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2 Films et deux coups de coeur : From Gaza with Love et Tatami !

Publié le par Bernard Oheix

Dans cette période délétère, quand toutes nos certitudes volent en éclats, il reste des moments de grâce que le temps ne peut effacer. C'est l'Art (et le 7ème en particulier !) qui peut encore éclairer d'un rayon notre quotidien et donner un sens à nos interrogations.

Deux films superbes, branchés sur cette agonie des temps modernes, nous le confirment encore, comme si l'avenir pouvait encore s'ancrer sur les vestiges du passé.

C'est deux films sont : Tatami, généré par la complicité entre une Iranienne (Zar Amir Ebrahimi) et Guy Nativ, un réalisateur Israélien. Le second est une oeuvre collective, produit d'une alchimie entre des individus et des acteurs de ce monde en déliquescence et qui tourne dans des salles, hors du système, et son titre, From Gaza with love, nous invite à plonger dans ce monde qui nous cerne et s'invite  quotidiennement sur nos écrans pour des informations qui jonglent avec l'horreur !

Tatami est un film en noir et blanc de 2023. il s'inspire de l'histoire vraie de Saied Mollaei qui, champion Iranien en titre de judo, en 2019, ne jouera pas sa finale devant un combattant Israélien et n'obtient que la médaille de bronze sans être monté sur le tatami pour l'affronter !

En noir et blanc, transposée chez les féminines, le film nous conte l'histoire de Leila Hosseini et de son entraineuse Maryam Ghanbari, qui au championnat du monde de Tbilissi, visent la victoire et la médaille d'or. C'était sans compter sur les despotes du régime qui ne peuvent accepter l'hypothèse d'une défaite devant la concurrente Israélienne et exigent qu'elle déclare forfait en simulant une blessure.

Mais la passion du sport et de le goût enivrant de la victoire, et le sentiment d'un sacrilège dans cette volonté de refuser d'affronter ses adversaires ne pourra que la pousser à transgresser les ordres reçus.

Derrière ce tatami, c'est la vie de sa famille qui est en jeu, le sort de ses parents. Mais le sport et la rage de vaincre vont l'emporter après bien des vicissitudes et une crise entre son entraineuse paniquée et ses propres peurs.

C'est une ode à la Liberté, au courage et au refus de sombrer dans l'anonymat des sans espoirs. Le sport offre bien cette lucarne qui peut encore dessiner un destin de vie qui permet de rêver d'un monde meilleur !

Bravo au tandem de réalisation du film, une Iranienne et un juif, qui prouvent que les barrières peuvent s'évanouir devant les certitudes d'une humanité qui pose des interrogations et refuse la loi de ceux qui les transgressent en leur imposant leur vérité !

Un film à voir dont vous sortirez éblouis et en haleine !

Vive le cinéma et le sport, non à la guerre et aux croyances vaines !

From Gaza vith Love, est un OFNI, Objet Filmique Non Identifié, produit et réalisé par Charles Villa, journaliste interdit de séjour à Gaza, et son complice Suhail Nassar, un Gazaoui vivant dans l'enfer d'une ville subissant d'atroces bombardements, et qui s'est donné la mission de filmer avec son portable les enfants de Gaza comme un rayon d'espoir.

Le film enchaîne ces séquences produites par le choc des images dépeignant l'atrocité de la guerre et le merveilleux du sourire et des larmes d'enfants qui survivent envers et malgré tout à l'enfer déclenché par les israéliens sur leur territoire.

Suhail correspond avec son complice français par messages et vidéos et dévoile la réalité de leur vie, le manque de subsistance, l'écroulement de leur habitat dans des rituels parfaitement composés par l'agresseur, la disparition de toutes les certitudes et l'espoir malgré tout d'un sourire enfantin, du pleur d'une petite fille qui refuse de fuir, aux larmes d'un garçon qui peut enfin dévorer une friandise.

Aucune atrocité commise ne peut justifier celle qui est en train de se vivre, et la disparition sous les gravas d'une institutrice, mentor de Suhail, des parents et des amis, les drones incessants qui ronronnent leur litanie en déversant leur messages mortuaires sont une réalité que nous touchons du doigt grâce à la connivence des échanges entre Charles Villa et Suhail Nassar.

Ce film n'ayant pas de distributeur, a été présenté par un des membres de la production, dans une séance spéciale au Cinéum de Cannes. C'est Karim Laudanski, un des producteurs de cet incroyable témoignage, qui s'est chargé de l'opération, les journaux l'ayant ignoré. Ce Cannois d'origine, a réussi l'exploit de remplir une salle et de nous faire partager des émotions, qui loin d'un documentaire classique, nous a emporté dans un monde de réalité et d'atrocité sans précédent.

Bravo à toute l'équipe de nous permettre de mieux comprendre ce qui se dissimule derrière des mots pour, par l'image, nous faire entrer dans le monde de la réalité d'un conflit qui heurte les lois les plus élémentaires de l'humanité.

Cet OFNI est un chef d'oeuvre et il est urgent et indispensable de donner un écho à Suhail Nassar et à Charles Villa qui tentent de panser les plaies du monde en les dévoilant. Les soutenir en visionnant le film, c'est aussi un moyen de calmer les aigreurs de l'horreur de cette guerre innommable !

Il sera bientôt disponible sur Youtube, gratuit et sans publicité, encore une manière de nous empêcher de dire "on ne savait pas".

 

À voir et à revoir !

 

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Après la voix d'Hind Rajab, le visage de Fatima Hossouna !

Publié le par Bernard Oheix

Après l'incroyable film de Kaouther Ben Hania dont je vous parlais dans le précédent article, le film de Sepideh Farsi, "Put your soul on your hand and walk", vient nous donner un coup de massue et rendre l'atrocité de ce qui se déroule à Gaza palpable jusqu'aux tréfonds de nos consciences.

Ce film promut par Attaç 06, le Mouvement pour la paix et Amnesty International vient achever le panorama sanglant d'un conflit interminable. Après une intervention maladroite de la Ville de Cannes qui a empêché sa projection une première fois, le 13 novembre, créant un amalgame malheureux et tellement loin de l'humanité de ce chef d'oeuvre qui ouvre les consciences, c'est donc ce vendredi 12 décembre, à l'Olympia, qu'il faut féliciter pour son courage, que le film fut enfin projeté.

Et l'on ne sort pas indemne de la vision de ce beau visage de Fatem condamnée par la loi des hommes qui entretiennent une guerre sans merci au mépris d'une population asservie à leurs lois mortifères !

Sepideh Farsi, refoulée de l'Iran, errant dans un monde qui n'est plus le sien, crée un contact par vidéo avec une Gazouie, Fatima (Fatem) Hassouna, et elles vont échanger par le biais de ce téléphone au jour le jour, jusqu'au dénouement tragique de la vie de Fatem.

Ce film documentaire est une fiction apocalyptique qui vous tient en haleine et vous embarque sans retour possible sur les traces du sourire éclatant de cette jeune femme qui s'accroche à son pays et rêve de lendemains de paix.

Elle dévoile son monde intérieur en montrant, grâce à la vidéo de son portable, la réalité de l'enfer qu'elle subit. Bombardements incessants, immeubles qui brûlent, populations affamées, et malgré tout, ce beau sourire d'une femme qui s'accroche à la vie.

La réalisatrice reprend le contact malgré les coupures de réseaux, le bruit des bombes au lointain, et échange avec cette soeur de douleurs.

Ce film est une composition visuelle improbable éclairée par le sourire d'une femme qui suspend sa vie entre les désastres qui la cernent. Malgré l'atrocité de ce que nous vivons à travers ses yeux, elle nous donne une leçon incroyable de courage, se permet même de rêver et d'espérer en des temps meilleurs où la paix offrirait des lendemains qui chantent.

Il est indispensable de le voir, non pour prendre partie et trouver des boucs émissaires, mais bien pour saisir la réalité de ceux qui vivent sous un manteau des bombes et cherchent un sens à leurs existences dévastées.

Et pour conclure le film, Sépideh Farsi annonce à son âme-soeur que le film est sélectionné au Festival de Cannes en mai 2025... joie incroyable dans le sourire de Fatem, enchantement de celle qui, à travers les yeux de la réalisatrice, va parler au monde, aux autres et exister dans la paix de ceux qui visionneront ce film confortablement installés sur leurs coussins rouges d'une ville en paix.

Las ! le film se termine alors sur un drame réel. Fatem, le lendemain de cette nouvelle, va subir un bombardement ciblé, au 3ème étage de son immeuble, une frappe délibérée destinée à la faire taire et à lui ôter toute possibilité de voir son rêve devenir une réalité.

Monstruosité de la haine en marche qui efface l'espoir !

Bravo à toutes les équipes techniques qui ont érigé ce film en mémoire des femmes et hommes qui subissent les affres des guerres meurtrières qui asservissent les populations civiles.

Bravo aux sélectionneurs d'Acid, qui ont sélectionné ce film et lui ont donné l'opportunité de venir percuter les cinéphiles à la recherche de fictions rassurantes !

Bravo à Sépideh Farsi pour avoir mis en image le quotidien dramatique d'une vie tronquée et de lui avoir donné une dimension quasiment mystique : la réalité va bien au delà d'une fiction !

Bravo à tous les membres des associations, qui, par leur acharnement, permettent à ce film d'être projeté et de rencontrer son public en le marquant à jamais de l'indicible dimension de ces guerres qui parsèment le monde et sont décidées par des hommes qui ont oublié leur humanité !

Et enfin et surtout, bravo à Fatem Hossouna de ramener à la conscience  ceux qui oublient que derrière le bruit des canons, il y a le sourire perdu de femmes de pères et d'enfants dont les rires et cris sont effacés par le fracas des bombes !

Merci et il est urgent de visionner ce film, Put your soul and your hand and walk pour qu'un frémissement d'humanité fasse trembler la loi des tortionnaires !

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La Voix d'Hind Rajab dans le coeur !

Publié le par Bernard Oheix

Il y a des manifestations que l'on aime. Cet autre festival de Cannes, se déroulant en automne et visant les jeunes et les cinéphiles, en est un exemple. J'ai eu le privilège de recréer ce festival avec Jean-Pierre Magnan et quelques autres nostalgiques des RIFJ (Rencontres Internationales Films et Jeunesse) et de le diriger pendant 3 éditions. Puis régulièrement invité dans le jury (je me souviens d'une année avec Nilda Fernandez) jusqu'à ce que l'on m'efface des tablettes dans l'ombre d'une retraite où l'on a gommé mon histoire !

Qu'importe, le cinéma me tient au coeur et je plonge avec délice dans cette salle de La Licorne accueillant 12 films, payant mes places, et heureux de vivre en cette année de sortie de mon livre sur un cinéphile Cannois même si, comme d'ordinaire, je ne suis point invité aux cérémonies d'ouverture et de clôture et aux débats sur le cinéma !

Qu'importe, les 24 images seconde enchantent ma mélodie personnelle et me parlent au coeur !

Et en cette année 2025, quand le bruit des canons et l'horreur des guerres nous interpellent à chaque moment de la journée, c'est de Gaza que nous arrive ce drame incroyable dans un film qui restera gravé comme un chef d'oeuvre absolu du cinéma.

Une petite fille est reliée par un téléphone a une équipe de secouristes de la Croix Rouge qui tentent de la sauver. Elle a six ans, seule survivante dans une carcasse de voiture mitraillée par un tank. Après de longues vicissitudes, l'équipe obtient un feu vert pour l'intervention d'une ambulance...mais rien ne se passera comme prévu !

Et en attendant, cette voix authentique de la petite Hind, le véritable enregistrement de ces 70 minutes à tenter de la sauver, sert de support à la colonne sonore et plonge les acteurs dans un état de sidération palpable.

Sans jamais montrer la moindre image de guerre, ce film est le plus grand plaidoyer contre l'horreur générée par un conflit où les civils sont de la chair à canon et une monnaie d'échange dans un silence étourdissant.

Cette voix désespérée résonnera longtemps en vous, comme elle continue à crier dans le silence des disparus, le nom des innocents.

Bravo à Kaouther Ben Hania, cinéaste Tunisienne pour avoir entendu cette voix d'une petite fille et réussi à en faire la porte-voix des causes désespérées dans le  fracas des bombes inhumaines.

 

Il y a eut beaucoup de très beaux films en cette édition 2025. Voici quelques pistes pour vos prochaines sorties au cinéma.

La Petite Cuisine de Medhi de Amine Adjina est une comédie douce amère sur le sort d'un jeune cuisinier algérien qui travaille dans un bistrot, coincé entre une mère possessive, une copine à qui il n'ose la présenter, et qui va s'inventer, pour son plus grand malheur, une mère de substitution. Belle performance des actrices et acteurs, rires et émotions à la clef et bonheur final en dessert !

Lady Nazca de Damien Dorsaz et le portrait authentique de Maria Reiche, une enseignante allemande qui se prend de passion pour les sites péruviens de Nazca et les traces de cette culture millénaire qui ont échappés aux fracas contemporains. C'est beau, incroyablement  tourné dans les sites authentiques et le film vous plonge dans la vie d'une femme de passions.

Furcy, né libre de Abd Al Malik et une plongée dans l'univers d'un jeune esclave qui découvre que sa mère était affranchie et donc qu'il ne peut être un esclave sur le domaine de ses propriétaires. Un film prenant, magnifiquement tourné et dans des décors magiques. Le réalisateur prouve à l'évidence que l'on peut manier les mots avec les images et que la plus belle des musique vient du coeur !

Et pour conclure, le cinéaste local de cette édition, le jeune Grassois Nathan Ambrosioni, viendra présenter sa dernière oeuvre, son 5ème film à 26 ans, une belle comédie douce amère, Les Enfants vont bien qui vous emportera entre douceur et  déchirures, sur les chemins de la vie réelle. Une femme vient déposer ses enfants chez sa soeur et disparait. Camille Cottin va devoir s'occuper des enfants en luttant contre ses démons. 

Bons films à tous et à toutes et écoutez la voix d'Hind Rajab, elle résonnera longtemps dans votre coeur !

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Ma Claudia Cardinale !

Publié le par Bernard Oheix

Un jour, une dame d’un certain âge demande à me voir à l’entrée de mon bureau dans le Palais…J’ai reçu tant de gens porteurs d’idées fumeuses et géniales à la fois, alors une de plus ! Elle se présente, Chiara Samugheo, photographe, et me propose de réaliser une exposition à partir de ses photos sur les légendes du cinéma. Elle me sort un book et je le feuillette distraitement d’abord, puis de plus en plus fasciné, au fur et à mesure que je retrouve ces noms qui hantent mon imaginaire. Soudain, je tombe sur cette photo d’une Claudia Cardinale rayonnante. Claudia Cardinale !

Et quand elle voit que je ne résiste pas devant cette photo, elle m’achèvera d’une phrase définitive : « - Claudia est mon amie. C’est moi qui ai fait ses premières photos et je suis persuadée qu’elle acceptera de venir parrainer cette exposition et sera présente au vernissage ! »

Chiara, en prononçant ces mots, venait de sceller une amitié naissante et de s’assurer deux mois d’exposition au Palais des Festivals de Cannes, en juillet et aout 1998. Et moi, j’allais y gagner de rencontrer LA Claudia Cardinale et même si je ne le savais pas encore, de devenir (un peu) son ami !

Ma Claudia Cardinale !
Sur le Tapis rouge de circonstance pour l'ouverture de l'exposition, La Star, La Photographe et le saltimbanque de luxe !

Sur le Tapis rouge de circonstance pour l'ouverture de l'exposition, La Star, La Photographe et le saltimbanque de luxe !

Claudia envoutante et mystérieuse, qui décidera de m’accorder une petite place sur les chemins de son amitié. Je me souviens d’un dîner, un soir d’ouverture du Festival du Film, ou nous étions tous les 3 au restaurant du Majestic et pendant lequel elle nous déclara : « -Dehors, en face, c’est la folie. Chopard m’a demandé de faire l’ouverture avec leurs bijoux. Mais je suis tellement mieux avec vous que je ne le regrette pas ! »

L’inauguration de l’exposition fut un triomphe. Apparemment, je n’étais pas le seul présent à être fasciné par la Diva. Elle fut adorable, spontanée. Et pendant quelques années, nous nous sommes croisés, avons échangé des mots et des coups de fil…Le 2 juillet 2000, soir de la finale de l’Euro, France/Italie en foot, je n’ai pas résisté. Je l’ai appelée : « - Claudia, on a gagné ! » et elle : « -Vous d’accord, mais moi j’ai perdu ! »

Et derrière le mythe Cardinale, ses films innombrables, ce visage et ce corps filmés sous toutes les coutures, cet objet de désir véhiculé par les plus grands réalisateurs, il y avait une femme charmante, humaine, mon amie !

Et derrière le mythe Cardinale, ses films innombrables, ce visage et ce corps filmés sous toutes les coutures, cet objet de désir véhiculé par les plus grands réalisateurs, il y avait une femme charmante, humaine, mon amie !

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Fin (mouvementée) du Festival du Film 2025 !

Publié le par Bernard Oheix

Le bonheur d'envisager de battre mon record de 42 films dans une édition 2025 plutôt chargée par la sortie de mon livre sur le cinéma !

Samedi matin, 40ème film avec les frères Dardenne, et le plaisir d'enchaîner avec les 2 autres séances de 11h et 14h et même l'espoir de visionner un dernier film pour atteindre le score de 43 projections !

Mais c'était sans compter les aléas de la vie d'un cinéphile.

Jeunes Mères. Après une heure de plongée dans l'univers de jeunes filles paumées dans une structure d'accueil, blessées de la vie, tentant de se remettre sur pied afin de quitter l'errance d'une vie de misère, de solitude, d'addictions, le noir dans la salle comme un couperet, un flottement chez les organisateurs... Il y a 2 ans, une panne de projecteur m'avait privé du ken Loach dans le même contexte...

Mais la malédiction en cette année 2025 allait prendre la forme d'un attentat. Plus de téléphone, plus d'électricité dans la ville, et l'annonce que la région entière est coupée de la civilisation.

Je n'ai donc pas pu dénouer les fils de ces destins de jeunes filles filmées par les frères Dardenne, 40mn manquant au compteur de ces vies pour nous signifier si la lucarne de l'espoir pouvait  encore s'ouvrir.

Mais celle du cinéma sera définitivement close sur ce 40ème film à moitié !

Que dire alors de cette plongée dans le cinéma du monde. Que le cinéma est bien un outil de révélations, qu'il éclaire les joies comme les drames d'une société à la recherche d'un temps pour retrouver l'espoir, que tant que cette lanterne magique vibrera, le tempo de l'être humain peut élargir son horizon.

Et les derniers jours nous l'ont prouvé avec des oeuvres comme Love on trial de Kojï Fukada, où une jeune fille embrigadée dans l'univers de la J-Pop, à qui l'on fait miroiter le destin d'une idole, corsetée dans des règles de vie d'un contrat qui lui ôte sa liberté, va s'affranchir et se libérer bien malgré elle.

La venue de l'avenir est déjà un évènement... Cédric Klapish n'avait jamais été sélectionné au Festival du Film de Cannes ! Paradoxalement, c'est en Hors Compétition qu'il gravit pour la première fois ce tapis rouge. Ce film doux amer est une belle plongée dans une famille réunie pour décider du sort de la maison de l'aïeule dont ils ont collectivement hérité. Réjouissante comédie douce amère.

Fin (mouvementée) du Festival du Film 2025 !

Et dans ce laps de temps, coupure d'électricité, téléphone en berne, la vie en morceaux, l'angoisse perceptible d'un monde qui vacille.

Mais la loi restera comme la gardienne de nos bonnes moeurs. Dès le lendemain un message s'affiche sur mon portable stipulant que j'ai réalisé 2 no-show aux séances de 11h30 et de14h du 24 mai...et qu'en conséquence, on m'ôtait l'accréditation pour la journée du 25 mai...

Sachant que les séances du 24 mai avaient été annulées à cause de l'attentat engendrant une coupure totale d'électricité et que le Festival s'achevait le 24 au soir, le 25, c'est sans drame ni regret que j'ai consommé une petit café au Bar de la Canopée en me remémorant les belles histoires que la lanterne magique avait projeté sur l'écran de mes désirs !

Reste cette Palme d'Or attribuée à un film Iranien, Un Simple Accident de Jafar Panahi que je n'avais pu visionner à La Licorne. Grâce à la séance pour les cannois qui projette la Palme d'Or au lendemain de la clôture, j'ai pu escalader les 24 marches du Palais et me plonger dans ce choix d'un jury présidé par Juliette Binoche.

Et disons-le, ce film était dans les prix et palmable en Or à l'évidence. La violence du propos, l'humanité dans le désespoir et le désir de vengeance, le pardon final (?) et ses conséquences vers une humanité plus tolérante sont les moteurs de cette oeuvre tournée quasi clandestinement en Iran.

C'est un film de cinéma, magnifiquement interprété par des actrices et des acteurs d'une justesse si rare et mis en scène avec un talent incroyable qui recule les limites du dicible pour faire ressentir l'émotion des douleurs du passé... en cela il porte les germes d'un espoir, celui du retour du réalisateur dans son pays et de sa liberté d'imaginer un monde meilleur !

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Le Festival du Film 2025 : persiste et signe !

Publié le par Bernard Oheix

Les jours s'étirent au rythme des projections. 4 à 5 en jonglant avec des rendez-vous pour la promotion de mon livre et des dédicaces dans le hall de la Licorne entre deux séances.

Reste le plaisir sans cesse renouvelé de voir l'écran s'illuminer et nous emporter dans nos désirs d'ouvrir les portes de l'inconnu, à la rencontre de cinéastes, d'actrices et d'acteurs en train de peindre une histoire de la vie.

Et cette 78ème édition est riche de tous les possibles.

La saga continue avec des propositions souvent en écho avec la vie réelle et les impasses de notre société sur toutes les déviances. Parfois le trait est si outrancier qu'il en devient insupportable à l'image de Pillion qui peut se targuer potentiellement d'une Palme du Navet d'Or.

Plus accrocheur, My father shadow d'Akinola Davies où un père emmène ses enfants à Lagos, sauf que... et dans O Agento Secreto, de Kleber Mendonça Filho sur un homme au passé trouble qui revient à Recife pour retrouver son fils. 

Passionnant et interpellant, la Preuve d'Amour, 2ème film d' Alice Douard qui tente de démêler l'incongruité des lois qui régissent le statut d'un couple de femmes qui attendent la naissance de leur enfant. Magnifiquement interprété et filmé avec finesse.

Titane avait marqué l'histoire du Festival en obtenant une Palme d'Or qui avait (beaucoup) fait parler d'elle. Dans son nouvel opus, Alpha, Julia Ducournau revient en compétition, dans l'atmosphère suffocante d'une pandémie qui transforme les êtres humains en statues de pierres. Même si les acteurs sont incroyables avec un Tahar Rahim qui recule les limites du jeu d'acteur, le film pêche malgré tout par un trop plein d'informations... mais pourquoi pas un accessit ?

Dans Indomptables, Thomas Ngijol, réalisateur et acteur, dessine une ville de Yaoundé gangrenée par la corruption et le chaos. Le commissaire de police qu'il campe va tenter d'imposer sa morale dans une colère pour s'opposer à l'injustice. Superbe film de la Quinzaine des Cinéastes.

Vie Privée de Rébecca Zlotowski était attendue pour sa distribution flamboyante. Nous n'avons pas été déçus tant Jodi Foster illumine le film de sa présence solaire. Une psychiatre persuadée du meurtre d'une de ses patientes et qui tente d'enquêter...

Love me Tender d'Anna Cazenave Cambet s'inscrit dans cette lignée bien présente des films sur les femmes et les difficultés qu'elles ont à s'imposer devant des hommes. Du jour où elle annonce à son ancien mari qu'elle est lesbienne, celui-ci va tout faire pour la séparer de son enfant et utiliser tous les moyens possibles pour casser le lien entre elle et son fils. Fascinant.

Quand à The History of Sound d'Olivier Hermanus (États-Unis), c'est un bijou serti d'une bande son fascinante, l'amour impossible entre 2 hommes et le silence d'une disparition incomprise. Un film d'émotions qui nous embarque dans les paysages du Maine et les arcanes de la musique en résonance aux dissonances du coeur !

 

32 films à 2 jours de la clôture. Score honorable dans une période foisonnante !

Je me garderai de tout palmarès, mais je tiens à inscrire dans le temps que cette 78ème édition aura parlé aux spectateurs de la vie réelle, des femmes meurtries, des hommes perdus, des esclaves d'un monde moderne qui leur ôte toute dignité, de la corruption et de la mort !

Comment en pourrait-il être autrement dans ce monde réel à la dérive ? Le cinéma est alors une fois de plus, ce révélateur de toutes nos angoisses, cette lanterne magique qui éclaire le chemin d'une rédemption possible. Il est un phare pour que l'humain retrouve un peu de son humanité et le monde, un peu d'espoir !

Vive le Cinéma !

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Festival du Film...Un début en fanfare !

Publié le par Bernard Oheix

Festival du Film...Un début en fanfare !

Mercredi matin, veille de l'ouverture du 78ème Festival du Film de Cannes, l'évènement planétaire auquel je me convie chaque année.

Il a un parfum particulier en cette année 2025. Dans un monde qui perd sa boussole et où les intérêts privés des potentats qui gèrent le pouvoir affrontent les peurs de chaque individu. Ce sera l'axe de cette belle cérémonie d'ouverture avec la Présidente du Jury, Juliette Binoche et un Di Caprio et un De Niro émouvants de sincérité et d'empathie pour un monde de la culture perdu devant les affres de la réalité.

Mais pour moi, c'est aussi le parfum étrange de la sortie de mon livre sur le cinéma, ce fil conducteur de mon existence qui dès le plus jeune âge, m'embrasera et me conduira sur les marches d'un Palais des Festivals de Cannes où je vais diriger l'évènementiel pendant 22 ans, au coeur de l'oeil du typhon qui embrase le monde du 7ème Art tous les mois de mai !

Festival du Film...Un début en fanfare !

Mais au-delà des mots écrits, c'est sur l'écran de tous nos désirs que s'écrivent les pages de l'histoire du cinéma. Et on peut d'ores et déjà, après 16 films ingérés en 4 jours, annoncer que nous sommes dans un grand crû, comme si les nuages qui bordent notre horizon, nous obligeaient à éclairer notre route d'images nourries de soleil et d'espoir !

La ronde à commencé par Partir un jour, le film d'ouverture d'Amélie Bonin, remarquable comédie portée par une Juliette Armanet au zénith, entre l'humour et la tendresse, transcendée par des musiques populaires qui viennent s'insérer dans le propos avec justesse et originalité. Un beau film grand public ancré dans les sentiment et le rire !

L'intérêt d'Adam un film de Laura Wandel et Dossier 137 de Dominique Moll, (en compétition), sont portés par une Léa Drucker éblouissante de justesse et de mesure.

Dans le 1er, elle est une infirmière qui tente de réparer un enfant meurtri et une mère perdue dans un hôpital qui souffre de toute la misère du monde et dans le 2ème, policière passée des stups à l'IGPN, elle tente de faire la lumière sur un accident mettant en cause une brigade de la BRI et un jeune gilet jaune... Mais la vérité est à géométrie variable quand des intérêts supérieurs sont en jeu et l'inspectrice va se retrouver dans une enquête  complexe qui la touche plus particulièrement. C'est un vrai film sur le drame du rapport entre la police et la nation !

Les coups de coeur vont s'enchainer.... Sirat, d'Olivier Laxe, que l'on retrouvera au Palmarès, nous emmène sur les pas d'une troupe de raveurs dans la quête d'un père (Sergi Lopez) à la recherche de sa fille aux confins du désert. Un film à voir en toute urgence.

La Ola de Sébastian Lelio est un musical du niveau d'Émilia Perez, centré sur la colère des femmes devant le comportement des hommes, un film post-metoo intelligent, sur l' ambiguïtée et la nécessité de la révolte des femmes. Éblouissant et fascinant.

La Petite Dernière de Hafsia Herzi prouve à l'évidence que derrière l'actrice de Borgo, il y a aussi une talentueuse réalisatrice capable de parler d'un sujet complexe avec passion et modération. Une jeune algérienne, dans une famille aimante, excellente à l'école, intègre l'Université de Philosophie. Las, elle va devoir s'affronter aussi dans ses croyances et son statut en découvrant ses penchants pour d'autres femmes. Subtil, passionnant, moral, une citation dans le Palmarès ne serait que justice

Et je ne peux que terminer cette première riche livraison de film sur Nouvelle Vague de Richard Linklater qui nous permet de vivre le passé au présent. Le tournage de À bout de souffle de Godard, avec des acteurs et actrices formidables en lieu et place de Jean Seberg et de Jean Paul Belmondo et un Godard plus vrai que nature entouré de cette nouvelle vague qui allait transformer le cinéma.

Et en écho de mon livre, La Lanterne Magique, Journal d'un Cinéphile Cannois, François Truffaut et tant d'autres pour réaliser la jonction entre la réalité des images du passé et la justesse des mots de mon présent !

Voilà 16 films ingérés en 4 jours, et la perspective de cette lucarne qui s'allume pour nous emporter dans un monde qui tente de s'éclairer. La maison pleine de ces cinéphiles qui débarquent et campent dans notre jardin, les repas animés à discourir des films, la rue Francis Tonner a traverser pour plonger dans le noir complice de La Licorne que des images éclairent d'un sens nouveau !

Vive le 7ème Art !

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Journal d'un Cinéphile Cannois.

Publié le par Bernard Oheix

La nouvelle vient de tomber : Mon livre sur le cinéma va paraître début mai. Conjuguer l'écrit en support de l'image est un rêve que j'avais depuis si longtemps.

Je vous donne en apéritif cet extrait afin de vous ouvrir l'appétit, enfin je l'espère, et pour en connaître la suite il vous faudra débourser la modique somme de 22euros. Vous allez voyager dans l'univers des images animées d'une ville hors du commun !

5 - Vraies et fausses cartes de presse !

Il y a de nombreuses méthodes pour assister à la séance Graal d’un film en compétition au Palais des Festivals. J’ai eu l’opportunité en quarante-cinq éditions de toutes les explorer ! Petit bréviaire donc du chercheur d’or cinéphilique à la conquête de sa toison d’or !

Et tout de suite, deux possibilités à déconseiller. La première est humiliante: se vêtir d’un smoking avec nœud papillon, se poster dans l’environnement direct du Tapis Rouge avec un petit écriteau « cherche deux places pour assister au lm en compétition : PS : une seule su rait!»

Soyons lucide, outre la possibilité infime d’en trouver une (et a fortiori deux!) vous allez être ridicule dans votre frac loué pour l’occasion avec, en prime, de grandes chances de terminer seul votre soirée devant la télé, sans votre copine qui aura compris que vous étiez prêt à l’abandonner pour un Kurosawa, ou pire, un film Bulgare de 3 h 27 sous-titré anglais !

La deuxième a bien fonctionné mais est devenue obsolète : se promener dans la contre- allée de l’ancien Palais, lancer une œillade au gardien de la porte de secours qui s’avère être l’oncle d’un copain de classe, lequel vous fera un signe discret pour vous donner le feu vert, au moment du générique du Festival, quand les places libres ne pourront plus être occupées. Avec moi, cela a bien fonctionné une vingtaine de fois mais pour ce faire, il était nécessaire d’être Cannois, de tomber sur le bon vigile et tout cela bien avant que les consignes de sécurité drastiques de l’époque actuelle vous fassent apparaître comme un dangereux terroriste de vouloir satisfaire votre appétit de 7e Art !

Bien évidemment, il y a aussi la possibilité permanente d’être le fils d’un commerçant de la rue d’Antibes... Mais ce n’est pas donnée à tout le monde, hélas !

C’est donc vers une troisième option qu’il faut se tourner :

Avoir une carte de presse d’un quotidien local... Ce qui n’est pas toujours facile mais se trouvait être justement mon cas. Pour ce faire, il vous suffit d’écrire sur le hand-ball dans le journal Nice-Matin ou, si vous êtes communiste, que vous fassiez des articles de cinéma dans Le Patriote vendu par vous-même à la criée du Marché de Magnan aux sympathisants faisant leurs courses.

Toutefois, ce petit sésame ne vous permet en aucun cas d’accéder à la Montagne Magique de la compétition, tout au plus vous autorise-t-il à accéder à un de ses périphériques comme la Quinzaine, moins regardant sur les états de service de l’impétrant critique en mal de places!

Voir les films de la Quinzaine, c’est bien, surtout quand on connait la liste des réalisateurs qu’ils ont lancés à Cannes... Mais impossible alors de prétendre faire son palmarès en même temps que les jurés!

Alors comme quatrième option, il reste la débrouille... Ou l’art d’être faussaire !

Dès 1973, une bande de cinéphiles enragés, gravitant autour de l’université de Nice et de la section Histoire du Cinéma, sous le regard d’un Jean A Gili, maître impérial et amusé, a trouvé la martingale magique : de vraies fausses cartes de presse !

Un ami étudiant corse honorablement connu (dont je tairai le nom) ayant un cousin Bastiais qui possédait une imprimerie, sur la base d’une authentique carte de presse récu- pérée à la fin du Festival 1972, réalisa une vingtaine de passeports pour le paradis du 7e Art pour une modique somme incluant son temps de travail (et le temps de travail en Corse, c’est sacré!) et les quelques frais de papiers et de tirages nécessaires à la réalisation de ces «passe-partout» sophistiqués et totalement clandestins.

Ce n’était pas cher payé un visa pour le paradis !

Mais...

Merci à mon éditeur, Frédéric Ovadia et à son assistante, Laurence Berlioz qui m'ont autorisé à rêver d'un monde meilleur, celui de l'image et d'un son dans la perfection d'un noir complice qu'une lanterne magique vient illuminer !

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Divagations : la cinéphilie du désespoir !

Publié le par Bernard Oheix

Dans ma quête pour trouver des documents pour mon livre sur le cinéma qui va paraître prochainement, j'ai plongé dans mon grenier de la mémoire à la recherche du temps perdu... Au détour d'un carton, coincé entre deux catalogues, j'ai retrouvé ce texte ubuesque, produit certainement sous l'influence d'un abus d'alcool et d'un état dépressif !

À l'époque, je fréquentais assidument une MJC, celle de Gorbella qui m'a permis de découvrir des pépites du cinéma. C'est là d'ailleurs que j'ai découvert La Stratégie de l'Araignée de Bertolucci dont je ferai le sujet de ma maitrise du cinéma sous la responsabilité de Jean A Gili, mon professeur émérite qui m'a guidé sur les chemins de la critique cinématographique.

Je pense que ce texte devrait vous divertir, je l'espère, et vous l'offre en cadeau de ce 1er avril !

Scène 1 : où, quand et comment, V G E dit Voila Gégé l’Enflé se retrouve en train d’avouer son forfait : C’est vrai que j’ai vu des films sur le tiers monde à la MJC Gorbella… », déclare-t-il avec impudence.

L’action se situe dans les locaux d’un inspecteur de la police. Les traits déformés, V G E, tristement connu dans le milieu est prêt à craquer. La lumière d’un flash dans les yeux, deux annuaires téléphonique (celui du Gard et de la Haute Marne) sont maintenus en équilibre sur sa tête par un jeune inspecteur qui fait du zèle avec sa matraque en caoutchouc… ses traits se figent, va-t-il craquer ?

« Ok, j’avoue tout, j’y étais à Gorbella et tout seul en plus. Mais ce n’est pas de ma faute, personne ne me fait rire, la haut, et je m’ennuie. Aussi, ce vendredi 9 décembre, quand j’ai compris que mes gros copains, Ponia et Babar, allaient encore parler de politique toute la nuit, je me suis enfui.

Dans la ville, je ne savais plus où aller, quand soudain, j’ai entendu des conciliabules putrides… c’était près d’une Maison des Jeunes et il s’agissait de projection de films sur le tiers-monde et de débats avec les réalisateurs.

Je suis entré, me suis assis et le film a commencé. Il s’appelait Le Soleil des Hyènes et j’ai été obligé de fermer les yeux car il critiquait le Club Med. Le pire, c’est après, quand j’ai dû subir Fuera De Aqui, un film vraiment de gauche d’un certain Sanjines, un latino-américain..

Là, je dois dire, j’ai failli être convaincu qu’il fallait voter à gauche. Heureusement, depuis, Ponia m’a expliqué que ces massacres, ces miséreux faméliques, ces militants qui ont faim et luttent contre l’impérialisme ne sont que des propagandistes.

Quand au troisième film, Émitaî, il ne fait pas de politique, lui. Il montre simplement que les noirs du Sénégal étaient contents d’être engagés de force comme tirailleurs…et que c’est par maladresse que l’on a rasé leur village !

Bon, je peux vous avouer que les places à la MJC ne sont pas chères, que les séances ont lieu à 15h, 19 et 21 h et que cette manifestation est organisé par le comité catholique contre la faim et pour le développement, avec l’aide de l’église réformée de Nice et bien sûr la MJC Gorbella !

Aveux enregistrés par P-R Pignan

 

Scène 2 : Où, quand et comment V G E dit Voila Gégé l’Enflé avoue avoir visionné tous les films de la cinémathèque de Nice consacrés au cinéma soviétique !

« Il faut me pardonner, mais les séances étaient gratuites et mes fins de mois sont difficiles en ce moment à cause de mon pote Babar qui rackette tout le monde ».

L’action se situe au même endroit que précédemment. C’est en effet le même jeune et zélé inspecteur qui a déniché un trou dans l’emploi du temps de V G E, le tristement célèbre caïd du milieu parisien.

Sommé de s’expliquer, l’inculpé va-t-il une nouvelle fois craquer ?

« -Bon, j’avoue tout. J’y étais à cette cinémathèque du Vieux-Nice… mais ce n’est pas de ma faute, je le jure. Quand je suis rentré de Gorbella, Ponia et Babar m’ont embêté. J’ai pris un livre, Démographie Française, mais il était bête et m’ennuyait. En désespoir de cause, j’ai allumé la télé mais cousin Chichi faisant semblant de me critiquer en pérorant sur mon poste qu’il convoitait, j’en suis persuadé, bien qu’il n’ait aucune chance de l’avoir, c’est sûr et certain !

En désespoir de cause, je suis parti dans la vieille ville. J’avais un manteau léger et le froid m’a saisi, j’ai cherché un asile et je me suis retrouvé dans une salle chaude mais pleine de russes avec des trucs bizarre qui passaient sur l'écran.

J’ai enchaîné 12 films en 4 jours et je peux vous affirmer qu’ils étaient pratiquement tous excellents. Il faut montrer ces films pour que les gens se ruent dans les cours de Karaté du Cacel !

Lénine en Pologne, L’enfance d’Ivan de Tarkowski, Débuts de Panfilov sont trois films qu’il est indispensable d’avoir vu. Mais il y a aussi les autres, les « vieux »  Eisenstein, les Dziga Vertov et La Prime qui se permet même de faire de l’auto-critique.

Où va-t-on s’ils se critiquent eux-mêmes ces russes ?

Ce qui était terrible pour moi, c’est de voir que ces russes ont l’air de croire en ce qu’ils réalisent.

Si cela continue, nos électeurs ne vont plus croire en moi et même se mettre à voter coco !

Enfin, monsieur l’inspecteur zélé, je vous demande de me donner un grand coup de matraque sur la tête pour oublier tous ces films qui me hantent. En plus, ces 12 films sont présentés gratuitement par France-URSS et la cinémathèque…on ne va pas faire leur publicité… Et puis comme dit mon copain le toubib, « -Après les films…c’est quand les chars soviétiques sur la place Masséna ? »

Bon étrangement, ni la MJC Gorbella, ni la cinémathèque n’ont utilisé cet argument de promotion de leurs manifestations…mais qu’est-ce que l’on a pu rire ensemble à la lecture de ce scénario manifestement pas abouti !

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Les Césars d'un cinéma de richesse et les Oscars de la désillusion !

Publié le par Bernard Oheix

Les Césars avaient ouvert les chemins de l'espérance dans une saison cinématographique d'une richesse incroyable, quand le cinéma jongle avec la vie et prouve à l'évidence la qualité du système français et de son financement. Ce 7ème Art, dévoile au monde entier la créativité d'un pays de tolérance et, comme l'ouverture des jeux olympiques, fait rêver sur la richesse et l'inventivité d'une nation ancrée dans la démocratie et porteuse d'espoir en l'humanité.

Il n'est pas inutile de s'en souvenir à l'heure où certains rêvent de déconstruire le monde, comme Trump, et où d'autres, comme l'extrême droite française, ont comme objectif de supprimer les aides au cinéma et d'enclencher la privatisation des chaines de télévision...

Quelle fut riche cette saison cinématographique 2024 !

De la Pie Voleuse de Guédiguian (injustement sous-estimé !) à En Fanfare d'Emmanuel Courcol (avec le même Guédiguian en producteur !) au Royaume de Julien Colonna et à Borgo de Stéphane Demoustier (dans une filière portant sur l'île de beauté particulièrement riche !), les propositions ont été nombreuses et diversifiées.

Mais les 3 films qui se dégagent de cette pléthore d'excellence et font briller notre cinématographie aux yeux du monde sont Le conte de Monte-Christo d'Alexandre de La Pattellière et Matthieu Delaporte avec un Pierre Niney sublime, L'Histoire de Souleymane de Boris Lojkine avec un jeune acteur Abou Sangaré bouleversant dans son propre rôle d'exilé de l'intérieur, et pour conclure, un chef d'oeuvre, Emilia Perez de Jacques Audiard, OFNI de la pellicule, qui conjugue une modernité et un brio qui touchent à la magie porté par des actrices incroyables, Karla Sofia Gascon, Selena Gomez et Zoe Saldana.

Ces 3 réalisations s'inscrivent à jamais dans le grand livre ouvert par les frères Méliès en 1895, que chaque année, les césars récompensent. Qu'elle fut belle cette compilation et combien nos artisans du bonheur ont touché à la grâce en oeuvrant pour tracer un chemin dans la jungle d'un monde qui a perdu son sens premier du bonheur !

 

Restait l'épreuve des Oscars pour conquérir le monde !

Mais dans ce pays qui a perdu le sens de la raison, sous la coupe d'un duo mortifère réunissant l'ultra-puissance de l'homme le plus riche de la planète et la folie authentique d'un Trump, dictateur de tragédie, les choses vont s'avérer plus complexes et les choix plus contestables.

Et le coup de Trafalgar du Festival de Cannes va se renouveler !

Anora, une comédie sans grande saveur, avait volé la Palme d'or à Émilia Perez... qui avait récupéré le Prix du Jury en maigre consolation. L'inverse eut semblé plus cohérent, mais les raisons d'un jury sont insaisissables ! Rebelote donc à Los Angeles, dans ce pays plus à même de parler des enfants des russes riches en exil que de saisir les subtilités et la force musicale d'un trio d'actrices, dont une transgenre qui fait désordre dans le panorama actuel !

Résultat : deux Oscars de consolation, le second rôle pour la sublime Zoe Saldana et la meilleure chanson pour une bande musicale d'exception (création de Camille et de Clément Ducol) qui porte le film de Jacques Audiard à un niveau de passions rarement atteint.

Et pour le reste, on attendra que le monde soit en pleine déroute pour observer les conséquences de l'inconséquence, la perte de repères des hommes devant ces dirigeants qui mènent le monde vers un désastre annoncé devant la force brutale et l'absence d'humanité d'une classe dirigeante coupée de la réalité d'un univers où seule la raison devrait compter !

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