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La Bonne Année ?

Publié le par Bernard Oheix

 
Bon, c’est vrai…. je n’ai jamais su me servir du masque, comme dirait Sibeth ! En même temps, c’est compliqué après une année entière de Covid de retrouver des gestes simples comme aller se baigner 
dans une eau glacée par 7° de température extérieure avec plein de monde sur la plage (2 couples de sexagénaires, des jeunes !).
Je ne sais pas pourquoi, mais Thérèse a refusé d’apparaître sur ma photo des bons voeux… C’est bizarre !
Bon, on se souhaite malgré tout une bonne année 2021, cela changerait un peu, n’est-ce point ?
Une année où l’on pourrait même parler d’autres choses que des pangolins, des chinois, de coronavirus et de Raoult, de fake news et d’autres films que Hold-Up !
Des vrais cette fois-ci, avec des scénaris de science-fiction, par exemple la terre entière qui s’arrête à cause d’un microbe… où même l’histoire de la conquête du pouvoir par des dirigeants complètement fous
qui rêvent de déclencher une guerre vraiment mondiale…
Bon, il reste aussi l’option de se retrouver, de ne pas se dire grand chose mais de se toucher, voire s’embrasser si affinités, de se baigner avec ou sans masque de plongée, de faire des barbecues bien après 20h,
de débarquer à l’improviste et de rester par plaisir et non à cause de la contrainte de l’heure, d’aller acheter des oursins (48€ le kilo sur le marché de La Bocca !) sans remplir son autorisation de déplacement,
de vivre presque normalement quoi…
Presque, parce qu’il sera difficile de gommer cette année 2020 de nos mémoires…
Et si 2021 était tout simplement une Bonne Année ?
Alors à toutes et tous, bonne santé et à bientôt !
 
 
Malgré la pénurie de masques, il faut se protéger....

Malgré la pénurie de masques, il faut se protéger....

Un cormoran au sommet du "Rocher de Bernard" veille jalousement sur ma santé mentale ! Faut avouer qu'après une telle année 2020, la question peut se poser !

Un cormoran au sommet du "Rocher de Bernard" veille jalousement sur ma santé mentale ! Faut avouer qu'après une telle année 2020, la question peut se poser !

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Paris en septembre

Publié le par Bernard Oheix

3 semaines à la capitale. Pour la plus belle des raisons, il fait nul doute, celle de la naissance d’Alma, un beau bébé de 3,8 kg, venu pour embellir nos jours, tenir compagnie à sa cousine Lise et se faire aimer de son père, de sa mère et de la cohorte de ses proches...

21 journées dans cette capitale qui fait rêver le monde et attire les touristes de toute la planète et que nous allons parcourir de long en large, d’un appartement adorable au 5ème étage (sans ascenseur !) du métro Goncourt aux deux pièces de mon ami Nilda Fernandez, porte de Clignancourt, près des puces de Saint Ouen.

De Bagnolet à La Chapelle, de Ménilmontant à la République, de Belleville à Nation.

Avec des images par myriades, vieux immeubles baroques aux balcons ouvragés, imposantes constructions aux façades de briques rouges, cheminées qui s’élancent dans le ciel, boulevards qui découpent la cité et offrent un charme désuet à cette ville lumière au surnom tant mérité.

Chaque rue, chaque pâté de maisons, offrent une perspective qui renvoie aux siècles passés d’une ville en train de sa bâtir, où l’homme apporte la démesure de son génie et érige un monument à son incroyable capacité à créer un univers d’artifices où il veut tenter de vivre...

Paris en septembre

Allées verdoyantes où déambulent des passants nonchalants et placettes ombragées où des jeunes déconstruisent leur monde en fumant quelques joints, recoins des détours d’une architecture qui ne peut tout maîtriser, dents creuses d’immeubles absents comme des blessures à l’harmonie des perspectives, canaux sur lesquels des péniches franchissent des écluses sous les jets d’eau de portes en fer immémoriales qui s’écartent en geignant… Et cette population cosmopolite où les races, les religions et les catégories sociales se côtoient sans éclats, à pied, en voiture, en vélo, en trottinette, en scooter, en skate, avec tout ce qui roule et propose une vision d’un monde déjà entré dans l’anticipation d’écrivains futuristes...

Une ville magique, épuisante, éreintante mais enfantant les rêves d’un monde où tout est encore possible !

Beauté des femmes aux tenues chatoyantes, sourires enjôleurs des serveurs attentifs, visages sereins des africains goguenards, asiatiques aux yeux de chats, cheveux crépus ou mèches lisses, tenues noires et chapeau de juifs le vendredi de shabat, barbes longues de musulmans en djellabas se rendant à la mosquée... ils se croisent tous dans le ballet incessant d’un monde qui ne s’arrête jamais !

Et ce qui est étonnant, c’est que cela fonctionne !

Et que le monde continue à foncer dans un mur !

 

Mais Paris c’est aussi....

Ces 22€ réglés au parking du Rex pour pouvoir assister à un spectacle, Le Petit Prince, aux Folies Bergères...

Ce garçon d’un café de Jourdain qui, à ma demande de boire une menthe à l’eau, m’oblige à prendre une bouteille de Vittel (très chère !) en lieu et place de cette eau du robinet de Paris que je n’ai aucune peine à boire...

C’est aussi la paralysie générale qu’occasionne une grève des métros et des bus le vendredi 13, avec cette incapacité de circuler et l’engorgement de toute une ville et de sa banlieue....

Et la manif des avocats de ce lundi qui nous empêche de prendre notre ouigo en toute sérénité, même s’il en faut une grande dose pour prendre les wagons à bétails de ce train sordide !

La SNCF n’est décidément vraiment plus ce qu’elle était ! 

Et ces milliers de marches, d’escaliers et autres qu’il nous faut grimper avec notre poussette Yoyo (le must de la poussette, je confirme !), nos sacs accrochés en bandoulière, avec Alma qui pèse déjà son poids de bébé flamboyant !

 

Mais avant tout, Paris, c’est le sourire amical du patron de ce bar où nous venons boire notre café chaque matin et qui nous demande avec un grand sourire comment se porte notre princesse...

C’est ce restaurant de la Recyclerie de la Porte de Clignancourt où nous dévorons des tapas et une plancha charcuterie/fromage au milieu d’un jardin bio qui longe la ligne de chemin de fer...

C’est ce brunch en famille avec les amis qui nous rejoignent qui s’éternise dans la joyeuse cohue des enfants du côté de Max Dormoy...

C’est le plaisir de passer d’un restaurant grec à un japonais, d’un Thaï à un hamburger/frittes, de la chorba à une omelette salade...

Ces promenades le long du canal St Martin avec les jeunes sur les berges qui jouent aux cartes, grignotent et boivent quelques bières en se racontant leur monde...

Ce sont ces personnes qui se lèvent dans le métro pour nous laisser leur place, souvent, avec un sourire de connivence...

C’est cette cave minuscule, au plafond bas, scène improbable où j’assiste au premier concert rock de mon neveu Nico qui s’en tire très bien à la basse…même si le son impossible nous empêche de goûter pleinement les riffs endiablés de ce trio (Batterie/guitare/basse) et d’entendre la moindre parole !

C’est le cimetière du Père Lachaise où je me rends pour mon pèlerinage annuel sur les tombes de Jim Morrison, Baschung et Higelin, réunis par le destin funeste à quelques mètres les uns des autres !

Paris en septembre

Et ce monument qui fait froid dans le dos, à la mémoire des morts de 14/18, immenses panneaux sobres avec les dates et les noms des milliers de morts parisiens pour cette première grande boucherie à l’échelle de la planète !

 

Paris est une fête, une ville éternellement recommencée, dont la réputation n’est plus à faire mais qui mérite qu’on l’aime...

 

Et il est certain que si j’étais Parisien, je voterais pour Anne Hidalgo aux prochaines élections, cela me changerait de nos salades niçoises !

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Naissance d'un site !

Publié le par Bernard Oheix

Chers amis bloggeurs,

Par la présente, j'ai l'honneur de vous informer de la naissance d'un site consacré entièrement à Bernard Oheix. Sa vie si remplie en évènements, son oeuvre jamais terminée, ses écrits exhumés de la poussière sous laquelle ils dormaient, des dizaines d'articles de tous les médias consacrés à scruter le moindre de ses gestes, la récupération des matériaux des six années d'existence de ce blog, des photos originales enfin dévoilées, ses missions si importantes qu'il continue d'assumer pour exporter une certaine idée de la France inventive et moderne qui ne renonce jamais à tracer les sillons d'un avenir radieux !

Après 25 ans de bons et loyaux services à la Ville de Cannes et à son Palais des Festivals, il a enfin gagné le droit de dire ce qu'il pense, de faire ce qu'il veut et de jouir de la vie !

Oui, si vous aimez ce blog (et parfois on peut se demander pourquoi ?), si vous appréciez la personnalité de l'auteur (et là, on peut dire que c'est n'importe quoi !), n'hésitez pas, rendez-vous sur :

www.bernardoheix.com

Bernard Oheix : le dérisoire comme paravent !

Bernard Oheix : le dérisoire comme paravent !

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Les 40 ans de Blandine

Publié le par Bernard Oheix

Voici donc un discours bien prononcé, mais oublié dans les tiroirs d'un Internet rétif depuis de longues années... A la relecture, j'ai eu l'envie de vous le faire partager... Pas mal non, pour fêter ses 40 ans de vie pleine et entière ! Bon, j'ai pris un coup de retraite sur la gueule depuis, mais elle !

 

 

Marie-Antoinette, ma secrétaire si efficace et préférée, celle qui tente de réguler mes pulsions et d’orchestrer mon temps de travail, enfin qui s’y essaie tout au long de l’année ! Depuis quelques jours, que dis-je, quelques semaines, elle me pourchasse avec cette antienne : Bernard, il faut que tu penses au discours sur Blandine, tu sais, elle va avoir ses 40 ans…C’est son tour suivant la belle règle qui s’est forgée au fil du temps que pour les anniversaires « ronds », je compose une ode en l’honneur de celle qui passe un cap, comme si un malheur n’arrivait jamais seul… non seulement l’impétrante prend l’année comme un coup de massue, 365 jours pour une décade dans la gueule, mais en plus, il lui faut subir mon discours devant ses congénères en pamoison devant ma plume acérée !

 

Mais quel discours puis-je écrire dans ce cas précis ! Que puis-je inventer qui serait particulier ? Après tout, elle n’est pas vraiment de la famille de l’Evènementiel, tout au plus campe-t-elle comme une rapportée, elle qui est censée s’occuper de la Presse dans une région où il n’y a jamais eu de presse et dont la principale mission consiste à réserver le siège 13 du rang D pour l’Aurore, l’unique critique artistique de la Ville à pouvoir faire lever le soleil de l’intelligence dans la masse des pondeurs de mots qui noircissent les pages de notre quotidien local !

D’habitude, le cap des 4 décennies se caractérise par une envolée stylistique sur la plénitude de la femme, son port altier, une beauté dégagée de toutes contingences, sa sérénité devant l’avenir ! Elle est au zénith notre femelle, enfin maîtresse de son corps, n’ayant plus peur de se perdre dans les abysses de ses angoisses existentielles (suis-je belle, miroir, mon beau miroir ?), apte à choisir son destin et à embrasser ses désirs. Elle sait, la perfide, le pouvoir qu’elle possède sur les hommes démunis de toute résistance. Elle peut encore tâter à dose homéopathique de la santé virile de quelques jeunes trentenaires tout comme se lover dans l’anse rassurante d’un vieux que les affres de la cinquantaine n’ont pas encore ravagé. Elle peut même décider d’aller au ciné avec les copines tant elle a fait le tour de la question et compris que son avenir ne passe pas forcément par les étreintes brutales d’un rut masculin ou les bières fraîches d’un compagnon vautré sur le canapé d’un Barcelone-Manchester que sa nuisette rose ne peut empêcher d’aller jusqu’aux prolongations, et même aux tirs au but juste avant de s’endormir en ronflant…

Non, tu sais tout cela… quoique tu commences à régler la facture de quelques nuits sans dormir pour un ancien « saigneur » et maître que tu as largué fort justement par un soir de colère après qu’il t’ait permis d’enfanter en déposant son spermatozoïde à la mi-temps de France- Brésil (Et un, et deux, et trois zéro !). Légères pattes d’oie au coin des yeux, teintures et mèches régulières pour dissimuler des cheveux blanchissants et perdant de leur soyeux, yaourts taille fine 0% pendant les 2 mois qui précèdent les premières expositions sur la plage…sans oublier surtout ces damnés nibars qui refusent de rester la fleur à la boutonnière, droits et imperturbables, mais qui bien au contraire, s’avachissent et que les hommes sont désormais obligés de dénicher plus près des chaussettes que des épaulettes du décolleté !

Qu’à cela ne tienne, tu sais faire la part des choses et reste bien cette femme-femme de toutes les certitudes, impériale à la croisée de tous les chemins, détachée des futilités mais point liée aux drames du monde, une perle qui entame enfin la plus belle des périodes de la vie, celle du mitan du lit, des aventures grisantes et des mecs enfin sélectionnés sur casting et plus sur des coups de…tête !

Tout cela, c’est ce que j’aurais pu, ce que j’aurais dû te dire ma Blandine, ce qui colle théoriquement aux minettes de 40 balais, qui est la caractéristique de cette entrée dans la plus belle des maturités, la quarantaine rugissante des femmes guerrières !

 

Oui, mais voilà ! Qu’entends-je ? Qu’ouïs-je ?

Que nous fais-tu, Blandinette ? Tu repars par la case départ sans même toucher les 20 000 francs de la carte chance ? Tu redeviens féconde et laisse croître dans ton ventre accueillant le fruit d’un amour crépusculaire ! Alors, je te pose la question, que dirai-je pour tes 50 ans, quand tu seras une maman affairée sortant des couches-culottes pour emmener ton précieux enfant faire du football sur un stade boueux et venteux par un dimanche d’hiver glauque, où ta petite fille en tutu rose au sortir de l’école de danse jazz d’un Vandelli cacochyme après tes heures de travail et avant la préparation d’une ratatouille pour son géniteur occupé à composer une grille de turfiste éternellement malchanceux !

Tu nous en fais une drôle, Blandine et c’est sans doute la plus belle aventure qui pouvait t’advenir puisque tu l’as consciemment conçu ce bébé de l’amour. Il vient à point nommé pour combattre toutes ces idées reçues, bien formatées, sur les âges de la vie et les étapes d’un tour d’humanité. Tu brouilles les cartes et en cela, tu fais un pied de nez à la morosité ambiante. Avec toi, foin de la crise et d’un avenir d’angoisse, un beau rayon de soleil, une naissance comme une renaissance et vive la vie, elle est belle quand on allie les charmes de la quarantenaire que tu es et les émois de la future maman que tu seras, à l’horizon de cette fin d’année.

Blandine, ce n’est pas vraiment ce que j’aurais pensé écrire, il y a peu… mais c’est ce que j’exprime au nom de toutes les équipes de l’Evènementiel et de la Presse si chères à mon cœur : tu nous as vraiment bluffés en nous faisant le coup de la lapine et l’on restera à tes côtés même pendant les douleurs de l’enfantement que tu as dû manifestement quelque peu oublier, pour remettre ainsi le couvert !

Longue vie à la quarantenaire, et le bonjour à celui ou celle qui débarquera sous peu dans sa vie privée !

Et vive la révolution sexuelle et l’accaparement par les femmes de leurs outils de reproduction !

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Ciao Babbo !

Publié le par Bernard Oheix

J'avais écrit, confère le 28 aout 2010 dans ce blog, un article intitulé, "Devenir le père de son père..." je me souviens encore de son regard et du geste étrange qu'il avait eu en le lisant sur son ordinateur... C'était juste avant qu'il ne décroche et cesse toute activité intellectuelle. Il m'avait donné un coup de coude en me disant "-Toi alors, merci, ton article !"  Et nous n'en avons jamais reparlé... comme nous avons si peu communiqué avec ce père omniscient mais au corset enserrant ses sentiments si fortement qu'il ne pouvait les exprimer. Et puis avait suivi une longue glissade de deux années vers le renoncement jusqu'à ce mois de juillet 2012 où nous avons partagé un dernier repas dans un restaurant à la Bocca. En août, son état empira. En septembre, un mois d'hôpital puis 5 semaines de clinique et 3 jours d'une maison de retraite avant un déces annoncé. Il est parti le 22 novembre à 7h30. Brutalement, à l'image d'une vie taillée à la serpe, sans fioritures. 

Je devais me rendre à Montréal pour travailler sur un Mondial des Jeux et le lundi  26 je m'envolais malgré tout, avec l'accord de ma mère et de mes frères, emportant avec moi la certitude que plus rien ne serait comme avant. Le dernièr rempart qui me protégeait de ma propre mort venait de sauter.

les obsèques ont eu lieu le jeudi 29 novembre, sans moi. Mon frère Michel  composa et lu cette oraison funèbre devant la famille, le casque de pompier de mon père posé sur le cercueil, juste avant la crémation. J'aurais pu l'écrire, je n'aurai pas fait plus juste, j'aurais dû être présent...

Alors pour ceux qui ont entrevu ce père Oheix, où par mon entremise, connu des bribes de sa vie, juste une dernière fois, comme pour un "dernier avant la route", l'ultime signal d'une vie en train de s'achever. Père Oheix, Gérard le pompier, Une femme et 4 enfants, Ciao Babbo !

 

Texte lu par Michel Oheix devant le cercueil.

 

"C'est le moment pour dire quelques mots sur Gérard OHEIX avant qu'il nous quitte définitivement. 

L'enfance de Gérard, notre père, le mari de Paulette, le frère d'Ivan, l'oncle, l'ami, est lumineuse et obscure. On sait que jeune enfant, moins de deux ans, il est un enfant aimé d'un jeune et beau couple du début de siècle, on sait que la fatalité  lui enlève brutalement ses deux parents et que très tôt, avec son frère il devient orphelin, à cet âge où les parents et leur amour sont tout pour l'enfant. Suivent des années douloureuses, malgré l'affection fausse ou vrai de celles et ceux qui remplacent ce père et cette mère définitivement absents. L'enfance est alors celle des années trente: dure, difficile, laborieuse avec comme horizon un apprentissage de boulanger. Les études supérieures ne seront pas pour cette génération! Il apprendra dans  cet apprentissage les dures leçons d'une vie où les rapports peuvent être violents, comme celui, par exemple, où l'apprenti mange à la table des patrons, mais ne partage pas les plats ! la viande au patron, les légumes pour l'apprenti. Ce n'est pas du Zola, c'est la vie simple d'un adolescent des années trente.

 

Avec la grande adolescence et la nouvelle grande guerre viendra le temps de l'émancipation, le temps des jeunes qui s'enivrent de la libération, le temps aussi, faut il le dire où l'apprenti boulanger devenu galant, pourchassé par le maître boulanger jaloux  franchit la passerelle d'un cuirassier pour s'engager dans la Marine Nationale. 

Finie la Vendée, finie l'enfance, c'est l'horreur d'une nouvelle guerre en Indochine qui le rendra adulte. De ce temps de guerre, nous ne savons pas grand chose, si ce n'est des histoires de peur, de dégout. Cette guerre ne sera pas racontée. C'est un nouvel homme qui à Nice, lors d'une escale, où belle gueule et bon pied, c'était un danseur agile, séduit la jeune et belle Paulette et avec qui il va construire une famille, la sienne, la leur, la notre. Quatre enfants, tous garçons naîtront, de 1949 à 1957 : ce fut, nous le savons, une période encore difficile où malgré le travail, tous les travaux possibles, l'argent était insuffisant pour nourrir la marmaille! Puis vint au milieu des années cinquante l'embauche comme sapeur pompier à Cannes, le temps, pour les enfants que nous étions,  d'un père héros, au blouson lourd sentant le cuir, au casque brillant, aux bottes bien graissées. Le temps aussi des silences pesant lorsque le métier devenait dur (nous savons ce que veut dire pour un pompier d'intervenir lors des graves accidents, les suicides, les grands malheurs de la vie).

 

Gérard OHEIX fut un jeune gaulliste d'après guerre, porté par les idéaux de la Nation, de la République et sa rigueur morale : les idéaux dévoyés par un petit maréchal se retrouvaient si bien dans cette génération d'après guerre : Travail, Famille , Patrie! les années 68  en feront un homme de gauche, défendeur de nouveaux idéaux : solidarité, partage, tolérance, anti racisme. De toutes ces valeurs nous en fûmes, nous les enfants les premiers bénéficiaires. 

 

Gérard OHEIX a beaucoup sacrifié pour sa famille : ce ne fut pas un homme de bar, lui qui pourtant aimait bien.., il ne partait pas avec des amis pour de joyeuses bamboches, tout, finalement était réservé à la famille et à l'éducation. Mari absolument fidèle, il fut un père rigide dans son éducation mais choisissant, nous le disons plusieurs longues années plus tard, pour ses enfants les meilleurs principes : une morale rigoureuse, la scolarité prioritaire, l'éducation sportive. Sportif il le fut lui aussi, toujours. Il avait choisi un sport exigeant où on ne dépense pas d'argent mais où on souffre pour gagner son plaisir : le cyclisme! Si fier de ce sport, qu'à la fin de sa vie il affichait sur sa porte d'entré ses deux trésors : la grande reine Paulette, et son vélo, la petite reine. 

 

Cette rigueur dans l'éducation, parfois excessive, nous pouvons le dire, porta ses fruits. Il voulait que ses enfants réussissent leur scolarité, ce que, lui, la vie l'en avait  empêché : nous fûmes tous bacheliers, universitaires diplômés ou non, ce qui permit à chacun de ses enfants d'affronter leur vie d'adulte avec les meilleures armes, celles du savoir, de la connaissance. De cela, plus que tout autre chose nous lui sommes redevables et nous l'en remercions aujourd'hui, dans ce jour d'au revoir. Nous savons que c'est la plus grande fierté qu'il avait, celle d'avoir été un père qui avait donné à ses enfants l'éducation que lui n'avait pu avoir. Que sa mémoire sache aujourd'hui  que nous en sommes conscients et que nous le remercions. 

Gérard OHEIX ne fut pas un bavard, il était plutôt taiseux, ce ne fut pas un raconteur d'histoires, ce qui souvent nous manqua, il ne fut pas toujours souple, parfois trop rigide.

Il est mille fois pardonné pour ses défauts car ce que nous savons, dans notre intimité, c'est qu'il fut un mari aimant et fidèle et un père généreux et noble. 

 

Merci Gérard OHEIX, merci papa".   

 

gerard-Oheix-copie-3.JPG

Dernière photo volée...quelques heures encore et il nous dira au revoir, pour toujours.

Ciao Babbo !

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La blonde va encore sévir !

Publié le par Bernard Oheix

Pour ceux ou celles qui auraient manqué le premier épisode du mois d'avril, sachez qu'une mystérieuse blonde aux gros seins et une non-moins curieuse martiniquaise sont en train de préparer leur come-back.

En effet, du 15 novembre au 21 novembre, au Théâtre Francis Gag à Nice, un metteur en scène illuminé Régis Braun, qui n'en est pas à sa première galéjade, a décidé de "remonter" Linge Sale de Jean Claude Grumberg avec une distribution de choix de jeunes comédiens portés par cette pièce complétement "barge" dont on ne peut dévoiler le dénouement sous peine d'être accusé de haute trahison envers la culture.

Dans cette distribution assez paradoxale, au milieu de ces professionnels confirmés, débarque une blonde, seule rivale avérée de la pédicure amoureuse du client surexcité de cette laverie tenue par un tenancier acariâtre. Il y aura bien un joggeur fou pour tenter d'apaiser le climat et une martiniquaise pour donner un peu d'exotisme... Las, cette production fera naufrage, il fait nul doute, afin que les spectateurs se gobergent du retour enflammé de la Belle Blonde au gros seins...

 

blonde tricotBon, c'est vrai que j'ai parfois l'impression de la connaître intimement et malgré moi, je ne peux m'ôter de l'esprit que je suis son grand frère (ou qu'elle est ma petite soeur !), que les comédiens sont là pour ses charmes ravageurs et que le public de théâtre (est-ce un effet pervers de la crise qui ronge la société ?) n'est présent que pour saliver aux galbes de ses longues jambes gainées de soie ! Oui mes amis lecteurs, mes frères de sens, mes complices en aventures esthétiques... courrez prendre votre billet, venez soutenir la création en région, le début d'une carrière éphémère et le crépuscule d'une montée sur les planches d'un jeune (!) comédien pétri de talent !

Et s'il en a pas, du talent, avouons que cette blonde a pour le moins, une sacrée paire de burnes pour oser se montrer sous ce jour peu amène dans sa ville natale, devant un parterre fleuri de sommités locales !

Alors pour la route, un dernier coup d'oeil...

Numero-3-0673.jpgEt bon courage !

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Un Article de Nice-Matin

Publié le par Bernard Oheix

 

Ses mains ont la parole. Bernard Oheix, le directeur de l'événementiel du Palais des festivals, a la gestuelle expressive, mais pas au point de se mettre en avant. Bien que ! Ce soir, il a décidé de monter sur scène en tant qu'acteur (voir par ailleurs).

Une nouvelle aventure pour celui qui, durant 25 ans, a fait la pluie et le soleil de la programmation artistique de Cannes, en endossant le rôle envié de « mange-tout » du budget culturel de la SEMEC, la société mixte qui gère le palais et l'événementiel municipal.

Après beaucoup de tops et quelques flops (voir ci-dessous), ce Boccassien, originaire de Ranchito, va quitter, le 1er juillet, ce poste qui « lui a donné la chance d'avoir une vie professionnelle intense et de voir le gotha de la culture ».

Une énigmatique longévité ?

À 61 ans, Bernard Oheix reste un séducteur. Par son humour, sa décontraction, mais aussi son professionnalisme, son enthousiasme communicatif, il a su apprivoiser aussi bien le public, que les responsables politiques. Une gageure à Cannes !

Ces derniers se sont succédé, lui est resté. Mine de rien, il a su devenir indispensable à tous, sans s'imposer. Certains pourraient y voir un sens politique aigu et un courtisan hors pair. Lui estime que c'est aux « salles pleines, au succès des saisons » qu'il doit sa longévité. Plusieurs fois, on lui a annoncé sa mort professionnelle. Sans réel succès, apparemment.

« J'ai toujours été légaliste. Je ne représente pas un danger pour eux », explique-t-il en parlant des politiques.

Une confiance suffisante pour être libre ?

« J'ai eu une vraie liberté avec l'ensemble des maires et des directeurs,assure-t-il.Pas une liberté de complaisance, mais de combats », soulignant que la culture, « ce n'est pas le monde des Bisounours »« Mon activité n'est pas en dehors du monde. Si j'avais eu des salles vides, cela n'aurait pas été la même musique. Je crois que j'ai rempli ma mission d'agitateur, de bouffon du roi, de catalyseur. »

Peur de gaspiller l'argent

Mais alors, a-t-il été un « dépensier » incontrôlable ?

« J'ai toujours eu peur de gaspiller l'argent des autres. »

Référence à son enfance. Chez lui, on comptait. Un père sapeur-pompier, une mère au foyer et quatre garçons à nourrir. De quoi faire attention aux fins de mois.

Bernard Oheix prône une « dépense juste. Même si on est à Cannes, c'est l'argent de la ville, du contribuable. La culture doit être subventionnée, mais cela doit rejaillir sur la ville, son image et le plaisir du public ».

D'ailleurs, côté public, là aussi, le charmeur a sorti le grand jeu. Formé d'abord aux MJC de la Frayère (animateur) et de Bourg-en-Bresse (directeur), il a été l'éphémère responsable de « Label Bleu », l'agence artistique des MJC de France.

« Un échec, mais qui m'a permis d'être ce que je suis. »

Un passage à vide qui l'a fait rebondir à la « Maison pour tous » des Campelières avant d'être repéré par René Corbier, directeur des affaires culturelles de Cannes, et de recevoir en janvier 1992, des mains de Michel Mouillot, la direction de l'événementiel du palais.

Un éclectisme distingué

En 1997, grâce à Gilles Cima, il crée les « saisons » culturelles et relance le festival de feux d'artifice. Là, Bernard Oheix peut partir à la conquête du public cannois en ayant « l'art de proposer des choses que les gens avaient envie, étaient capables de voir. Pas la programmation de ce que j'aimais ».

Ses « saisons », au fil des ans, aboutissent à « un éclectisme distingué. Avec suffisamment de conformisme et un peu de provocation ».

Pour lui, le souci d'un choix artistique « n'est pas d'aimer soi, mais de respecter les goûts du public, qui est une alchimie assez bizarre entre un public cannois, très cultivé, conformiste, une jeunesse bouillonnante et fertile et ce croisement incessant de personnes qui viennent de partout ».

Pour capter les spectateurs, il a mis en place avec son équipe (1) une véritable stratégie sur le long terme, les « éduquant » en distillant de plus en plus des projets audacieux.

« Le public a besoin de s'ancrer sur des certitudes, avant de les compléter. Maintenant, on est suivi, surtout sur la danse et le théâtre. »

Bernard Oheix, qui ne veut « surtout pas faire la " saison de trop " » va laisser son bureau du palais, alors qu'il avoue qu'il n'a jamais autant « maîtrisé ce que je fais. Pour la première fois de ma vie, je n'ai plus peur de mal faire. Je sens une paix intérieure ».

Et d'ajouter que ces dix dernières années, avec la complicité de « David Lisnard, le président du palais et Martine Giuliani, la directrice » ont été les plus épanouissantes et, il l'espère, « bénéfiques pour la ville, dont l'offre culturelle est devenue un leader artistique, un moteur économique et un lieu de vie, d'amour et de tolérance ».

Séducteur, stratège et poète.

Gaëtan PEYREBESSE

(1) Composée de dix personnes, dont Sophie Dupont, son adjointe, avec qui il a créé « un couple de travail soudé » et qui va le remplacer en juillet.

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Ma médaille d'Or !

Publié le par Bernard Oheix

Bon, une Médaille d'Or, de chocolat peut-être... Mais il n'empêche... que la Ville de Cannes par son Maire Bernard Brochand, que le Palais des Festivals par son Président, David Lisnard et son Directeur Général, Martine Giuliani, que toute mon  (ancienne) équipe et que ma famille et mes amis soient réunis pour m'attribuer la Médaille d'Or de la Ville de Cannes m'a fait chaud au coeur. La certitude d'un beau final pour cette période de ma vie qui s'achève, d'avoir bien oeuvré pour cette ville dans laquelle j'ai grandi et de se voir récompenser par elle, avec des mots qui touchent, des moments si forts, quelques larmes...

Si on m'avait dit, adolescent, que je finirais Directeur de l'Evènementiel au Palais des Festivals !

J'ai improvisé un discours à la "Oheix", et, n'en doutons point, il fut à la hauteur des circonstances. Magie d'être aimé et regretté !

Bon, il faut désormais redescendre de son piédestal... mais la marche n'est pas si haute, ne nous illusionnons pas outre mesure !

J'ai tant de choses à rêver encore !

Et puis, il reste la médaille de platine à inventer et à donner le nom de "Rocher de Bernard" à un de mes pitons rouges en face de chez moi.... Tout un programme, même si ce n'est pas gagné !

 

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Je n'écris pas trop en cette période si riche... problèmes d'ordinateur qui vont se régler très rapidement. Je vais retrouver l'inspiration et ce d'autant  que je suis en train de "monter" quelques opérations dont je vous parlerai prochainement. En attendant, à bientôt pour de nouvelles aventures !

 

PS : Je n'étais pas Directeur de l'Evénementiel depuis 1997 comme le souligne l'article, mais bien depuis 1992 soit 20 années de bons et loyaux services !

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La révérence de Bernard Oheix

Publié le par Bernard Oheix

Voici le texte que j'ai envoyé le 29 juin 2012, dernier jour officiel dans ma fonction de Directeur de l'Evènementiel au sein du Palais des Festivals et des Congrès de Cannes avant mon départ à la retraite. Un texte particulier pour une journée bien particulière... Il fut expédié à tous mes contacts professionnels, aux amis, à tous ceux qui entrèrent en contact avec moi au fil de ces années de passion. Ce texte invitait à une réponse...Elles sont arrivées, en nombre, et continuent d'irriguer mon mail...N'hésitez pas, s'il vous inspire, par mail, sur ce blog, par pigeon voyageur ou sur des calebasses, c'est une des dernières occasions d'entrer en dialogue avec moi avant une longue eclipse...

 

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L’heure de mon départ a sonné !

C’est avec énormément d’émotion que je quitte mes fonctions de Directeur de l’Evènementiel ce 1 juillet 2012  avec comme nouvel horizon, celui d’une retraite en chantant avec la satisfaction du devoir accompli !

J’aurais pu m’accrocher encore un peu aux ors du pouvoir, mais à l’instar de Zizou, j’ai peur de faire la saison de trop ! Et puis, quand on a la chance d’être remplacé par Sophie Dupont, mon adjointe depuis 22 ans, on ne transige pas avec l’âge de son départ !A 62 ans, il me reste tant de beaux souvenirs de toutes ces années passées au Palais des Festivals de Cannes. J’ai  eu quelques quarts d’heure de gloire comme dirait Andy Warhol : le concert d’Archive avec l’Orchestre Symphonique de Cannes avec mon ami Michel Sajn (mon plus beau concert !) et le come-back de Liza Minnelli, la recréation du Festival de la Pyrotechnie, la dynamique autour du Festival des Jeux, la rencontre avec Kasparov et ma victoire contre Karpov… à la belote, la mise sur pied des « saisons culturelles d’hiver et d’été » à Cannes, la présence affirmée de la Musique du Monde (Salif Keita, Idir, Ismael Lô, Youssou N’Dour, Cesaria Evora, Mariza….), les compagnies du festival de la danse et Béjart, la fureur de quelques riffs de guitare et de tirades en slam, quelques spectacles bien dérangeants et magiques comme le concert sous la mer (!!), Nilda Fernandez, Mano Solo, les légendes Aznavour, Bécaud, Nougaro, quelques mains de stars (Ah ! le more, more de Kim Basinger) et bien sûr, cette apothéose des filles du « Crazy » à mes côtés pour mon dernier réveillon en chant du cygne (le noir, pas le blanc !).

J’ai aimé travailler dans ma ville, dans ce Palais mythique.

Avant tout, j’ai aimé les liens que nous avons noués au fil des préparations de ces saisons, des Womex et autres festivals où nous nous sommes croisés. J’ai aimé les discussions sur les spectacles, la diversité réelle de ce monde de la culture, les coups de cœur et de folie, les interrogations et les espoirs…

J’ai eu mon comptant de regrets et d’échecs, comme tout un chacun… mais on oublie les mauvais souvenirs pour ne garder que les bons, ceux où nous avons vibré ensemble au service de cette cause d’une culture qui élève, qui grandit et rend plus intelligent l’être humain.

Je vous quitte en restant malgré tout un peu parmi vous. La Direction du Palais des Festivals et Sophie Dupont m’ont proposé de garder la  Direction Artistique des Nuits Musicales d’un Suquet new-look qui tentera de moderniser un peu cette musique classique si belle qu’il est impossible de la laisser moisir dans la naphtaline !

Et puis, quelques autres projets pour finir dans la passion un chemin commencé… dans la passion.

J’ai aimé la culture plus que tout autre chose au monde et j’espère l’avoir servie avec constance, pas toujours sans humilité mais rarement avec orgueil, juste au milieu de tout, tel un vecteur, un trait d’union, le go-between qui annonce le soleil et l’aube d’un temps nouveau !

Alors, à ceux que je ne verrai plus, je dis merci pour ce que nous avons partagé…

Aux autres que je retrouverai bientôt, en avant pour de nouvelles aventures !

A tous, Vive la Vie et continuons le combat !

 

Et Bonne Chance à l’Evènementiel du Palais des Festivals de Cannes qui, sous la houlette de Sophie Dupont, inventera de nouvelles voies pour atteindre le cœur du public et donnera un nouvel élan à la culture du monde. C’est elle désormais qui sera votre interlocutrice attentive.

Merci à cette équipe de 9 personnes que j’aime et qui m’ont accompagné avec ferveur  pendant toutes ces années de bonheur et de rêves.

Merci à mon adjointe de toujours, celle avec qui je composais un tandem forgé dans l’airain, Sophie Dupont, à Nadine Seul la reine des jeux et des Russes, Eurielle Desevedavy si précieuse et si précise, Marie Antoinette Pett une secrétaire arc-boutée à défendre son Directeur, Cynthia Rebérac qui rompit sa chrysalide dans cette Direction pour devenir une femme accomplie, Nitya Fornaresio s’épanouissant au fil des années dans sa fonction relationnelle, Florence Jacquot qui étrenna son statut de TUC avec moi au siècle dernier et aux pauvres deux garçons, Hervé Battistini et Jean Marc Solbes régisseurs et artificiers, complices en rires, qui subirent en ma compagnie, l’avanie de ce bataillon féminin rouge aux couleurs de la vie !

 

PS : je garde cette adresse mail mais vous pouvez aussi me contacter sur mon adresse mail personnelle (bernardoheix@hotmail.com) ou sur mon Iphone  +33 6 73 61 52 70

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Tirant sa révérence...

Publié le par Bernard Oheix

Voilà, c'est fait... J'ai atteint cette ligne d'horizon qui semble si lointaine en début de  carrière... la retraite en chantant ! J'aurais dû me lever ce lundi 2 juillet, prendre ma moto et rejoindre mon bureau du Palais des Festivals de Cannes... Mais le temps se brise, et l'écho du passé vient résonner. J'ai bientôt 62 ans, j'ai choisi de suspendre ce qui a représenté 40 années de ma vie sociale, mon métier, ma place, une façon d'être, d'exister dans le regard des autres.

J'ai eu mon comptant de satisfactions et bien plus d'un quart  d'heure de cette gloire dont parlait Andy Warhol même si c'est bien dérisoire de regarder son passé pour comprendre son avenir.

Cela a été si rapide, un éclair ! Petits jobs d'été, Maître d'internat dans l'Education Nationale, les MJC, Directeur adjoint de l'Office de la Culture de Cannes, Directeur de l'Evènementiel au Palais des Festivals...

Voici un texte qui est paru dans le dernier bulletin des salariés. On me l'a demandé comme le dernier hommage au fossile de la Culture que je représente et je l'ai écrit avec beaucoup de sincérité et une grande émotion !

Parce que la vie continue mais qu'une page s'est définitivement refermée pour moi. Parce que derrière toutes ces lignes qui se fondent dans l'azur au fur et à mesure que l'on avance dans la vie, le néant guette et la nuit se rapproche. Mais c'est ce que l'on appelle la vie, une extraordinaire fuite vers notre propre fin !

 

Point de larmes mais des sourires, sans aigreur, bien au contraire, avec bonheur.

Un choix assumé. A près de 62 ans, après plus de 20 ans au Palais des Festivals, les sirènes de la satisfaction du devoir accompli.

15 ans à programmer… ça use, ça use !! L’angoisse de bien faire, la pression d’un public à trouver, les artistes qui dessinent une fresque vivante, toujours mouvante, les aléas de la pluie, des règlements qui changent, des chiffres impitoyables, des déceptions même si elles furent rares… car si souvent cette force du sourire, de l’émotion brute !

Adossé à une Direction Générale qui m’a toujours soutenu, et de ce point de vue, je tiens tout particulièrement à remercier Martine Giuliani, mais aussi Bruno Demarest et nombre de collègues Directeurs qui m’ont pardonné ce que j’étais en m’acceptant comme je suis…

Etrange étranger d’un Palais qui sut m’offrir d’être un trublion, le fou du roi, celui qui peut porter la pluie car il ne représente aucun danger et nous annonce les éclaircies des jours nouveaux… Tous ces collaborateurs d’un Palais qui s’est embelli au fil des années et qui m’accordèrent le droit d’être moi-même.

Et bien sûr, cette formidable équipe de l’Evénementiel. Petite par la taille, grande par le talent.

Neuf personnes attelées à démonter les montagnes, escalader les à-pics, explorer les abysses. Multicartes, multifonctions, multi-tout, chacune et chacun passionnés d’écrire cette page d’un Art vivant toujours renouvelé.

Les saisons hiver et été qui s’enchaînent, les Festivals d’été, la Danse en biennale, les Jeux toujours, rien ne résiste à ceux qui ont la passion au fond du cœur.

Et naturellement, Sophie Dupont qui me succède pour le plus grand bonheur de ceux qui aiment la culture, ceux qui pensent que dans une note de musique, une tirade ou un pas de danse, toute la beauté du monde se niche.

Nous avons constitué un formidable tandem, je sais qu’elle trouve déjà un nouvel équilibre dans la situation actuelle, une dynamique sans égale pour son talent et sa force authentique : elle sera bien cette Directrice de l’Evénementiel qui nous permettra de rester dans les coulisses de la modernité.

Je tiens aussi à remercier les pouvoirs politiques qui ont toujours considéré que le Palais des Festivals était le cœur vibrant de la Ville de Cannes, son supplément d’âme en même temps que son poumon économique.

Et de ce point de vue, Bernard Brochand et David Lisnard n’auront pas été en reste, tant ils ont le souci d’une culture vivante et moderne, destinée au plus grand nombre, mais capable de dessiner des lignes de fractures au sein du conformisme.

Je ne peux aussi que remercier celles et ceux qui m’ont accompagné tout au long de ces années. Certains ont renoncé, d’autres ont disparu mais leur présence discrète rappelle que la mémoire fut, que les actes furent et que l’espoir demeure.

A mon épouse si présente par mes absences, à mes enfants, à ma famille…de sang comme de cœur !

Et à la vie bien sûr qui force le respect et donne un prix à l’avenir.

Bernard Oheix

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