talent, juste  d’une capacité à plier sans se rompre et à tenir dans le temps ! Cela vaut-il de leur donner tant de notre argent !

On est tous d’accord pour payer des impôts... mais pas si cela sert à enrichir ceux qui font et défont les lois comme ils l’entendent, sans tenir compte de la souffrance des gens et pour leur propre intérêt !

 

Alors disons-le sans démagogie : halte à ce système pourri jusqu’à son coeur ! Sarkozy par ses outrances, son mépris et Hollande par sa veulerie et son incapacité d’action ont achevé de mettre à mort notre monde ! Révoltons-nous !

 

Quelques recettes, qui, si elles étaient appliquées, pourraient permettre de faire passer une nécessaire réforme de notre système du travail, des syndicats, des retraites... auprès du peuple de France :

 

-Non cumul absolu des mandats

-non cumul dans le temps de plus de deux mandats

-Un gouvernement resserré ne comportant pas plus de 15 ministres.

-Diminution des deux tiers du nombre de sénateurs (qui ne servent vraiment à rien !)

-diminution d’un tiers du nombre de députés.

-Obligation de présence à toutes les séances pour les députés et les sénateurs sous peine de pénalités financières lourdes.

-suppression des conseils généraux avec la réaffectation de leurs rares missions aux régions.

-Suppression des mairies réellement intégrées dans des communauté d’agglomérations.

 

A cela, on pourrait ajouter  une véritable chasse à l’évasion fiscale avec la fin du monopole de Bercy (qui permet toutes les compromissions) et des lanceurs d’alerte payés à la commission. Les fraudeurs pourraient être déchus de leurs droits civiques et ne plus bénéficier des avantages sociaux (sécurité sociale et autres) tout comme ceux qui s’exilent pour des raisons fiscales, suivant le principe que l’on ne peut avoir l’argent du beurre et le beurre (et dans leur cas la crémière !).

Et pour compléter le tout n’oublions pas l’Europe qui doit s’engager dans la lutte contre les avantages indus de ses propres fonctionnaires, dans une réelle harmonisation de la fiscalité, un véritable combat contre les paradis fiscaux et ceux qui jouent avec, et doit entériner que les grandes firmes doivent payer leur impôts dans les pays où ils génèrent des bénéfices !

 

Il doit bien y avoir encore quelques mesures de salubrité publique à rajouter. L’égalité homme/femme devant les salaires, un engagement dans la politique écologique, une protection des plus démunis et une capacité d’accueil des émigrés que nos propres incohérences chassent de chez eux (qui a envie de partir de sa famille pour rallier une Europe au mépris de sa vie, poussé par la faim où par des guerres dont nous portons une large responsabilité !!!)

 

Un peu de bon sens, et nous chasserons les fantômes des Le Pen (père et fille) qui, sous couvert de combattre l’ «establishment», n’aspirent qu’à s’accaparer ce pouvoir pour leur bien exclusif, et prône une France de la division et de l’intolérance. Sans oublier que ce parti « mains propres », dès qu’il a le pouvoir, se renie allègrement, n’est ce pas, monsieur le sénateur-maire de Frejus, exemple du non-cumul des mandats prônés par le Front National !

Et Sarkosy sera définitivement oublié, ses affaires judiciaires aux basques comme un souvenir de sa puissance passée !

Et tous les cathos, ultras, intégristes de tous bords, seront renvoyés aux calendes grecques…

 

Allez, encore un peu de courage, et on l’aura notre monde d’harmonie !

 

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Charles Gobi : un Héraut à Marseille

Publié le par Bernard Oheix

Cela a commencé à Marseille, brasserie des Templiers, derrière le vieux-port, par un déjeuner de travail au dernier printemps, avec mon ami Luc Michel Tolédano, portant sur le Jeu du Cinéphile que nous développons. Le patron Fred, un pur local à l’accent rocailleux et au rire contagieux, débordant de vie, nous offre le digestif et nous entraîne chez son copain, juste à côté, qui tient une boutique, Marseille in the box (13 rue reine Elisabeth).

Petite échoppe débordant de souvenirs à la mode Marseillaise, boites avec slogan, savon avec idéogrammes, boules, babioles et autres magnets et affiches détournées. Le patron, un homme jovial et sympathique, nous reçoit avec plaisir. Il nous dévoile sa collection de slogans marseillais. Je reste dubitatif.

A un moment, il se tourne vers moi et me dit : « -on a aussi cela ! » en me tendant un livre au format 13/19cm, couverture aux couleurs criardes, 200 pages que je feuillette, d’un lettrage assez gros...

«-Et si vous ne l’aimez pas, vous me le ramenez, je le reprends et vous choisissez n’importe quel objet de la boutique d’une valeur équivalente ! »

Plus par amitié et pour être au diapason de cette rencontre toute de saveurs, je tope dans sa main et il me lance un regard goguenard... Le marseillais a eu le petit cannois d’un billet de 20€ !

Sauf que...

Il est resté quelque temps sur mon étagère, un auto-produit marseillais, avec en titre Le Bar de la Sidérurgie pondu par un mec qui s’appelle Charles Gobi... cela ne pousse pas, à priori, à la consommation !

Et puis un jour, devant prendre le TGV pour Paris, mes yeux tombent sur le bouquin esseulé et je m’en saisi distraitement, l’accompagnant d'un Henning Mankell, histoire de me faire une petite récréation avant un vrai livre !

Las ! J’avais mis le doigt dans un engrenage... et je ne le savais même pas ! Je n’avais pas remarqué un papillon qui stipulait, dans le coin gauche de la couverture, PCPPP* autrement dit, *Pratiques Criminelles à la portée du Petit Peuple.

Le Bar de la sidérurgie s’ouvre dans un Marseille qui semble filmé par Robert Guédiguian, avec ses pastis et son accent, les parties de boules chaleureuses entre amis et des personnages hauts en couleurs. Ce lieu, acheté avec les petites économies d’un homme qui aime la vie, devient le havre de rencontres de gens simples qui cherchent le bonheur. Deux légionnaires homos qui «s’enfilent avec constance» mais sont des as de la cuisine et surtout du combat, un joueur de boules intellectuel orphelin au talent inouï, capable de viser par ricochet, une aventurière et belle femme et quelques boulistes aux talents divers se l’approprient entre pastis et parties endiablées de boules.

Hors, le patron débonnaire au grand coeur, voit un jour, quelques malfrats jeunes et inconscients, ayant décidé de jouer dans la cour des grands et de se tailler un territoire à la mesure de leurs ambitions, se pointer pour le «racketter» en assurant «sa» protection.

Disons-le tout de suite, ce n’était pas la meilleure idée qu’ils pouvaient avoir !

En effet, les légionnaires du coeur, le bouliste impétueux, la femme sauvage et quelques autres, décident de s’occuper du petit problème de leur copain en créant au passage, un phalanstère destiné à lutter contre le crime organisé, même s’ils ne sont pas contre l’utilisation de quelques colis tombés du camion pour assurer leur approvisionnement divers en armes et produits hautement toxiques pour certains !

Que dire de plus si ce n’est que je n’ai pu lâcher le livre et que j’ai authentiquement rit dans ce TGV qui fonçait sur Paris, un vrai rire à gorge déployé, comme rarement avec un livre ! Imaginez la tête de mes voisins, je les revois encore dans mes éclats me regarder comme un extraterrestre !

Du coup, j’ai passé le bouquin à mes enfants qui l’ont dévoré, eux-aussi, et depuis ce Bar de la sidérurgie fait une carrière à Paris dans la colonie des Oheix and c°.

Je suis donc retourné en juin sur Marseille, toujours pour Le Cinéphile, toujours chez Fred des Templiers, mais avant, petit détour par l’échoppe de Marseille on the box pour engueuler le patron...

«-Votre proposition était malhonnête, vous saviez que l’on ne peut ramener ce livre, c’est impossible !»

II a sourit et m’a tendu un deuxième volume... «-voilà, maintenant, vous êtes prêt pour un deuxième roman de Gobi... Il y en aura d’autres, bienvenu au club !»

Après mes réunions diurnes et un repas sur le pouce, je suis donc retourné Rue Crinas dans l’appartement de mon ami Philippe C et j’ai eu le tort, malgré l'heure tardive, d’ouvrir la première page de Chemin des prud’hommes(N’y allez pas !). J’avais un rendez-vous à 7h du matin mais je n’ai pu lâcher le livre avant la dernière page.

Rosette, une enfant de l’Assistance adoptée par un couple de braves gens, découvre dans un numéro de cirque, des lanceurs de couteaux. Elle s’entraîne alors pour devenir une experte et la vie est belle dans ce chemin perdu dans les collines, tout proche du Bar de la sidérurgie, au milieu d’un peuple d’amis, tous plus humains et truculents les uns que les autres. Sa rencontre avec le joueur de boule, Francis le Rat va l’entraîner dans un monde d'amour et de violence, de règlements de comptes où chaque habitant de ce quartier apportera sa pierre à la défense de l'orpheline et de l’opprimé. Des voyous de Marseille ont en effet, la mauvaise, (très) mauvaise idée, de mettre à l’amende Francis le Rat qui a gagné à la pétanque contre le chef d’une bande de malfrats qui se pique d'être un grand bouliste. Cela va être encore très dur pour les truands qui, avouons-le, en prennent plein la gueule et voient leur effectif fondre avec constance au fil des chapitres.

Au petit matin, la tronche de traviole de n’avoir dormi que 4 heures à cause de Charles Gobi, je suis retourné à la boutique et après avoir copieusement engueulé le patron, je l’ai supplié de me vendre le 3ème opus, ce qu’il a fait avec un grand sourire, et c’est dans le train de retour vers Cannes que j’ai dévoré Hercule des trois ponts !

Dans cet ouvrage, l’auteur va tisser, entre Le Bar de la sidérurgie et Le chemin des prud’hommes, une nouvelle histoire improbable. Hercule, un géant ermite, trappeur (sic) débonnaire qui vit de sa chasse dans les collines qui surplombent Marseille, va nouer des liens avec la tribu de Rosette la lanceuse de couteaux et l’équipe du bar de la sidérurgie emmené par les deux légionnaires homos. Entre les deux bandes qui se lient d’amitié, Esprit, un nain handicapé va découvrir la solidarité contre des voisins particulièrement haineux et Lenuta, une prostituée roumaine, l’amour avec Hercule... Entre temps, il faudra quand même affronter une bande de proxénètes bien décidés à préserver son cheptel humain en mettant les collines à feu et à sang, le leur surtout d’ailleurs !!!!!!

Il y a, chez Charles Gobi, dont on sait que c’est un pseudonyme, une force dans la peinture d’une vie simple qui percute des situations rocambolesques avec des traits énormes et un vrai talent humoristique. Il s’agit d’une BD pour adultes où les méchants en prennent plein la gueule, où la bienséance est foulée au pied, de «l’héroïc fantasy» à portée du peuple, Robin des Bois des calanques au service de la vie quotidienne, Superman en maillot de bains et tutu rose. Dans une écriture simple mais jubilatoire, l’auteur nous fait partager la saveur d’un pastis, le doux sentiment d’un carreau particulièrement soigné dans une pétanque solidaire, les émois de femmes et d’hommes que tout semblerait désaccorder mais que la force de l’amour cimente. Il n’y a aucune morale mais de l’humain à la recherche d’un bonheur possible. Les hommes baisent avec les hommes, les vieux portent en étendard une sexualité débridé, les blessés de la vie retrouvent la fierté et les méchants sont condamnés à être lacérés, étripés, pulvérisés, dépecés... et j’en passe !

Ces livres sont d’utilité publique, devraient être remboursés par la sécurité sociale, et vous offriront le plaisir de rire en compagnie des mots imprimés, comme le plaisir simple et profond d’un rêve qui chasserait les nuages d’un revers de la main.

PS : si vous voulez vous les procurer, (et je n’ai pas été payé pour écrire ce texte) adressez-vous à www.marseilleinthebox.com... Moi, je vais me précipiter vers le tome 4 !

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Le rêve américain

Publié le par Bernard Oheix

Entrer aux Etats-Unis, c’est un peu comme mettre les pieds dans un bunker. Des formalités tatillonnes d’un pays enfermé dans un corset de règles contraignantes que ne renieraient pas les républiques des ex-pays de l’Est, des personnels peu amènes aux frontières qui vous scrutent, vous font déchausser (même les tongs sic !), sans aucun ménagements, comme un bétail parqué, rythment de leur doigt des files d’attentes qui s’éternisent au bon vouloir de leurs désirs dans un inconfort absolu.

Les uniformes, sûrs de leurs droits, règnent en maîtres absolus. ils vous posent des questions comme si vous étiez coupables d’entrer chez eux, que vous portiez toute la noirceur du monde sur les épaules.

Pas d’humour, ni d’humanité, le «patriot act» est passé par là. On vous prend les empreintes digitales, on vous photographie, on vous demande le nom de vos père et mère, si vous êtes venus faire un attentat et transportez des explosifs, avez touché des animaux...

Il y a comme de l’humour à faire l’inventaire «courtelinesque» des démarches ubuesques pour satisfaire son rêve américain de manger un hamburger au pied de la Maison Blanche.

Le pays qui ouvre les frontières des autres aux forceps, au nom d’un ultra-libéralisme qui doit satisfaire son économie, et impose des traités de libre-échange où il se taille la part du lion, n’est plus capable d’accueillir les visiteurs d’un soir !

Pire ! Il les méprise et les soupçonne de toutes les vilénies possibles.

Cela se ressent d’ailleurs quand on pose les pieds sur ce sol qui nous faisait tant rêver. Le pays des cow-boys et des indiens, des affranchis et de la liberté, des écrivains et des cinéastes, des grands espaces s’est refermé sur lui. Son espace est devenu vide, sa grandeur, une frontière du passé. L’hospitalité réelle et légendaire s’effiloche au fil d’une histoire qui s’écrit au présent. Comment imaginer qu’une nation qui donne le tempo au monde en soit à se demander si élire un Donald Trump serait une réponse aux drames de la planète ? Comment conjuguer la grandeur de quelques uns avec la médiocrité générale de tous ?

Et comment devons-nous concilier le fait qu’ils soient collectivement coupables d’une partie des maux du monde (l’ultra-libéralisme «reaganien», les interventions en Afghanistan et en Irak (on attend toujours les armes de destruction massive), l’écroulement des politiques culturelles au nom d’un impérialisme de l’American way of life, l’espionnage systématique même des alliés, tout cela entres autres !) et refuse d’en assumer individuellement la responsabilité !

Il y a tant de belles choses dans ce pays, il est si chargé d’histoires ce pays neuf, que nous avons de la peine à voir sa face noire prendre le-dessus. Quand vous vous baladez dans Washington, que vous voyez de vos yeux le Capitole, les mémoriaux de Thomas Jefferson et de Martin Luther King, la Maison Blanche dans l’alignement de la stèle qui crève le ciel bleu, vous pouvez percevoir toute la beauté des rêves que ce pays a générés, toute la fascination que nous lègue son histoire... Mais que cela semble dérisoire désormais, et combien cet écrin de verdure d’une ville-monde peut paraître en décalage avec la réalité.

Marchez dans les rues d’Alexandria ou de Laurel, les magasins vides condamnés par des planches affirment une crise réelle, les gens qui se détournent et ont peur de l’autre, les grands complexes commerciaux écrasés de chaleur, sans âmes et sans espoir pour les laissés pour compte, toute ce vide atomisé auquel les américains veulent répondre en votant pour un homme dont on peut se demander si son équilibre mental l’autorisera à garder ses doigts bien loin du bouton nucléaire et s’il saura assumer le désordre d’un monde que les Etats Unis ont contribué à engendrer !

Alors oui, j’ai eu le privilège de parcourir les routes de l’Ouest et de faire un tronçon de la 66 en dormant dans des motels désuets, de sillonner La Vallée de la Mort, de rêver aux grands espaces à Monument Valley, de grimper dans les tramways du vieux «Frisco» et de manger une soupe de crabes sur le wharf, de jouer sans espoirs quelques dollars à Végas, j’ai mangé une viande succulente à Boston et j’ai communié à New-York avec les cultures du monde, j’ai arpenté le bord de mer d’Atlantic City en imaginant mes «battles in the sky» en lettres d’or dans le ciel, j’ai adoré l’écrin vert de Washington...mais je n’aime pas l’Amérique de Trump, je n’aime pas ce que ce pays devient, et cela fait peur !

La beauté de Washington est incroyable... L'eau, les parcs fusionnent en un incroyable entrelacement d'où émergent des bâtiments que nos livres d'histoire nous ont appris à aimer !

La beauté de Washington est incroyable... L'eau, les parcs fusionnent en un incroyable entrelacement d'où émergent des bâtiments que nos livres d'histoire nous ont appris à aimer !

Que les américains nous autorisent encore à rêver de ce pays qui devrait tracer une voie vers la paix et non un chemin vers l'enfer ! !

Que les américains nous autorisent encore à rêver de ce pays qui devrait tracer une voie vers la paix et non un chemin vers l'enfer ! !

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Jeux de Monde !

Publié le par Bernard Oheix

Et l’été s’achève donc, dans cette chaleur si particulière, commencé par un drame qui tétanisa la Côte d’Azur avec son cortège de dizaines de morts pour rien, si ce n’est la folie de quelques hommes emportés par l’ivresse du mal, comme si les aspirations les plus noires de quelques uns venaient se télescoper avec les projets les plus glaçants d’êtres avides du pouvoir de s’émanciper des règles de la vie en méprisant l’être humain.

Rien ne justifiera jamais ces hordes jetées sur la route de l'exil, traversant au prix de tant de morts des mers inhospitalières et des terres dans lesquelles ils perdent un peu de leur humanité à chaque pas. Docteurs, professeurs, artisans, pères de famille, femmes enceintes, enfants aux rêves de terreur... toute une humanité démembrée, avec la peur au fond du ventre et l’incertitude des lendemains où chaque jour est une épreuve, chaque heure passée à survivre, une victoire contre le désespoir ! Fermer les yeux, c’est se rendre complice des bourreaux !

Mais derrière cette peinture jonchée des cadavres de ceux qui n’aspiraient qu’à vivre, il y a l’authentique folie d’un monde qui a perdu son sens dans la dérégulation générale et l’absence de scrupules de ceux qui ont le pouvoir de dire non !

Déstabiliser les économies mondiales en dérégulant à outrance en ne payant pas d’impôts aux pays dans lesquels ces grandes firmes se taillent des empires, c’est fournir des bataillons d’affamés à ceux qui n’ont pas de scrupules à les transformer en chair à canon. Ne rien faire c’est être complice !

Piller les ressources naturelles de l’Afrique (pétrole, bois, agriculture, minerais, diamants...) et maintenir des régimes fantoches de dictateurs corrompus qui s’accaparent les miettes concédées par les anciens colonisateurs, c’est jeter sur la route meurtrière de l’exil, des millions de jeunes qui viennent s’échouer sur nos rivages...S’en satisfaire, c’est être complice !

Vendre des armes à des pays qui les utilisent pour massacrer des populations est un crime contre cette humanité que l’on défend dans les mots mais qui marche au bruit des bottes. Les milliers d’emplois induits sont entachés du sang des victimes et les dirigeants de ces firmes ainsi que tous ceux qui en profitent au nom d’un intérêt national sont complices du crime de ces guerres.

Une Europe incapable de se pencher sur le sort des Européens, incapable de réagir, dans le déni des crises migratoires actuelles, ingouvernable du fait de l’accumulation des concessions à des entités nationales obsolètes, est un facteur de division et de désespérance. Son traitement de la crise grecque est révoltant. Que les Anglais sortent le plus rapidement possible de l’Union Européenne est une nécessité que les technocrates de Bruxelles ne doivent pas entraver par des combines nauséeuses basées sur les privilèges des grands financiers et les patrons d’industrie qui n’ont plus de patrie depuis bien longtemps, eux !

Que l’idée même qu’un Donald Trump aux Etats Unis fasse illusion et envisage d’être élu, le doigt sur les boutons de la plus grande nation nucléaire pouvant déclencher un holocauste, que Poutine continue ces jeux de guerre en distillant ces stratégies de petit dictateur en égrenant son nationalisme et son populisme raciste, que Bachar El Assad soit toujours le potentat assoiffé de sang qui règne sur la Syrie, que Erdogan transforme la Turquie, ce pays si beau et hospitalier, chargée d’une histoire de l’homme, en un territoire de tous les mensonges, purges, islamisme rampant, soif de pouvoir d’un dictateur ivre de sa propre personne, que la Chine impose sont blocus et joue dans la cour des grands derrière un rempart qui isole sa population des libertés, que quelques potentats africains continuent d’accumuler des biens volés aux pauvres de leurs pays pour les investir dans des biens situés dans les pays riches, tout cela rend intolérable l’impuissance des pays européens occupés à des jeux stériles et politiciens avec leurs propres populismes !

Quelles réponses apporter ? Certainement pas celles d’un Front National englué dans ses propres affaires qui lance des réponses toutes faites comme de la poudre aux yeux, charlatans vivant sur la misère et la bêtise de ceux qui ne veulent pas ouvrir les yeux !

Vers qui nous tourner ? Et si on faisait le pari de l’intelligence, nos enfants le méritent, eux qui vont hériter d’une terre qui s’épuise en pillant ses ressources naturelles, désormais bien entamées, sur le fil d’une irréversibilité qui s’annonce !

J’ai Lise, ma petite fille, qui veut grandir et s’épanouir dans un monde où les barbares ne nous donneraient plus le tempo de nos sorties, où l’on pourrait assister à un feu d’artifice sans crainte, où un concert serait un lieu de partage et d’échanges et point un règlement de compte des frustrés de la terre !

Oui à la paix, oui à l’équilibre, et pour cela, nos puissants d’aujourd’hui doivent accepter que l’accaparement des richesses par quelques uns est le plus grave des dangers. Il sème le désespoir chez l’homme... et derrière ce désespoir, l’horreur chemine à grand pas vers le chaos !

Et si nous repensions le monde en donnant une grande claque à cette caste politique, toutes tendances confondues, qui profite de la situation pour asseoir et maintenir son propre pouvoir vide de sens ?

Et si nous rêvions un peu pour nos enfants et tous ceux qui n’ont rien demandé en naissant, qu’à aspirer à un bonheur légitime ?

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Go Home, now !

Publié le par Bernard Oheix

Et voilà donc, nos amis britanniques décidant de quitter l’Europe, morgue bien connue des anglais, crachant avec tant de facilité sur la construction européenne, comme tant d’autres actuellement dans chaque pays où les extrêmes droites et les populismes fleurissent avec leurs cortèges de fantasmes d’états souverains et de repli sur soi !

Alors oui, prenons-les au mot et appliquons la règle. Ils veulent partir, qu’ils s’en aillent et c’est, il fait nul doute, la dernière carte que l’Europe doit jouer afin de se reconstruire et de devenir ce rêve d’un pays de nations solidaires que nous faisons depuis tant d’années et que les «britishs» entravaient avec constance, arrachant toujours plus de concessions leur permettant de bloquer la marche vers le futur de cette Europe à laquelle nous aspirons. Ils voulaient un marché sans les contraintes, une finance au pouvoir et aucune entrave à leur libéralisme outrancier, il va désormais falloir qu’ils assument leur décision.

Européen convaincu et viscéral depuis mes rêves soixante-huitards, je suis pour une Europe de la culture, pour une Europe sociale, pour une harmonie fiscale, pour une Europe qui s’affirme contre l’ultra-libéralisme et le petit jeu de nos élites bancaires et financières.

Alors oui, autant je trouve insupportable la morgue des Européens devant la crise grecque et sa gestion catastrophique dont les principales victimes sont les habitants de ce pays qui payent l’addition en voyant leur maigres revenus amputés de moitié pendant que les riches ont placé leur argent dans les banques suisses et que les organismes prêteurs s’en mettent plein les poches, autant je suis révolté par la peur et l’immobilisme de nos gouvernants devant la crise migratoire des réfugiés chassés par les guerres ou la faim et son cortège d’inhumanités (bravo Angela Merkel et honte sur les Français !), autant les Anglais devront assumer d’avoir jouer avec le feu… et que les technocrates de Bruxelles ne viennent pas leur concocter un statut spécial qui les exonérerait des conséquences de leur choix !

Il en va de l’avenir de tous, de l’espoir de cette Europe unie et forte, capable de devenir un pôle de développement, un espace de vie que les frontières étouffent, que les nations croupions entravent !

Oui à une réforme profonde du système actuel, oui à un contrôle d’une technocratie européenne gavée de privilèges et qui oublient le bien des peuples en s’accrochant à leur pouvoir sans contrôle démocratique, oui à la remise au pas de ces pays que l’on a hâtivement intégrés et qui flirtent avec les dictatures du passé (Pologne, Hongrie) en ayant profité du système taillé par les « libéralistes" pour leur propres bénéfices…

Faisons un vrai bilan de ce qu’à apporté l’Europe, de cet espace dans lequel les étudiants d’Erasmus se rencontrent et se découvrent, de ces frontières que nous traversons d’un pas léger et de cet euro qui nous réunit, de l’incroyable essor qu’elle a entrainé au Portugal (qui a l’air de ne pas s’en souvenir !), en Espagne et dans les ex-pays de cette Europe de l’Est sortie de la préhistoire et dont les économies furent dynamisées par leurs adhésions… Souvenons-nous des guerres financières du passé, de ce choc des dévaluations permanentes, de cet affrontement qui saignait à blanc les économies…

Ce n’est pas l’Europe qui est en cause dans la crise économique actuelle mais bien l’ultra-libéralisme qui efface toutes les frontières au profit d’une concentration des moyens de production de plus en plus effrayante, donne de la richesse aux plus riches et le pouvoir aux trusts qui eux n’ont pas de patrie… Que ces conglomérats payent leurs impôts dans les pays où ils officient, que les paradis fiscaux (le Luxembourg…) soient supprimés, que les actionnaires ne soient pas les décideurs d’une économie de terrain, que les technocrates ne soient pas au service des puissants mais à celui des gens qui vivent dans cet espace qui est le nôtre et que nous aimons.

Alors oui, messieurs les Anglais, vous avez tiré les premiers…

Moi, je me sens « Boccassien", Cannois, du Sud, Français, Européen et enfant du monde… même si je m’y reconnais pas toujours ! Et je veux pouvoir encore rêver d’un monde meilleur où la culture, l’humanisme et l’amour l’emportent sur les banques, la haine et le désespoir !

Mon monde n’est pas celui de Bolloré, du luxe et des armes, il n’est pas celui des « traiders" et du retour sur investissement, il n’a rien à voir avec les extrémistes religieux (quelques soient les religions !) ni avec les peurs entretenues par les apprentis sorciers de l’extrémisme de droite… il est celui de la vie et d’une Europe enfin sans les Anglais !

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Bonne année 2016 !

Publié le par Bernard Oheix

Que retiendra-t-on de 2015 ?

Que cela commence pour moi par une baignade en costard cravatte avec un panneau "on ose tout en 2015" et que je ne savais pas que c'était prémonitoire !

Qu'un bal tragique a commencé le 10 janvier par la grâce de certains fous de dieu venus oser l'impensable en massacrant dans Paris une bande de jeunes vieux dessinateurs qui nous permettaient d'avoir toujours 20 ans ! Et que ce bal s'est achevé le 13 novembre avec de vieux jeunes barbares bourrés de haine mitraillant à l'aveugle un monde qui est le nôtre, celui de la culture, de l'art de vivre, des terrasses de café, de la discussion et de la mixité, de l'espoir d'un monde meilleur !

Rassurons-nous comme nous le pouvons, ils ne l'emporteront pas au paradis et leurs vierges promises seront des catins édentées qui sentent le rance et la noirceur d'un fascisme rampant !

Il y a eu aussi l'apparent dérèglement devant lequel, même les plus sceptiques de nos climatologues, doivent bien s'interroger... Et si nous jouions avec le feu de ces quelques degrés qui bouleversent nos vies, apportant le froid quand il doit faire chaud, le chaud dans des terres gelées et la pluie comme un torrent emportant tout sur son passage...

J'ai eu 16cm d'eau dans ma maison et 45cm dans le studio de mon jardin pour me rappeler que Dame nature se sent, elle-aussi, outragée, et qu'elle nous lance des cris d'alarme en nous demandant de changer nous mêmes pour que le monde arrête de muter vers des horizons indéfinissables !

Il y a eu aussi les belles victoires du Fhaine aux cantonales et aux régionales pour nous rappeler que le monde change vraiment et que l'impensable n'est pas si loin du possible ! Que l'on puisse assister sans réaction à tout ce qui se met en place est sidérant.

Les politiques accrochés à leurs prébendes et se gargarisant de maux d'ordre guerriers avec la ligne bleue de leur propre réélection comme seul objectif, reniant leurs programmes, foulant leurs idéaux, socialistes aux comportements de droite, droite tenant des discours de gauche ou d'ultra, extrémistes "marinistes" embourbés dans leurs contradictions et vitupérant contre tous en appelant à la haine nationale dont le maire de Bézier est l'exemple vivant du cauchemar qui nous attend, écologistes à la dérive et Front de Gauche comme un emplâtre sur des jambes de bois !!!!

Et si....

Mais il y a aussi cela !

Une petite fille qui vient m'illuminer. La fille de mon fils Julien et de Sarah. Un petit monstre de beauté, avec des yeux qui contemplent la vie, et cette vie ne peut qu'être belle pour ces enfants qui ne demandent qu'un peu d'amour et beaucoup de tendresse !

Une petite fille qui vient m'illuminer. La fille de mon fils Julien et de Sarah. Un petit monstre de beauté, avec des yeux qui contemplent la vie, et cette vie ne peut qu'être belle pour ces enfants qui ne demandent qu'un peu d'amour et beaucoup de tendresse !

Alors il reste quoi dans tout cela. Continuer comme si de rien n'était et vous proposer une nouvelle année 2016 de bonheur avec comme seuls attentats envisageables, ceux à la pudeur et au bon goût possibles, une météo clémente et un chômage qui régresse, de l'espoir en chacun de nous et du rêve pour les bébés du monde entier, manger, boire et dormir... et rencontrer les autres, leur tendre la main pour qu'ils ne s'échouent pas sans vie sur des plages glacées, continuer d'espérer que le monde change et que les vertus surpassent les forces du désordre cachées derrière l'ordre nouveau...

Que vive la Révolution citoyenne. Ne plus tolérer d'être indifférent, ne plus se compromettre à accepter le mensonge pour éviter le pire, changer nos comportements et ne pas gaspiller nos ressources en futilités, être debout comme des phares qui indiquent que nous ne sommes pas des animaux que l'on mènent à l'abattoir... repères pour un monde meilleur !

Je ne veux pas être encerclé de barbelés, je ne veux pas que les gros deviennent les symboles de ceux qui ont des ceintures d'explosifs à leur taille, je ne veux pas que les maigres affichent leur faim, je ne veux pas que les autres soient des ennemis, je veux vivre libre avec des gens que j'aime ou pas, mais qui parlent le même langage...

Alors pour tout cela....

Vive l'année 2016 l

Bonne année 2016 !

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Cinéma des années 70

Publié le par Bernard Oheix

Voici donc la fin de cet article sur le cinéma des années 70...Une période passionnante où tout semblait possible. Cet essai s'inscrit dans une démarche "Cinéphile", adaptation d'un jeu en Livre-jeu...

Véritable plaisir de replonger dans ces années dorées, celle de ma jeunesse et de la maturation d'une passion pour le 7ème Art qui ne me quittera jamais !

En France, cette décennie voit l’apparition d’un véritable prix pour les professionnels du cinéma. Il existait bien depuis 1934 un Grand prix du cinéma français, ou les Etoiles de cristal décernées depuis 1955 ou même les Victoires du cinéma Français dans les années 50 mais aucune de ces distinctions n’avait percé auprès du grand public. Georges Cravenne eut l’intuition de ce manque et réussit à imposer les Césars comme le pendant Français des Oscars. Une compression du sculpteur César comme trophée, 13 césars attribués chaque année (à l’origine, meilleur film, réalisateur, acteur et actrice, seconds rôles, techniques), une remise médiatisée avec retransmission à la télévision en direct, les grands noms du cinéma au service du palmarès (Jean Gabin officia comme président de la première cérémonie quelques mois avant sa mort) et le 3 avril 1976, les Césars s’imposaient définitivement comme le chaînon manquant entre le cinéma américain et une des plus importantes cinématographies de l’Europe et du reste du monde.

Pour mémoire, voici le palmarès de la première édition :

1) César meilleure actrice : Romy Schneider dans L’important c’est d’aimer

2) César du meilleur acteur : Philippe Noiret dans Le vieux Fusil

3) César actrice second rôle : Marie France Pisier dans Cousin, cousine et Souvenirs d’en France

4) César acteur second rôle : Jean Rochefort dans Que la fête commence

5) César meilleur scénario Bertrand Tavernier et Jean Aurenche pour Que la Fête commence

6) César meilleure musique écrite pour un film : Francois de Roubaix pour Le vieux fusil (à titre posthume)

7) César du meilleur son : Nara Kollery et Luc Perini pour Black moon

8) César de la meilleure photographie : Sven Nykvist pour Black moon

9) César du meilleur montage : Geneviève Winding pour 7 morts sur ordonnance

10) César du meilleur réalisateur : Bertrand Tavernier pour Que la fête commence (devant Truffaut, Enrico et Rappeneau)

11) César du meilleur film : Le vieux fusil de Robert Enrico

12) César du meilleur film étranger : Parfum de femmes de Dino Risi

13) César d’Honneur : Diana Ross et Ingrid Bergman

Il faut bien avouer que ce cinéma français à le vent en poupe et que c’est aussi grâce à un système de production qui n’a pas d’équivalent qu’il peut afficher son dynamisme. Un Centre national de la cinématographie, une taxe sur chaque billet permettant d’aider à la production, des « avances sur recettes », des aides à l’écriture de scénario, des écoles de grandes qualité qui forment de nouvelles générations, des acteurs qui rayonnent largement au delà de nos frontières… même si tout n’est pas parfait, il y a bien là une véritable « exception culturelle » qui permet à notre cinéma de résister à la crise qui a ravagé le cinéma Italien ou Japonais par exemple.

On pensait que cette décennie serait déstabilisée par l’impact de la Nouvelle Vague et sa prise du pouvoir et par le choc de mai 68. Mais la réalité fut tout autre. La révolution esthétique des frondeurs fut digérée par les producteurs et metteurs en scène. Des mousquetaires qui éperonnèrent « une certaine tendance du cinéma Français » constitués de Godard, Truffaut, Rivette, Chabrol, Resnais, Demy et beaucoup d’autres, il fait nul doute que c’est François Truffaut et Claude Chabrol qui concilièrent le mieux leur statut de critique du cinéma et l’appropriation des mécanismes de production avec un 11 films pour l’un et 15 pour l’autre auxquels il faudrait rajouter 13 fictions pour la télévision, réalisés de 1970 à 1980.

Pour François Truffaut, cette série commence avec L’Enfant sauvage (1970) et Domicile conjugal (1970),(du cycle d’Antoine Doisnel avec Jean Pierre Léaud). On y trouve un chef d’oeuvre de réflexions sur le cinéma en abîme avec La Nuit américaine (1973), Oscar du meilleur film étranger, L’Histoire d’Adèle H (1975) avec Isabelle Adjani, L’homme qui aimait les femmes (1977) avec Charles Denner, la même année où il a un rôle dans le film de Spielberg Rencontres du III type, une période d’ activité intense débouchant sur son chef d’oeuvre Le Dernier métro (1980) (César du meilleur film et du meilleur réalisateur).

Claude Chabrol ouvre avec Le Boucher (1970) avec Jean Yanne et Stephane Audran, sa muse. A raison d’une ou deux réalisations par année, il va explorer ce monde des petites gens, de la bourgeoisie bien pensante, qui sera son fond de commerce. La rupture (1970), Docteur Popaul (1972), Une partie de plaisir (1975) Violette Nozière (1978), il enchaîne les films avec parfois une certaine nonchalance dans la finition, bon vivant brassant toujours de nouvelles idées au détriment d’un certain gout de la finition. Cela donne des oeuvres parfois lumineuses et habitées, quelquefois légèrement bâclées. Son box office est à l’image de sa façon de travailler, des succès majeurs comme Docteur Popaul (2 millions d’entrées) ou comme Le Boucher, Violette Nozière culminant à plus d’un millions d’entrées.

Jean Luc Godard produit des films d’une extrême radicalité et il faudra attendre 1979 avec Sauve qui peut (la vie) avec Isabelle Huppert, Jacques Dutronc et Nathalie Baye pour qu’il revienne à un cinéma plus abordable en réintégrant le système de production commercial.

Jacques Rivette réalise des chefs d’oeuvres plus confidentiels par leur sophistication esthétique, Out one 1 et 2, (1971 et 1972) Céline et Julie vont en bateau (1974), Duelle (1976).

Jean Eustache obtiendra une consécration avec La Maman et la putain (1973) Grand prix spécial du jury au Festival de Cannes.

Eric Rohmer est inimitable. Il achève son cycle des Contes Moraux avec Le genou de Claire (1970) et L’Amour l’après midi (1972) avant de produire deux oeuvres atypiques, La marquise d’O… (1976) et Perceval le Gallois (1978) Prix Méliès.

Alain Resnais tourne peu. Après l’expérience de L’an 01, il réalisera un de ses films les plus puissants en 1977, Providence (1977), remportant 7 Césars dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur.

Jacques Demy ouvre les années 70 avec Peau d’Ane (1970) et Le Joueur de flûte (1972) pour ne tourner que deux autres films L’Evènement le plus important…. (1973) et Lady Oscar (1978) au succès d’estime.

En France, 3 genres règnent en maître : la comédie, l’étude de moeurs et le policier.

En ce qui concerne la comédie, elle se subdivise en deux catégories. Dans le premier registre dit « traditionnel », Gérard Oury et son complice Louis de Funès vont produire deux films cultes, La folie des grandeurs (1971) avec Yves Montand (« -Il est l’or monseignor ! ») et Les aventures de Rabbi Jacob (1973) qui, sur un sujet que l’on aurait du mal à traiter en cette heure d’intolérance et de tabous généralisés, deviendra un film culte pour toutes les générations qui se succèderont. Yves Robert avec Jean Rochefort, Claude Brasseur et Guy Bedos réalisera Un éléphant ça trompe énormément (1976) et sa suite Nous irons tous au paradis (1977) qui auront un succès populaire incroyable. Jean Paul Belmondo fait du Belmondo dans Le Magnifique (1973) dirigé par Philippe De Brocca.

Dans l‘autre tendance de la comédie, on voit débarquer une nouvelle génération d’acteurs, issus pour la plupart de l’aventure du café théâtre. Les Valseuses (1974) imposent Bertrand Blier derrière la caméra et un trio qui deviendra légendaire devant, Gérard Depardieu, Patrick Dewaere et Miou Miou avant Buffet froid (1979) à l’univers totalement décalé.

Patrice Leconte propulse dans un club Med, Gérard Jugnot, Marie Anne Chazel, Michel Blanc, Christian Clavier et Thierry Lhermitte, tous issus du « Splendid » dans les populaires Les Bronzés (1978) et Les Bronzés font du ski (1979).

Dans la comédie de moeurs à la Française, Claude Sautet est un maître. Les Choses de la vie (1970) Max et les ferrailleurs (1971) César et Rosalie (1972), Vincent, François, Paul et les autres (1975) sont les archétypes de ce genre à part entière qui se fonde sur des histoires de la vie réelle de représentants des classes moyennes et sur l’excellence du jeu d’acteurs des Yves Montand, Michel Piccoli, Romy Schneider, Bernard Fresson, Stephane Audran, François Périer, Samy Frey…

Enfin, le polar à la Française où s’illustrent Jean Pierre Melville en fin de carrière, il décédera en 1973, mais qui signe un sublime Le cercle rouge (1970) avant l’échec d’Un flic. José Giovanni après Dernier Domicile connu (1970) réunit Gabin et Delon pour Deux hommes dans la ville (1973). Pierre Granier Deferre avec Adieu Poulet (1975), I comme Icarre (1979) de Henri Verneuil, Série Noire (1979) de Alain Corneau, Yves Boisset avec Le juge fayard dit le shérif (1977).

Tous les grands acteurs, Lino Ventura, Alain Delon, Yves Montand, Jean Gabin sont convoqués à cette messe noire mais celui qui sera vraiment le symbole de cette décennie est Patrick Dewaere, acteur torturé et mimétique qui se suicidera au début des années 80.

Reste alors les films inclassables qui seront pour la plupart des succès au box-office et recevront de nombreux César : Le Vieux Fusil (1975) de Robert Enrico,, Que la fête commence (1975) de Bertrand Tavernier, Le Sauvage de Jean Paul Rappeneau (1975), La Meilleure façon de marcher(1976) de Claude Miller, et un nouveau réalisateur venu de la pub, Jean Jacques Annaud qui obtient l’Oscar du film étranger pour sa première réalisation, La Victoire en chantant (1976) et poursuit avec Coup de tête (1979) avec un Patrick Dewaere déchirant.

Et l’on ne peut passer sous silence Emmanuelle le porno-soft qui déboule sur les grands écrans avec Sylvia Kristel dénudée érotiquement devant Alain Cuny pour 9 millions de spectateurs français et 45 millions dans le monde sous l’oeil d’un réalisateur dont ce sera le seul titre de gloire, Just Jaeckin.

Mais ce panorama du cinéma mondial ne serait pas complet sans les centaines de productions de films Bollywood de l’Inde et ses répliquants Egyptiens, films de grande consommation que des millions de spectateurs visionnent mais hors des circuits de la cinéphilie. Il reste toujours un grand absent dans ce concert des nations pour le 7ème Art, c’est le continent Africain, malgré le coup de tonnerre de la Palme d’Or à Cannes en 1975 pour Mohammed Lakdar-Hamina avec Chronique des années de braise. Le cinéma asiatique ne sera reconnu vraiment que dans la décennie qui suivra et l’Empire Soviétique est étrangement atone, entre les documentaires et les films à la gloire de la guerre de libération de l’URSS. Andreï Tarkovski tourne difficilement Solaris (1972) puis le Miroir en 1975 en butte à la censure avant de décider d’émigrer pour continuer à tourner. En Pologne, Andrzej Wajda entame une série de films passionnant dans un pays que les idéaux de solidarnosc vont écarter de la voie officielle. Paysage après la bataille et Le bois de Bouleaux (1970) annoncent déjà L’homme de marbre (1977) et L’homme de fer (1981) qui obtiendra la Palme d’Or à Cannes.

Le Sud de l’Amérique a vu la vague du Cinéma Novo s’éteindre. Les dernières oeuvres du « Cinema Novo » ouvrent la décade. Antonio Das Mortes de Glauber Rocha et Macunaïma de Joaquim Pedro de Andrade sonnent le glas de cette « école » qui va puiser dans les légendes et les mythes de la culture du Brésil, la richesse d’un matériau filmique dévoilant la misère et la violence d’une société. Films « néo-surréalistes », ces oeuvres avaient particulièrement frappé l’attention du public cinéphile, renvoyant à cette image d’une Amérique du Sud plongée dans les affrontements du sous-développement et aspirant à émerger dans le concert des nations modernes. Le Brésil du Foot et l’Argentine du Tango contre les luttes des propriétaires terriens dans le « sertao » désertique où les affrontements des descendants indiens sur les contreforts des Andes.

Mais les années 1980 s’annoncent et le monde va encore subir des convulsions dont le cinéma tentera de rendre compte. L’écran s’illumine encore et toujours pour donner un sens à la vie et mieux comprendre le monde alentour.

Voilà donc pour ces années 70 un chapitre terminé... Il y en aura d'autres tant le cinéma est un compagnon de route qui, une fois invité, ne peut plus nous quitter ! Derrière l'image fuyante, il y a toute la réalité d'un monde en train de se réaliser, sans décors et sans artifices... et l'un renvoie à l'autre en un couple indissociable ! Le Cinéma, c'est la vie !

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Une histoire du Cinéma des années 70

Publié le par Bernard Oheix

Voici donc la suite, interrompue par les inondations, du texte sur le cinéma des années 70 conçue pour Le Cinéphile dans une formule dérivée de Livre-Jeu. Avec mes complices, Luc Michel Tolédano, Patrick Coulomb et Julien Oheix, nous tentons une adaptation du jeu que nous avons créé dans une formule qui permet à la fois de découvrir le contexte dans lequel les réalisateurs oeuvrent et les films phares qui ont marqué chaque décennies.

Les films de cette année 71 qui marqueront sont Les Diables de Ken Russel, Orange Mécanique de Stanley Kubrick et Les Chiens de paille de Sam Peckinpah.

Ken Russel est un des réalisateurs phares de cette école anglaise et cette décennie le verra produire Music Lovers, un biopic halluciné sur Tchaïkovski, Malher, Tommy et Liztomania. Dans Les Diables il crée un univers baroque dans une chasse aux sorcières dont le prêtre Urbain Grandier sera la victime. Les délires sexuels des bonnes soeurs permettront au pouvoir politique de l’abattre dans une parodie de procès et de le brûler en place publique. Il est au zénith de son art flamboyant, multiplie les provocations et le politiquement incorrect avec la volonté de heurter et d’envouter le spectateur.

Orange Mécanique est un ovni succédant à 2001 Odyssée de l’Espace. Alex, campé par Malcom MacDowel au charme vénéneux, est un adepte de l’ultra-violence, chef de bande des « droogies » qui sèment la mort sur leur passage. Les scènes insoutenables des meurtres feront largement polémique. Son arrestation et sa rééducation ouvrent tout autant un chapitre fielleux sur la rédemption et la violence des institutions. C’est une satire de la société moderne à plusieurs entrées où le message apparent n’est pas toujours le plus évident. L’utilisation de la musique classique (La 9ème symphonie Beethoven) en contrepoint fit fureur auprès de tous les jeunes redécouvrant les charmes de la musique classique.

Les Chiens de Paille de Sam Peckinpah avec Dustin Hoffman provoqua aussi la controverse. Une longue scène ambiguë de viol où la victime semble prendre du plaisir, un couple qui plonge dans l’autodéfense barbare et se venge, célébration perverse, le film fut accueillit par une polémique qui enflamma le public.

On peut dans cette veine ultra-violente, rajouter Délivrance de John Boorman en 1972, descente de rapides en canoë dans la nature sauvage d’un groupe de randonneurs confrontés à la bestialité d’autochtones. Le même réalisateur enchaînera l’année d’après avec Zardoz, une oeuvre de science fiction majeure.

Ainsi donc, c’est sous le signe de la plus grande des violences émergeant de situations quotidiennes que commencent ces années 70. Elles s’achèveront en 78 et 79 par deux films encore plus paroxystiques mais cette fois-ci sur le thème de la guerre du Viet-Nam. Voyage au Bout de l’Enfer de Michael Cimino et Apocalypse Now de Francis Ford Coppola.

Michael Cimino récompensé de 5 oscars, dans une distribution éblouissante (De Niro, Christopher Walken, John Savage, John Cazale, Meryl Strep) n’est pas un film sur la guerre mais sur ses conséquences sur les individus et leur incapacité à en sortir indemne. Des américains moyens plongent dans l’atrocité de la guerre et observent la lente agonie de leur humanité. Le personnage de John Cazale, drogué et jouant sa vie à la roulette russe, est fascinant et démontre à l’évidence l’incapacité de se réadapter à un monde normal pour ceux qui ont côtoyé l’enfer.

Apocalypse Now de Francis Ford Coppola est l’oeuvre « mégalomaniaque » d’un réalisateur qui fut aspiré par son sujet. Les conditions de tournage particulièrement dures s’étirant sur 238 jours, un typhon qui détruit tous les décors, l’explosion du budget (de 17 à 30 millions de dollars), le changement d’acteurs… seul le succès pouvait remettre en selle un réalisateur qui s’était même engagé sur sa fortune personnelle. La Palme d’Or du Festival de Cannes et un box-office incroyable vint récompenser un Francis Ford Coppola exsangue. Dans ce véritable opéra sanglant, des scènes ou la violence et l’absurdité se partagent à part égale, dénoncent le processus du pourrissement d’une société plongée dans l’horreur. Le Napalm, la partie de surf, l’attaque des hélicoptères sur la Chevauchée des Walkyries de Wagner, des scènes cultes que tout cinéphile ne peut que regarder avec une fascination morbide. Marion Brando en chef de guerre déshumanisé, fait un retour flamboyant devant les écrans.

C’est une façon d’achever cette décennie d’une richesse filmique incroyable, le chant crépusculaire d’un monde où l’homme a forgé son destin dans l’acier et la violence et qui ne laisse que des décombres autour de lui !

C’est d’Allemagne que vient le printemps d’un cinéma d’auteurs qui déferlera sur la planète du 7ème Art. En 1972, Werner Herzog propulse un acteur de série B dans un rôle qui va l’immortaliser, Klaus Kinski devient Aguirre, La colère des Dieux, un conquistador perdu dans ses rêves d’Eldorado. En 1975, un peu avant de d’obtenir la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1979 avec Le Tambour (ex-aequo avec Apocalypse Now !), Volker Schlöndorf et Margarethe Von Trotta proposent L’Honneur perdu de Katarina Blum tiré d’un roman de Heinrich Böll. A partir d’un fait divers, une femme tombe amoureuse d’un homme sans savoir qu’il est un criminel recherché par la police, les réalisateurs dénoncent les abus de la presse et la répression policière consécutive aux actes de la Bande à Baader.

En 1977, Wim Wenders propose L’ami Américain tiré de deux romans de Patricia Highsmith avec Tom Ripley comme héros. Un restaurateur d’oeuvres d’art atteint de leucémie accepte un « contrat » pour mettre à l’abri sa famille, mais tout va se compliquer… C’est le premier grand succès d’un réalisateur que les cinéphiles connaissaient bien grâce à L’angoisse du Gardien de but… et à Au fil du temps, un superbe road movie avec Bruno Ganz.

L’Allemagne en Automne, en 1978, est un drame documentaire réalisé par un collectif où l’on retrouve la plupart des jeunes réalisateurs dont Alexander Kluge.

Enfin en 1979, Raïner Werner Fassbinder propose Le mariage de Maria Braun, son 18ème film depuis 1970, auxquels il faut rajouter 15 films pour la télévision et 6 pièces de théâtre. 10 années de frénésie productive qui s’achèveront en 1982 par une rupture d’anévrisme. C’est l’un des personnages importants de cette école Allemande des années 70 qui révolutionnera le cinéma mondial. A partir des années 80, nombre de ses réalisateurs émigreront vers l’eldorado du cinéma, Hollywood, réitérant ce qui s’était déjà déroulé dans les années 30 !

En effet, l’Allemagne avait déjà connu un âge d’or qui précéda la montée du nazisme, celui de l’expressionnisme représenté par Fritz Lang, Friedrich Wilhem Murnau, Robert Wiene mais aussi Paul Leni, Wilhelm Dieterle… Le Cinéma Germanique avait ses lettres de noblesse, la parenthèse du nazisme et de la reconstruction du pays après la guerre achevée, les réalisateurs retrouvèrent alors leur place dans le concert des grandes nations du cinéma dans les années 70 !

En Italie, après le foisonnement de l’après guerre et du néo-réalisme, les années 70 furent celles des contrastes. Cette décennie commença par un chapelet de disparitions, chacune voyant s’effacer des pages entières de la mémoire du cinéma : Vittorio De Sica et Pietro Germi en 74, Pier Paolo Pasolini en 75, Lucchino Visconti en 78, Rossellini en 77.

Dans le même mouvement, la télévision « Berlusconnienne » entama un travail de décapitation de la production des films et des comportements des spectateurs. Dans un pays où les structures d’encouragements et de stabilité du cinéma n’existaient point, l’irruption des télévisions (76 chaînes commerciales naissent) démembra le réseau de diffusion en quelques années. Il est surprenant de voir se concentrer sur le début des années 70 les derniers succès internationaux avant que le cinéma des grands auteurs ne cachent le vide sidéral qui succédera à la production italienne. Il faudra 25 ans à l’Italie pour retrouver un semblant de lustre !

Même si Michélangelo Antonioni signe deux chefs d’oeuvre Zabriskie Point (1970) sur une musique des Pink Floyd et Profession : Reporter (1975) avec Jack Nicholson et si en ce début de la décennie, Bertolucci réalise ses deux oeuvres magistrales, La Stratégie de l’Araignée (1970) sur une nouvelle de Borgès, et Le conformiste (1971) avec Jean Louis Trintignant, deux films en équilibre entre la force incroyable du scénario et l’esthétique fascinante d’une mise en forme collant à l’émotion. Il obtiendra la consécration internationale en 1972 avec Le dernier Tango à Paris et un Marlon Brando transfiguré et Novecento (75) à la distribution flamboyante (De Niro, Depardieu, Burt Lancaster, Donald Sutherland, Laura Betti et Stefania Sandrelli…). Il y a aussi Sergio Leone qui avec Il était une fois la révolution (1970) entame sa mutation en se détachant du western-spaghetti qui a fait sa fortune.

Elio Petri réalise Enquête sur un citoyen… (1970) et La Classe ouvrière va au Paradis (1972) Palme d’Or au Festival de Cannes ex-aequo avec Francesco Rosi pour L’Affaire Mattei. Pier Paolo Pasolini entame une trilogie « élégiaque » en 71 avec Le Décaméron et poursuit avec Les Contes de Canterbury (72), Les Mille et unes Nuits (74) pour terminer par un prémonitoire Salo (75) avant de mourir assassiné sur une plage d’Ostie !

Fellini produit Roma (1972), Amarcord (73) et Casanova (76) et Visconti, Mort à Venise (71) Ludwig ou le Crépuscule des Dieux (73) et Violence et Passion (74).

La comédie italienne est florissante, Drame de la jalousie (70) et Nous nous sommes tant aimés (74) de Ettore Scola avant Affreux, Sales et Méchants (76), L’argent de la Vieille par Comencini en 72, Mes Chers Amis en 75 pour Monicelli, un extraordinaire Pain et Chocolat (1973) pour Franco Brusati,avec une scène d’anthologie où un italien déguisé en Suisse craque devant l’équipe de la « nazionale » de foot ! Enfin, il reste toujours un Dino Risi avec Parfum de femme (1975) et Les Nouveaux monstres (1978) pour magnifier ce genre si particulier de la comédie Italienne héritière des traditions.

En ces années de feu, rien ne semblait pouvoir arrêter le cinéma Italien… si ce n’est lui-même ! Le chant du cygne viendra avec Padre, Padrone et L’Arbre aux sabots des frères Taviani, Palme d’Or du Festival de Cannes en 1977 et 1978 et ultimes récompenses du cinéma Italien avant 2001 et La Chambre du fils de Nanni Moretti. Le côté obscur de l’économie du cinéma démantèlera alors pour de longues années ce qui semblait gravé dans le marbre. La fin des années 70 annonce un long crépuscule pour ce qui apparaissait comme une cinématographie riche, engagée, réflexive et dont l’audace formelle n’avait pas de limite !

Du côté du Japon, autre place forte de la cinéphilie en crise, Akira Kurosawa, après une tentative de suicide en 1971, renait avec Dersou Ouzala (1975), produit par la très soviétique Mosfilm, Oscar du film étranger, mais il faudra attendre la fin de cette décennie pour que les américains George Lucas et Francis Ford Coppola, fans de Kurosawa, lui permettent de réaliser le somptueux Kagemusha, Palme d’Or au Festival de Cannes en 1980. Nagisa Oshima, à la demande d’un producteur Français (Anatole Dauman) se lance dans la réalisation de l’histoire véridique d’une prostituée : L’Empire des Sens (1976) et L’empire de la Passion (1978) qui feront scandale mais seront des succès commerciaux à l’international.

le Suédois Ingmar Bergman de Cris et chuchotements (1972) et de Scènes de la vie conjugale (1973) à L’oeuf du serpent (1978) et Sonate d’automne (1978) continue d’explorer l’âme humaine et les relations complexes entres les individus dans une Suède où le feu couve sous la glace d’un froid polaire.

Le cinéma américain règne sur la planète des rêves. C’est en 1975 que le Festival de Deauville est créé afin de faire la promotion de ses oeuvres et d’assurer le lancement de ses « grosses productions ». Par la suite, en 1995, il intégrera un volet compétition afin de le rendre plus attractif.

Les années 70 verront arriver au pouvoir une nouvelle génération de cinéastes dont les Francis Ford Coppola, Steven Spielberg, George Lucas et Martin Scorsese seront les portes étendards. Leur énergie et leur impact planétaire va profondément transformer le paysage de la production des grands studios. A la différence de leurs aînés, ils vont s’engager durablement dans la production de leurs films et transformer Hollywood. Cette période bénie d’une créativité incroyable correspond aussi à la mutation profonde de la société. La télévision oblige les studios à repenser leur stratégie et à conquérir un nouveau public, moins familial, plus jeune et concerné par les soubresauts d’une société en crise. Les minorités comme les blacks ou les latinos deviennent alors un réservoir de public avec des films intégrant leurs problématiques.

Deux westerns vont éclairer ce début des années 70. Little Big Man est une épopée qui rend aux indiens toute leur humanité. Arthur Penn, avec un regard en miroir sur les cultures des peuples chassés par les blancs, à l’heure de la guerre aux confins du monde (Viet-Nam), renvoie aux errements d’une civilisation balayant les autres en niant leurs différences. Jeremiah Johnson de Sydney Pollack, porté par Robert Redford inaugure le western écologique et renoue avec les racines d’une vie sauvage dans les rocheuses où l’homme blanc sème le désespoir et la mort.

Francis Ford Coppola avec les Parrains I et II impose une nouvelle génération d’acteurs dans cette épopée mafieuse sulfureuse et romantique. Steven Spielberg offre le colossal succès Des dents de la mer et file vers une Rencontre du IIIème type où François Truffaut (un de ses maîtres) apparait. Scorsese promène dans les rues de New-York, un Taxi driver qui déambule dans les nuits glauques. Georges Lucas renoue avec la BD d’aventures dans la saga de La Guerre des étoiles. Sylvester Stallone impose un boxeur loser en archétype de la reconquête d’une dignité perdue, Rocky au succès phénoménal qui prouve que l’Amérique ne mourra jamais à ceux qui en doutaient.

Tous les genres et tous les secteurs de la vie sont touchés. MASH de Altman sur un hôpital militaire pendant la guerre de Corée, un asile avec Vol au dessus d’un nid de coucous par l’exilé Milos Forman, le quartier chinois de Chinatown (1974) de Roman Polanski, la bourgeoisie cultivée sous les saillies d’un Woody Allen (Annie Hall, Manhattan) en train de s’inventer un style, le policier prêt à tout, L’inspecteur Harry (Don Siegel), French Connection (William Friedkin) Serpico (Sydney Lumet), et bientôt des films sur la corruption et la gangrène de ceux qui sont chargés de maintenir l’ordre. Il y a l’horreur intérieure avec L’exorciste de Friedkin ou extérieure avec des Aliens (Rydley Scott) omniprésents restant sous la menace d’un Massacre à la Tronçonneuse orchestré par Tobe Hooper pour Carrie au bal du Diable (Brian de Palma). On court éperdument sur les traces de Dustin Hoffman dans Marathon Man (John Schlesinger) comme on s’égarait à suivre un Macadam Cowboy toujours campés par le même acteur omniprésent. Alan Parker, lui, narre l’histoire vraie d’un prisonnier des geôles turques dans Midnight express (1978).

Il se dégage de cette pléiade de films portés par une nouvelle génération d’acteurs, une véritable volonté d’inventer de nouvelles façons de toucher le spectateur en cassant le moule de la narration classique, d’agir par le spectaculaire pour découvrir l’infinie petitesse de l’être. On assiste à une perte de repères dans la confrontation entre le bien et de mal et le sexe et à la violence sous-tendent le comportement des individus à la recherche d’un bonheur impossible. Les drogues sont omniprésentes et l’appât du gain un miroir aux alouettes qui ravage les structures sociales et les familles. Enfin, il se dégage une forme de méfiance absolue pour tous ceux qui représentent la loi et l’autorité trop souvent gangrenés par les intérêts particuliers et l’égoïsme.

Dans le prochain texte, je vous présenterai donc le Cinéma Français dans une de ses périodes les plus flamboyantes... A moins qu'une autre catastrophe naturelle m'oblige à reporter ma parution... Mais bon, une inondation suffit largement à mon malheur et j'ai hâte de connaître vos réactions...

Bonne lecture !

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