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Festival du Film 2015 : 28ème film !

Publié le par Bernard Oheix

Le festival dans son rythme de croisière... 28 films et déjà l’heure des bilans et des interrogations... Mais de cela, on en parlera dans un prochain article et tout de suite, mosaïque d’images et de commentaires à chaud, sans filets !

Deux frères éleveurs vivent côte à côte mais ne se parlent plus depuis 40 ans ! La maladie de la «tremblante» va les obliger à abattre leurs troupeaux et leur permettra de se retrouver. C’est le «pitch» d’un petit bijoux Islandais de Grimur Hâkonarson, Rams où les acteurs et la réalisation sont parfaits. Où l'on voit que l'éleveur est attaché à ses bêtes et qu'il fera tout pour en sauver quelques unes dans une nature belle et hostile !

Mia Madre de Nanni Moretti n’est sans doute pas la plus belle de ses oeuvres... Mais même un Moretti moyen reste un film passionnant. Une femme réalisatrice de film social engagé, avec un John Turturo cabotinant à souhait, accompagne, en même temps que l’accouchement douloureux de son film, les derniers moments de sa mère mourante. Palmarès à l’horizon... mais à quelle hauteur !

Amy de Asif Kapadia est un documentaire passionnant sur la vie d’Amy Winehouse morte à 28 ans d’excès et d’usure au zénith de sa carrière. A l’évidence, ce film démontre que cette génération est filmée depuis son plus jeune âge, qu’il existe désormais des traces de tous les moments de la vie, par le biais des minis caméras, des téléphones portables... la masse d’images emmagasinées est colossale ce qui permet d’assister de l’intérieur à la descente aux enfers d’une artiste que l’on découvre dans ses failles et son humanité blessée. La traque incessante des médias anglais par l’odeur du scandale annoncé jette un linceul sur toutes ses velléités de sortir du piège de la drogue et de l’amour dans lesquels elle s’est perdue... accompagné d’un père à la personnalité ambigüe ! Un excellent film documentaire, qui à travers le cas d’Amy, dévoile tous les ressorts glauques du show bizz et sa course effrénée aux profits.

Nahid de Ida Panashandeh est une confirmation de plus de la qualité du cinéma Iranien, de son inventivité et de la place fondamentale des femmes dans une société qui aliène leurs droits les plus élémentaires. Dans le code familial Iranien, c’est le père qui est dépositaire du droit des enfants... même si c’est un drogué délinquant ! Une femme (Nahid) va lutter contre son mari pour garder son enfant et reconquérir sa vie amoureuse dans une société machiste (rôle de son frère !). Ce film dévoile toute l’ambigüité de la société Iranienne figée dans des codes désuets mais où la vie s’exprime avec une force et une énergie incroyable par le biais d’une femme luttant pour sa vie et son avenir ! A noter l’option légale d’un «mariage temporaire», même à répétition !!!

Mon Roi de Maïwenn était attendu avec impatience après le «Polisse» qui avait embrasé La Croisette. Contrairement aux avis négatifs de la critique, c’est un beau et émouvant film dont on ne peut que regretter quelques longueurs et boucles redondantes (problème d’écriture récurrent apparement au sein de la délégation filmique Française...mais de cela, on en reparlera !). Vincent Cassel en séducteur manipulateur et Emmanuelle Bercot en amoureuse qui ne peut se libérer de son emprise sont parfaits et illuminent les plus beaux moments du film dans le bonheur comme dans le désespoir.

Vers l’autre rive du japonais Kiyoshi Kurosawa est un film étrange, flirtant avec le fantastique, sans pathos ni excès de religion. Un mort revient auprès de sa femme afin de terminer ce qu’il avait à faire. Nous apprenons ainsi que parmi les vivants, certains errent sans trouver la sortie vers l’au-delà et risquent de se perdre. Ballade douce amère au parfum Bunuelien.

Enfin, un des plus beaux coups de coeur de ce Festival, un film pétillant et étincelant, chargé d’énergie positive et qui pose (une nouvelle fois !) la place des femmes dans une société patriarcale dominée par la religion musulmane. 5 jeunes filles, soeurs orphelines, sont élevées par une grand-mère et un oncle. Leur liberté d’adolescentes sera enfermée derrière une véritable muraille et la famille décidera de les marier au plus vite afin d’évacuer le problème de leur émancipation. Mariages arrangées, unions forcées, jusqu’au suicide de l’une d’entre-elle et à la fuite des deux dernières vers Istambul et la modernité ! Le film respire l’ivresse de la révolte et les personnages savoureux de cette fresque familiale en disent bien plus que nombre de thèses sur la place des femmes dans la société archaïque. Mustang de la réalisatrice Deniz Gamze Erguven nous dévoile une société Turque dans toute sa complexité et offre un espoir à ceux qui veulent enfermer les femmes dans un corset de codes et de religion. C’est un véritable printemps bien loin de l’hiver "cinéphilique" convenu de l’an dernier !

Voilà, des coups de coeur, des films qui font réfléchir et rêver, ces images qui se télescopent en une chaîne ininterrompue d’espoirs et de luttes. Le Cinéma c’est cela aussi et surtout, une fenêtre sur le monde pour mieux le comprendre et le transformer, pour mieux aimer les femmes et les hommes !

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Festival du Film, 2015... 2ème livraison !

Publié le par Bernard Oheix

Ô désespoir, Ô rage ! Ô Mad Max ! On espérait retrouver ses racines originelles, toujours aussi fou et torturé dans un monde carbonisé par la haine. Las ! Plongé dans un amusement pour gamin « acnéïque », gigantesque tarte à la chantilly sans saveur ni intelligence, juste un excès de testostérone dans un salmigondis de religion païenne et de destruction de véhicules tous plus improbables les uns que les autres… jusqu’à l’overdose d’un néant de sable dans lequel le réalisateur se noie sans rémission ! Bon, cela m’apprendra à rêver de mes émotions d’antan !

Heureusement, il y a les films du 7ème Art, ceux fait pour des spectateurs sensés être normalement constitués, et de ce point de vue, ce week-end du 16 et 17 mai 2015 aura été un moment de cinéphilie intense !

Touch de Christopher Hougton (Australie) est un bon thriller mâtiné de 6ème sens, et L’étage du dessous de Radu Muntean (Roumanie), l’habituelle chronique sociale douce amère sur un thème important… la volonté de ne pas se mêler des affaires des autres, jusqu’au remord qui ronge ! Plus percutant, le passionnant film Argentin de Santiago Mitre, Paulina. Une jeune et brillante avocate décide d’aller enseigner les principes démocratiques dans une mission à Posadas, région du Nord de l’Argentine, contre l’avis de son père, un ex-révolutionnaire devenu juge. Violée par des jeunes, elle décidera de garder l’enfant comme un symbole de cette réalité qu’elle veut mais ne peut transformer.

Ann de Naomi Kawase est un film émouvant et une belle confirmation pour la prolixe réalisatrice japonaise de Still the Water. Un homme, Sentaro, blessé et triste, gère un snack qui propose des « doriyakis », sorte de galette aux haricots confis. Tokue, une septuagénaire lépreuse, va se faire embaucher et lui apprendre la recette authentique des « doriyakis ». Une amitié étrange les relie et il retrouvera alors la fierté et l’amour de la vie !

Le Conte des Contes de Matteo Garrone est une « fantasmagorie » mixant trois histoires entre l’épopée médiévale et le conte magique. 3 royaumes, des animaux fantastiques, une magie bien présente, des acteurs truculents, des décors sublimes, une vraie plongée dans un monde onirique, magnifiquement mis en scène… Il y a du Pasolini du Décaméron dans cette fable grivoise…Bon, pourquoi parlent-ils tous en anglais…faudra m’expliquer et c’est dommage, tant l’italien aurait chanter à nos oreilles !

Les Chaises musicales, de Marie Belhomme, en avant-première, est une aimable comédie avec Isabelle Carré tentant de sauver une réalisation manquant d’inspiration !

Ni le ciel, ni la terre de Clément Cogitorre avec un Jeremy Régnier magique, aurait pu être un grand film si son approche passionnante (la disparition physique mystérieuse de 4 soldats Français) avait débouché sur une résolution autre que le mystère et la proposition mystique ! Le huis clos de la guerre des hommes et le rapport aux autochtones restent un angle particulièrement fort de ce film attachant et surprenant.

Trois souvenirs de ma jeunesse de Arnaud Despleschin, peut nous irriter à cause d’une construction et d’une ligne directrice défaillante… Pourquoi 3 souvenirs ? Le dernier aurait suffit largement à justifier le film et ce d’autant plus que les deux premiers induisent des pistes qui semblent largement inexploitées et inutiles… Reste une magnifique histoire d’amour adolescente au charme vénéneux sur 1h30 !

Le Fils de Saul de Laszlo Nemes (Hongrie) sera mon premier vrai coup de coeur… un coup au plexus aussi, tant cette histoire qui se déroule dans un camp de concentration est à la limite du soutenable, par le sujet d’abord, un membre des « sondercommando » chargés de l’exécution et de « ramassage » des milliers de juifs qui débarquent pour être gazés, eux-mêmes condamnés en sursis, mais aussi par le traitement filmique et sonore de la pellicule. A hauteur d’épaule du protagoniste, sans cesse en mouvements parce que s’arrêter serait mourrir, phagocyté par les bribes de dialogues incessantes d’un monde à l’agonie où tout est horreur, le film dérobe avec pudeur la vision clinique des monceaux de cadavres, rendant encore plus explicite cette barbarie méthodique et organisée où le rendement est indispensable, où les « sujets » sont des dépouilles à faire disparaître. La tentative de révolte sera brisée mais des traces de cette holocauste seront à jamais inscrite dans l’histoire de l’inhumanité !

Un film salutaire à l’heure du déchaînement des forces sombres qui traversent notre société !

Voilà, j’attaque mon 20ème film…mais les Festivaliers cinéphiles ont envahi La Bocca et les files d’attentes grandissent comme notre impatience à partager l’écran de nos fantasmes ! Faut s’y faire même si rien ne sert de vociférer ! Cannes est bien le centre d’un monde de l’image avec ses lois et ses règles sans merci qui nous conduisent, après 1 heure d’attente à être refoulé au dernier moment par manque de places ! Dur, dur d’être un festivalier de base !

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Clip Départ ! Festival de Cannes (1)

Publié le par Bernard Oheix

Et la grande foire mondiale de l’image 2015 est donc lancée, un 68ème Festival, mon 38ème personnellement... J’ai tout vécu des diverses façons d’assister aux séances : invitations quémandées, portes dérobées, fausses cartes de presse, contrefaçon des billets...à l’époque où en maîtrise de Cinéma, rien ne pouvait arrêter les étudiants de l’Université de Nice dévoreurs de pellicule que nous étions ! Et puis il y a eu à partir de 1996 mon retour sur la Côte d’Azur après un exil doré à la MJC de Bourg en Bresse, jusqu’à ce poste de Directeur de l’Evénementiel au Palais des Festivals à partir de 2001 m’autorisant une certaine (relative) liberté... plus besoin de tricher !

Désormais, avec la retraite en chantant que j’ai décidé de prendre, c’est comme un cinéphile de base avec son badge autour du cou que je vis le Festival du Film de Cannes, avec ses cohortes de files d’attente, les discussions dans les queues avec des inconnus cinéphiles, les échanges d’information et les tuyaux sur les films à ne manquer sous aucun prétexte... Un mixte entre d’insupportables contraintes et le divin plaisir toujours renouvelé d’une extase !

Ma dernière montée des marches sur le tapis rouge remonte à 10 ans environ, et je ne le regrette pas, tenue de soirée, noeud papillon, si loin à mes yeux des 24 image/seconde dont les 24 marches de l’escalier mythique sont le symbole...Ma réalité c’est la cinéphile, la vraie, celle qui m’autorise à voir les films en continu dans une salle de La Bocca, un quartier de Cannes, à l’Ouest de la Croisette, sans forcément choisir, acceptant d’être surpris ou déçu, ingérant les milliers de kms qui séparent un réalisateur Australien d’un Vénézuélien, un Chinois d’un Turc, même si à chaque édition, quelques thèmes, quelques tics, des références étranges viennent percuter notre conscience, comme si les cinéastes se donnaient étrangement la main à l’heure de concevoir leur oeuvre dans le creuset de leur culture ! Quels seront ces thèmes... réponse dans une trentaine de films même si la dizaine que j’ai déjà regardés me donnent d’ores et déjà quelques indications (les jeunes et la délinquance, les lieux d’enfermement... à vérifier !)

En pré-ouverture, Christina Noble, nonobstant la noblesse du sujet (une irlandaise part sauver des enfants des rues au Viet-Nam et créer des dizaines de centres d’accueil dans le monde) est un film sans relief, trop convenu, manquant d’un regard mordant bien loin de la complaisance !

C’est donc avec le film d’ouverture, La tête haute d’Emmanuelle Bercot que les premières émotions jaillissent ! Un beau film grave, porté par des acteurs sublimes, sur un jeune qui, de 6 ans à 18 ans, sera encadré par des éducateurs et une juge pour enfants tentant de le sauver de lui-même et de la violence qui le dévaste ! A l’heure où les cris d’orfraies de ceux qui voudraient toujours plus de sanctions exemplaires et vilipendent une justice dite laxiste, ce film retrace fidèlement le chemin de rédemption d’un enfant perdu, coincé entre une mère aimante mais désaxée, l’absence du père, et l’impossibilité du rêve d’un futur. Il montre que le pardon et la 2ème chance sont indispensables pour guérir, il trace un chemin original entre le poing fermé et la main ouverte !

Rafale d’oeuvres du Cinéma des Antipodes à l’occasion du Festival Cannes séniors et un magnifique Healing de Graig Monahan (Australie) qui aura le Grand Prix. Sur un thème qui rejoint celui de Bercot (lieu d’enfermement pour adultes, semi liberté et 2ème chance), Viktor, un meurtrier, retrouvera sa place dans la société et le coeur de son fils grâce au efforts de gardiens éducateurs et d’un programme de réinsertion qui lui permet de gérer une volière de rapaces.

Tabula Rasa de Adryanto Dewo (Indonésie) et White Lies de Dana Rotberg (Nouvelle Zélande) proposent deux films originaux aux émotions «exotiques» mais à l’immense humanité. Dans le premier, un aborigène Papou recruté pour son talent de footballeur sur son île, se retrouve dans les rues de Djakarta après un accident à la cheville qui brise sa carrière. Il se reconstruira grâce à une rencontre avec une femme qui lui donnera sa chance et à l’art culinaire dont il deviendra un maître. Dans le second, après le massacre de ses parents par des colons blancs au début du siècle dernier, une native devient un «marabout» et maintient les traditions de son peuple... Contacté par la servante d’une riche colon, elle découvrira que c’est une fille de son peuple que sa mère a «blanchit» afin de lui offrir un monde meilleur. La naissance d’une enfant lui offrira une descendance et permettra la transmission de son savoir !

On peut passer alors sur le scabreux soft de My Mistress de Stephen Lance (Australie) avec une Emmanuelle Béart en maitresse Sado-maso (!!!) et sur Ewerything We Loved de Max Currie (Nouvelle Zélande) ou le rapt par un couple d’un enfant vivant afin de remplacer un enfant mort aurait mérité un traitement plus nerveux et tendu...

Reste pour conclure cette première rafale de films, celui de la Semaine de la Critique (1er ou 2ème film) Sleeping Giant d’Andrew Cividino (Canada) nous montre l’errance d’un adolescent en vacances, perdu dans sa découverte de la sexualité et les rapports avec deux jeunes flirtant avec la délinquance et les défis physiques. Film fort intéressant, à la thématique puissante, qui s’étire parfois et manque de reliefs pour convaincre totalement !

Voilà, mon dixième film sera le Mad Max...Bien loin du Cinéma D’Auteurs mais si proche de nos émotions de grands enfants ! Rendez-vous donc très bientôt pour de nouveaux commentaires en direct !

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Festival du Film Panafricain de Cannes

Publié le par Bernard Oheix

Cette année, Basile Ngangue Ebelle, le président fondateur, animateur, coursier et autre VRP multicartes du Festival m’a demandé d’intégrer le jury... Un honneur de participer à l’aventure de ce Festival qui contre vents et marées, montre le chemin d’une authentique prise de conscience du cinéma panafricain et trace les voies de sa reconnaissance et de son développement à l’international.

Dans le jury, sous la responsabilité de la Présidente Stephanie Girerd, dite «Mobutu women», la réalisatrice de l’excellent «L’Africaine», prix du public 2014, et qui su s’imposer, contrairement à son surnom, avec beaucoup de finesse et de doigté pour canaliser les énergies des membres de son jury haut en couleurs... Une productrice belle comme un soleil, Nadia Tamo, une réalisatrice camerounaise, l’énergique et volcanique Françoise Ellong dont le dernier film Waka truste d’innombrables récompenses dans les Festivals d’Afrique, l’élégant Glag Amog Lemra le réalisateur congolais de «Entre le marteau et l’enclume» dont je dis tout le bien que je pensais dans mon article sur la précédente édition, une réalisateur congolais Tima Ouamba, son story-bord sous forme de BD sous le bras (Le mystère de la terre pourpre) en recherche de producteur et un béninois débonnaire, Ayékoro Kossou, excellent réalisateur de courts métrage au sourire enjôleur (son documentaire sur le handicap au Bénin est un magnifique hommage à la prise de conscience et au dévouement de ceux qui traitent le problème dans une société qui à peur de la maladie !).

Repas en commun (poulet yassa et poissons braisés au riz pimenté, bananes planteurs), visionnement de films en continue, discussions et débats parfois toniques, petits verres de vin au bar convivial de cet hôtel dans lequel le Festival se déroule et où se brasse des idées, des échanges, des confrontations sur ces cultures si diverses qui composent l’arc en ciel d’une Afrique plurielle et de ses descendants, essaimé sur les chemins de l’esclavage et d’une diaspora trop souvent chassée par la misère, recréant un petit monde de paix dans une société trop souvent déchirée !

Et si la culture était ce «chaînon manquant» dont l’absence se fait cruellement sentir entre les nations et les races ?

Et si nous pouvions démontrer qu’entre nos différences, gisent des trésors d’humanité qu’il est indispensable de conserver, et que le chemin le plus direct entre les êtres humains réside bien dans l’acceptation de l’autre !

Au menu du festival, près de 40 films réparties en 3 catégories, court-métrages, documentaires et fictions… Une orgie d’images à ingérer en quelques 3 jours afin de remettre les Dikalo d’Or (l’Appel), la récompense suprême attribuée par le jury à la cérémonie de clôture.

Dans la catégorie des Courts, 3 films se sont détachés. Le prix a été remporté par Sketch de Stéphane Barton. Un petit bijou sur un jeune plus ou moins autiste, doué d’un talent de dessinateur qui lui permettra de démêler l’enlèvement d’une jeune fille grâce à un dessein. Narration nerveuse, cadre précis, interprétation remarquable…tout était réuni pour qu’il s’impose. Deux autres films sont à noter, The Double Deal, de Mark Holden où un « addict » au poker, sombre dans le jeu jusqu’à avoir un accident et se présenter devant Dieu qui lui propose de jouer son retour à la vie sur un coup de cartes ! Jouissif malgré la morale un peu convenue du « happy end », ce qui n’est pas le cas de l’horrifique For Dinner de Jeffrey Williams, où pour se venger de sa femme devenue lesbienne et qui a voulu le quitter, un homme passe des petites annonces sur internet et mijote ses victimes féminines en bons petits plats pour les servir en diner à sa femme captive !

Dans la série des documentaires, de nombreux films passionnants et instructifs. Poverty, inc. de Mark Weber est une charge contre tous les systèmes de soutiens à la pauvreté par les pays riches. Des cargaisons de riz qui ruinent les agriculteurs locaux, des oeufs distribués qui démontent les filières ovines.. avec à chaque fois l’exode des nouveaux chômeurs vers des capitales aux bidonvilles tentaculaires, de l’argent qui s’évapore dans les classes dirigeantes… Même l’action des biens pensants (Bono…) qui est scruté et analysé avec ses effets pervers ! Une charge salutaire qui démontre à l’évidence le « business » de la charité et les méthodes de cette nouvelle colonisation des pays pauvres. I love Kuduro de Marion Petrocino est le portrait, dans une Angola en pleine guerre civile, de ces jeunes musiciens et danseurs qui échappent au temps en fusionnant la House et la Techno avec les rythmes traditionnels angolais en un Kuduro (littéralement, le cul dur) qui emporte tout sur son passage et fera oublier les drames de la guerre ! Mais le Dikalo sera attribué à Camp 72 de Seema Mathur pour son poignant témoignage sur l’horreur de la guerre civile au Libéria et sur la nécessaire réconciliation entre les bourreaux et les victimes. A partir des travaux d’un tribunal de la réconciliation et de ses préconisations toujours pas respectées par le pouvoir politique, des témoins racontent l’horreur au quotidien, les bourreaux voisins, l’inhumanité et la barbarie… pendant que certains anciens chefs sont toujours des hommes politiques, sénateurs et autres, en contradiction avec les propositions de la Commission de la Réconciliation. Un exercice salutaire de mémoire à l’heure où tant de pays se déchirent et où les forces du mal (viols et esclavages des femmes, asservissements des populations, victimes civiles et intégrismes divers !) ont une dangereuse propension à se répandre à la surface de notre planète !

Enfin pour les longs métrages, si l’on excepte le film hors compétition fort attrayant, Njinga, Princesse d’Angola de Sergio Graciano (une fresque historique se déroulant au XVIIème siècle sur le combat et la rébellion d’une reine guerrière contre les envahisseurs portugais et hollandais), seuls deux films pouvaient prétendre au grand prix du jury. Dealer de Jean-Luc Herbulot est une plongée frénétique d’un homme qui « deale » de petites quantités de drogue et se retrouve piégé dans une grosse histoire, une journée de merde où tout se dérégle, tempo halluciné, excellence du jeu d’acteur, montage moderne… un polar « Gonzo » comme un coup de poing !

Le Dikalo d’Or et les Prix d’Interprétation masculine et féminine seront attribués à un drame romantique éthiopien Price of Love de Hermon Hailay. Un jeune chauffeur de taxi tombe amoureux d’une prostituée, réveillant un passé de douleurs et devenant un homme par le même occasion. Un final entre le happy end et le drame, un couple d’acteurs excellents, une technique soignée avec une image « bollywodienne » aux couleurs criardes, la dénonciation des rêves d’un départ pour l’ailleurs bien souvent revers de la prostitution et de l’esclavage des femmes… tous les ingrédients d’un film porteur d’espoir et dénonçant les miroirs de la vie.

Voilà. Une semaine de repos pour recharger les batteries et une autre manifestation nous attend, le Festival du Film de Cannes ! Mais dans celui-là, je ne serai pas jury, juste spectateur et mon objectif est de 35 films ! Cela me donnera un mois de mai à près de 70 toiles…Pas mal non !

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Les Nuits Musicales du Suquet 2015

Publié le par Bernard Oheix

40 ans, ce n’est pas rien dans la vie d’un être humain ! C’est encore plus dans l’histoire d’une manifestation ! Au début, il y avait la terre et le soleil, puis Dieu a créé plein de choses et Gabriel Tacchino a enchaîné avec les Nuits Musicales du Suquet… J’étais en culotte courte et c’est bien modestement que j’ai hérité de la Direction Artistique de ce beau bébé bien des années plus tard, il y a 5 années déjà ! Je l’accompagnerai encore un an sur les fonds baptismaux de l’excellence et je passerai le flambeau après une dernière « Oheixiade » en 2016, car ces Nuits n’appartiennent à personne, si ce n’est aux nombreux amateurs de Musique qui viennent chaque année remplir les travées inconfortables des remparts du Suquet pour communier avec le génie de l’homme.

J’ai tenté pendant ce bref épisode, de prouver que la Musique Classique était d’une incroyable modernité et que seuls, nos pratiques et le regard de certains, l’enfermaient dans un corset de convenances qui la coupaient du public populaire et des jeunes… Ai-je réussi ce pari ?

La ferveur des dernières éditions tendrait à me conforter dans mes choix… Les venues de Nigel Kennedy, de Chilly Gonzales, de Fazil Say, le théâtre musical, les créations avec la vidéo (Mozart, Camus) le Gospell Drums… sont autant de moments rares qui vous ont conquis ! Alors continuons donc encore à rêver, pour mon avant-dernier opus, d’un monde meilleur où les notes de musique se distribuent plus généreusement que les balles mortifères d’une Kalachnikov !

Il est normal et évident qu’une programmation s’arc-boute sur les noms de ses interprètes comme une signature d’excellence, surtout quand ceux-ci ont le prestige d’un François René Duchable, d’un Laurent Korcia, ou quand on a le privilège d’accueillir Vadim Repin, un des plus grands violonistes de l’époque actuelle !

Pourtant, en cette édition du mois de juillet 2015, c’est vers les oeuvres que j’ai envie de me tourner, vers l’incroyable florilège de compositions magistrales qui feront de cette 40ème édition des Nuits Musicales du Suquet, un «best-off» de la Musique Classique ! Qu’on en juge !

Le Concerto Brandebourgeois de Bach et le Stabat Mater de Pergolese pour la soirée inaugurale en compagnie du Florilegium de Londres, La Méditation de Thaïs, les sonata de Ravel et de Janacek pour la soirée de Laurent Korcia, Brahms (trio n°2) et le trio élégiaque pour Vadim Répin, et une somptueuse clôture de l’Orchestre de Cannes, avec des oeuvres inoubliables américaines (Adagio for string de Barber, The Unanswered Question de Ives, Appalachian String de Coppeland) et un « sublimissime » concerto n°1 de Chostakovitch avec David Levy en soliste...

A ces perles, rajoutons la création de François-René Duchable et de Sophie Marin-Degor «Paris-New-York» et vous aurez ces Nuits du Suquet que nous attendons tous qui berceront nos soirées langoureuses sous les étoiles d’un ciel d’azur cristallin.

La novation et les passerelles du classique au moderne seront l’apanage des 3 concerts de 19h avec l’énergie de la « Tarentelle » par un Mascarimiri dévastateur venu directement des Pouilles italiennes, de la musique médiévalo-provençale avec le groupe de notre ami Jacques Coquelin qui passera des entrailles du piano dont il est l’accordeur au poli du galoubet dont il sera l’interprète, et un authentique « band » de rock progressif composé de Cannois (les enfants de Daniel Rocchia, mon ami professeur émérite au BTS Audiovisuel du Lycée Carnot de Cannes) au talent et à la maîtrise impressionnante dans un univers de rock progressif et mélodique pour une première de leur formation dans leur ville natale !

Le Suquet 2015 ou l’aventure des grands espaces au service des grandes oeuvres !

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Le billet de Marrakech

Publié le par Bernard Oheix

Les grandes villes possèdent d’étranges signatures. A Bangkok c’est la rumeur sourde et les chants du matin qui vous éveillent, (un coq, les muezzins, un bruissement de l’air particulier...). A Cuba, le regard est transpercé par les couleurs vives qui tranchent sur le sombre des murs de guingois et le sel qui ronge la matière. New-York brasse et rugit, Buenos Aires est moite et sa nuit tangue d’humeurs langoureuses.

A Marrakech, la signature est olfactive. Elle s’impose dans toutes les nuances et domine une impression du ressentir. La terre dégage des volutes chargées d’humus, les jardins innombrables sont chargés de fleurs d’oranger, et partout, il y a comme une trace d’épices, aux portes de l’Orient... le safran, le cumin, la coriandre, sur tous les étals, dans les plats chauds servis sur la place Jamaa El Fna, flottant dans l’air pour mieux vous inviter au dépaysement.

Marrakech, tant de clichés sur ce refuge des nantis, alors que la ville s’offre sans détours, comme une invitation vers un peuple d’hommes et de femmes affables, le sourire aux lèvres, gentillesse réelle et non feinte saupoudrée d’humour et de fatalisme. Même les négociations se font dans la légèreté et sans cette tension perceptible dans nombres pays où les souks dégorgent d’objets dans les couleurs de l’arc en ciel !

A Marrakech, le touriste ne pourra jamais avoir son compteur aux taxis (seul le Marrakchi y accèdera), mais vous apprendrez vite les tarifs et les marges de négociations (de 50 à 30 dirhams, de 5 à 3 €), et vous pourrez circuler de la Médina à Gueliz, de jour comme de nuit, sans que jamais les conducteurs se départissent d’un franc sourire et d’une réflexion bien sentie assortie de rires. Il n’y a jamais de sentiment d’insécurité dans cette ville, de jour comme de nuit, dans les quartiers huppés comme dans les ruelles défoncées des recoins plus éloignés, la peur de l’autre ne s’invite pas !

La place Jamaa El Fna reste cette immense agora ou les musiciens et les charmeurs de serpents attirent les touristes contre quelques piécettes. Malheur à celui qui prend une photo, elles sont bien libres de droits... mais impliquent un paiement à la source. Les singes en laisse se grattent d’un air triste au milieu des étals d’épices et de jus d’orange. Les grands bars «coloniaux» bordent cette place gigantesque et si d’aventure, la nuit, dans la fumée des feux de bois et le bruit des orchestres, vous vous sentez de vous assoir sur les bancs rustiques, vous y mangerez une délicieuse soupe marocaine et plongerez dans la nuit des temps.

La Koutoubia se dresse comme un phare de prières. Nul immeuble ne peut la dépasser, ce qui limite à 5 étage les habitations et permet à la cité de rester à taille humaine, balcons et terrasses comme des parures chargées de passants. Un déjeuner à la Terrasse des épices dans le nord du souk par un soleil qui éclaire la ville, un barbier sans âge au sourire charmeur qui vous «encrème» avant de passer le fil de son rasoir sur vos joues, un thé chaud et sucré en compagnie d’un lettré, homme de qualité, descendant de la famille du prophète et responsable du culte «Soufi», qui vous demande de l’aide comme si vous étiez d’importance pour un acte qui en a...

Marrakech où je n’ai pas rencontré DSK et autres édiles du microcosme parisien, mais de jeunes italiens heureux, des suissesses belles et curieuses, des touristes comme vous et moi, heureux de partager et de rêver, de sentir la vie nous porter vers un demain où le Maroc sera toujours ce pays fragile, au bord de la pauvreté, mais campé sur des valeurs et une volonté de s’en sortir qui force l’admiration et le respect !

C’est cela mon Marrakech à moi, un 4/4 avec un jeune couple cultivé et attachant pour une ballade vers les rives du lac de Lalla Takerkoust qui retient les eaux des sommets de l’Atlas enneigés qui dominent la plaine, une future maman au regard noir, libre et obstinée, décidée à vivre ce Maroc où tout encore est possible, de la tradition à la modernité.

Marrakech, un nom qui chante l’espoir et résonne de toutes les réalités actuelles, de la misère à la richesse, du Magreb à la France, du passé à l’avenir... dans le sourire et le chant d’un rire à retenir la peur de l’autre !

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2ème Nuit de la Tchatche de Bourg en Bresse

Publié le par Bernard Oheix

Vendredi 30 janvier 2015.

Bourg en Bresse. La salle de la MJC, dont je fus un directeur heureux dans les années 80. C’était mon premier poste (le plus au Sud possible !), François Mitterrand allait se faire élire président et je pensais que vivre si loin de la Méditerranée était impossible, une aberration de la nature en quelque sorte. J’allais découvrir un pays étonnant, coincé entre le Jura, les Alpes, la plaine de la Bresse et les étangs mystérieux des Dombes. Des habitants chaleureux et entiers, offrant leur amitié, une amitié qui perdure à travers l’espace et le temps. J’avais 30 ans, j’émergeais de 10 années de FAC, de deux maîtrises et d’un DEA et je ne savais pas que je quittais l’enfance pour devenir un adulte (ir)responsable !

Un public chaud bouillant remplit les 200 places de la salle de spectacle, 6 candidats postulent pour le titre de meilleur « embrouilleur » de cette 2ème édition de la Nuit de la Tchatche.

Et d’entrée, les questions fusent… Vous devenez une star de la télé-réalité, votre programme en 2015 ? N’est pas Nabila qui veut, découvrira monsieur le candidat André Cayot, mon ami haut cadre du Ministère de la Culture ! Votre taureau refuse de saillir la vache, que faites-vous ? Tête de la ravissante candidate qui en quelques secondes se propulse dans cette histoire impossible et devra tenir 3 mn sans fléchir, en construisant un scénario improbable, faisant cascader les rires quand elle prendra l’accent québécois pour demander à son mari ( Bernard !!!!) de baisser son pantalon pour exciter la bête ! Votre rédacteur en chef refuse que vous couvriez la Foire des Célibataires de Cossey, à vous de le convaincre, et c’est Guillaume Lacroix, un responsable politique du PRG qui se coltine cette mission haute en couleurs !

Des rires, il y en eut, un triomphe d’inventivité, de remarques absurdes, de qui-propos, de jaillissements fertiles, d’idées s’accrochant les unes aux autres pour se télescoper en provoquant l’hilarité des présents.

C’est cela la Nuit de la Tchatche (cf. les recettes d’un Nuit de la Tchatche sur mon site officiel), une formule gagnante que j’avais inventé en 1988, pendant mon (bref) passage comme Directeur de la MPT des Campelières à Mougins. C’était au tout début de cette mode des ligues d’improvisation, et comme parler n’est pas mon fort (!!!), je m’étais confronté à cet art en construisant une soirée dont j’ai repris les ingrédients à la demande de Chantal Veuillet, mon amie de toujours, mon ex-collaboratrice de l’éphémère agence artistique des MJC, La Belle Bleue, que j’avais fondé en imaginant devenir un Zorro de la Culture Populaire ! L’Agence s’est écroulée, pas mon amitié pour mon assistante, et quand elle m’a demandé de reprendre la formule de ma Nuit de la Tchatche à Bourg en Bresse, bénévolement et sans moyens, pour le plaisir de se retrouver et de rêver de nouveau ensemble, j’ai récupéré le flambeau de mes jeunes années pour redevenir le Roi de la Tchatche d’un soir ! Mais pour quel plaisir et tant de passions !

Des Candidats en forme olympique, un jury composé exclusivement de Présidents (dont mon ami Nilda Fernandez, se présentant en chantant Madrid, Madrid, Jean-Jacques Bernard, le cinéphile de Canal+ explorant les chemins du Cinéma de la Mandchourie du Sud indissociable des yeux bridés des mandchous et de leur Yourte à 360° qui leur permit d’inventer le Panavision…

Des questions absurdes pleuvant sur tout le monde (candidats, membres du jury, public… et même sur les présentateurs sommés de s’exécuter sous peine d’une grève des Présidents du Jury…). Pour ma part, j’ai hérité de trois minutes au micro pour découvrir si j’étais plus hippocampe ou hérisson ! Des exercices de style (l’histoire où caser une liste de mots et d’expressions, l’histoire incomplète à achever) jusqu’à un final en apothéose, le Ring de la Parole, où les deux finalistes s’affrontent, encadrés par un gong résonant toutes les minutes, les obligeant à lâcher le micro pour permettre à l’autre de rebondir et d’enchaîner en un «cadavre exquis» construit en abysses !

Et le Vainqueur fut...Camille German, celle-là même qui eut tant de difficultés à faire saillir son taureau par son mari... Nilda Fernandez termina ce feu follet de mots libérés par un mini concert plein de surprises où sa maîtrise de la scène apporta un vent de folie et comme toujours en Bresse, c’est avec un repas copieux et un bon vin que cette Nuit s’acheva !

Alors, si vous n’êtes pas convaincu de la pertinence du pouvoir des mots, si vous ignorez que l’homme a du génie en lui, pour peu qu’il se laisse aller et qu’il n’y ait pas d’enjeux qui le paralysent, si vous ne connaissez pas le pouvoir incroyable d’attraction de cette région magnifique et la profonde humanité de ses habitants, alors, pas besoin de prévoir d’être présent pour une nouvelle édition de la nuit de la tchatche qui aura lieu en Janvier 2016... Mais nous, nous y serons, soyez en persuadés !

Rendez-vous donc en janvier 2016 pour la 3ème Nuit de la Tchatche, et un grand merci à ma complice, Christine Larivière de la Dieselle Compagnie, la co-présentatrice avec qui j’ai réalisé l’exploit de tenir les 3 heures de présentation sans filets, à Jean-Claude Gayet, le régisseur technique si calme et efficace de la MJC, à Pascal Ainardi, l’homme à tout faire (et qui fait tout!) dont la présence rassurante autorise tous les délires et à tous les bénévoles du Festival Carbur’ En Scène, le producteur de l’événement, sans oublier les candidats, les présidents et ceux qui ont parlé pour ne rien dire, ce qui finalement, ne nous change pas trop de la vie réelle !

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Naissance du Cinéphile

Publié le par Bernard Oheix

Vendredi 22 janvier, 19 h, Marseille, La Canebière...

C’est parti pour la première ronde officielle du jeu «Le Cinéphile» sous l’égide du Conseil Régional Pacca. 40 joueurs sont réunis dans une salle de la Maison de la Région et vont en découdre autour de leurs connaissances du Cinéma...

Tout a commencé pour moi il y a un an, mais pour Luc-Michel Toledano, cela fait des années qu’il se prépare à cet évènement. Fatigué d’entendre éternellement dans les discussions de repas, des interrogations du type, «quel est le réalisateur de ce film déjà ?» ou «Et le nom de cet actrice, c’est quoi au fait ?», il s’attelle à la tâche de composer des fiches, et de fiches en aiguilles, se compose une bibliothèque colossale de savoir, une somme de connaissances qu’il emmagasine par passion, par plaisir !

Il a, alors, l’idée d’un jeu autour du cinéma, s’inspirant d’un Trivial Pursuit, imaginant des paliers dans la difficulté, des indices qui doivent permettre de trouver des réponses et d’obtenir un certain nombre d’étoiles et de l’emporter, sur la base de portraits, films et récompenses.

Luc-Michel m’a contacté après avoir testé son jeu, en louant une «Table d’Inventeur», au Festival International des Jeux de Cannes, la plus grande manifestation ludique au monde sur ce thème... 180 000 spectateurs actifs, 12 000 joueurs inscrits dans les tournois les plus divers, 50 nationalité, hommes, femmes, enfants, seniors... Une tour de Babel futuriste où seule l’activité jeux est la monnaie d’échange, les parties jouées, le thermomètre du temps qui passe !

Son initiative obtint un succès réel, comme une promesse d’avenir, laissant malgré tout entrevoir quelques faiblesses par une mécanique des règles manquant de sophistication, entraînant une absence de dynamique. Ce jeu faisait partie de ces bonnes idées que l’on ne réussit pas à conclure ! Tout le monde en reconnaissant la séduction, mais quelque chose clochait ne lui permettant pas d’aboutir à l’excellence !

Quand il me fit l’amitié, grâce à un ami commun, de me contacter pour m’exposer son projet et me faire une démonstration de son jeu, je perçus instantanément l’extraordinaire potentiel de son travail. S’ensuivit des rencontres, des discussions, la découverte d’un homme attachant, un grand enfant perdu au milieu des hommes, attaché d’administration territoriale, excellent professionnel, mais que des rêves hors du commun envahissaient, la porte de sa maison refermée. Et de ces rencontres, de ces discussions et de ces nombreux tests (y compris avec ma famille de cinéphiles !), l’appréhension de la mécanique de son jeu et son évolution dans une logique, non seulement de puiser dans ses propres connaissances, mais aussi d’activer une confrontation avec les «adversaires» de la table de jeu. Après moultes réflexions communes, nous introduisîmes des éléments susceptibles de provoquer une interactivité entre les joueurs, un «re-lookage» de la maquette par son créateur, Christian, une recherche de contacts et de partenariats débouchant sur ce 22 janvier comme un test pour toute l’équipe regroupée autour de Luc-Michel Toledano !

Que se passa-t-il alors en ce vendredi que l’on pourra annoncer comme la date officielle de la Naissance du jeu du «Cinéphile». La confirmation évidente de l’attractivité du jeu par l’enthousiasme des joueurs, le nécessaire «affinage» d’un certains nombre d’éléments pour nous les concepteurs, et par dessus tout, la réussite par le rire et la passion des présents qui ne virent pas les deux heures du jeu passer…

Nous, en en a dégusté chaque minute, chaque seconde, comme pour mieux étirer le temps !

Alors, nouveaux tests à Cannes à la fin du mois, pendant le Festival des Jeux, un tournoi dans les départements de la Région débouchant sur une grande finale à Marseille, le lancement du jeu au Mondial des jeux dont je suis le consultant, un projet télévisé, la commercialisation de la boîte...

Le jeu du «Cinéphile», où les Portes du Paradis (encore que l’échec retentissant du film de Cimino n’en soit pas le meilleur parrainage !), un reflet dans un oeil d’or !

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Rectificatif à mes Voeux 2015

Publié le par Bernard Oheix

Bon, quand je déclare haut et fort que, en 2015, dans mes voeux, on ose tout, sincèrement, je ne pensais pas que cela déboucherait sur l’assassinat de 4 juifs dans une supérette, sur la mort d’une policière black abattue d’une balle dans la nuque, sur l’exécution d’un policier arabe à terre d’une balle à bout portant....

Je n’imaginais pas une seconde non plus, que l’on pouvait saper le fondement même de ma culture, l’esprit de révolte et d’ironie d’un mois de mai 68 initiatique, la provocation au service d’une révolte humaine, le dessin comme une arme de dérision.

C’est mon passé que l’on enterre avec la disparition d’une partie de l’équipe de Charlie Hebdo, Pilote, matin quel journal, le «Bal tragique à Colombey» de Hara Kiri qui nous avait fait hurler de rire, la présence quotidienne des unes de Charlie Hebdo, qui, même si je ne l’achetais que fort rarement depuis longtemps, me semblait faire partie de mon histoire, de mon futur, une institution fondée sur des noms qui jalonnaient les évènements de plusieurs décennies d’une réalité parfois si difficile à décrypter.

Wolinsky, Cabu, Charb... et les autres comme pour narguer le climat émollient actuel, comme une réponse permanente à l’ombre de l’intolérance qui plane sur la vie politique de notre si beau pays !

Comment comprendre ce qui s’est passé ? Comment accepter ce qui mène des hordes de jeunes à nier la vie humaine, à tuer de sang froid pour mourir en martyrs et gagner le paradis d’Allah ?

Quelle est leur cause ? Comment en est-on arrivé à ce point d’incompréhension ?

Nous avons le bonheur de vivre dans une démocratie réelle, de pouvoir exercer notre libre-arbitre, de choisir d’exprimer nos idées et de nous rendre où l’on désire... Et même si la crise ronge notre société, même si les ravages du libéralisme économique frappent les familles, même si nous sommes désorientés par un avenir difficile à lire, le présent nous invite à comprendre le futur, à imaginer le devenir de nos enfants !

Comment le religieux a-t-il pu revenir avec tant de violence ? Je fais partie d’une génération qui pensait avoir résolu le problème... la religion dans les sphères privées, l’homme public au centre du monde !

Las ! L’être humain est devenu quantité négligeable, on le tue pour un symbole, on l’exécute pour un sourire !

Je vois devant moi des cohortes fanatiques se trainer à genoux en chantant des cantiques pour lutter contre des mariages homos, j’observe les clivages des uns contre les autres, le morcellement des idéaux communs, la sectorisation gangrener la volonté du «vivre ensemble», le communautarisme diviser la société, la monté de partis se réclamant d’idéologies nauséabondes.

Je vois se déchirer des Hutus et des Tutsi, Boko Haram, le Daesh et tous les crimes atroces au nom de l’intégrisme. J’ai vu dans la Russie, en 10 ans, renaître les popes et le pouvoir des Orthodoxes. J’ai vu en direct des tours s’écrouler, Orban museler une société hongroise, les turcs reprendre le voile de l’obscurantisme... et je ne comprends plus rien !

Alors, au nom de toutes ses incompréhensions, oui, je suis aussi Charlie, je suis de ceux qui pleurent devant la bêtise, qui ont honte de ce monde imparfait que nous léguons à nos enfants, qui se demandent comment notre génération si pleine de vie et d’enthousiasme à pu engendre de tels monstres !

Mais où donc nous sommes nous trompés ?

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On ose tout en 2015

Publié le par Bernard Oheix

Que retenir de 2014 ?

Que le Daech avec son cortège de femmes violées et ses décapitations est la nouvelle mesure d'un ordre de la barbarie… et que le jury du Festival de Cannes est passé à travers le film Timbuktu qui en est la plus belle, tragique et poétique dénonciation ?

Que les hommes politiques en général sont déconnectés de la vie réelle et campent dans des sphères inconnues des mortels où l'impunité, la morgue et l'inconséquence font le lit de la démocratie ?

Que Lavillenie a battu le record historique de Bubka à la perche ?

Que Chilly Gonzales a offert le 28 juillet aux Nuits Musicales du Suquet un concert d'anthologie à Cannes ?

Que deux livres nauséabonds de Zemour et Trierwiller ne peuvent concurrencer une ligne de Murakami et que Modiano a obtenu un Nobel bien mérité ?

Que la liste des absents s'allonge et que les frontières de nos amis se rétrécissent, tribut payé à l'âge et à la fuite du temps ?

Que la vie est belle malgré tout et que l'on peut encore rêver d'un monde meilleur ?

Et c'est pour cela que l'on va tout oser en 2015...

Le bain de la nouvelle année et de mon anniversaire, en costard cravate, hommage à tous les damnés de la terre !

Le bain de la nouvelle année et de mon anniversaire, en costard cravate, hommage à tous les damnés de la terre !

C'est fait ! Rendez-vous donc à l'année prochaine afin de faire un bilan sur l'état du monde et sur ma santé mentale !

C'est fait ! Rendez-vous donc à l'année prochaine afin de faire un bilan sur l'état du monde et sur ma santé mentale !

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