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Fin de voyage... le Kerala

Publié le par Bernard Oheix

This is the end... comme pourrait le chanter Jim Morrison. Une fin de voyage dans le calme et la sérénité d’un état verdoyant et étonnant. Imaginez après l’âpreté de notre rencontre avec Venarasi, l’avion pour Kochi via Mombay, et le changement brutal à l’atterrissage. Un climat tropical, chaud et humide, des arbres qui envahissent le moindre espace, cocotiers, hévéas, palmiers... les montagnes plongeant dans l’océan Indien. 

Dans les rues, des drapeaux rouges au marteau et à la faucille faseyent dans le vent. Le Kerala est un état de l’Union Indienne qui est géré depuis les années 50, en alternance, par le parti de Ghandi et par un parti communiste qui a décidé que l'idéologie marxiste permettrait d’avoir aussi bien les oranges que le socialisme (gag !).  Actuellement, ils ont repris le pouvoir par les urnes et gèrent avec intelligence un des états les plus riches de ce pays. Comme quoi, le communisme est parfois soluble dans le thé massala !

Et il faut reconnaitre que cela a l’air de marcher. Pas de pauvreté apparente, des rues propres, des gens aimables et souriants, des maisons aux couleurs pimpantes. Une quiétude et une nonchalance même si la circulation reste un problème que seuls les locaux sont en mesure de contrôler.

 
Fin de voyage... le Kerala

Après un détour vers les hauteurs (1500 mètres d’altitude), les pentes noyées dans les champs de thé et d’épices, nous redescendons en longeant d’immenses rizières pour aboutir dans les backwater’s, un territoire gigantesque classé au patrimoine de l’humanité, entre l’eau douce et l’eau salée, entre l’océan indien et l’eau qui ruisselle des montagnes pour former un delta gigantesque où la terre et l’eau s’épousent en fusionnant avec le ciel.

Sur notre bateau de confort, des cabines pimpantes, un équipage de 3 personnes attentionnées, un pont qui s’ouvre sur la nature où nous prenons le temps de vivre au rythme lent du bateau qui emprunte des canaux serpentant entre deux haies d’une végétation luxuriante.

Femmes qui lavent leur linge en le frappant contre des roches, enfants qui pêchent avec des bâtons, vieux qui contemplent l’eau miroiter sous un soleil étouffant, quelques villages accrochés a des pans de terres, des oiseaux et des fleurs aquatiques, la vie s’écoule au fil de l’eau calme et du temps serein !

Fin de voyage... le Kerala

Une dernière escapade vers les plages immenses de l’océan Indien, un retour à Kochi pour quelques monuments à visiter et un dernier shopping dans des petites ruelles 

colorées.

Et bien naturellement, avant de prendre l’avion, un spectacle de Kathakali dans le centre culturel de la ville, une première partie en forme de démonstration des techniques utiisées ( mouvements des yeux, grimaces, mimes des émotions diverses) et une démonstration par une pièce sur les amours contrarié, au jardin du paradis, d’un jeune homme en proie à un démon qui se dissimule sous les traits d’une femme ! Mais le mal sera découvert et le bien triomphera !  

Et l’avion à 4h20 d’une nuit qui nous ramènera par Dubaï vers les rivages de notre Méditerranée.

Le voyage en Inde est terminé. Il reste à digérer cette somme incroyables d’images, de couleurs et de sons. Il reste à tout remettre en ordre. Mais je sais bien que plus jamais je ne pourrais entendre parler de l’Inde, évoquer ce pays et son histoire, sans qu’il se déclenche un mouvement violent en moi. L’Inde n’est pas qu’une destination normale, un voyage de plus... c’est avant tout, une rencontre avec soi-même et une interrogation sur la vie et la mort.

Et c’est bien là un thème, qui a notre âge, résonne fortement en nous !

 
Fin de voyage... le Kerala

Merci à Cannes Azur Voyages de l'avenue Francis Tonner à La Bocca d'avoir si bien compris le voyage dont nous rêvions et de l'avoir mis en musique.

Merci à la SITA, l’agence Indienne qui a organisé localement notre séjour si magnifiquement.

Merci aux divers guides et conducteurs dans les étapes diverse de notre séjour, avec une pensée émue pour Prem qui aura passé deux semaines avec nous. 

Et surtout, merci aux innombrables indiens qui nous ont fait des sourires, des gestes de bienvenue avec la main, qui nous ont regardés dans les yeux avec de la bienveillance, qui ont échangé tout au long de ces 3 semaines en anglais ou dans des langues incompréhensibles... mais dont la gentillesse profonde s'affichait sur leur visage et dans leurs attitudes.

Dans les restaurants, dans la rue, sur les lieux si beaux que nous avons visités, il nous ont accueillis comme des invités et non comme des gêneurs !

Namaste... et à bientôt l’Inde !

Après le Rajasthan, l’Utar Pradesh et le Kerala, il nous reste encore 25 régions à découvrir !

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Vanarasi... l'expérience limite !

Publié le par Bernard Oheix

C’est sur le quai de la station d’Agra que Prem nous a quitté. Sans aucun doute avec un petit soulagement et la satisfaction du devoir accompli. Prem, c’est notre guide, celui qui a pendant deux semaines partagé notre vie, eu notre destinée dans ses mains et qui nous a ouvert les portes de l’Inde d’hier et d’aujourd’hui. Il nous a accompagné à chaque instant de notre périple du Rajasthan avant de nous livrer à la furie des trains indiens nous emportant vers Vanarasi. Il a dû retrouver sa femme et ses deux enfants et je suis persuadé qu’il a emporté un peu de nous avec lui, comme nous garderons à jamais son image de gentleman charmeur. Tous les matins, il arrivait dans une chemise parfaitement repassée (mais où les cachait-il dans sa petite valise ?), il prenait le petit déjeuner avec nous, montait dans le car et attaquait un thème de l’histoire de son pays dont il était si fier... les dieux et les légendes, les maharajas et leurs épouses,  les satis, le créateur du Taj Mahal et sa vie de légende, l’incroyable histoire de la belle Padmani et de son reflet entraperçu par un empereur voisin qui déclencha la guerre pour la posséder, la colonisation anglaise, les invasions musulmanes et mogholes, le processus des castes et sa fierté d’être un guerrier... Sa voix douce d’un français suave nous emportait dans les mythes et les réalités d’une Inde vivante transcendée par le sacré. Merci à toi Prem, de nous avoir transporté sur les ailes de ton savoir et de nous avoir permis de plus aimer encore cette Inde qui nous fascine !

Vanarasi... l'expérience limite !

Vanarasi, l’ex-Bénares, la ville sainte de l’Inde. Et tout de suite, le choc, violent, incompréhensible. Notre hôtel est situé au début des «ghats», ces immenses quais qui plongent vers le Gange en paliers, ce fleuve divinité pour les Hindous au bord duquel on vient se faire incinérer. La nuit tombe, en canot, nous suivons la courbe paresseuse du fleuve où les fidèles et les touristes se pressent afin d’assister à l’invocation rituelle de la déesse Gange. Tous les soirs, à la tombée de la nuit, une cérémonie a lieu et la concurrence est féroce pour attirer le chaland. Cinq jeunes prêtres, en habits de cérémonie, entament une longue prière, dans le bruit des cloches, crécelles et percussions qui soulignent leur voix en canon. Sur le ghat d’à côté, dans la nuit, les flammes dévorent des corps, les prêtres officient, la foule d’hommes assistent sans un mot à la crémation, des images de corps tordus viennent percer la nuit.

 

Il y a de la fascination et quelque chose de grandiose dans ce retour au néant de ceux que la vie a déserté. Loin du pathos, croyant ou pas, on se sent étreint d’une émotion, d’un saisissement extrême devant ce spectacle de la mort en chantier. Libération de l’âme, peut-être, mais sûrement une façon de rendre son adieu définitif et de se tourner vers ceux qui restent et errent sur les ghats, donnant quelques piécettes à des jeunes filles aux yeux profonds, offrant des fleurs, contre une obole, qui finiront, avec leur bougies allumées, au fil du fleuve majestueux, le constellant de lumières tremblotantes.

L’air est profond et humide et les barques sillonnent les eaux sereines chargées de ceux qui viennent saisir un instant d’éternité dans leur existence si éloignée de ce paysage de la mort au travail !

Les flammes dévorent les corps et constellent d'étoiles mouvantes les ghats

Les flammes dévorent les corps et constellent d'étoiles mouvantes les ghats

Après une courte nuit, à 5heures du matin, nous nous retrouvons au ghat principal pour assister au lever du soleil et aux ablutions rituelles des indiens dans leur fleuve sacré. Une cohorte de mendiants errent la main dévorée par la lèpre tendue pour saisir une offrande. D’autres, défigurés, le corps explosé, vous invitent avec des yeux las et chargés de la misère du monde à partager leur sort en vous implorant de leurs regards fatalistes. Des moines vrais et faux errent avec leurs tenues oranges et leur barbe grise, le front peinturluré de traits blancs. Une colonne de boudhistes chinois déboulent, alignés au cordeau, deux par deux, psalmodiant des chants en dévalant l’escalier du ghat. Un orchestre dédié à la divinité du Gange percent la foule dans un bruit de chants, de cloches et de percussions, le visage extatique tendu vers la ligne du fleuve.

Des enfants, alignés une bougie à la main, guettent les premiers rayons d’un soleil vers l’horizon qui rosit.

Et dès que celui-ci pointe en un disque d’or, les croyants s’immergent dans le Gange, se lavent et plongent la tête 3 fois dans l’eau sacrée. C’est majestueux et désarçonnant, intriguant et inquiétant, les flammes de nouveaux corps venant étoiler les quais pour une chaîne continue de brasiers qui dégagent des volutes acides de fumées blanches.

Vanarasi... l'expérience limite !

Vanarasi, expérience limite de ce que nous pouvons endurer et supporter dans une société qui a renvoyé le corps du défunt au secret des alcôves. Ici, tout est donné, offert à la vue de chacun, et chacun doit faire le tri de ce qu’il éprouve, dans la solitude d’une multitude où le vrai ne se disjoint jamais du faux, où le culte de la vie rend un hommage définitif à la mort.

Varanasi comme un cauchemar chargé de tous les espoirs de rédemption d’un monde imparfait.

Varanasi, l’unique et définitif trait d’union entre la vie et la mort !

Le soleil sur le Gange, comme la promesse d'un nouveau jour !

Le soleil sur le Gange, comme la promesse d'un nouveau jour !

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Le Taj Mahal

Publié le par Bernard Oheix

Il est 5h du matin. Après une courte nuit dans ls bruits d'une fête à Agra et dans la chaleur étouffante qui monte, nous avons rendez-vous avec le lever du soleil sur le Taj Mahal. En calèche, nous débarquons en suivant une promenade de pierres dallées qui longe un parc et après un contrôle, passons le portique de sécurité gardé par l’armée avec une sourde impatience au fond de nous. Le Taj Mahal, ce mythique lieu dont même le nom est magique s’offre à nous, enfin.

 

Le Taj Mahal

Derrière un immense sas d’entrée, une coupole se dessine. Le rêve fou d’un amour sans fin découpe l’horizon.

Shâh Jahan, 5ème empereur de la dynastie des Moghols, tomba follement amoureux de la belle Bânu Begam. Il l’épousa pour en faire la reine du plus grand des empires de l’époque. Un royaume qui s’étendait de l’Afghanistan au Bengale dont il était le maître éclairé, défenseur des arts et des religions, conquérant redoutable et bâtisseur de génie.

Elle lui offrit 13 enfants et mourut à 39 ans pendant la naissance du 14ème, le 17 juin 1631.

Fou de douleur, il décida de lui ériger un mausolée à la dimension de leur passion.

Il fallut 22 ans pour le construire, 20 000 ouvriers et 1000 éléphants. Des sommes colossales pour construire la sépulture dont il savait qu’un jour, elle réunirait leur amour.

 

Pendant les 6 dernières années de son existence, son fils le déposséda de sa charge, tua ses frères et l’enferma dans une prison dorée, le Fort Rouge. Chaque matin, il pouvait contempler son oeuvre et s’y rendre de temps en temps pour s’y recueillir par un passage secret sous bonne garde.

 

La vision de ce dôme gigantesque de marbre blanc, de ces piliers incrustés de versets coraniques, de ses 4 tours qui s’élèvent dans le ciel, des bâtiments ocres qui ceinturent l’espace et du fleuve Yamuna qui serpente en le longeant, la perfection des jardins et des plans d’eau, ne peut que nous couper le souffle et nous laisser un vide au fond du coeur.

La perfection des incrustations dans le marbre et les pierres précieuses serties, l’incroyable modernité de ce mausolée échappe au temps et nous serre la gorge, comme si derrière cette beauté, l’angoisse ne pouvait que naître de sa perfection.

Le Taj Mahal

Il est étrange d’ailleurs, de partager cette magnificence avec des milliers de gens de races et de couleurs diverses, d’âges différents, hommes femmes, tous pétrifiés de cette langueur qu’une rencontre avec la forme ultime d’un art peut provoquer.

Quelque soit la religion, ou l’absence de religion, il y a du divin dans cette offrande éternelle. Leur deux corps réunis ont fusionné avec l’intemporel, et c’est bien ce que ressentent ceux qui ont eu le privilège de voir les premiers rayons de soleil d’un matin de mars caresser le marbre immaculé d’un rêve impossible.

 

Changement d’univers sur ce quai de la gare d’Agra où des milliers de passagers attendent un train de nuit en retard. Dans un désordre indescriptible et les hurlements d’une sono assourdissante, des gens dorment par terre, grignotent en faisant passer le temps d’un retard de plus de 2 heures... qui se transformeront par la suite, en une longue reptation vers Vanarasi, la ville sacrée. Arrivés à 19 heures dans la gare d’Agra, nous nous extrairons de la cohue du train à 15 heures à Vanarasi...avec une nouvelle impatience au coeur de notre fatigue. Bénares, Vanarasi , la ville de tous les mystères !

Le Taj Mahal

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Vers Jaipur et la magie des couleurs !

Publié le par Bernard Oheix

Bundi, un immense hôtel comme un palais moderne où errent notre groupe réduit de français (5 personnes) et un couple de vieux indiens sympathiques dans le désert de salles immenses et de couloirs interminables. Il y a du «shinning» dans les coupures d’électricité plongeant le palace dans la nuit pendant un orage diluvien.

 

Le Palais/Forteresse de Bundi érigé au XIème siècle offre le visage de la désolation et de la décrépitude. Accrochée au versant abrupt d’une montagne, protégée par des remparts et un lac, il offre un point de vue inexpugnable... mais la roue du destin a tourné : un maharaja mort sans enfant,  un palais vendu, des havélis en abandon et le temps qui passe inexorablement, les dégradations dues aux orages violents,  les chauve-souris qui nichent dans les pierres, les visiteurs qui  vandalisent les trésors en grattant les feuilles d’or des fresques !

Et pourtant, la magie transparait à travers les vestiges du passé, du marbre blanc d’un trône aux vasques d’une salle de bain, des encorbellements en forme d’éléphants aux peintures de quelques salles miraculeusement préservées depuis plusieurs siècles. 

Ainsi, en quelques éclairs, on reconnait la marque de l’homme créateur et du génie constructeur de cette civilisation dans son âge d’or.

cette fresque murale date du XVIIème siècle...

cette fresque murale date du XVIIème siècle...

Et puis la route droite, bordée de champs de cultures (blé, lentilles) que les femmes récoltent à la main et entassent soigneusement en petit tas. Un déjeuner dans un «routier» typique, de terre battue, ouvert sur l’horizon, un repas divin de légumes épicés et de galettes de pain au beurre. L’Inde actuelle avec toujours ces sourires charmeurs qui invitent au bonheur.

On ne peut parcourir les routes traversant des villages avec leurs échoppes à même la route sans être subjugués par ces couleurs permanentes qui nous fascinent. Des saris rouges, bleus, jaunes, verts, mais toute la gamme des indigo, safran, violine pour les écharpes et le brillant des bijoux d’or et d’argent pour les relever. C’est à une symphonie visuelle que les indiennes nous invitent et dans la grâce de leur tenue et leur port altier, il y une histoire de la beauté et de la majesté de ces habitants contrastant bien souvent avec les reliefs d’un monde moderne incapable de digérer leur activité.

Une halte pour les ruines majestueuses de Chittorgarh envahies par les singes, monuments guerriers rongés par la lèpre, remparts inutiles contre la folie des hommes. On pressent dans les cicatrices de ce complexe militaire, toute la folie de ces royaumes en guerres incessantes, de ces armées qui s’affrontaient menées par les maharajas pour la conquête d’un bout de territoire, pour la suprématie d’une région sur une autre, au vent des grandes invasions musulmanes et mogholes qui venaient périodiquement affronter les hindous.

Les couleurs de la vie !

Les couleurs de la vie !

Enfin, le plongeon vers la capitale du Rajasthan, Jaïpur la rose, construite en 1727. Une ville tentaculaire de plus de 4 millions d’habitants dont les plans ont été dessinés par des architectes novateurs et toujours d’actualité, le «Shilpa Shastra», fondateur de l’architecture urbaine moderne.

C’est par une promenade en éléphant que nous accédons au Fort d’Amber. Un gigantesque complexe où l’ingéniosité des architectes et des bâtisseurs apparait dans toute sa sophistication. Salle des miroirs, bassins de recueil des eaux de pluie, système de «climatisation»... On sent dans ce Fort magnifiquement entretenu toute la vie des grands de l’époque et l’orgueil d’une caste de puissants aux pouvoirs sans limites dont la guerre et les arts sont les fondements.

Le Palais du Maharaja en est un exemple frappant avec ses manuscrits, ses tenues chamarrées, ses ornements et bijoux, ses armes d’argent, ses encorbellements d’ivoire et son marbre sculpté comme de la dentelle.

Et pour ceux que l’astronomie fascine, l’observatoire Jantar Mantar est une preuve de leur science, encore après des siècles, toujours aussi précis et d’avant-garde, décomposant le ciel et ses planètes, donnant un sens à leur mysticisme profond.

Une dernière promenade dans la vieille ville aux ruelles dégorgeant de toutes les marchandises envisageables, des plus vulgaires aux plus modernes, du toc au choc. Il est temps alors, dans l’appel des muezzins et de leurs litanies tentant de couvrir les bruits d’une ville en convulsion, de rentrer, ivres de fatigue, de soleil et d’images à jamais imprimées sur nos rétines, dans nos émotions et dans nos rêves.

 

Il nous reste à découvrir Le Taj Mahal et demain nous fonçons vers Aggra. Nous en aurons alors terminé avec le Rajasthan. Mais le voyage continue et Venarasi et le Kerala sont au programme !

 

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De Jodhpur à Udaipur

Publié le par Bernard Oheix

Jodhpur, la ville bleue qui n’a de bleu que le nom. 1,5 millions d’habitants et un condensé de toutes les contradictions de l’Inde moderne. Une pollution effarante dans une chaleur de 35°, un bruit infernal, une circulation kafkaïenne. Dans la saleté des immondices, une population qui se croise et s’active, des étals qui débordent les rues défoncées, des magasins qui regorgent de tout ce qui est imaginable, du rien comme du tout, et toujours, des hordes de motos qui klaxonnent à tout va pour se frayer un passage au milieu des tuk-tuk et des voitures.

Et pourtant, la citadelle de pierres ouvragées domine imposante et majestueuse, des palais de marbre surplombent la misère, des temples sont pavoisés de drapeaux de couleurs qui s’agitent dans la brise. 

Les gens sont accueillant et curieux, jamais agressifs, toujours rieurs. Et quand la nuit tombe, par un coup de baguette magique, les rues se vident et offrent un paysage de désolation, papiers qui trainent, vestiges des étals, vaches qui nettoient en dévorant les plastiques et les reliefs abandonnés au milieu des rues. Le silence n’est troublé que par les litanies religieuses qui montent dans le ciel, ricochant sur les lumières du fort et du Palais du Maharajah qui scintillent en dorée dans la nuit sans étoiles.

Les indiennes et les indiens sont d’une beauté étonnante, pas dans les canons traditionnels que nous connaissons, mais ils possèdent une grâce naturelle, l’élégance innée héritée d’un passé de prestige. Des traits bien dessinés, des yeux noirs, des dents blanches, un teint mat, une propreté corporelle et des habits soignés et chatoyants qui contrastent souvent avec l’environnement des grandes villes dans lesquelles ils s’entassent.

Et nous finirons notre journée chez Omelette Man, une échoppe célèbre au pied de la tour, chez tous les routards, qui offre sur un tabouret à mêmes les trottoirs, la meilleure omelette du monde ! 400 oeufs consommés en moyenne par jour, pour une portion dévorée qui nous coutera 50 roupies (0,70 centimes) et un goût de merveilleux dans la gorge !

De Jodhpur à Udaipur

Après l’agitation d’une métropole, nous quittons la terre des morts (le Marwar) pour les montagnes et le temple de Jaïn. Une construction totalement folle pour une religion marginale en nombre (seulement 12 millions d’adeptes !) mais très importante politiquement. C’est cette religion qui prône la non-violence qui inspira Ghandi. 

Un palais comme un gâteau à la chantilly, de marbre ciselé, des centaines de colonnes en dentelle de pierres, des dômes qui surplombent des puits ouvrant sur la nature, des espaces qui s’entrecroisent, un dédale de recoins immaculés conçus pour conforter les fidèles dans leur foi pleine de ferveur et de majesté. 

Cette religion végétarienne pousse son dogme à respecter l’ordre vivant jusqu’à la limite du possible, puisqu’elle refuse même de manger des légumes à racines de peur de troubler l’ordre naturel et d’avoir un mauvais karma en tuant des insectes vivants dans la terre !

 
De Jodhpur à Udaipur

Et tout au bout du chemin, la perle d’Udaïpur, la ville blanche, un des sites les plus remarquables du Rajasthan, construite autour de 7 lacs et qui conjuguent la beauté d’une ville humaine à la magie des fastes de l’Inde. On la dénomme la Venise Indienne même s’il y a moins d’eau et de canneaux que dans l’original ! C’est là que fut tourné Octopussy de James Bond. Visite du Grand Palais, tour sur le lac Pichola et de son célèbre hôtel/palais sur une île, dédale de ruelles propres et d’échoppes avenantes... pour finir par un repas sur le toit d’un restaurant où nous nous régalerons de plats typiques et succulents pour la somme de 15€... à 5 !

Et dès la tombée de la nuit, les litanies religieuses reprennent et montent dans le ciel pour bercer l’air de ces voix qui rappellent aux êtres humains la vacuité de leurs existence et empêcher le touriste de dormir !

De Jodhpur à Udaipur

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Au coeur de Jaisalmer la ville dorée

Publié le par Bernard Oheix

Il existe deux grandes fêtes en Inde. Une à l’automne, la fête des lumières, et une au printemps, La Holi fête, celle des couleurs. Et nous avons eu la chance et le privilège de la vivre en direct à Jaisalmer, une cité imposante fortifiée aux portes du désert, perchée sur un piton. 

La veille, on brûle des feux dans les rues, autour d’arbres et de mandalas, et le lendemain, tout le monde s’asperge de couleurs et finit dans un immense rituel païen autour de l’eau !

Il faut une tenue spéciale pour cela, un ensemble tunique et pantalon blanc acheté dans une boutique au prix de de 4€ mais qui ne servira qu’une fois au vu de son état. Dans les rues, les hommes à trois sur des motos, vont de maison en maison et peinturlurent leurs amis de poudre fine de toutes les couleurs de l’arc en ciel. Les visages se parent des couleurs les plus diverses, vert, violet, rouge et jaune et bientôt, l’eau projetée avec des canons ou des seaux, vient mélanger les couleurs pour offrir une vision d’apocalypse qui ne déparerait pas un film d’horreur. Les femmes ne sont pas les dernières à se défouler sur les hommes, les trottoirs se teintent de rouge et des chants magnifiques montent dans le ciel. 

Il y a de la magie dans l’air, pas d’agressivité et des rires complices qui résonnent dans les rues.  C’est la Holi Fête à Jaisialmer, et nous y étions par le plus heureux des hasards.

 

Au coeur de Jaisalmer la ville dorée

L’après-midi, après avoir tenté (vainement) de nous nettoyer, nous avons repris notre estafette pour rejoindre la porte du désert et enjamber un dromadaire qui nous mènera dans les dunes de sable d’un authentique désert où nous avons assisté au coucher du soleil dans les sons plaintifs d’une flute indienne, perdus dans un erg entre deux mondes. 

Après le bruit et l’agitation du matin, le calme et la sérénité de la nature inviolable. Une journée comme l’on en rêve, entre le sacré et l’humain, entre le passé et le présent, comme si le monde pouvait se parer des couleurs d’une harmonie intemporelle. 

L'air vivifiant tranchait avec la pollution des grandes villes et quelques gazelles détalant dans les dunes nous rappelaient que la nature reprend ses droits dès que l'homme baisse sa garde et cesse de la maltraiter. L'Inde sacrée c'est aussi l'apprentissage de ce conflit violent avec la nature qui voit s'opposer la fourmilière humaine à la grandeur souveraine de la terre.

Au coeur de Jaisalmer la ville dorée

Et le fort s’ouvrira à nous. Une enceinte fortifiée de plus de deux kms avec 99 bastions et 4 portes, totalement préservée, érigée au XIIème siècle, où s’entassent plus de 2500 habitants. Elle est nimbée d’une couleur rouge, reste de la Holi Fête comme une trace de la passion des hommes célébrant le printemps. Imposante, elle domine la ville nouvelle harmonieusement construite sur les teintes et les formes de la citadelle. Elle porte bien son nom de ville dorée, cette cité, trait d’union entre le désert et les montagnes, et elle reste un témoin de l’ingéniosité des hommes échappant au temps !

Les traces des épopées sanglantes sont encore vivaces, temps des invasions et des guerres entre les maharajas, luttes permanentes pour des morceaux de territoires disputés à coups de raids armés.

Il est surprenant de voir comme, à l'époque où les cultures du "vieux mondes" émergeaient de la nuit, la civilisation indienne était riche d'une culture et d'un art de vivre bien supérieurs aux balbutiements de la culture occidentale de ces XI et XII siècle !

 

Allez, la route de Jodhpur, la ville bleue, nous attend au bout d'un ruban de bitume qui alterne des portions refaites à neuf et des bouts défoncés sur lesquels nous dansons avec l'estafette. Plus que  300 kms avant de retrouver le bruit et la fureur d'une grande métropole.

Au coeur de Jaisalmer la ville dorée

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Entrée au Rajasthan

Publié le par Bernard Oheix

La route qui part de New Delhi vers le Rajasthan s’étire sur 300 km. Une route cauchemar, sur deux voies, réduite à une seule rapidement, avec des bas côtés défoncés. Sur ce ruban de bitume se croisent une multitude de motos, 3 roues, voitures, bus et camions, au milieu des troupeaux de vaches, de chameaux tirant des carrioles, dans un paysage où alternent l’aridité d’un semi désert, des champs irrigués, des usines flambant neuves et des villages où la population vit dans la frénésie d’un peuple en perpétuel mouvement.

Les étals de fruits et de légumes bordent les entrées des villages, les femmes en saris, visages couverts, déambulent au long de ces routes qui ne mènent nulle part.

C’est une Inde où les enfants courent en demandant un chocolat comme des gamins malicieux, où les vaches dorment au milieu de la route, où les aigles tournoient en cercles concentriques dans un ciel de tempête et où la beauté se conjugue à la saleté et aux immondices qui jonchent les bas côtés.

Entrée au Rajasthan

Et puis il y a l’arrivée dans la ville étape de Mandawa rongée par la lèpre de l’abandon et de la décrépitude. Cette région très riche située sur la route de la soie, fermée au XXème siècle à cause du conflit avec le Pakistan, s’est vu délaissée par ses négociants partis travailler dans des terres plus hospitalières et les propriétaires délaisser leur palais fastueux qui s’érodent sous le joug du temps pour une ville portuaire comme Monbay, s’ouvrant par la mer au monde moderne.

Les Havélis, petits palaces couverts de fresques,  nous rappellent combien furent fastueux ces temps d’antan. Des fresques encore vivaces parlant de l’homme et des dieux, mêlant le divin et le trivial, malgré les dégradations, nous invitent à communier avec le génie de l’homme constructeur et la richesse de ces cultures ancestrales. Le passé et le présent fusionnent alors pour nous faire oublier d’ou nous venons et où nous allons. Il reste juste le temps de l’illumination !

Entrée au Rajasthan

Après une nuit dans un havéli rénové aux chambres luxueuses, nous reprenons la route vers Bikaner, la ville rouge, longeant des zones semi-désertiques sur une route défoncée. La visite du Palais/musée de Junagarh construit en 1589 nous permet de plonger dans les fastes d’une époque révolue, quand le Rajasthan était une région de croisement, une étape indispensable sur la route des riches commerçants. 

Mais c’est au sortir du Palais, dans une ronde effrénée en tuk tuk que nous comprenons enfin ce que veut dire circuler dans l’Inde moderne. Un carnaval effrayant dans un carrousel invraisemblable, un gymkhana où le plus courageux s’impose, où les enfants et les piétons jouent à se faufiler entre tous les véhicules qui zigzaguent entre les animaux, contournent les obstacles les plus divers dans des rues défoncées. Tout cela dans un concert permanent de klaxons qui saturent une atmosphère irrespirable engendrée par une pollution à son zénith. Qui n’a jamais vécu cette expérience ne peut comprendre ce que conduire en Inde veut dire et combien les 3 conditions nécessaires pour arriver à destination sont bien indispensables : un bon klaxon, de bons freins, et surtout, beaucoup de chance !

Entrée au Rajasthan

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Voyage en Inde : le choc

Publié le par Bernard Oheix

La chaleur au sortir d’un hiver sur la Côte d’Azur. Et cette odeur si particulière qui nous accueille dans notre première halte, un mélange sucré/salé, des épices aux odeurs fortes, de l'encens qui brule, à celles plus contrastées d’une pollution et de la misère humaine. Les couleurs aussi, vives et tranchées, saris chatoyants, écharpes bleues et rouges, arbres flamboyants aux fleurs éternelles, vert soigné des gazons hérités de l’envahisseur... 

Et tout de suite, cette foule qui envahit l’espace, ces véhicules de bric et de brocs, tchuk-tchuks, rickshaws et hybrides deux roues, aux côtés de cars de touristes rutilants et de voiture de maître qui s’entremêlent et roulent dans un concert de klaxons permanents, dans les avenues spacieuses saturées de la Nouvelle Delhi comme dans les ruelles escarpées asphyxiées de la vieille ville. 

 

 

 

 

La vie comme dans un film décalé qui se déroule sous nos yeux

La vie comme dans un film décalé qui se déroule sous nos yeux

L’Inde si étrange et mystérieuse, celle des riches Maharadjas comme des enfants faméliques de la Mère Teresa, celle des aventures coloniales sanglantes de l’Angleterre, comme celle d’un voyage initiatique du Mahatmah Ghandi en terre de non-violence qui débouchera sur l’indépendance en 1947, et de son assassinat, 6 mois plus tard par des extrémistes hindous de son propre camp. Et remonte alors ces livres et films qui nous  hantent, fascinés par cette impossibilité de donner une lecture unique à ce qui n’est qu’un puzzle impossible à assembler. 

Tout est si complexe dans ce pays qui vous heurte d’entrée et ne peut vous laisser indifférent. Les villages de toiles accrochées aux arbres en abris de fortune pour une population qui survit d’expédients sur les trottoirs de la ville, comme les parcs verdoyants qui s’étalent et offrent des havres de paix aux milliers de touristes qui cherchent à donner un sens à ce qui les percute de plein fouet en déjouant leurs certitudes.

La beauté altière des gens comme la main tendue des enfants de la rue, le sombre vestige d’un passé de gloire, comme l’avenir incertain d’une grande nation, tout n’est que mystère et remet en cause nos modes de vie et de pensée tournées vers l’unicité. C’est le premier enseignement d’une plongée en état d’apesanteur dans ce pays d’ivresse qui vous prend aux tripes pour ne plus vous laisser respirer.

 

 

Le minaret de Qutub qui domine la ville de ses rêves de grandeur

Le minaret de Qutub qui domine la ville de ses rêves de grandeur

 

 

Ces deux jours à New Delhi nous permettront de plonger dans l’histoire de l’Inde grâce aux explications passionnées d’un guide indien, Prime, au sourire désarmant. De l’extraordinaire Mosquée de Qutub Minar avec son minaret de 72 mètres de haut, érigée en 1192  afin de célébrer la victoire du conquérant musulman sur les hindous au mausolée où sont déposées les cendre de Ghandi avec une flamme qui ne s’éteint jamais, du tombeau de Humayun, envahisseur moghole au XVIème siècle au temple actuel Bangla Sahib des Sikhs qui résonnent toute la journée du chant des musiciens en prière et servent gratuitement 25 000 repas par jours aux pèlerins et aux visiteurs accueillis avec bienveillance et chaleur.

 

Mais nous partons déjà pour le Rajasthan, et d'autres rencontres, alors suite au prochain billet !

Et pour finir, l'étrange éternité de ceux qui traversent le temps et reposent dans la gloire !

Et pour finir, l'étrange éternité de ceux qui traversent le temps et reposent dans la gloire !

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