2 Films et deux coups de coeur : From Gaza with Love et Tatami !
Dans cette période délétère, quand toutes nos certitudes volent en éclats, il reste des moments de grâce que le temps ne peut effacer. C'est l'Art (et le 7ème en particulier !) qui peut encore éclairer d'un rayon notre quotidien et donner un sens à nos interrogations.
Deux films superbes, branchés sur cette agonie des temps modernes, nous le confirment encore, comme si l'avenir pouvait encore s'ancrer sur les vestiges du passé.
C'est deux films sont : Tatami, généré par la complicité entre une Iranienne (Zar Amir Ebrahimi) et Guy Nativ, un réalisateur Israélien. Le second est une oeuvre collective, produit d'une alchimie entre des individus et des acteurs de ce monde en déliquescence et qui tourne dans des salles, hors du système, et son titre, From Gaza with love, nous invite à plonger dans ce monde qui nous cerne et s'invite quotidiennement sur nos écrans pour des informations qui jonglent avec l'horreur !
Tatami est un film en noir et blanc de 2023. il s'inspire de l'histoire vraie de Saied Mollaei qui, champion Iranien en titre de judo, en 2019, ne jouera pas sa finale devant un combattant Israélien et n'obtient que la médaille de bronze sans être monté sur le tatami pour l'affronter !
En noir et blanc, transposée chez les féminines, le film nous conte l'histoire de Leila Hosseini et de son entraineuse Maryam Ghanbari, qui au championnat du monde de Tbilissi, visent la victoire et la médaille d'or. C'était sans compter sur les despotes du régime qui ne peuvent accepter l'hypothèse d'une défaite devant la concurrente Israélienne et exigent qu'elle déclare forfait en simulant une blessure.
Mais la passion du sport et de le goût enivrant de la victoire, et le sentiment d'un sacrilège dans cette volonté de refuser d'affronter ses adversaires ne pourra que la pousser à transgresser les ordres reçus.
Derrière ce tatami, c'est la vie de sa famille qui est en jeu, le sort de ses parents. Mais le sport et la rage de vaincre vont l'emporter après bien des vicissitudes et une crise entre son entraineuse paniquée et ses propres peurs.
C'est une ode à la Liberté, au courage et au refus de sombrer dans l'anonymat des sans espoirs. Le sport offre bien cette lucarne qui peut encore dessiner un destin de vie qui permet de rêver d'un monde meilleur !
Bravo au tandem de réalisation du film, une Iranienne et un juif, qui prouvent que les barrières peuvent s'évanouir devant les certitudes d'une humanité qui pose des interrogations et refuse la loi de ceux qui les transgressent en leur imposant leur vérité !
Un film à voir dont vous sortirez éblouis et en haleine !
Vive le cinéma et le sport, non à la guerre et aux croyances vaines !
From Gaza vith Love, est un OFNI, Objet Filmique Non Identifié, produit et réalisé par Charles Villa, journaliste interdit de séjour à Gaza, et son complice Suhail Nassar, un Gazaoui vivant dans l'enfer d'une ville subissant d'atroces bombardements, et qui s'est donné la mission de filmer avec son portable les enfants de Gaza comme un rayon d'espoir.
Le film enchaîne ces séquences produites par le choc des images dépeignant l'atrocité de la guerre et le merveilleux du sourire et des larmes d'enfants qui survivent envers et malgré tout à l'enfer déclenché par les israéliens sur leur territoire.
Suhail correspond avec son complice français par messages et vidéos et dévoile la réalité de leur vie, le manque de subsistance, l'écroulement de leur habitat dans des rituels parfaitement composés par l'agresseur, la disparition de toutes les certitudes et l'espoir malgré tout d'un sourire enfantin, du pleur d'une petite fille qui refuse de fuir, aux larmes d'un garçon qui peut enfin dévorer une friandise.
Aucune atrocité commise ne peut justifier celle qui est en train de se vivre, et la disparition sous les gravas d'une institutrice, mentor de Suhail, des parents et des amis, les drones incessants qui ronronnent leur litanie en déversant leur messages mortuaires sont une réalité que nous touchons du doigt grâce à la connivence des échanges entre Charles Villa et Suhail Nassar.
Ce film n'ayant pas de distributeur, a été présenté par un des membres de la production, dans une séance spéciale au Cinéum de Cannes. C'est Karim Laudanski, un des producteurs de cet incroyable témoignage, qui s'est chargé de l'opération, les journaux l'ayant ignoré. Ce Cannois d'origine, a réussi l'exploit de remplir une salle et de nous faire partager des émotions, qui loin d'un documentaire classique, nous a emporté dans un monde de réalité et d'atrocité sans précédent.
Bravo à toute l'équipe de nous permettre de mieux comprendre ce qui se dissimule derrière des mots pour, par l'image, nous faire entrer dans le monde de la réalité d'un conflit qui heurte les lois les plus élémentaires de l'humanité.
Cet OFNI est un chef d'oeuvre et il est urgent et indispensable de donner un écho à Suhail Nassar et à Charles Villa qui tentent de panser les plaies du monde en les dévoilant. Les soutenir en visionnant le film, c'est aussi un moyen de calmer les aigreurs de l'horreur de cette guerre innommable !
Il sera bientôt disponible sur Youtube, gratuit et sans publicité, encore une manière de nous empêcher de dire "on ne savait pas".
À voir et à revoir !
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