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La Voix d'Hind Rajab dans le coeur !

Publié le par Bernard Oheix

Il y a des manifestations que l'on aime. Cet autre festival de Cannes, se déroulant en automne et visant les jeunes et les cinéphiles, en est un exemple. J'ai eu le privilège de recréer ce festival avec Jean-Pierre Magnan et quelques autres nostalgiques des RIFJ (Rencontres Internationales Films et Jeunesse) et de le diriger pendant 3 éditions. Puis régulièrement invité dans le jury (je me souviens d'une année avec Nilda Fernandez) jusqu'à ce que l'on m'efface des tablettes dans l'ombre d'une retraite où l'on a gommé mon histoire !

Qu'importe, le cinéma me tient au coeur et je plonge avec délice dans cette salle de La Licorne accueillant 12 films, payant mes places, et heureux de vivre en cette année de sortie de mon livre sur un cinéphile Cannois même si, comme d'ordinaire, je ne suis point invité aux cérémonies d'ouverture et de clôture et aux débats sur le cinéma !

Qu'importe, les 24 images seconde enchantent ma mélodie personnelle et me parlent au coeur !

Et en cette année 2025, quand le bruit des canons et l'horreur des guerres nous interpellent à chaque moment de la journée, c'est de Gaza que nous arrive ce drame incroyable dans un film qui restera gravé comme un chef d'oeuvre absolu du cinéma.

Une petite fille est reliée par un téléphone a une équipe de secouristes de la Croix Rouge qui tentent de la sauver. Elle a six ans, seule survivante dans une carcasse de voiture mitraillée par un tank. Après de longues vicissitudes, l'équipe obtient un feu vert pour l'intervention d'une ambulance...mais rien ne se passera comme prévu !

Et en attendant, cette voix authentique de la petite Hind, le véritable enregistrement de ces 70 minutes à tenter de la sauver, sert de support à la colonne sonore et plonge les acteurs dans un état de sidération palpable.

Sans jamais montrer la moindre image de guerre, ce film est le plus grand plaidoyer contre l'horreur générée par un conflit où les civils sont de la chair à canon et une monnaie d'échange dans un silence étourdissant.

Cette voix désespérée résonnera longtemps en vous, comme elle continue à crier dans le silence des disparus, le nom des innocents.

Bravo à Kaouther Ben Hania, cinéaste Tunisienne pour avoir entendu cette voix d'une petite fille et réussi à en faire la porte-voix des causes désespérées dans le  fracas des bombes inhumaines.

 

Il y a eut beaucoup de très beaux films en cette édition 2025. Voici quelques pistes pour vos prochaines sorties au cinéma.

La Petite Cuisine de Medhi de Amine Adjina est une comédie douce amère sur le sort d'un jeune cuisinier algérien qui travaille dans un bistrot, coincé entre une mère possessive, une copine à qui il n'ose la présenter, et qui va s'inventer, pour son plus grand malheur, une mère de substitution. Belle performance des actrices et acteurs, rires et émotions à la clef et bonheur final en dessert !

Lady Nazca de Damien Dorsaz et le portrait authentique de Maria Reiche, une enseignante allemande qui se prend de passion pour les sites péruviens de Nazca et les traces de cette culture millénaire qui ont échappés aux fracas contemporains. C'est beau, incroyablement  tourné dans les sites authentiques et le film vous plonge dans la vie d'une femme de passions.

Furcy, né libre de Abd Al Malik et une plongée dans l'univers d'un jeune esclave qui découvre que sa mère était affranchie et donc qu'il ne peut être un esclave sur le domaine de ses propriétaires. Un film prenant, magnifiquement tourné et dans des décors magiques. Le réalisateur prouve à l'évidence que l'on peut manier les mots avec les images et que la plus belle des musique vient du coeur !

Et pour conclure, le cinéaste local de cette édition, le jeune Grassois Nathan Ambrosioni, viendra présenter sa dernière oeuvre, son 5ème film à 26 ans, une belle comédie douce amère, Les Enfants vont bien qui vous emportera entre douceur et  déchirures, sur les chemins de la vie réelle. Une femme vient déposer ses enfants chez sa soeur et disparait. Camille Cottin va devoir s'occuper des enfants en luttant contre ses démons. 

Bons films à tous et à toutes et écoutez la voix d'Hind Rajab, elle résonnera longtemps dans votre coeur !

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Un lendemain soir de Gala

Publié le par Bernard Oheix

Les chemins de la culture sont pavés d'étranges objets parfois indéfinissables. Je ne sais pas ce que j'attendais d'une soirée où Vincent Dedienne nous invitait à partager son amour de la chanson. C'est Sophie Dupont, mon amie et directrice de la programmation qui m'avait conseillé de venir découvrir cet OVNI en la salle de La Licorne à La Bocca et bien m'en a prit tant je suis resté ébloui par cette performance hors norme, ce spectacle indéfinissable aux relents d'un amour des mots ceint d'un humour caustique !

Je n'ai pas regretté de plonger dans l'inconnu sur les pas de ce personnage qui chemine avec sérénité hors des sentiers battus.

La soirée avait commencé avec une chanteuse, Laurette Lalande, seule en scène, s'accompagnant d'une musique enregistrée, pour une demi heure magnifique ou la finesse de sa voix se conjuguait à l'intelligence de ses mots.

Belle découverte dans une première partie d'un spectacle à découvrir.

Sans transition, Vincent Dedienne entrait en scène pour un show de plus d'une heure !

On connait cet acteur humoriste, ce chroniqueur à la télé sur Canal + et  Quotidien. Il obtiendra à 2 reprises un Molière de l'Humour pour son One Man Show "S'il se passe quelque chose" à l'humour grinçant et décapant et pour la reprise d'Un Chapeau de paille d'Italie.

Mais en cette soirée du 16 novembre c'est avec un micro et un orchestre qu'il allait nous emporter sur les rives de l'amour et de l'humour !

Sa voix s'impose d'entrée. 3 musiciens l'accompagnent, une "batteuse", un guitariste et un pianiste. Un écran au dessus de sa tête va rythmer le concert en introduisant des images renvoyant au thèmes qu'ils développent.

Après 3 chansons où sa voix porte des textes incisifs, il va tenter de nous dérider par des séquences d'humour, toujours justes, caustiques, renvoyant au passé et à la situation présente d'un monde qui manque d'harmonie.

La soirée va donc se partager entre ces 3 univers, la voix du chanteur sur la musique du groupe, l'image comme lien avec la réalité et des séquences d'humour pour émailler de rires son talent de chanteur.

 

Soirée formidable, surprenante, sur le fil tendu de l'émotion, de la passion et de la tendresse que des rires viennent soulager.

Si j'ai un conseil à vous donner, allez voir Vincent Dedienne dans "Un Lendemain de Gala". Vous serez saisi comme toute cette salle qui lui offrit une standing ovation et plusieurs rappels.

C'était la 5ème fois qu'il jouait ce spectacle...et ce ne sera pas la dernière tant sont talent multiforme fait exploser les barrières et ouvrent des perspectives à cet homme hors du commun.

Merci Vincent Dedienne pour cette soirée de partage et d'émotions !

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Inconnu à cette adresse

Publié le par Bernard Oheix

Dimanche 9 novembre 2025. Sophie Dupond, mon amie et directrice au Palais des Festivals est sur son 31 avec son équipe pour recevoir le millier de spectateurs venus remplir la salle Debussy pour assister à une pièce qu'elle a visionnée sur Paris et qui l'a subjuguée !

Elle nous a conviés à ce spectacle, et c'est dans le noir que nous entendons la voix douce de notre fils annonçant que le spectacle va commencer. En effet, c'est Julien Oheix qui est le responsable de cette tournée et guide Jean-Pierre Darroussin et Stéphane Guillon sur les routes de France, devant des publics enthousiastes.

Et Jean-Pierre Darroussin peut alors entrer sur scène et s'installer à son bureau et nous regarder dans les yeux !

Inconnu à cette adresse

Un homme écrit une lettre à son ami qui a décidé de quitter son asile américain pour          retourner vivre en Allemagne avec sa famille. L'un est juif, l'autre non. On est en 1932 et les 2 complices vont échanger des missives qui renvoient à la réalité de ce qui se déroule dans ce pays où un être de sang est en train de s'imposer, un Adolphe qui porte l'espoir d'un peuple blessé qui tente de retrouver  son honneur et des certitudes.

C'est au long de ces lettres lues comme en écho de leur échange épistolaire que la réalité si crûe va s'imposer et briser ce lien d'amitié qui les unissait. 

Comment le juif  américain subit-il les nouvelles effroyables qui lui arrivent, montrant cette montée de l'antisémitisme débouchant sur l'horreur absolue ? Comment plongé dans ce maelstrom, l'allemand honnête et ouvert, ami d'un juif, devient l'acteur d'une horreur que nul ne peut ignorer, dans un climat de terreur et de délation qui ôtent toute possibilité à la raison de s'immiscer dans le déroulement d'un drame effroyable.

Ce texte fascinant, à la mise en scène luxuriante, contrastant avec la sobriété des acteurs, dans un silence sépulcral, nous renvoie aux interrogations du jour sur le racisme et à la situation du monde et des puissants.

Il est troublant de penser que c'est en 1938 qu'une femme américaine d'origine allemande à écrit ce texte. Kathrine Kressmann Taylor, née en 1903 à Portland, vivra jusqu'en 1996 traversant tout le siècle, léguant à la postérité le cauchemar d'une existence plongée dans le chaos.                                                                                         

C'est un chef d'oeuvre que nous offre les 2 comédiens extraordinaires de sobriété dans une mise en scène fascinante de Jérémie Lippman où les couleurs du noir et du rouge peignent un tableau d'apocalypse : celle d'une histoire qui balbutie et trouve un nouveau terrain d'horreur en ces années sombres que nous vivons.

Comment ne pas penser à la réalité actuelle dans cette peinture d'une époque révolue !

Si ce spectacle ne truste pas les Molières à la prochaine cérémonie, alors nous pourrons penser que rien n'a changé dans le monde de l'ignoble !

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