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Au coeur de Jaisalmer la ville dorée

Publié le par Bernard Oheix

Il existe deux grandes fêtes en Inde. Une à l’automne, la fête des lumières, et une au printemps, La Holi fête, celle des couleurs. Et nous avons eu la chance et le privilège de la vivre en direct à Jaisalmer, une cité imposante fortifiée aux portes du désert, perchée sur un piton. 

La veille, on brûle des feux dans les rues, autour d’arbres et de mandalas, et le lendemain, tout le monde s’asperge de couleurs et finit dans un immense rituel païen autour de l’eau !

Il faut une tenue spéciale pour cela, un ensemble tunique et pantalon blanc acheté dans une boutique au prix de de 4€ mais qui ne servira qu’une fois au vu de son état. Dans les rues, les hommes à trois sur des motos, vont de maison en maison et peinturlurent leurs amis de poudre fine de toutes les couleurs de l’arc en ciel. Les visages se parent des couleurs les plus diverses, vert, violet, rouge et jaune et bientôt, l’eau projetée avec des canons ou des seaux, vient mélanger les couleurs pour offrir une vision d’apocalypse qui ne déparerait pas un film d’horreur. Les femmes ne sont pas les dernières à se défouler sur les hommes, les trottoirs se teintent de rouge et des chants magnifiques montent dans le ciel. 

Il y a de la magie dans l’air, pas d’agressivité et des rires complices qui résonnent dans les rues.  C’est la Holi Fête à Jaisialmer, et nous y étions par le plus heureux des hasards.

 

Au coeur de Jaisalmer la ville dorée

L’après-midi, après avoir tenté (vainement) de nous nettoyer, nous avons repris notre estafette pour rejoindre la porte du désert et enjamber un dromadaire qui nous mènera dans les dunes de sable d’un authentique désert où nous avons assisté au coucher du soleil dans les sons plaintifs d’une flute indienne, perdus dans un erg entre deux mondes. 

Après le bruit et l’agitation du matin, le calme et la sérénité de la nature inviolable. Une journée comme l’on en rêve, entre le sacré et l’humain, entre le passé et le présent, comme si le monde pouvait se parer des couleurs d’une harmonie intemporelle. 

L'air vivifiant tranchait avec la pollution des grandes villes et quelques gazelles détalant dans les dunes nous rappelaient que la nature reprend ses droits dès que l'homme baisse sa garde et cesse de la maltraiter. L'Inde sacrée c'est aussi l'apprentissage de ce conflit violent avec la nature qui voit s'opposer la fourmilière humaine à la grandeur souveraine de la terre.

Au coeur de Jaisalmer la ville dorée

Et le fort s’ouvrira à nous. Une enceinte fortifiée de plus de deux kms avec 99 bastions et 4 portes, totalement préservée, érigée au XIIème siècle, où s’entassent plus de 2500 habitants. Elle est nimbée d’une couleur rouge, reste de la Holi Fête comme une trace de la passion des hommes célébrant le printemps. Imposante, elle domine la ville nouvelle harmonieusement construite sur les teintes et les formes de la citadelle. Elle porte bien son nom de ville dorée, cette cité, trait d’union entre le désert et les montagnes, et elle reste un témoin de l’ingéniosité des hommes échappant au temps !

Les traces des épopées sanglantes sont encore vivaces, temps des invasions et des guerres entre les maharajas, luttes permanentes pour des morceaux de territoires disputés à coups de raids armés.

Il est surprenant de voir comme, à l'époque où les cultures du "vieux mondes" émergeaient de la nuit, la civilisation indienne était riche d'une culture et d'un art de vivre bien supérieurs aux balbutiements de la culture occidentale de ces XI et XII siècle !

 

Allez, la route de Jodhpur, la ville bleue, nous attend au bout d'un ruban de bitume qui alterne des portions refaites à neuf et des bouts défoncés sur lesquels nous dansons avec l'estafette. Plus que  300 kms avant de retrouver le bruit et la fureur d'une grande métropole.

Au coeur de Jaisalmer la ville dorée

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