Issa Aimé Ouédraogo est un chorégraphe Burkinabé qui vit en France, à Cannes. Passionné, toujours à l'affût, avec sa complice Agnès Martini, elle-même chorégraphe et responsable d'une école de danse à Puget sur Argens, il laboure les terres vierges d'une danse qui épouse les deux continents et met en valeur le corps et l'esprit des danseurs. C'est dans cet esprit qu'il a créé ce Festival des Deux Terres il y a 10 ans et que nous allons, pendant deux jours, nous emplir les yeux d'une liberté que cette double culture enrichit.
C'est sous le parrainage de Souleymane Badolo, son père spirituel, grand danseur et chorégraphe venu tout spécialement des États-Unis où il réside, que cet anniversaire va se dérouler dans l'enchantement d'un mouvement libre de toutes contraintes en invitant le spectateur à se libérer des torpeurs actuelles !
Le vendredi 4 juillet, l'ouverture s'effectuera par le vernissage de deux expositions de Nathalie Sternalski et Sylvain Renault. Nathalie travaille ses photos avec des procédés hérités du XIXème siècle, des flous et balayages qui mettent en valeur le mouvement. Sylvain, lui, évoque des attitudes en noir et blanc résonnant avec des musiques...
les deux auteurs font honneur à une recherche entre le mouvement et le son figés par l'objectif !
Puis, le rideau s'ouvrira pour 3 ballets. Le 1er de la compagnie Vis ta danse "À l'eau, Allo, Halo" porte sur le thème des liens mouvants entre les 2 continents, sur des histoires partagées, des séparations et des retrouvailles...une jeune compagnie magnifique en symbiose avec l'idée directrice du Festival.
Le 2ème d'Eva Figueras, explore les diverses facettes d'une danse flamenca libérée de tous ses corsets. Respecter les codes pour les enfreindre dans la liberté.
Le 3ème "La Valise" sera une création d'Agnès Martini avec Aimé en soliste sur le thème de la mémoire et de ce qui reste quand l'esprit se libère. Un création passionnante malheureusement entachée par quelques problèmes techniques mais qui devrait aboutir avec le temps !
Et c'est en musique, avec une nouvelle expérience de Badou Mandiang, Ethnosonic, que cette soirée se terminera, dans le son chaloupé d'une musique africaine qui vient rencontrer des instruments de percussions, comme un chant à la diversité porté par la voix grave de Badou Mandiang ! Un projet qui doit encore s'affiner mais chargé de promesses.
Le 2ème jour, le jeune ballet d'Agnès Martini va explorer toute une gamme d'émotions autour de la fragilité de la liberté. Porté par des danseurs et danseuses juvéniles, magnifiques, avec en exergue, un solo d'une gamine de 10 ans qui va nous éblouir de sa grâce et de son tempérament !
Puis, Ange Aoussou viendra nous percuter d'un solo fascinant. Une femme en contrepied de la plastique traditionnelle d'une danseuse, dans un short blanc, un casque de tissu sur la tête, va nous permettre de nous évader avec elle sur les chemins de traverse d'un ruban immaculé qui sépare la scène. L'incroyable magie d'une interprète qui échappe à toutes normes et vous autorise à entrer dans son univers si particulier. À voir et à revoir !
Et pour conclure ce festival du mouvement, Aimé Ouédraogo va reprendre une pièce que son parrain Souleymane Badolo avait créé pour lui. Solo de solo est un voyage personnel où même le mouvement entre en résonance avec sa vie, son expérience et cette culture qu'il a ancrée dans son corps. Dans le clair obscur de la scène, les muscles roulent sous la peau, les yeux percent l'obscurité et les mouvements du corps improvisent un hymne à la vie qui parle à tout le monde. Éblouissant.
Et le Festival des deux terres se terminera dans une fête musicale que le groupe Kalbass offrira au public pour célébrer la fusion des corps, des sons, de l'image et la nécessité de rêver à un monde meilleur !
Et voilà donc une superbe édition 2025 qui s'achève. Aimé Ouédraoggo a porté avec Agnès Martini, l'espoir d'un geste libre, sans frontières. Nous attendrons donc la prochaine édition avec l'impatience de ceux qui savent que derrière le mystère, se cache des vérités essentielles, que la vie est mouvement et que le temps se façonne à l'aune de nos rêves !
Bravo à toute l'équipe du Festival, les chorégraphes, les danseurs et danseuses, les bénévoles, Loïc, Jacqueline et tous les autres, les techniciens et le personnel de la salle.
Les images restent gravées et ne s'effaceront pas de sitôt !
Souleymane Badolo, tu peux être fier de ton fils spirituel ! Vive la vie, vive la danse !