De Gaulle, J'écris ton nom !
Combien j'ai aimé le 1er volet de cette saga ! Et c'est avec impatience et émotion que je me suis présenté pour le 2ème volet, après La Bataille De Gaulle, J'écris ton nom, où le parcours de De Gaulle jusqu'à la fin de la guerre, dans un monde qui s'est embrasé...
Dans le noir complice, j'attends de voir le pinceau lumineux embraser l'écran afin de mieux comprendre ce monde dans lequel nos parents ont grandi et dont nous n'avions observé que les traces encore visibles des stigmates d'une guerre. Plus tard, c'est à l'école que nous avions partagé les bribes d'un savoir et dans la personnalité d'un De Gaulle, président de la république, que notre jeunesse refusait d'accepter, celui-ci représentant un monde déchu en train de s'échouer sur les rives d'une révolution étudiante, comme le symbole d'un passé qui n'était pas le nôtre !
Et l'écran s'est illuminé pour me permettre de mieux l'accepter après tant d'années, un demi-siècle qui avait perdu de ses lumières, des dizaines d'années qui nous avaient fait passer de l'âge de l'innocence à celui d'un réalisme crû sur le regard d'un monde à la dérive que nous avions été incapables de construire !
Simon Abkarian, en De Gaulle plus vrai que nature, plonge dans ce 2ème volet, dans la problématique d'un embrasement général. Et curieusement, l'aspect intimiste du premier volet, se fait rattraper par une mise en scène exubérante, des images d'une guerre flamboyante dans une super production ostentatoire.
Cette option dans le 2ème volet fait que l'histoire s'estompe dans des images dignes d'une saga hollywodienne, au détriment d'un propos mesuré sur une période qui ne l'était pas.
Les scènes de guerre et le personnage de Leclerc sont symptomatiques de ce décrochage. Leclerc en est une caricature, lui qui dans le film ressemble à un alien...
Et si nous nous posions des questions sur la véracité du 1er volet, dans ce nouvel opus, les questions sont innombrables notamment autour du rôle de Roosevelt et de la position des américains par rapport à la France. L'Amgot et son projet de découpage de la France, une invention de scénaristes ou le reflet de l'histoire ?
Dans J'écris ton nom, ce n'est plus notre passé qui est en jeu, mais bien un film qui veut se vendre et va récolter les fruits d'une véritable saga... et cela a marché, les millions d'entrées en sont la preuve !
Que les scénaristes soient brillants et qu'Antonin Baudry le réalisateur un grand cinéastes est une chose, mais partir d'une réalité et plonger dans une fiction est regrettable !
J'avais passionnément aimé le premier volet d'un De Gaulle qui me replongeait dans mon histoire, je n'ai que modérément apprécié ce J'écris ton nom qui me semble trop prendre de liberté avec ce nom : Liberté !
Voilà donc un constat qui ne m'empêche pas d'avoir vu avec plaisir cette oeuvre : c'est un beau film en 2 volets, le premier comme un souffle du passé, le 2ème comme un film d'aventures qui se laisse regarder... comme un film d'aventures !