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Festival de danse Les Deux Terres !

Publié le par Bernard Oheix

Issa Aimé Ouédraogo est un danseur et un chorégraphe inclassable. Originaire du Burkina Faso où il a grandi en s'initiant à la danse et à la musique, il s'est installé sur Cannes et tente de nouer des liens permanents entre les danseurs de son continent et ceux de cette France qui l'a adopté.

La Compagnie Téné qu'il a créée est l'organisatrice avec Loïc  Mollet de ce festival qui en est à sa 11ème édition et reste toujours aussi étonnant, magique, inclassable, tant le mixte de ses deux cultures reste l'âme fondatrice d'une démarche qui tend à abolir les frontières des différences pour celles des qui réunissent les coeurs.

Et cette 11ème édition, soutenue par la ville de Cannes, a tenu toutes les promesses d'un monde meilleur où le partage gomme les différences !

C'est en ce vendredi 3 juillet que le bal a été lancé par un buffet offert par des bénévoles où les palais pouvaient s'ouvrir aux goûts d'une nourriture mixant les saveurs des 2 continents :succulent !

Le Festival s'est alors ouvert sur un solo contemporain Peut-être demain d'Issa Aimé Ouédraogo interprété par Patricia Lionel. Une femme battue se révolte contre l'oppression de son homme et se libère de ses peurs en s'inventant une nouvelle vie. Magnifique et poignant.

On enchainera avec un des bijoux de ce festival. Andy Scott Ngoua dans Le souffle de mémoire. Des hommes et des femmes doivent se lever pour défendre leurs droits. C'est toute la salle qu'il va emporter dans sa gestuelle libératrice pour conclure sur un univers ou avec une marionnettiste, il va se libérer de la peur de ses ombres qui le pourchassent.

Saisissant, attachant, Andy Scott vit à Bordeaux où il crée des oeuvres inclassables. À voir absolument.

Cette première partie danse s'achèvera avec la Compagnie Pieds Nus de Mouans-Sartoux dirigée par Corinne Oberdorff, un village proche de Cannes avec Pulsation(s) où un collectif amateur d'une quinzaine de jeunes vont accélérer, ralentir et suspendre le temps avec une belle énergie.

Dans la deuxième partie de la soirée, c'est la musique qui viendra nous offrir de s'évader, tout d'abord avec un groupe de Gospel dirigé par Lilly Klock et en final par le récital d'un virtuose de la Kora, M'Bady Diabaté, héritier d'une prestigieuse lignée de griots de Guinée-Bissao.

Une soirée remarquable dans tous les sens du terme avec un public complice et charmé.

Le samedi 4 juillet sera plus complexe à vivre, coincé entre un Festival de feux d'artifices et un 8ème de finale avec la France contre le Paraguay en foot-ball.

Et pourtant, les absents auront eu tort.

Entamant la soirée avec un solo de Kehila Stéphane Douan de la Cie Lafissou d'Afrik, le thème de la disparition d'enfants dans des pratiques rituelles violentes ne peut laisser indifférent. À travers les gestes hiératiques de ce danseur seul sur scène, c'est toute la violence du monde que l'on perçoit en contrepoint !

Agnès Martini, une des complices d'Issa Aimé Ouédraogo, enchainera avec 4 pièces plus classiques tenues par des élèves de son école. Magnifiques, somptueuses, un véritable moment de jouissance devant ses jeunes surdouées se dévouant à leur art dans une superbe mise en scène d'Agnès Martini.

Pour terminer la Cie Djellia avec Soundiata Keîta, va nous offrir un superbe ballet contemporain de Karim Konaté. Une vingtaine de danseuses et danseurs, dans des costumes d'époque, évoquent l'incroyable histoire de Soundiata Keîta, un roi Mandingue, chassé du pouvoir par son frère et qui reviendra à la tête de son pays pour édicter la charte du Mandé, une déclaration des droits de l'homme en 1236, 500 ans avant notre propre déclaration française.

Magique et saisissant avant le final en musique de Badeya Kadi, avec son balafon et ses percussions héritées de sa famille de griots.

Un festival qui se bat au quotidien avec des moyens dérisoires pour alimenter une culture vivante et un projet de vie en société bannissant les frontières. un groupe de danseurs et danseuses complices pour nos offrir l'espoir du rêve dans la beauté du geste.

Mais je ne peux terminer l'histoire de ce festival sans parler de son volet expositions. Dans la salle annexe du Miramar, 3 artistes de talent viennent nous proposer leur regard sur un monde qui se déchire et tentent de garder la mémoire de la beauté.

Nathalie Sternalski avec des photos qui renvoient à l'étrangeté du monde. Un travail saisissant sur le regard et la perception d'une réalité transformée.

Éloïse Mendez travaille la matière et la transforme. De la pierre au raku, du métal à la douceur de ces formes qui se déchirent, elle propose d'affronter les contraires pour créer un mouvement universel.

Zack Herr Mann à travers ses tableaux, explore tous les mondes du possible de la nuit dans laquelle Linda Cluster, son personnage de fiction se transcende. Un artiste-peintre inclassable qui réside à Antibes.

Alors bravo à toute l'équipe du Festival des deux terres, des artistes au techniciens, des bénévoles aux danseurs, et un grand merci à Issa Aimé Ouéadrogo d'aller jusqu'au bout de ses rêves !

À l'an prochain pour une 12ème édition !

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Le silence est d'or !

Publié le par Bernard Oheix

Que dire dans son blog quand le monde semble s'embraser, au propre comme au figuré, que Trump fait mumuse avec un détroit d'Ormuz en jouant au poker menteur avec l'Iran, que Poutine s'enferme dans son passé du KGB en rêvant d'une URSS flamboyante régissant le monde, que le Vénézuela s'embrase dans les convulsions d'une terre qui a perdu son sens...

Qu'ajouter à la confusion générale quand ce réchauffement climatique que nous n'avons pas voulu voir, malgré les voix de ceux qui pressentaient que la nature était maltraitée, nous percute de plein fouet, même si les climatosceptiques font florès et dénoncent les lois de la nature comme une invention des primates que nous sommes !

C'est vrai qu'une semaine en Corse peut permettre encore de rêver même si le retour dans les cales d'une navire de la Corsica Ferry fut tragique et montre l'état de déliquescence et le mépris pour les passagers que nous sommes, embarquant avec plusieurs heures de retard et largués à Savonna comme des malpropres au lieu de débarquer à Nice comme cela était prévu !

Mais malgré cette méditerranée qui nous permet de plonger chaque jour à la recherche d'un rafraîchissement, quand on habite sur ses rives, comment imaginer ce monde qui attend nos enfants et nos petits enfants, perdus dans un univers dont on peut imaginer qu'il n'est qu'au début d'un bouleversement que l'homme ne veut pas voir et entendre.

Quand j'admire le sourire de mes petites perles, je veux croire qu'un monde meilleur est encore possible... mais pour cela, il faudrait que l'humanité entière, nos hommes et femmes politiques, les grands décideurs de l'économie et les apprentis sorciers qui hurlent avec les loups comprennent que le signal d'alarme a retenti et qu'il est urgent de s'emparer de la cause de la survie de notre humanité.

Alors il nous reste l'espoir d'un miracle, le rejet des extrêmes et la prise de conscience de l'urgence vitale de redonner à l'humanité un cadre de vie respectueux de son environnement... Et il existe encore des marges et des recettes qui nous autoriseraient à rêver d'un monde dans lequel nos enfants pourraient s'épanouir...

Mais pour cela, il faut agir et bannir la bêtise, et ce n'est pas une mince affaire !

A vous de voir, à nous de croire !

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Les Tics et Tocs du Festival de Cannes 2026 !

Publié le par Bernard Oheix

Réglons le problème d'entrée, la Palme d'Or 2026 est médiocre, un non-film qui plus est, même ambigüe sur la notion de laïcité, une production de faible niveau en rapport de l'excellence des films présentés... mais bon, un jury ne se refait pas, et ce n'est pas la première fois que cela arrive... et ce ne sera pas la dernière !

En même temps, qu'il n'y ait aucun français dans un jury du Festival de Cannes apparait comme un affront pour tous ceux qui enrichissent le 7ème Art et lui donnent ses titres de noblesse !

Mais derrière cette Palme d'Or, que trouve-t-on pour éclairer notre chemin ? Des Tics et des Tocs en série dont voici quelques exemples !

1) Féminisation de la profession !

Depuis des années, on voit poindre une catégorie de réalisatrices. À la télévision, dans les séries, au cinéma... elles occupent désormais une place que l'histoire leur refusait ! Femmes réalisatrices, femmes dans tous les métiers du cinéma, elles prennent légitimement, après tant d'années d'obscurité, la place que leur talent revendique, que leur regard dessine, que leur passion entraine. C'est une très bonne chose que cette barrière vole en éclat et que seule la compétence puisse déterminer la signature d'une œuvre... femme, homme, qu'importe tant que la magie opère et pour cela, le regard d'un sexe n'est pas prépondérant !

Vive les femmes et les hommes cinéastes !

2) Mon plan fixe à moi !

Cela commence par un repérage, puis l’œil de la caméra s'approche et nous plongeons dans le cadre d'un écran où plus rien ne bouge. C'est cela mon "cadre fixe" interminable, dévoreur d'espace et de temps, tic que tant de cinéastes ne peuvent éviter, comme si la paralysie pouvait effacer les blessures !

Je vous rassure, les plans fixes s'animent enfin, balayés par un noir complice et la caméra retrouve son œil fureteur... Mais de grâce, messieurs et mesdames les réalisatrices, épargnez-nous cette "langueur monotone" qui n'est souvent que le tic d'un toc de prêt à montrer !

3) La fête des jeunes !

Ne vous leurrez pas, mais il suffit que des jeunes décident d'aller faire la nouba sur une piste de danse dans une boite pour que l'univers se constipe au son d'une musique électro assourdissante. Dans le noir complice, les bras et les têtes, des morceaux de corps, des regards hallucinés composent un opéra sauvage où plus rien n'est perceptible ! Sacrés jeunes qui déchirent l'écran de leurs passions... mais ne vous inquiétez pas, la musique va cesser et la réalité revenir à la raison !

4) Longueur des films !

C'est à mi-chemin que je me suis rendu compte que chaque film qui restait à découvrir dépassait obstinément les 2 heures de projection... et encore, quand ce n'est pas les plus de 3 heures. Ce n'est pas tant la longueur qui est en jeu, mais bien son utilisation parfois vide de sens. Les cinéphiles sont passés d'un film standard de 1h30 à une norme de 2h30... sans que cela soit particulièrement justifié ! Et si un film peut mériter d'étirer le temps (comme l'incroyable Soudain avec Virginie Effira, par exemple) combien joue avec notre ennui par peur d'aller à l'essentiel !

Un exemple, le Lundi 18 à la salle de la Licorne, nous avons commencé à 9h par une film de 2h17 (Dora de la Quinzaine) puis Moulin, en compétition, excellent film de 2h10. Garance (en compétition) a suivi avec un 2h presque petit bras vu que les deux derniers films à 17h15 (Hope en compétition) durait 2h40 et pour fini notre journée de projection à 20h30, avec de toutes les nuits, les amants un médiocre pensum s'étirant sur 2h19.

Voilà ma journée de projections s'étirant sur  11h30 pour 5 films ! Il vaut mieux être sportif quand on est cinéphile !

5) Huées Bolloré !

Chaque film dont le générique indiquait une participation de Canal + déclenchait dans le public une salve de huées bruyantes et réjouissantes. À l'heure où la toute puissance de notre système de production est ébranlé par certains, Alloncle et son rapport désastreux sur les médias, Bolloré est son CNews à vomir...le public se lâchait avec joie et enthousiasme hurlant ce nom repoussoir pour applaudir les cinéastes et leurs producteurs !

6) Qualité des films d'animation

C'est une vraie découverte de cette 79ème édition. De tous temps, on arrivait à voir quelques films d'animations repères. Mais cette année, c'est à une véritable explosion que nous avons assistée. Des films bouleversants, qui forcent l'admiration et l'enthousiasme.

Comment ne pas citer un Jim Queen hallucinant de déraison et d'humour qui nous a scotchés sur nos sièges ou un Corset émouvant et merveilleux, In Wawes sublime de poésie.

J'ai toujours respecté ce genre qui a produit quelques chefs d’œuvres mais en cette année 2026, c'est une révélation que ces films transgressent toutes les normes pour nous atteindre au cœur !

Voilà quelques tics et tocs si riches de cette édition du Festival du Film de Cannes. Notre futur est entre nos mains pour que le subtil équilibre de la raison ne soit pas perturbé par des apprentis sorciers aux pensées funestes. Le cinéma est là pour nous aider, mais c'est bien dans le cœur de chacun que s'érige un monde plus harmonieux pour nos enfants et nos petits enfants.

Et je ne peux que terminer sur la qualité générale du cinéma français et la présence importante de jeunes spectateurs qui prouvent à l'évidence que le cinéma n'est pas qu'un art de vieux. Leur enthousiasme, leur attention, leurs réflexions montre que le 7ème Art a encore un rôle à jouer et qu'ils prendront toute leur place dans cette aventure qui renvoie à la vie réelle.

Vive le cinéma, les cinéphiles et les jeunes !

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Festival du Film... l'heure des récompenses!

Publié le par Bernard Oheix

Samedi 23 mai... Jour de la remise des prix...À mon compteur, 38 films ce qui est plutôt honorable en la période actuelle !

Assez peu de films de la compétition officielle (7 films) mais nombre de productions des autres sélections, Un Certain Regard (13 films visionnés), La Quinzaine (5 films)... les autres étant des films de La Semaine de la Critique (1er ou 2ème film de réalisateur) du cinéma des Antipodes, du cinéma de demain, de Cannes Première et hors compétition divers...

38 films pour rêver !

Pour faire suite aux précédents articles, il faut tout de suite parler en ce mercredi 20 de deux œuvres fortes présentées dans un Certain Regard. Ben'Imana de Marie Clémentine Dusabejambo portant, par le biais d'une tentative de réconciliation lancée par le gouvernement, sur la terrible guerre entre les Hutus et les Tutsis. 20 ans après, les paroles et les regards ne peuvent dissimuler l'atrocité du massacre et les mots de pardon sont des paroles vides dans le regard des victimes et des bourreaux !

Un film haletant nous renvoyant à notre impuissance, pire, à notre souhait de ne pas ouvrir les yeux sur ces massacres ignobles !

Le Corset de Louis Clichy fait partie de ces films d'animation qui ont emporté l'adhésion, tout au long du Festival. Un film fascinant, sur un enfant dans l'obligation de porter un corset pour le maintenir en équilibre. C'est le spectateur qui vacille sur son siège devant les incroyables images d'animation de cet enfant qui vit dans une ferme en équilibre, jusqu'à sa rencontre avec la musique et avec une jeune fille qui vont lui offrir la possibilité de guérir.

Titanic Océan est une œuvre japonaise sublime de Kostantina Kotzamani. Des jeunes filles désirent devenir des sirènes professionnelles et apprennent à dompter les éléments, à retenir leur souffle, à user de leur queue en silicone pour danser dans l'eau. Le film mêle des images réelles et d'oniriques rendez-vous avec les grands fonds et des requins qui sinuent au milieu des naïades. Un film qui nous transporte dans un univers incroyable qui transforme ces jeunes filles en les rendant à la nature liquide dans laquelle elles évoluent avec grâce.

Carmen, L'oiseau rebelle, de Sébastien Laudenbach est un autre de ces films d'animation qui s'imposent à Cannes comme un genre à part dans le brio d'une technique qui touche le public, porté par la voix de Camélia Jordana.

Coward de Lukas Dhont, raconte une tragi-comédie sur la guerre 14/18 où un jeune combattant croise la route d'un soldat créateur d'animations et de spectacles pour divertir les combattants qui se terrent dans les tranchées en tentant d'écarter la mort de leur chemin. Un film déjanté, fascinant, porté par deux acteurs qui seront primés par le jury.

Histoire de la Nuit réalisé par Léa Mysius, avec une distribution magique (Hafsia Herzi, Benoit Magimel, Monica Belluci, Bastien Bouillon) nous emporte dans une histoire folle où une mère et son enfant sont confrontés au passé nauséeux qui remonte à la surface et va détruire le fragile équilibre de leur existence... Mais l'amour l'emportera et Ida, la petite fille génialement interprétée par Tawba El Gharchi retrouvera les bras de sa mère et l'amour de son père ! Un film à voir absoluement et qui aurait pu trouver une récompense en ce samedi de remise des prix !

 

Voilà le 79ème Festival du Film qui s'achève. Demain j'assisterai à la projection de la Palme d'Or pour les cannois ce qui me permettra d'avoir un 39ème film (et quel film !) à mon actif.

On peut noter la qualité générale des films présents en cette édition, la variété des genres, la richesse des propos, l'inventivité des réalisateurs et la source inépuisable des scénaristes. Le cinéma est bien ce miracle d'une image animée qui heurte les dures réalités d'un monde figé !

Mais je reviendrai très vite vers vous pour commenter ce palmarès et vous parler des Tics et des Tocs de cette édition !

Bons films à vous et vive le cinéma !

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Festival du Film 2026 : 2ème étape !

Publié le par Bernard Oheix

24 films au compteur en ce mardi 19 mai, pas mal pour une année complexe où la nécessité de jongler avec un emploi du temps bien chargé m'oblige à improviser. Mais c'est la vie d'un festivalier, des rencontres et des émotions, du temps d'attente et de la magie de cette lumière qui s'éteint pour nous immerger dans une histoire qui nous embarque dans l'univers d'une équipe arc-boutée sur son film et sur son désir de nous convaincre !

Réussissent-t-ils... c'est toute la question des heures qui suivent et l'espoir du cinéphile qui s'accroche à son fauteuil pour rêver les yeux grands ouverts !

Dora, une production de la Corée du Sud de July Jung est une plongée dans le monde mystérieux d'une jeune fille atteinte d'une maladie de peau inconnue. Sa famille l'emmène sur une île pour la soigner. Elle va découvrir l'amour tout en étant violentée par l'homme, le peintre pour lequel elle pose, ce même mari de la femme qu'elle aime ! Elle aura le courage de s'extraire de son imbroglio et d'affronter son amour et sa passion !

Film étonnant, admirablement filmé, où les acteurs donnent la pleine mesure de cette ambiguïté entre la réalité et l'espoir !

Moulin était attendu avec une nouvelle prestation de Gilles Lellouche ! Une œuvre sur un héros français de la résistance qui repose au Panthéon. Réalisée par Laslo Nemes, remarquable metteur en scène hongrois déjà lauréat à Cannes d'un grand prix, et oscarisé pour Le fils de Saul. Paradoxe qu'autorise cette machine à rêves du cinéma !

Et la promesse sera tenue tant le film servira la cause de cette résistance incarnée par un Jean Moulin nous fera vibrer. Le chef de la résistance, capturé par un monstrueux Klaus Barbie, un barbare incarnation d'un fascisme sans règles ni humanité, va agoniser sans se trahir ni compromettre cette résistance qu'il incarne contre l'occupant nazi. Un film à voir de toute urgence et un prix spécial à l'horizon, l'histoire nous le dira !

Comment ne pas parler d'un duo de films présenté ce 19  mai en la salle de la Licorne dans la foulée l'un de l'autre et qui illustrent bien cette jonglerie permanente que représente un Festival du Film comme celui de Cannes.

Dans la sélection Un Certain Regard, le film de 19h45 La Mas Dulce de Laila Marrakchi nous emmène sur les traces de Hasna et Meriem qui quittent le Maroc pour subvenir aux besoins de leur famille et s'exilent, sur la base d'un pseudo contrat, vers une Espagne qui a besoin de bras pour ramasser les fraises !

Las, la réalité n'est pas celle qu'elles imaginaient. Maltraitées, esclaves, elle sont privées de leurs droits (avec la complaisance de la police locale et des administrations), nourries et logées dans un véritable camp de travail, et subissent les violences et le viol de la part des propriétaires de la ferme !

Elles vont alors se révolter et mettre en branle une machine pour sauver leur honneur au risque de tout perdre.

Ce combat est émouvant, les actrices sublimes, la cause de ces femmes esclaves nous rend dépendant de leur salut. Et je vous le jure, je ne mangerai plus de fraises espagnoles et vous conseille, même si vous n'avez pas vu ce film, de faire de même !

Portraits sublimes de ces femmes en lutte pour leur liberté !

Et c'est à 22 heures, dans la continuité que nous nous installons pour la dernière séance de cette journée. Un film d'animation, parait-il bizarre, Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas Athané. Bizarre, il le fut dans une explosion permanente de la salle et les rires de connivence des jeunes cinéphiles nombreux.

Une histoire d'hommes Gays, pourchassés par la Gaystapo, des types genrés de masculinité (les velus, les ours, les pectoraux, les trans...) au milieu d'une maladie qui les ronge en les ramenant à un sexe d'origine unique. C'est délirant, jamais vulgaire mais toujours outrancier. Un jeune homme, attiré par Jim, subit les foudres de sa mère, la chef de ce monde où tout est surveillé, contrôlé et qui refuse l'attirance de son fils pour ces hommes et ira jusqu'à déclencher une pandémie chargée de les transformer en êtres normaux.

Réjouissant, merveilleux, plein d'humour et d'amour et permettant de faire voler en éclat nos préjugés et les images toutes faites d'un borderline bien commode pour ne pas voir la réalité !

À programmer, messieurs les responsables de salle de toute urgence même si la tâche ne sera pas facile et que vous risquez de vous heurter à ce que dénonce ce film.

 

Voici donc à l'horizon la fin du festival qui se pointe déjà...4 jours encore pour partir dans les nuits sombres en rêvant de lumières. À partager des moments de gloire ou d'horreur, à tendre l'oreille et à ouvrir les yeux avec la certitude que cela nous éclaire et donne un sens à notre vie !

Le cinéma est le reflet d'un monde bien plus réel que celui de la réalité car il tente en permanence de donner du sens à ce qui en semble dépourvu. C'est une école de la vie et nous sommes à Cannes, dans l'empire de tous les possibles !

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Festival du Film de Cannes : premiere série

Publié le par Bernard Oheix

Après 20 films visionnés, dans ce monde qui perd la raison, il fallait bien que cette 79ème édition nous ouvre des horizons d'espoirs !

Nombres films sont en écho avec les tensions que nous vivons au quotidien, prouvant à l'évidence que les cinéastes sont plongés dans cet univers où les règles d'humanité ont volé en éclat. Pourtant, si de nombreuses créations abordent les problèmes qui nous déchirent, la plupart transcendent le réel pour nous faire rejoindre les lisières d'une lanterne magique, quand le présent est sublimé par la beauté du rêve !

Le 7ème Art autorise, plus que jamais, de s'évader vers des mondes imaginaires où tout devient possible !

La Vénus électrique,  film d'ouverture de Pierre Salvadori, en est un exemple parfait, porté par une distribution où l'on retrouve Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Gustave Kervern et Vimala Pons...

Antoine Balestro, un peintre talentueux, vient de perdre la femme qu'il aimait et ne peut plus créer. Par un concours de circonstance, Suzanne, une femme venu pour le cambrioler, se retrouve dans la peau d'une voyante et va lui redonner le goût de recréer, avec la complicité d'Armand, le marchand d'art du jeune peintre.

Suzanne, exerce le rôle d'une Vénus qui électrise en public des hommes qui l'embrassent et cela les sauvera et scellera leur amour.

Magnifiquement tourné avec des couleurs chaudes, interprété avec sensibilité, le film est un conte de fée qui montre que derrière les malheurs les plus extrêmes, le bonheur peut renaître de ses cendres !

Une belle façon d'ouvrir le Festival du Film en offrant aux spectateurs une promesse d'espoir !

The Match, documentaire de Juan Cabral et Santiago Franco, est un autre exemple de la capacité du cinéma de mêler la vraie vie et ses dessous sanglants. Qui aurait parié qu'à partir de la légende Maradona, l'on rebondirait sur l'histoire des relations entre l'Argentine et l'Angleterre, d'un match de foot à la guerre des Malouines, d'une main de Dieu à la passion d'un peuple meurtri. Et pourtant, ce documentaire est tout sauf ennuyeux, même pour ceux qui n'aiment pas le foot. Il est une plongée étrange dans l'histoire de deux peuples entre les dieux du foot et ceux de la guerre. Passionnant d'ouvrir ces pages d'un passé pas si lointain où nos yeux ne discernaient que l'un des côtés des cartes étalées sur le terrain vert de la passion du ballon rond !

Mais comment ne pas parler des deux bijoux de cette première tranche de la vie d'un festivalier.

En l'occurrence, Soudain, de Hamaguchi Ryusuke, devient l'urgence du moment. Un film de plus de 3 heures sur un Ehpad pouvait effrayer n'importe quel cinéphile et je dois l'avouer, moi en premier. Bien décidé à ne faire qu'un passage dans la salle obscure, je n'ai pas trouvé la force de m'en extraire tant ce film est une passionnante aventure mêlant le baroque et l'exotique, la finesse et l'intolérable. Porté par une Virginie Efira époustouflante (Prix d'interprétation à l'horizon ?), le film gravite autour de la rencontre entre une japonaise, créatrice de spectacles atteinte d'un cancer et Marie-Lou, la directrice de l'Ehpad, passant de l'humour à la tendresse, de l'amour à la compassion. C'est un moment de perfection qui tend la main à l'humanité de ceux que l'âge rejette et qui redonne de la fierté à tous ceux que l'on ne voient plus !

Un coup de coeur tout comme, dans un genre très différent,  Sanguine de Marion Le Corroler.

Une interne (Margot) arrive dans un service d'urgence dirigé d'une main de fer par Hélène, (Karim Viard). Derrière cette mécanique de soins implacables où la pression est permanente, elle ressent d'étranges troubles, perd du sang et voit apparaître de mystérieux symptômes inexpliqués sur sa peau. Elle constate que de nombreux malades, tous jeunes, vivent le même drame et des flambées de violence dans le déni du personnel médical du service.

Elle va se mettre en chasse afin de comprendre les origines de ces excroissances squameuses et de la disparition du sexe chez les bébés qui naissent. Tout cela dans le refus de sa chef et dans son corps qui se dégrade.

Il y a un parfum de pandémie qui remonte chez le spectateur, une prise directe sur un "hantavirus" démoniaque et un cri d'horreur sur ce monde qui ne peut plus nous protéger.

Un film tourmenté, acide, avec des images d'un monde d'horreur qui touchent nos corps directement et conjugue au présent des peurs planétaires !

Enfin comment ne pas parler de 2 pépites qui ne rendent pas la vie plus rose mais démontent les mécanismes de l'aliénation. La première réalisée par Géraldine Nakache (Si tu penses bien) pose le regard de Gil (Monia Chokri) sur un homme qu'elle rencontre et dont elle tombe amoureuse. Las, le Jacques (Niels Schneider), objet de son désir, va s'avérer, au fil de leur relation, comme un redoutable prédateur qui va l'enfermer dans dans son univers de manipulations et sa logique de pervers. Mais Gil a de la ressource et quand son monde s'effondre, elle va trouver la ressource de se révolter. Un film à voir absolument pour mieux affronter son présent quand il se dérègle !

Et pour terminer ce premier jet sur les débuts d'un beau Festival de Cannes, une oeuvre monumentale en compétition réalisée par le hongrois Laszlo Nemes sur un héros de la résistance bien français, Jean Moulin incarné par un Gilles Lellouche au top de ses nombreuses présences dans les différentes sélections. On redécouvre à travers ce film l'infamie de la Gestapo, de l'oppression nazie et le courage de ce résistant qui finira au Panthéon, tout comme l'absolue abjection d'un Klaus Barbie qui sera jugé, bien après la guerre, extirpé de son refuge d'Amérique du Sud pour finir ses jours dans une geôle française !

Un film pour retrouver les traces de nos parents, du cauchemar qu'ils ont vécu, de l'inhumanité de la guerre mais aussi du courage de ceux qui s'érigent en résistant à l'oppression !

Allez, je vais aller me replonger dans les salles obscures, courir après l'image juste, affronter la longueur des films qui s'étirent outrageusement en dépassant avec constance les deux heures de projection, toujours à la recherche de l'émotion au service d'une histoire de qualité, qu'elle soit vraie ou inventée, pour ceux et celles qui tentent de décrypter le monde !

Merci à vous les réalisateurs, scénaristes et acteurs et actrices qui nous permettent de rêver en nous ouvrant des fenêtres dans l'horizon de nos destinées !

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2 Films et deux coups de coeur : From Gaza with Love et Tatami !

Publié le par Bernard Oheix

Dans cette période délétère, quand toutes nos certitudes volent en éclats, il reste des moments de grâce que le temps ne peut effacer. C'est l'Art (et le 7ème en particulier !) qui peut encore éclairer d'un rayon notre quotidien et donner un sens à nos interrogations.

Deux films superbes, branchés sur cette agonie des temps modernes, nous le confirment encore, comme si l'avenir pouvait encore s'ancrer sur les vestiges du passé.

C'est deux films sont : Tatami, généré par la complicité entre une Iranienne (Zar Amir Ebrahimi) et Guy Nativ, un réalisateur Israélien. Le second est une oeuvre collective, produit d'une alchimie entre des individus et des acteurs de ce monde en déliquescence et qui tourne dans des salles, hors du système, et son titre, From Gaza with love, nous invite à plonger dans ce monde qui nous cerne et s'invite  quotidiennement sur nos écrans pour des informations qui jonglent avec l'horreur !

Tatami est un film en noir et blanc de 2023. il s'inspire de l'histoire vraie de Saied Mollaei qui, champion Iranien en titre de judo, en 2019, ne jouera pas sa finale devant un combattant Israélien et n'obtient que la médaille de bronze sans être monté sur le tatami pour l'affronter !

En noir et blanc, transposée chez les féminines, le film nous conte l'histoire de Leila Hosseini et de son entraineuse Maryam Ghanbari, qui au championnat du monde de Tbilissi, visent la victoire et la médaille d'or. C'était sans compter sur les despotes du régime qui ne peuvent accepter l'hypothèse d'une défaite devant la concurrente Israélienne et exigent qu'elle déclare forfait en simulant une blessure.

Mais la passion du sport et de le goût enivrant de la victoire, et le sentiment d'un sacrilège dans cette volonté de refuser d'affronter ses adversaires ne pourra que la pousser à transgresser les ordres reçus.

Derrière ce tatami, c'est la vie de sa famille qui est en jeu, le sort de ses parents. Mais le sport et la rage de vaincre vont l'emporter après bien des vicissitudes et une crise entre son entraineuse paniquée et ses propres peurs.

C'est une ode à la Liberté, au courage et au refus de sombrer dans l'anonymat des sans espoirs. Le sport offre bien cette lucarne qui peut encore dessiner un destin de vie qui permet de rêver d'un monde meilleur !

Bravo au tandem de réalisation du film, une Iranienne et un juif, qui prouvent que les barrières peuvent s'évanouir devant les certitudes d'une humanité qui pose des interrogations et refuse la loi de ceux qui les transgressent en leur imposant leur vérité !

Un film à voir dont vous sortirez éblouis et en haleine !

Vive le cinéma et le sport, non à la guerre et aux croyances vaines !

From Gaza vith Love, est un OFNI, Objet Filmique Non Identifié, produit et réalisé par Charles Villa, journaliste interdit de séjour à Gaza, et son complice Suhail Nassar, un Gazaoui vivant dans l'enfer d'une ville subissant d'atroces bombardements, et qui s'est donné la mission de filmer avec son portable les enfants de Gaza comme un rayon d'espoir.

Le film enchaîne ces séquences produites par le choc des images dépeignant l'atrocité de la guerre et le merveilleux du sourire et des larmes d'enfants qui survivent envers et malgré tout à l'enfer déclenché par les israéliens sur leur territoire.

Suhail correspond avec son complice français par messages et vidéos et dévoile la réalité de leur vie, le manque de subsistance, l'écroulement de leur habitat dans des rituels parfaitement composés par l'agresseur, la disparition de toutes les certitudes et l'espoir malgré tout d'un sourire enfantin, du pleur d'une petite fille qui refuse de fuir, aux larmes d'un garçon qui peut enfin dévorer une friandise.

Aucune atrocité commise ne peut justifier celle qui est en train de se vivre, et la disparition sous les gravas d'une institutrice, mentor de Suhail, des parents et des amis, les drones incessants qui ronronnent leur litanie en déversant leur messages mortuaires sont une réalité que nous touchons du doigt grâce à la connivence des échanges entre Charles Villa et Suhail Nassar.

Ce film n'ayant pas de distributeur, a été présenté par un des membres de la production, dans une séance spéciale au Cinéum de Cannes. C'est Karim Laudanski, un des producteurs de cet incroyable témoignage, qui s'est chargé de l'opération, les journaux l'ayant ignoré. Ce Cannois d'origine, a réussi l'exploit de remplir une salle et de nous faire partager des émotions, qui loin d'un documentaire classique, nous a emporté dans un monde de réalité et d'atrocité sans précédent.

Bravo à toute l'équipe de nous permettre de mieux comprendre ce qui se dissimule derrière des mots pour, par l'image, nous faire entrer dans le monde de la réalité d'un conflit qui heurte les lois les plus élémentaires de l'humanité.

Cet OFNI est un chef d'oeuvre et il est urgent et indispensable de donner un écho à Suhail Nassar et à Charles Villa qui tentent de panser les plaies du monde en les dévoilant. Les soutenir en visionnant le film, c'est aussi un moyen de calmer les aigreurs de l'horreur de cette guerre innommable !

Il sera bientôt disponible sur Youtube, gratuit et sans publicité, encore une manière de nous empêcher de dire "on ne savait pas".

 

À voir et à revoir !

 

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Des rayons, des ombres et la voix des corses !

Publié le par Bernard Oheix

2 films et un concert. La passion du cinéma omniprésente et l'amour de la musique, surtout quand elle est portée par la voix d'un duo de corses enchanteurs !

C'est toujours cette passion de l'image et du son qui m'étreint et me pousse à fuir le monde réel pour me réfugier dans l'univers d'une culture sans frontières.

Et quand les horreurs de la guerre s'éteindront, il restera toujours la trace de ceux qui tentent de comprendre le monde et de le parer des atours de la beauté !

Les Rayons et les Ombres est un film de Xavier Giannoli dont les 3h15 de durée pouvait faire craindre le pire...jusqu'à le découvrir pour le meilleur.

Dans les années 40, Jean Luchaire, pacifiste convaincu, se lie d'amitié avec Otto Abetz représentant des forces occupantes et tente de trouver une voie entre les horreurs de la guerre et l'occupation Nazie qui investit un Paris étouffé sous la botte allemande.

De sa volonté sincère de trouver un juste milieu aux extrêmes que le présent lui fait subir, de son amitié avec Otto qui au fil du temps se fait gangrener  par l'autoritarisme d'un Hitler, il reste le plaisir de vivre, de consommer des boissons dans des cocktails de privilégiés, de fuir le présent pour s'inventer un rôle de médiateur dans une collaboration qu'il souhaite plus humaine.

Tuberculeux, sa fille Corinne qu'il aime passionnément atteinte elle aussi de ce mal qui les ronge, il sombre dans l'inconscience d'une vie à tout prix, fonde un journal collaborationniste, flirte avec Pétain et refuse de voir la réalité !

Jean Dujardin est éblouissant dans ce rôle complexe entre l'ambiguïté et le paroxysme et nous interroge sur le rôle que nous aurions choisi si le passé nous rattrapait pour nous infliger un choix de vie à composer.

Et les excès de la libération et de la chasse aux collabos, son exécution, viennent conclure un réquisitoire contre les facilités, toutes les facilités d'un monde qui se déchire et abandonne les individus à leurs destins funestes !

C'est un film qui nous oblige à regarder les acteurs d'une tragédie en perdition avec nos convictions et refuse de jeter la pierre sans considérer le tragique des errances humaines dominées par les passions et le désir d'exister malgré tout !

 

Dark Waters est un film de Todd Haynes, qui retrace le chemin d'un avocat, Robert Bilott, engagé, par un concours de circonstances, dans un combat contre le géant industriel De Nemours, acteur d'une pollution catastrophique, sciemment dissimulée aux habitants dévorés par le mal afin de préserver les bénéfices gigantesques d'un produit, le Téflon, révolutionnaire mais aux effets catastrophiques sur la santé.

C'est une fiction admirablement ancrée dans la réalité, une histoire vraie qui prend la dimension d'un film à suspense, où tous les travers d'un univers de profits sans foi ni lois se confronte à l'inconscience et au refus de comprendre par une clique de d'apprentis sorciers qui ne peuvent saisir le monde qu'aux forceps d'un capitalisme sauvage.

Et ce sont eux qui nous ont légué une société où le déséquilibre climatique, la pollution et tous les travers actuels d'une humanité en marche vers des frontières délétères obèrent l'espérance de vie de nos enfants et des générations à venir.

Film fascinant...mais angoissant à consommer avec modération pour garder la tête froide et un espoir d'avenir !

 

C'est à Valbonne,  charmant village accroché aux contreforts des collines au-dessus de Cannes, que le Duo Fiuminale  s'est produit dans le cadre intimiste d'une église parée de lumières et de vitraux afin de faire partager les voix d'une Corse de beauté.

Maxime Merlandi et Jean-Philippe Guissani, deux  chanteurs  qui ont partagé l'aventure de Barbara Fortuna et joué sur les scènes du monde entier ces polyphonies qui ont séduit les mélomanes, offrent un concert de proximité, une guitare et deux voix en reprenant des succès de leur répertoire, mais aussi des comptines, des ritournelles connues, tout un panorama d'une musique qui parle au coeur et dessine un monde d'amour et d'amitié.

Au-delà de ces voix qui touchent au coeur, de ces musiques qui parlent à l'universel, il y a deux êtres attentifs à nous faire partager leur amitié, leur espérance d'un bonheur de rencontre !

Et si j'ai un conseil à vous donner, si vous avez envie de toucher du doigt cette ile mystérieuse et de mieux la comprendre, précipitez-vous au concert de Fiuminale, vous sentirez les senteurs d'un maquis chargé d'amour !

Pace e Salute

 

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Anthéa Sogno, le théâtre en amour !

Publié le par Bernard Oheix

C'était il y a bien longtemps, directeur de l'Évènementiel au Palais des Festivals de Cannes, j'entamai mon parcourt de fond, plus de 3000 spectacles programmés en 22 ans de carrière, avec les surprises et les coups de coeur que seule la culture peut offrir.

Anthéa Sogno était toute jeune et en train de créer sa compagnie, avec la perspective de fonder son Théâtre à Monaco.

Elle était une femme de passion dévorée par l'amour des textes et le jeu de scène qui la transportait dans ses mondes imaginaires où elle jonglait avec le temps !

C'était il y a si longtemps... quand les chemins de la vie nous réservent tant de surprises et que l'espace semble se réduire à un but final, conquérir le public et l'ouvrir à des horizons nouveaux !

Mais le temps a passé...

Anthéa Sogno, le théâtre en amour !

C'est quand j'ai vu que Andrée-Claire Liège, la présidente de l'Association Culturelle du Val de Siagne programmait, parmi tant de nouveautés, une certaine Anthéa Sogno dans un Sacha Guitry intime, que les souvenirs sont remontés à la lisière de ma conscience, chargés du parfum de ces années folles où tout était possible dans le culture quand la passion était présente !

Ce lieu atypique géré par des bénévoles attachés à faire vivre l'arrière pays d'une ville de Cannes flamboyante (j'y avais retrouvé Louise Doutreligne et Jean Luc  Paliès dans l'excellent La cabanne de l'architecte il y a 2 mois) et une bénédiction pour ceux qui aiment encore le vent de la créativité.

Et je m'étais promis de venir à la rencontre de mon passé afin de retrouver cette Anthéa que j'avais perdue de vue.

Bien m'en a pris !

Sacha Guitry, né en 1885 à Saint-Pétersbourg, va créer 136 pièces de théâtre et tourner 36 longs-métrages avant de décéder en 1957 à l'âge de 72 ans

Flamboyant séducteur aux multiples femmes stars de la scène (5 épouses légitimes dont Yvonne Printemps et Jacqueline Delubac et d'innombrables maitresses) avait épousé, mais sans la marier, une sixième compagne : sa secrétaire Françoise  Choisel, qui pendant 32 années, lui offrit ses services, sa patience, son talent pour retranscrire les jaillissements d'un cerveau en perpétuelle ébullition et immortaliser sur sa machine à écrire, la fièvre effrénée d'un homme dévoré par ses créations.

C'est une vie dans son ombre qu'elle conclut en écrivant ses propres mémoires (sous impulsion de Sacha lui-même !) afin d'immortaliser la facette d'un Guitry hors du cercle des lumières et des ovations de ses salles de spectacles où il créait  sans cesse l'évènement.

Anthéa Sogno c'est inspiré de ses mémoires pour camper un Guitry qui traverse le temps.

Seule en scène, elle passe de Françoise Choisel à Sacha Guitry avec sobriété et brio. Émouvante, ironique, transmetteuse d'un personnage de légende qui illumina ce siècle de toutes les tragédies, des 2 guerres mondiales aux crises économiques, de l'accusation injuste dans son cas, d'une collaboration avec les nazis, avant de renaître de ses cendres lavé de tout soupçons.

Dans un décor minimaliste mais chatoyant, à base de rouge et de lumières, Anthéa jongle avec les personnages et dévoile cet amour de la scène et du texte qui l'a toujours sublimé. Elle nous permet de renouer avec les pages d'une histoires prestigieuse, celle d'un monde de culture traversant les épreuves et réactualisant l'histoire des hommes et femmes qui ont forgé l'identité d'une culture de la France ouverte sur le monde.

Et le public ne s'y est pas trompé, l'acclamant en une belle et émouvante ovation bien méritée !

Anthéa Sogno a crée et gère le Théâtre des Muses à Monaco depuis près de 25 ans. Elle s'est entourée d'une équipe de passionnés et produit des spectacles ancrés dans cette culture des textes et des personnages qui ont illuminé les scènes du monde.

Elle est un vecteur d'intelligence et de mémoire et son théâtre un lieu de rendez-vous pour ceux qui veulent vibrer aux accents d'une voix enchanteresse.

Merci à toi Anthéa et que vive le spectacle !

Et si j'ai un dernier conseil, rendez-vous devant le spectacle Victor Hugo, mon amour, dont elle en est à la 850ème présentation, toujours avec le même succès et le même enthousiasme !

Et si j'ai un dernier conseil, rendez-vous devant le spectacle Victor Hugo, mon amour, dont elle en est à la 850ème présentation, toujours avec le même succès et le même enthousiasme !

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En attendant mieux !

Publié le par Bernard Oheix

Quelques petits (gros) problèmes de mon ordinateur m'imposent de prendre un peu de temps avant de vous parler de l'excellence des films qui tentent de lutter contre la médiocrité ambiante, la déraison des dirigeants du monde et l'intolérable situation que nous vivons !

Et pourtant, du génie des hommes de culture naissent des oeuvres fortes, des sujets passionnants qui nous transportent dans le monde des idées, si riche en regard des balbutiements d'une classe politique atone, des extrémismes qui se déchainent en roue libre et du sentiment d'expropriation que l'homme et la femme vivent dans leur chair.

Oui, il existe encore des passeurs de rêves, des fabricants d'harmonie et des forgeurs d'une société où l'amour, la fidélité et leur contraire sont des étalons d'une société en marche !

Mais à l'heure où des élections vont faire valser la raison dans les troubles des abysses de la déraison, portons encore et toujours, pour tous ceux que l'on aime, l'espoir d'un sursaut de l'intelligence devant les excès de l'incohérence et de l'abjection.

Croyons encore, tant que nous le pouvons, au pouvoir de la clairvoyance sur l'ignominie de ceux qui nous mèneront à la perte de nos valeurs fondamentales !

Oui, l'amour se mérite et la haine se subit...

À vous de jouer dans les court des grands, ceux qui lèvent leurs yeux vers un horizon de beauté.

Et peut-être que notre salut viendra du refus de la bêtise et d'une fraternité à retrouver entre les hommes et femmes de bonne volonté.

L'avenir (si proche) nous le dira !

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