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Les Tics et Tocs du Festival de Cannes 2026 !

Publié le par Bernard Oheix

Réglons le problème d'entrée, la Palme d'Or 2026 est médiocre, un non-film qui plus est, même ambigüe sur la notion de laïcité, une production de faible niveau en rapport de l'excellence des films présentés... mais bon, un jury ne se refait pas, et ce n'est pas la première fois que cela arrive... et ce ne sera pas la dernière !

En même temps, qu'il n'y ait aucun français dans un jury du Festival de Cannes apparait comme un affront pour tous ceux qui enrichissent le 7ème Art et lui donnent ses titres de noblesse !

Mais derrière cette Palme d'Or, que trouve-t-on pour éclairer notre chemin ? Des Tics et des Tocs en série dont voici quelques exemples !

1) Féminisation de la profession !

Depuis des années, on voit poindre une catégorie de réalisatrices. À la télévision, dans les séries, au cinéma... elles occupent désormais une place que l'histoire leur refusait ! Femmes réalisatrices, femmes dans tous les métiers du cinéma, elles prennent légitimement, après tant d'années d'obscurité, la place que leur talent revendique, que leur regard dessine, que leur passion entraine. C'est une très bonne chose que cette barrière vole en éclat et que seule la compétence puisse déterminer la signature d'une œuvre... femme, homme, qu'importe tant que la magie opère et pour cela, le regard d'un sexe n'est pas prépondérant !

Vive les femmes et les hommes cinéastes !

2) Mon plan fixe à moi !

Cela commence par un repérage, puis l’œil de la caméra s'approche et nous plongeons dans le cadre d'un écran où plus rien ne bouge. C'est cela mon "cadre fixe" interminable, dévoreur d'espace et de temps, tic que tant de cinéastes ne peuvent éviter, comme si la paralysie pouvait effacer les blessures !

Je vous rassure, les plans fixes s'animent enfin, balayés par un noir complice et la caméra retrouve son œil fureteur... Mais de grâce, messieurs et mesdames les réalisatrices, épargnez-nous cette "langueur monotone" qui n'est souvent que le tic d'un toc de prêt à montrer !

3) La fête des jeunes !

Ne vous leurrez pas, mais il suffit que des jeunes décident d'aller faire la nouba sur une piste de danse dans une boite pour que l'univers se constipe au son d'une musique électro assourdissante. Dans le noir complice, les bras et les têtes, des morceaux de corps, des regards hallucinés composent un opéra sauvage où plus rien n'est perceptible ! Sacrés jeunes qui déchirent l'écran de leurs passions... mais ne vous inquiétez pas, la musique va cesser et la réalité revenir à la raison !

4) Longueur des films !

C'est à mi-chemin que je me suis rendu compte que chaque film qui restait à découvrir dépassait obstinément les 2 heures de projection... et encore, quand ce n'est pas les plus de 3 heures. Ce n'est pas tant la longueur qui est en jeu, mais bien son utilisation parfois vide de sens. Les cinéphiles sont passés d'un film standard de 1h30 à une norme de 2h30... sans que cela soit particulièrement justifié ! Et si un film peut mériter d'étirer le temps (comme l'incroyable Soudain avec Virginie Effira, par exemple) combien joue avec notre ennui par peur d'aller à l'essentiel !

Un exemple, le Lundi 18 à la salle de la Licorne, nous avons commencé à 9h par une film de 2h17 (Dora de la Quinzaine) puis Moulin, en compétition, excellent film de 2h10. Garance (en compétition) a suivi avec un 2h presque petit bras vu que les deux derniers films à 17h15 (Hope en compétition) durait 2h40 et pour fini notre journée de projection à 20h30, avec de toutes les nuits, les amants un médiocre pensum s'étirant sur 2h19.

Voilà ma journée de projections s'étirant sur  11h30 pour 5 films ! Il vaut mieux être sportif quand on est cinéphile !

5) Huées Bolloré !

Chaque film dont le générique indiquait une participation de Canal + déclenchait dans le public une salve de huées bruyantes et réjouissantes. À l'heure où la toute puissance de notre système de production est ébranlé par certains, Alloncle et son rapport désastreux sur les médias, Bolloré est son CNews à vomir...le public se lâchait avec joie et enthousiasme hurlant ce nom repoussoir pour applaudir les cinéastes et leurs producteurs !

6) Qualité des films d'animation

C'est une vraie découverte de cette 79ème édition. De tous temps, on arrivait à voir quelques films d'animations repères. Mais cette année, c'est à une véritable explosion que nous avons assistée. Des films bouleversants, qui forcent l'admiration et l'enthousiasme.

Comment ne pas citer un Jim Queen hallucinant de déraison et d'humour qui nous a scotchés sur nos sièges ou un Corset émouvant et merveilleux, In Wawes sublime de poésie.

J'ai toujours respecté ce genre qui a produit quelques chefs d’œuvres mais en cette année 2026, c'est une révélation que ces films transgressent toutes les normes pour nous atteindre au cœur !

Voilà quelques tics et tocs si riches de cette édition du Festival du Film de Cannes. Notre futur est entre nos mains pour que le subtil équilibre de la raison ne soit pas perturbé par des apprentis sorciers aux pensées funestes. Le cinéma est là pour nous aider, mais c'est bien dans le cœur de chacun que s'érige un monde plus harmonieux pour nos enfants et nos petits enfants.

Et je ne peux que terminer sur la qualité générale du cinéma français et la présence importante de jeunes spectateurs qui prouvent à l'évidence que le cinéma n'est pas qu'un art de vieux. Leur enthousiasme, leur attention, leurs réflexions montre que le 7ème Art a encore un rôle à jouer et qu'ils prendront toute leur place dans cette aventure qui renvoie à la vie réelle.

Vive le cinéma, les cinéphiles et les jeunes !

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Festival du Film... l'heure des récompenses!

Publié le par Bernard Oheix

Samedi 23 mai... Jour de la remise des prix...À mon compteur, 38 films ce qui est plutôt honorable en la période actuelle !

Assez peu de films de la compétition officielle (7 films) mais nombre de productions des autres sélections, Un Certain Regard (13 films visionnés), La Quinzaine (5 films)... les autres étant des films de La Semaine de la Critique (1er ou 2ème film de réalisateur) du cinéma des Antipodes, du cinéma de demain, de Cannes Première et hors compétition divers...

38 films pour rêver !

Pour faire suite aux précédents articles, il faut tout de suite parler en ce mercredi 20 de deux œuvres fortes présentées dans un Certain Regard. Ben'Imana de Marie Clémentine Dusabejambo portant, par le biais d'une tentative de réconciliation lancée par le gouvernement, sur la terrible guerre entre les Hutus et les Tutsis. 20 ans après, les paroles et les regards ne peuvent dissimuler l'atrocité du massacre et les mots de pardon sont des paroles vides dans le regard des victimes et des bourreaux !

Un film haletant nous renvoyant à notre impuissance, pire, à notre souhait de ne pas ouvrir les yeux sur ces massacres ignobles !

Le Corset de Louis Clichy fait partie de ces films d'animation qui ont emporté l'adhésion, tout au long du Festival. Un film fascinant, sur un enfant dans l'obligation de porter un corset pour le maintenir en équilibre. C'est le spectateur qui vacille sur son siège devant les incroyables images d'animation de cet enfant qui vit dans une ferme en équilibre, jusqu'à sa rencontre avec la musique et avec une jeune fille qui vont lui offrir la possibilité de guérir.

Titanic Océan est une œuvre japonaise sublime de Kostantina Kotzamani. Des jeunes filles désirent devenir des sirènes professionnelles et apprennent à dompter les éléments, à retenir leur souffle, à user de leur queue en silicone pour danser dans l'eau. Le film mêle des images réelles et d'oniriques rendez-vous avec les grands fonds et des requins qui sinuent au milieu des naïades. Un film qui nous transporte dans un univers incroyable qui transforme ces jeunes filles en les rendant à la nature liquide dans laquelle elles évoluent avec grâce.

Carmen, L'oiseau rebelle, de Sébastien Laudenbach est un autre de ces films d'animation qui s'imposent à Cannes comme un genre à part dans le brio d'une technique qui touche le public, porté par la voix de Camélia Jordana.

Coward de Lukas Dhont, raconte une tragi-comédie sur la guerre 14/18 où un jeune combattant croise la route d'un soldat créateur d'animations et de spectacles pour divertir les combattants qui se terrent dans les tranchées en tentant d'écarter la mort de leur chemin. Un film déjanté, fascinant, porté par deux acteurs qui seront primés par le jury.

Histoire de la Nuit réalisé par Léa Mysius, avec une distribution magique (Hafsia Herzi, Benoit Magimel, Monica Belluci, Bastien Bouillon) nous emporte dans une histoire folle où une mère et son enfant sont confrontés au passé nauséeux qui remonte à la surface et va détruire le fragile équilibre de leur existence... Mais l'amour l'emportera et Ida, la petite fille génialement interprétée par Tawba El Gharchi retrouvera les bras de sa mère et l'amour de son père ! Un film à voir absoluement et qui aurait pu trouver une récompense en ce samedi de remise des prix !

 

Voilà le 79ème Festival du Film qui s'achève. Demain j'assisterai à la projection de la Palme d'Or pour les cannois ce qui me permettra d'avoir un 39ème film (et quel film !) à mon actif.

On peut noter la qualité générale des films présents en cette édition, la variété des genres, la richesse des propos, l'inventivité des réalisateurs et la source inépuisable des scénaristes. Le cinéma est bien ce miracle d'une image animée qui heurte les dures réalités d'un monde figé !

Mais je reviendrai très vite vers vous pour commenter ce palmarès et vous parler des Tics et des Tocs de cette édition !

Bons films à vous et vive le cinéma !

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Festival du Film 2026 : 2ème étape !

Publié le par Bernard Oheix

24 films au compteur en ce mardi 19 mai, pas mal pour une année complexe où la nécessité de jongler avec un emploi du temps bien chargé m'oblige à improviser. Mais c'est la vie d'un festivalier, des rencontres et des émotions, du temps d'attente et de la magie de cette lumière qui s'éteint pour nous immerger dans une histoire qui nous embarque dans l'univers d'une équipe arc-boutée sur son film et sur son désir de nous convaincre !

Réussissent-t-ils... c'est toute la question des heures qui suivent et l'espoir du cinéphile qui s'accroche à son fauteuil pour rêver les yeux grands ouverts !

Dora, une production de la Corée du Sud de July Jung est une plongée dans le monde mystérieux d'une jeune fille atteinte d'une maladie de peau inconnue. Sa famille l'emmène sur une île pour la soigner. Elle va découvrir l'amour tout en étant violentée par l'homme, le peintre pour lequel elle pose, ce même mari de la femme qu'elle aime ! Elle aura le courage de s'extraire de son imbroglio et d'affronter son amour et sa passion !

Film étonnant, admirablement filmé, où les acteurs donnent la pleine mesure de cette ambiguïté entre la réalité et l'espoir !

Moulin était attendu avec une nouvelle prestation de Gilles Lellouche ! Une œuvre sur un héros français de la résistance qui repose au Panthéon. Réalisée par Laslo Nemes, remarquable metteur en scène hongrois déjà lauréat à Cannes d'un grand prix, et oscarisé pour Le fils de Saul. Paradoxe qu'autorise cette machine à rêves du cinéma !

Et la promesse sera tenue tant le film servira la cause de cette résistance incarnée par un Jean Moulin nous fera vibrer. Le chef de la résistance, capturé par un monstrueux Klaus Barbie, un barbare incarnation d'un fascisme sans règles ni humanité, va agoniser sans se trahir ni compromettre cette résistance qu'il incarne contre l'occupant nazi. Un film à voir de toute urgence et un prix spécial à l'horizon, l'histoire nous le dira !

Comment ne pas parler d'un duo de films présenté ce 19  mai en la salle de la Licorne dans la foulée l'un de l'autre et qui illustrent bien cette jonglerie permanente que représente un Festival du Film comme celui de Cannes.

Dans la sélection Un Certain Regard, le film de 19h45 La Mas Dulce de Laila Marrakchi nous emmène sur les traces de Hasna et Meriem qui quittent le Maroc pour subvenir aux besoins de leur famille et s'exilent, sur la base d'un pseudo contrat, vers une Espagne qui a besoin de bras pour ramasser les fraises !

Las, la réalité n'est pas celle qu'elles imaginaient. Maltraitées, esclaves, elle sont privées de leurs droits (avec la complaisance de la police locale et des administrations), nourries et logées dans un véritable camp de travail, et subissent les violences et le viol de la part des propriétaires de la ferme !

Elles vont alors se révolter et mettre en branle une machine pour sauver leur honneur au risque de tout perdre.

Ce combat est émouvant, les actrices sublimes, la cause de ces femmes esclaves nous rend dépendant de leur salut. Et je vous le jure, je ne mangerai plus de fraises espagnoles et vous conseille, même si vous n'avez pas vu ce film, de faire de même !

Portraits sublimes de ces femmes en lutte pour leur liberté !

Et c'est à 22 heures, dans la continuité que nous nous installons pour la dernière séance de cette journée. Un film d'animation, parait-il bizarre, Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas Athané. Bizarre, il le fut dans une explosion permanente de la salle et les rires de connivence des jeunes cinéphiles nombreux.

Une histoire d'hommes Gays, pourchassés par la Gaystapo, des types genrés de masculinité (les velus, les ours, les pectoraux, les trans...) au milieu d'une maladie qui les ronge en les ramenant à un sexe d'origine unique. C'est délirant, jamais vulgaire mais toujours outrancier. Un jeune homme, attiré par Jim, subit les foudres de sa mère, la chef de ce monde où tout est surveillé, contrôlé et qui refuse l'attirance de son fils pour ces hommes et ira jusqu'à déclencher une pandémie chargée de les transformer en êtres normaux.

Réjouissant, merveilleux, plein d'humour et d'amour et permettant de faire voler en éclat nos préjugés et les images toutes faites d'un borderline bien commode pour ne pas voir la réalité !

À programmer, messieurs les responsables de salle de toute urgence même si la tâche ne sera pas facile et que vous risquez de vous heurter à ce que dénonce ce film.

 

Voici donc à l'horizon la fin du festival qui se pointe déjà...4 jours encore pour partir dans les nuits sombres en rêvant de lumières. À partager des moments de gloire ou d'horreur, à tendre l'oreille et à ouvrir les yeux avec la certitude que cela nous éclaire et donne un sens à notre vie !

Le cinéma est le reflet d'un monde bien plus réel que celui de la réalité car il tente en permanence de donner du sens à ce qui en semble dépourvu. C'est une école de la vie et nous sommes à Cannes, dans l'empire de tous les possibles !

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Festival du Film de Cannes : premiere série

Publié le par Bernard Oheix

Après 20 films visionnés, dans ce monde qui perd la raison, il fallait bien que cette 79ème édition nous ouvre des horizons d'espoirs !

Nombres films sont en écho avec les tensions que nous vivons au quotidien, prouvant à l'évidence que les cinéastes sont plongés dans cet univers où les règles d'humanité ont volé en éclat. Pourtant, si de nombreuses créations abordent les problèmes qui nous déchirent, la plupart transcendent le réel pour nous faire rejoindre les lisières d'une lanterne magique, quand le présent est sublimé par la beauté du rêve !

Le 7ème Art autorise, plus que jamais, de s'évader vers des mondes imaginaires où tout devient possible !

La Vénus électrique,  film d'ouverture de Pierre Salvadori, en est un exemple parfait, porté par une distribution où l'on retrouve Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Gustave Kervern et Vimala Pons...

Antoine Balestro, un peintre talentueux, vient de perdre la femme qu'il aimait et ne peut plus créer. Par un concours de circonstance, Suzanne, une femme venu pour le cambrioler, se retrouve dans la peau d'une voyante et va lui redonner le goût de recréer, avec la complicité d'Armand, le marchand d'art du jeune peintre.

Suzanne, exerce le rôle d'une Vénus qui électrise en public des hommes qui l'embrassent et cela les sauvera et scellera leur amour.

Magnifiquement tourné avec des couleurs chaudes, interprété avec sensibilité, le film est un conte de fée qui montre que derrière les malheurs les plus extrêmes, le bonheur peut renaître de ses cendres !

Une belle façon d'ouvrir le Festival du Film en offrant aux spectateurs une promesse d'espoir !

The Match, documentaire de Juan Cabral et Santiago Franco, est un autre exemple de la capacité du cinéma de mêler la vraie vie et ses dessous sanglants. Qui aurait parié qu'à partir de la légende Maradona, l'on rebondirait sur l'histoire des relations entre l'Argentine et l'Angleterre, d'un match de foot à la guerre des Malouines, d'une main de Dieu à la passion d'un peuple meurtri. Et pourtant, ce documentaire est tout sauf ennuyeux, même pour ceux qui n'aiment pas le foot. Il est une plongée étrange dans l'histoire de deux peuples entre les dieux du foot et ceux de la guerre. Passionnant d'ouvrir ces pages d'un passé pas si lointain où nos yeux ne discernaient que l'un des côtés des cartes étalées sur le terrain vert de la passion du ballon rond !

Mais comment ne pas parler des deux bijoux de cette première tranche de la vie d'un festivalier.

En l'occurrence, Soudain, de Hamaguchi Ryusuke, devient l'urgence du moment. Un film de plus de 3 heures sur un Ehpad pouvait effrayer n'importe quel cinéphile et je dois l'avouer, moi en premier. Bien décidé à ne faire qu'un passage dans la salle obscure, je n'ai pas trouvé la force de m'en extraire tant ce film est une passionnante aventure mêlant le baroque et l'exotique, la finesse et l'intolérable. Porté par une Virginie Efira époustouflante (Prix d'interprétation à l'horizon ?), le film gravite autour de la rencontre entre une japonaise, créatrice de spectacles atteinte d'un cancer et Marie-Lou, la directrice de l'Ehpad, passant de l'humour à la tendresse, de l'amour à la compassion. C'est un moment de perfection qui tend la main à l'humanité de ceux que l'âge rejette et qui redonne de la fierté à tous ceux que l'on ne voient plus !

Un coup de coeur tout comme, dans un genre très différent,  Sanguine de Marion Le Corroler.

Une interne (Margot) arrive dans un service d'urgence dirigé d'une main de fer par Hélène, (Karim Viard). Derrière cette mécanique de soins implacables où la pression est permanente, elle ressent d'étranges troubles, perd du sang et voit apparaître de mystérieux symptômes inexpliqués sur sa peau. Elle constate que de nombreux malades, tous jeunes, vivent le même drame et des flambées de violence dans le déni du personnel médical du service.

Elle va se mettre en chasse afin de comprendre les origines de ces excroissances squameuses et de la disparition du sexe chez les bébés qui naissent. Tout cela dans le refus de sa chef et dans son corps qui se dégrade.

Il y a un parfum de pandémie qui remonte chez le spectateur, une prise directe sur un "hantavirus" démoniaque et un cri d'horreur sur ce monde qui ne peut plus nous protéger.

Un film tourmenté, acide, avec des images d'un monde d'horreur qui touchent nos corps directement et conjugue au présent des peurs planétaires !

Enfin comment ne pas parler de 2 pépites qui ne rendent pas la vie plus rose mais démontent les mécanismes de l'aliénation. La première réalisée par Géraldine Nakache (Si tu penses bien) pose le regard de Gil (Monia Chokri) sur un homme qu'elle rencontre et dont elle tombe amoureuse. Las, le Jacques (Niels Schneider), objet de son désir, va s'avérer, au fil de leur relation, comme un redoutable prédateur qui va l'enfermer dans dans son univers de manipulations et sa logique de pervers. Mais Gil a de la ressource et quand son monde s'effondre, elle va trouver la ressource de se révolter. Un film à voir absolument pour mieux affronter son présent quand il se dérègle !

Et pour terminer ce premier jet sur les débuts d'un beau Festival de Cannes, une oeuvre monumentale en compétition réalisée par le hongrois Laszlo Nemes sur un héros de la résistance bien français, Jean Moulin incarné par un Gilles Lellouche au top de ses nombreuses présences dans les différentes sélections. On redécouvre à travers ce film l'infamie de la Gestapo, de l'oppression nazie et le courage de ce résistant qui finira au Panthéon, tout comme l'absolue abjection d'un Klaus Barbie qui sera jugé, bien après la guerre, extirpé de son refuge d'Amérique du Sud pour finir ses jours dans une geôle française !

Un film pour retrouver les traces de nos parents, du cauchemar qu'ils ont vécu, de l'inhumanité de la guerre mais aussi du courage de ceux qui s'érigent en résistant à l'oppression !

Allez, je vais aller me replonger dans les salles obscures, courir après l'image juste, affronter la longueur des films qui s'étirent outrageusement en dépassant avec constance les deux heures de projection, toujours à la recherche de l'émotion au service d'une histoire de qualité, qu'elle soit vraie ou inventée, pour ceux et celles qui tentent de décrypter le monde !

Merci à vous les réalisateurs, scénaristes et acteurs et actrices qui nous permettent de rêver en nous ouvrant des fenêtres dans l'horizon de nos destinées !

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