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culture

Jean-Pierre Bacri : Le rendez-vous raté !

Publié le par Bernard Oheix

La nouvelle est tombée, sèche, froide. Jean-Pierre Bacri est mort, un cancer de plus dans une période où la Covid se délecte de nous envoyer des messages délétères. Jean-Pierre Bacri, un nom qui reste dans ma mémoire vive, l'histoire d'un mec avec qui je partageais les bancs de première d'un Lycée Carnot à Cannes, à l'âge où tout est possible, 18 ans en 1968 !

Nous descendions tous les jours, après les cours, le Boulevard Carnot vers la station de bus qui nous emmenaient chez nous. Il y avait aussi George Roland, un judoka d'exception, son ami, Patrick Debouter et quelques autres. Et moi, je le lorgnais, quelque peu envieux de son rire haut perché, de ses délires entretenus par une fièvre qui embrasait la société et entretenait notre passion de découvrir un monde nouveau. Nous en avons déconstruit des mondes trop réels et nous en avons imaginés des plus beaux, plus humains dans cette France qui s'éveillait à la contestation.

Les mois ont passé, rythmés par des occupations de Cité U, des mouvements d'un mars d'intensité, des brassages incessants autour d'une jeunesse qui aspirait à trouver sa place et ne savait comment imprimer sa marque dans une histoire en train de se faire sous les pavés de Paris-plage et dans la cour de la Sorbonne. Nos héros avaient des gueules hilares comme celle de Dany le rouge, un Cohn-Bendit mâtiné de juif-Allemand au coeur de la contestation, de Jacques Sauvageot, le patron de l'Unef ou d'Alain Krivine qui  préparait ses futures campagnes présidentielles. 

Le père de Bacri était un juif pied-noir, facteur de son état et le mien, un sapeur-pompier municipal qui partait au feu combattre les incendies ravageurs de l'époque. Nous étions l'archétype de ces baby-boomers dont l'ascenseur social dégorgeait des fournées promises à diriger la France, formées à la culture de l'après guerre où l'espoir venait éliminer toutes les frontières du possible !

Nous étions jeunes. Nous nous cherchions avec constance, avec l'amitié et la rivalité de deux adolescents   gravitant autour de leur centre ! 

Il faut se souvenir du carcan de cette société du milieu des années soixante. Les filles interdites de pantalon et de maquillage, le surveillant général mesurant la longueur des cheveux des garçons pour un passage obligé sous les ciseaux du coiffeur, le poids de l'autorité parentale, les relations amoureuses comme un paradis inaccessible ! Un paysage corseté d'interdits hérités d'un passé sclérosé dans une société remplie d'espoirs et de rêves pour un futur à inventer !

C'est vers le mois de mai de ce 68, la contestation aidante, que les professeurs décidèrent, sous la pression de débats permanents, de faire élire des délégués de classe comme représentants légitimes des lycéens plus à même d'exposer les revendications des révolutionnaires en herbe que nous étions. Grande première qui déchaina les passions.

Deux candidats se retrouvèrent en lice pour le combat final dans notre classe. Jean-Pierre Bacri et Bernard Oheix. Il était évident qu'ayant lu au moins 3 pages de Karl Marx et un chapitre du manifeste du Parti Communiste, je me trouvais le plus à même de représenter le peuple en marche et de devenir le héros révolutionnaire des hordes cannoises. 

Las ! C'était sans compter sur sa faconde, son art de la dérision et le soutient indéfectible de la gent féminine ! Il me battit à plate couture, m'humiliant sous les hourras de ses fans, m'infligeant un score sans appel, brisant toute mes velléités de devenir un leader-maximo !

Je lui en ai voulu. Après quelques semaines d'embrasement, des gardes avec certains profs, de nuit, pour empêcher les fachos de rentrer dans le lycée, le soufflé retomba... mais Jean-Pierre Bacri resta le délégué de classe élu par ses pairs et moi le battu sans panache !

En terminale, nos chemins bifurquèrent ! Avec Debouter et d'autres il se retrouva dans une terminale et moi dans une autre.

Et le temps est passé ! Les pavés ont été enlevés pour laisser place au bitume. Une société nouvelle était née, avec des codes différents, la libération de la femme en marche, le politique envahissant les espaces d'une société en train de muter pour le meilleur et le pire. Le Bac  69, une formalité et la fac de lettres pour une licence d'histoire prélude à une maîtrise de Cinéma, un DEA de communication ! 

Nous ne pensions pas au travail, nous savions que nous en aurions et qu'il serait à la hauteur de nos ambitions. L'avenir était une page blanche qu'il nous suffisait de remplir !

J'ai accompli ma part de la mission qui me revenait ! Directeur de MJC, Directeur Adjoint de l'Office de la Culture de Cannes, Directeur de l'Évènementiel au Palais des Festivals de Cannes pendant 22 ans ! Le paradis sur terre pour un enfant de la classe populaire dans sa propre ville !

Sauf que pendant ce temps, lui devenait un acteur de premier plan, un auteur, un personnage qui fascinait les foules avec son air bougon, ses réparties aigres-douces, ses rictus de Français moyen. 

Une nouvelle fois il me battait à plate couture, jeu, set et match !

Alors, j'ai rêvé de le retrouver pour parler de notre combat homérique, de cet affrontement titanesque du mois de mai 68 ! Après tout, j'avais trouvé ma place, elle était enviable et je n'avais pas à rougir de mon parcours, même si ce n'était pas grand chose en rapport à sa renommée et à ses succès ! 

Et le plaisir de payer son cachet dans une pièce de théâtre, de l'accueillir en maître de céans dans notre ville commune valait bien cet effort !

Alors, pendant plus de 20 ans, j'ai tenté de le programmer. Moi qui ai reçu les plus grandes stars de la musique et du théâtre au cours des plus de 3000 spectacles de mes saisons, qui ai imprimé des centaines de mains de stars dans la glaise, je n'ai jamais réussi à le faire venir. ce n'était jamais le bon moment, sa tournée ne passait pas par Cannes, la date ne convenait pas, une autre salle de la région me le piquait : l'enfer ou comment recevoir l'inaccessible Jean-Pierre Bacri ?

J'ai même tenté d'accueillir Agnes Jaoui dans sa tournée sur la chanson espagnole, un excellent CD découvert par un envoi de sa boite de promotion. Mais il avait du déteindre sur elle car elle aussi passa au travers de toutes mes tentatives !

Alors voilà, Jean-Pierre Bacri, je n'ai jamais pu te dire que tu es un enfoiré de première, au sens littéral du terme, que tu m'as humilié en public devant Claudine que je rêvais de soudoyer mais qui n'avait d'yeux que pour toi, surtout après ta victoire d'ailleurs !

Et j'aurais aimé plonger mes yeux dans ton regard afin de retrouver un soupçon de notre jeunesse, un air d'insouciance et de liberté, la fragrance d'un temps où notre jeunesse était un habit de lumière pour notre génération sans attache !

Le sort en a décidé autrement et tu devras attendre encore un peu, je l'espère, pour que l'on termine notre débat et que je te règle ton compte... à jamais !

Bises à toi, camarade, la camarde nous mord la nuque !

 

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I Muvrini... encore et toujours !

Publié le par Bernard Oheix

 

Si j’en avais besoin, si je pensais (bien) connaître les Muvrini, si j’avais la certitude d’aimer ce groupe, le 28 février 2020 m’aura offert la preuve que rien n’est jamais acquis et qu’une surprise est toujours possible. Parfois, la réalité est bien au delà de l'espoir. Avouons-le, ce concert s’impose pour moi parmi les grands souvenirs d’une carrière qui m’a pourtant permis de découvrir tant d'artistes de légende. Archive, Bashung, Pete Doherty, Salif Keïta, Iggy Pop, Juliette Gréco, Bob Dylan, Cesaria Evora… J'en passe... Et désormais I Muvrini au zénith de leur talent ! C’est en état de « sidération » que je suis sorti de la salle, ivre de la beauté de ces notes qui chantent encore bien après qu’elles se soient évanouies, ébloui par les lumières de la vie, de la non-violence, du retour à des valeurs universelles de partage que dégagent leur 2h de concert !

 

C’était une des premières dates de cette tournée 2020 qui les mènera dans toutes les régions de France,  en Belgique et en Hollande, de février à mai, pour reprendre en octobre. 60 dates qui préservent les mois d’été où ils écumeront leur terre, la Corse. Les mouflons ne vont pas chômer en cette année de coronavirus.

 

La configuration choisie est à la fois simple et sophistiquée. Jean François Bernardini en leader secondé par son frère Alain Bernardini en première voix, étoffé par deux chanteurs qui portent les choeurs et polyphonies, un batteur fin et précis, un guitariste multi instruments, une basse, chant et percussions, un clavier et une explosive cornemuse et flute. Des lumières fines qui cisèlent l’espace, un dispositif scénique avec une passerelle pour permettre aux choeurs d’hommes de dominer la scène et un son fin et puissant. Tout le professionnalisme accumulé en 4 décennies de carrière, dans le soin de collaborateurs qui ont saisi l’essence de ce qu’est un groupe entre la tradition et la modernité, entre la voix et l’instrument.

 

 

I Muvrini... encore et toujours !

Leur show est structuré sur Portu in Core que vous devriez avoir acheté si vous avez lu mon dernier billet sur ce blog. Une dizaine de morceaux éblouissants (mais pourquoi avoir sucré ce Inno qui me bouleverse ?). Quelques titres majeurs à base de polyphonie viennent compléter l’ensemble pour plus de deux heures sans interruptions, juste la voix de Jean François qui parle entre les morceaux, introduit les thèmes et rappelle largement leur engagement à l’universalité, à la fraternité, à la terre et à la langue corse.

 

Le miracle, c’est qu’en parlant d’eux, ils parlent de nous ! En ces heures sombres où le bruit des rodomontades de dirigeants coupés de la vie assourdit les cris d’horreur d’hommes et de femmes jetés sur les routes de l’exil, où la terre se convulse dans les affres d’un équilibre perdu, où l’avidité des puissants crache sur les valeurs de partage et de solidarité, les Muvrini rappellent qu’un chant, qu’une mélodie peut faire renaître l’espoir et que l’humanité se cache dans les gestes du quotidien.

 

Alors oui, j’aime que la musique me parle au coeur et quand elle est jouée par des êtres qui savent aimer, alors je deviens « fan » et je me laisse porter par les complaintes et la beauté de deux heures qui échappent au temps.

Il y a de « l’alma », de l’âme, dans ce show et si vous avez la possibilité d’assister à une de leur prestation, d’Avignon au Havre, de La Rochelle à Lyon, de Marseille à Poitiers, alors vous vivrez un grand moment de beauté et de d’espoir !

 

Vive les Muvrini !

Les frères Bernardini, émus de savoir que ma petite fille s'appelle Alma et lui souhaitant le bonheur d'une vie d'amour !

Les frères Bernardini, émus de savoir que ma petite fille s'appelle Alma et lui souhaitant le bonheur d'une vie d'amour !

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I Muvrini : Portu in Core

Publié le par Bernard Oheix

 

Disons le tout de suite. Ce dernier opus des Muvrini est un chef d’oeuvre absolu, le genre de galette à écouter en boucle, à se saouler de notes et de mots, mélangeant le corse et le français pour mieux faire porter son message. J’ai enchaine 20 fois (sic) Inno, 10ème morceau du CD, sans jamais me lasser, toujours plus concentré, tentant de décrypter les finesses d’une orchestration magistrale, les fulgurances des voix, les soli délicats ciselés dans la fusion et l’énergie de ce texte sur la folie des hommes à massacrer leur terre et à ne pas comprendre que l’avenir est en péril.

Le livret qui l’accompagne offre une traduction salutaire pour la compréhension du projet du groupe.

 

« Qu’est-ce qui te consume et l’âme et le coeur

Qu’est-ce qu’on t’a volé pour que tu célèbres la mort

Qu’est-ce qu’on a tué en toi qui détruis l’avenir

Qui croit que seul l’argent est richesse qui vaille »

 

Le thème de cet album est l’écologie, le rapport d’humanité, l’échange pour accepter l’autre. C’est un hymne à l’espoir qui se cache dans les drames d’aujourd’hui et les catastrophes à venir, la volonté de dire que tout peut basculer dans l’horreur et qu’il est temps de prendre conscience.

 

« 2043, qu’est-ce que tu vois ?

Trouve moi un peu d’eau, un avvene chi po

Il n’est pas trop tard, envoie moi de la vie »

 

L’espoir existe mais il est ténu et il en va de la prise de conscience de tous pour que les hommes se libèrent de leurs chaines. Jean-François Bernardini, leader du groupe, homme d’influence joue son rôle de lanceur d’alerte et il le fait avec les armes qui sont les siennes, celles d’un artiste accompli au sommet de son art, la musique, les mots, un CD, la scène ouverte aux vents de l’histoire.

 

Alors, si vous n’êtes pas convaincus, filez acheter ce CD et écoutez-le sans parcimonie. Laissez-vous happer par la passion d’une terre à nulle autre pareille. Et si I Muvrini sont programmés sur une scène près de chez vous, prenez un billet et vous ne le regretterez pas…

Et ils ne m’ont même pas payé pour écrire ces éloges !

 

I Muvrini : Portu in Core

Un peu d’histoire !

 

Il faut avouer qu’entre I Muvrini et moi, c’est une vieille histoire et pas seulement à cause de ma femme corse ! Je les ai découverts grâce à un ami bastiais, Guy Cimino, qui me traina, un après midi d’un jour de pâques, au milieu des années 1980, dans un centre de vacances sur la côte où ils testaient leur jeunesse sur la scène étroite d’une salle polyvalente, à l’aube d’une réputation qui n’avait pas encore dépassé les rivages de leur île.

Et la vague World Music qui déferla dans les années 90 leur permis de surfer sur les scènes et de conquérir leur public à travers le monde. Un cocktail de langue corse, de polyphonies, d’instrumentations originales entre le traditionnel et le pop-rock, une scénographie soignée, les personnages des deux frères Bernardini, le leader Jean-François au micro poétique, et Alain, le discret, à la voix si puissante en soutien, conquirent leurs lettres de noblesses ! 8 fois disque d’or et 2 victoires de la musique pour un groupe installé dans la « castaniccia » et qui revendique sa « corsitude » en l’ouvrant au monde extérieur.

 

 

C’est en 1993 que je les ai programmés pour la première fois, dans le Festival Guitares Passions avec une conférence de presse et un débat à la Licorne pour présenter leur travail à la critique rock qui participait à la manifestation.

Puis un concert au stade des Hespérides de Cannes (en extérieur) dans un Festival avec Yannick Noah devant plus de 2000 spectateurs et deux programmations au Palais se sont succédées. J’avais créé une Nuit de la Corse et c’est ainsi que j’ai pu passer en revue toute l’extraordinaire richesse musicale de cette île : le vétéran Antoine Ciosi, A Filetta, Chjami Aghjalesi, J-P Poletti et les choeurs de Sartène, le Tavagna Club, Diana di l’Alba ont été accueillis successivement sur Cannes avec un réel succès, la colonie insulaire importante sur la région aidant quelque peu à remplir les salles des mélomanes.

Et si l’on rajoute la dizaine de fois où je les ai vus en concert en tant que spectateur dont 5 fois en Corse, sur leur terre, je crois pouvoir affirmer que globalement, je connais les Muvrini et que j’aime plutôt ce groupe !

 

Il me restera pourtant un grand regret. En 2016, pour ma dernière édition en tant que Directeur Artistique des Nuits Musicales du Suquet, j’ai recontacté mon copain corse Guy Cimino pour lui demander d’intervenir auprès de Jean-François Bernardini avec le projet de conclure ma carrière de programmateur sur un soirée avec le Tavagna Club de mon ami Francis Marcanteï à 19h et par un ultime opus à 21h avec I Muvrini. Las ! Ce concert n’aura pu se réaliser pour des problèmes de dates ! Les aléas du programmateur frustré !

 

Mais la vie continue, et même si les musiques du monde ont perdu quelque peu de leur éclat médiatique, I Muvrini continuent à tracer leur sillon avec constance et viennent se rappeler à nous avec un Portu in Core qui à mes yeux et un de leurs chefs d’oeuvre incontestables !

Allez, achetez, you tubez ou piquez le CD…  mais de grâce, écoutez les pour mieux comprendre la musique, la Corse et le monde qui l’entoure !

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, en 2005, I Muvrini sortait un bijou noté Alma annonçant par cela, que 15 après, ma fille mettrait au monde une  ravissante petite Alma, quarteronne Corse qui saura embellir la vie de ses grands parents !

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, en 2005, I Muvrini sortait un bijou noté Alma annonçant par cela, que 15 après, ma fille mettrait au monde une ravissante petite Alma, quarteronne Corse qui saura embellir la vie de ses grands parents !

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Laurent Barat : un Boccassien de Cannes

Publié le par Bernard Oheix

Retourner dans la salle de son quartier, remplir les fauteuils rouges avec ses amis, de ceux qui l’ont connu dans son enfance, ont été son instituteur, son pharmacien, les parents de ses copains, avec sa maman dans l’ombre, le regard luisant de fierté… le rêve de tout artiste de 40 ans. Un rêve dur comme la réalité, avec cette angoisse de bien faire et de réussir un challenge pas comme les autres… chez lui, chez nous !

C’est Laurent Barat, profession humoriste, dans la belle salle de 400 places de la Licorne, dans ce quartier village de la ville de Cannes où il fait si bon vivre.

 

Laurent, c’était un copain de mon fils, même classe, même profil. Sa mère, une amie travaillait à la mairie annexe de la Bocca. Après s’être rodé à sa vocation, Il s’est exilé à Paris pour vivre de son art, l’humour. Il y a eu de belles fées qui se sont penchées sur son berceau d’artiste émergeant, Gad Elmaleh, Pascal Légitimus et quelques autres… Désormais, il sillonne la France, sa notoriété grandissant au fil des shows et de ses interventions comme chroniqueur dans des radios, dont Europe 1.

 

Il a bien grandi le petit que l’on voyait débouler dans la cour de l’école, et pas seulement en taille. Il est devenu un beau jeune homme de 40 ans, il a pris de l’assurance, son écriture s’est rodée au scalpel de la scène et il s’impose avec assurance et un zeste d'une jubilation méritée.

Sur le contenu, Laurent parle avec humour de son nombril, de sa vie parisienne, de son rapport aux femmes et campent un personnage qui scrute son environnement avec le regard d’un enfant émerveillé. Ses textes visent juste, quelques pointes émaillent son discours et nous renvoient à nos propres interrogations, tout âge confondu !

Il joue superbement de sa prestance, occupe la scène sans en faire trop et utilise son visage comme un instrument. Sa facilité est déconcertante tant il arrive à nous montrer ce qu’il évoque. Son sketch sur la rupture avec une de ses (nombreuses ?) copines est un bijou de fantaisie, ses rapports à la nourriture bio un régal pour tout palais. Ses souvenirs d’enfance, un vivier dans lequel il pioche sans vergogne afin de nous divertir.

 

Laurent Barat est devenu un grand de l’humour. Nous avons rit et sourit avec lui, comme si par magie, il était capable de nous embarquer dans son bateau ivre !

Il a une sincérité désarmante et nous l’avons suivi sur les chemins de son humour, avec gourmandise, avec ces « madeleines » qu’il nous offre en se délectant.

Bravo !

Laurent Barat, l'enfant du quartier aux ailes déployées !

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Nilda Fernandez. C'était mon ami.

Publié le par Bernard Oheix

Qu’importe l’actualité du Festival du film. Qu’importe la sortie de notre livre Café Croisette…

La nouvelle est tombée, sèche comme un coup de rasoir dans le tissu de mes souvenirs. Nilda est tombé, il a abandonné le terrain de la chanson, l’espace de sa vie. Il a laissé Olga sa femme, mon amie, sa petite fille qui éclairait de son sourire son avenir. Il a trébuché définitivement. Si jeune que l’on imaginait qu’il avait l’éternité pour lui.

 

C’était mon ami, et je remercie le destin de m’avoir permis de croiser son chemin vers 1982, dans un petit café-théâtre de Lyon où il jouait en s’essayant à la gloire devant une poignée d’inconnus.

Nous étions jeunes et plein d’espoirs dans une période où l’on pouvait rêver. Il sortait d’une aventure difficile, un disque vinyl signé par une major qui avait massacré sa production et n’avait assumé aucune diffusion. Une pratique courante à cette époque où les majors croulaient sous les flots d’un argent facile et signaient à tour de bras sans assumer le travail nécéssaire de promotion. Jackpot permanent des heures glorieuses de l’industrie musicale dévorant les talents en en encaissant les dividendes. 

Il allait alors enterrer son nom de Daniel et se forger une nouvelle identité musicale sous le nom de Nilda, pour vaincre les démons du passé et se reconstruire.

 

A l’époque, je travaillais à mettre sur pied une agence commune à toutes les 600 MJC de France, La Belle Bleue, structure de diffusion de spectacles, misant sur les jeunes émergeants. Si chaque MJC faisait l’effort de prendre 2 spectacles à l’année, le potentiel colossal de 1200 contrats auraient permis d’accompagner une dizaine d’artistes sur les chemins ardus de la gloire et de la reconnaissance, vers le métier d’artiste, vers l’affirmation d’un talent.

J’ai encore en mémoire la lettre qu’il m’écrivit, assis dans les jardins du Luxembourg, désemparé, en me demandant de lui tendre la main et de venir à son secours. Je lui ai tendu la main et jamais je n’ai regretté ce geste.

Grâce à l’intervention d’un ministre (Edwige Avice), au soutien de la Fédération Française des MJC et de la MJC de Bourg en Bresse dont j’étais le directeur, La Belle Bleue fut créee en septembre 1984. Dans le 1er catalogue, Nilda Fernandez était proposé, dans une formule souple, légère (4 musiciens) à un prix dérisoire, en compagnie d’autres jeunes plus ou moins connus (les aventuriers de la gondole perdue, Denis Wetterwald, Marianne Sergeant, Patrick Veuillet).

Las ! le beau rêve se fracassa sur la réalité. Chaque directeur étant un créateur en puissance, les rares programmations des MJC (5 à 6 spectacles en moyenne à l’année) représentaient le moment de leur toute puissance et les MJC ne suivirent pas. Elles avaient toutes des artistes à proposer mais si peu jouèrent le jeu de piocher dans leur catalogue, de mutualiser leur force. 

C’est ainsi que Nilda joua une dizaine de fois sous l’étiquette La Belle Bleue, à Lille, à Ranguin de Cannes, chez quelques autres passionnés de solidarité…

Entre temps, Nilda m’avait demandé de produire un single, mais en train de mettre la clef sous le paillasson et de fuir la déroute, je fermais La Belle Bleue en 1986 pour reprendre un poste de MJC dans le Sud.

Et un mois après la fermeture, je reçus la pochette d’un disque 45 tours, dont le titre allait révolutionner sa vie et le faire accéder en un titre de l’ombre à la lumière. Madrid, Madrid, son premier chef d’œuvre !

Le train était passé. La Belle Bleue disparût. Une étoile naissait.

S’ensuivirent un CD, Nos Fiançailles qui se vendit à plus de 500 000 exemplaires, des apparitions à la télé où son personnage androgyne qu’il cultivait avec délectation et sa voix presque féminine intriguaient et fascinaient. Nilda entama une carrière de star même s’il refusa de tomber dans la facilité d’un formatage, de rester dans un personnage où il pouvait se contenter d’engranger les dividendes de son nom. Grands concerts, tour de France des villages en roulotte avec concert sous la tente chaque soir, expériences diverses…

Nos retrouvailles eurent lieu sur la scène Debussy en avril 2000 où je le programmais devant une salle archi-comble. Émotion de le voir rayonner dans le Palais des Festivals. Parcours croisés qui nous permettaient d’être réunis à nouveau. Nous ne nous sommes plus quittés. A Moscou où il entama une carrière de star, je fis connaissance avec sa future femme, Olga, fous rires et vodkas, complicité. Il fut de toutes mes dates importantes. Le 22 septembre 2010, je lui offris le cadeau d’un orchestre symphonique et il transforma la soirée en féérie tant ses mélodies et sa voix collaient à l’instrumentation de l’Orchestre de Cannes dirigé par Philippe Bender. Il assura la direction de mon dernier concert « voix Passions » en tant que Directeur de l’Évènementiel en avril 2012, puis de mon dernier concert des Nuits Musicales du Suquet, en 2016 « La nuit de la Guitare » où avec son complice Laurent Korcia, Nono et d’autres, il mit de la poésie dans mon dernier opus de programmateur.

 

Nous nous retrouvions régulièrement depuis. Chaque voyage à Paris étant une opportunité pour boire un café, parler et retrouver cette complicité de survivants.

Mais il a décidé de partir trop loin pour que je puisse le rejoindre. Et mon cœur saigne de ne plus le voir, de ne plus l’accueillir dans mon jardin, de ne plus entendre sa voix si douce.

Mes pensées vont vers Olga, vers ses deux filles dont la plus jeune saura par ses amis combien son papa était un homme de bien, un homme de valeur et dont les comptines lui manqueront.

Mais la vie continue et comme il avait déjà une voix d’ange, alors assurément, il est en bonne compagnie, même s’il nous a laissé avec un sentiment de solitude qui nous mord le cœur.

Ciao Nilda ! À bientôt !

Mon jardin. Un regard. Un sourire. La vie.

Mon jardin. Un regard. Un sourire. La vie.

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Là ! c'est (vraiment) de la musique.

Publié le par Bernard Oheix

 

Elles sont deux à porter à bout de bras un Festival de musique au sein du temple du théâtre estival. Annie Rosenblatt et Sabine Chatel, depuis 3 ans, s’offrent un détour par les chemins si particuliers de la musique du monde et de l’expérimentation musicale en Avignon, dans la cour du collège Verlet. Avec très peu de moyens, elles se débrouillent pour utiliser leur carnet d’adresses, monter des « coups » artistiques, embaucher des bénévoles, convaincre et séduire des partenaires et faire venir un public qui délaisse pour quelques heures l’Art de Molière pour celui des notes enchantées. Et le résultat est pour le moins étonnant.

Dans les aléas d’une 3ème édition rendue plus complexe encore par une 2ème étoile brillant à l’horizon pour notre équipe nationale de football, (le festival se déroulait du 13 au 17 juillet avec une finale à Moscou le 15 !), elles s’acharnent à créer de la convivialité et à donner un supplément d’âme à cette musique qui nait dans les reflets de l’espoir, dans l’expression des femmes et des hommes qui tentent de libérer leur société de ces chaînes qui les oppriment, dans tous ces élans d’une main tendue vers l’autre par notes interposées.

 

On est bien loin des sentiers rebattus, du formatage des artistes éprouvettes, d’un showbiz surfant sur les désirs les plus attendus. Non, on est dans l’appropriation collective, dans le partage non seulement d’une mélodie, mais d’une culture qui en est la matrice et ne demande qu’à toucher l’autre.

Et nous sommes tous ces autres devant l’extraordinaire volonté des femmes algériennes de Lemma qu’une Souad Asla à la beauté d’une princesse du désert entraine vers l’affirmation et la conquête d’une liberté. Occupant un espace dévolu exclusivement aux hommes, jouant des instruments que seuls leurs maris ou fils peuvent faire sonner, elles vont sur 3 générations, de la grand-mère à sa petite fille, jouer, danser et offrir leur joie à un public transporté. Des chants soufis aux danses festives des mariages, elles campent à l’orée du désert et se révèlent comme d’extraordinaires ambassadrices d’une musique de fête et d’allégresse où les frontières n’ont plus lieu d’être !

Cet évènement, en co-accueil avec le Festival d’Avignon, montre bien les limites floues d’un art total. Du théâtre, il y en avait dans leurs costumes traditionnels chamarrés, dans leurs attitudes, dans leur façon de donner du bonheur en se mettant en scène.

 

 

Là ! c'est (vraiment) de la musique.

De la même façon, et toujours en participation avec le Festival officiel, le Cri du Caire permet à Abdullah Miniawy accompagné de musiciens d’excellences et d’un Yom charismatique, d’exprimer par sa voix magnétique, toutes les gammes du possible, de l’incantation au slam, du poème soufi aux rock, du mysticisme au jazz en un melting pot rafraîchissant et novateur. Voix d’un pays déchiré où la musique pourrait donner le tempo d’un temps nouveau !

 

Mais tout au long de la journée, dans cette cour ombragée, on croise des siestes acoustiques avec un Bastien Lallemant solaire, des conférences d’un maître en la matière, Gérard Kurdjian, un espace restauration bio et des plages dj's « vinyls only » de Jean de Lardenelle.

Et sur la scène, un jeune représentant du chant diphonique Mongol dans un voyage à travers les steppes, un couple iranien (Shadi Fathi et Bijan Chemirami) dans un dialogue percussion/chant réinventant une culture persane si riche et audacieuse… et tant d’autres !

Et comment ne pas dire notre admiration pour l’improbable création du plus grand des clarinettistes, Yom, accompagnant la voix si pure d’Elise Dabrowski, (Mezzo Soprano) dans un hommage Lingua Ignota à Hildegarde Von Bingen, cette religieuse du 11ème siècle dont la vie et l’oeuvre sont une saga qui échappe à toute logique.

Dans cette langue inventée par elle, ils vont transposer des cantiques et des recettes de vie en quelques notes greffées sur la voix chaude de la chanteuse transportée.

 

Là ! c'est (vraiment) de la musique.

Là! c’est de la musique pourrait se décliner en Là ! il y a de la vie, de la passion et du bonheur à glaner pour affronter les secousses d’un monde si mal agencé où les fausses notes sont légions.

Dans les chaleurs moites d’Avignon, la musique du monde à toute sa place. Elle offre une oasis à ceux que les mots emportent et leur donne quelques notes pour tenter de décrypter une histoire balbutiante.

 

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Que le jour commence ainsi de Guillaume Roux

Publié le par Bernard Oheix

 Guillaume Roux est certes mon ami, mais cela ne justifie rien !

Si ce n’est cette profonde amitié qui traverse le temps, cet attachement réel avec un homme qui compte à mes yeux par son ouverture, l’intelligence de ses propos, ses choix de vie, ses positions toujours mesurées, sa famille si belle... Bon vous l’avez compris, le psy Guillaume est mon pote et avec lui, les consultations sont gratuites !

Nous partageons beaucoup de choses même si le temps à tendance à nous courir après et a nous priver du plaisir d’être ensemble. Et dans nos intérêts communs, outre le cinéma,  il y a ce goût pour l’écriture, cet enchâssement de mots, ces mots qui font des phrases, ces phrases qui s’écoulent et construisent une histoire à partager !

On s’est souvent donnés des bouts de manuscrits à lire sans jamais se convaincre tant nos univers sont aux antipodes par la forme comme par le fond. Mais quand il m’a annoncé que son premier roman allait paraître, que j’ai vu son regard de fierté en me montrant la photo de sa couverture, j’en ai été sincèrement heureux pour lui, pour la reconnaissance de ses années de travail, d’isolement, de cette solitude de l’écrivain que je connais si bien et qui trouve dans cette édition un aboutissement !

Restait désormais à lire son livre dont le beau titre élégant et intriguant  Que le jour commence ainsi pouvait tout laisser supposer, le meilleur comme le plus sophistiqué ! Mais avant, il m’a convié, pour le lancement officiel de son oeuvre, à une lecture publique d’extraits suivie d’une séance de dédicaces, le vendredi 13 avril, à la médiathèque de Vence. Ses amis s’étaient réunis autour de lui et l’exercice de style complexe d’une lecture par un excellent comédien de bouts de roman, pour ne laisser que des sentiments diffus, tint ses promesses et  me donna l’envie de plonger dans son oeuvre. Ce que j’ai fait !

j’ai dévoré son roman. Son style aérien comme des vagues nonchalantes venant s’échouer sur les rives de nos perceptions, ces phrases éthérées qui touchent au coeur  de nos sentiments. Ses mots sont des notes de musique au service d’une histoire éternelle. L’ombre de cette mort qui rode autour du narrateur et touche ses proches, seule la rédemption par l’amour pourra la chasser...mais à quel prix ! C’est une superbe histoire d’amour entre Stella et  un homme sans visage, qui sauvera le monde, même s’il est indispensable pour cela de s’en libérer de toutes les chaînes et de s’affranchir de toutes ses peurs. Ce roman est en équilibre au dessus de tous les précipices, des vertiges d’une fuite vers l’Inconnue et d’un abandon de tous les codes pour tenter d’être soi-même au milieu des autres.

Sa formation de psychologue l’autorise à s’approcher au plus près des sentiments confus qui s’agitent en nous, de démêler des émotions ténues, de tracer une frontière entre le réel et l’irréel. Au sortir de ces pages envoutantes, nous aimerions être capables de discerner les «Stella» qui nous indiquent que le chemin le plus court vers le bonheur est un don qui impliquent tant de renoncements. Mais l'urgence de ce désir d’amour ne permet pas les faux semblants.

Des personnages apparaissent comme cette enfant Annabelle que nous aimerions protéger, des amis qui peuplent les fractures de son drame, des relations floues aussi qui hantent son parcours vers l’abandon.

Il faut lire Que le jour commence ainsi et célébrer cette maison d’édition Entreprendre (http//entreprendre-editions.com) qui a le courage de permettre à un jeune écrivain de sortir des sentiers rebattus et d’affirmer sa vision d’un monde ou le noir et blanc créent la couleur pourpre d’un mirage.

Guillaume Roux est mon ami certes, mais c’est aussi et surtout, un écrivain qui a trouvé son style et qui est capable de nous embarquer dans un train peuplé de fantômes, ceux d’une réalité qui jouxtent le monde dans lequel nous vivons. Et je suis fier et heureux pour lui de m’avoir convaincu !

PS : on peut commander son livre par Internet directement auprès de Entreprendre Editions

PPS : et personne ne m’a payé pour écrire ces mots, même pas Lui !

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Robinson des glaces Emmanuel Hussenet (ed Les Arènes)

Publié le par Bernard Oheix

Tout commence, comme souvent, par une rencontre impromptue. A la soirée de fête d’un ami, une blonde inconnue s’installe à notre table, un échange passionné s’engage et bientôt la fascination d’un discours entre deux mondes autour d’une île coincée entre le Canada et le Danemark. On est à Cannes, un soir d’automne et le grand large s’invite pour un voyage qui ne laissera pas indifférent !


C’est à ses côtés, en se glissant entre les icebergs, dans un froid polaire, qu’Emmanuel Hussenet nous embarque à coups de pagaies entre les glaces millénaires en train de fondre. Son objectif « d’aventurier » est de rejoindre un îlot coincé entre la mer du Labrador et l’océan Arctique. Dans le chenal de Kennedy, à deux bras de la terre canadienne d’Ellesmere et du glacier Danois de Peterman, comme un rocher du bout du monde, l’objet de convoitise d’un aventurier qui, à la force des bras, tente de le rejoindre. 
Il va falloir partir du dernier village d’Etah, bien au dessus de Thulé, confins de la civilisation, et s’en remettre à son expérience dans la solitude des glaces qui furent éternelles. Des années à accumuler un savoir faire destiné à lui permettre de survivre dans un territoire où la moindre erreur se paie d’une vie. La solitude en partage, mission à hauts risques dont au fil des pages de ce livre, Robinson des Glaces, on découvre que sa finalité n’est pas une nouvelle conquête de l’inutile mais bien une préoccupation majeure pour une humanité aveuglée par sa propre suffisance !
C’est dans le détroit de Smith et en traversant le bassin de Kane que l’auteur-aventurier nous dévoile son véritable plan. Alerter, lancer un cri d’alarme, envoyer un signal impératif aux peuples du monde. La calotte glaciaire fond à vue d’oeil, d’année en année, les couloirs encombrés de glaces s’ouvrent à la navigation et les richesses minières font de ces territoires verglacés, un nouvel Eldorado pour les affairistes du monde entier assoiffés de puissance.
Emmanuel Hussenet nous parle avec des mots si justes et forts du vrai combat qui se déroule alors. Pas celui de sa tentative pourtant héroïque d’atteindre l’île d’Hans et qui échouera d’ailleurs, mais bien celui de dévoiler les ravages irréversibles que nous infligeons à notre berceau et les conséquences funestes qui en découleront !
Il est déjà trop tard… ou presque ! La fonte des calottes glaciaires, la montée des océans, les modifications irréversibles qui sont en train d’affecter le climat, la géographie, dessinent une nouvelle histoire du futur sur une terre gangrenée par l’homme ! Une histoire de l’apocalypse en train de s’écrire sous nos yeux.
C’est avec des mots précis, des exemples, des notes particulièrement pertinentes que l’auteur aventurier nous amène à nous poser la question essentielle. Que voulons nous comme avenir pour nos enfants, et les enfants de nos enfants ? Avec cette frontière d’un chaos irréversible qui se rapproche de plus en plus au fil de nos choix inconséquents.

Il continue à progresser à coups de pagaie vers son îlot perdu comme une métaphore d’une humanité à la recherche son horizon. Entre les ours polaires, le froid, les modifications constantes de son environnement  et le danger permanent qui le guette, il nous dévoile ce qui se dissimule derrière son aventure, un projet pour sauver une Terre exsangue. Rendre l’Île d’Hans à l’humanité entière pour en faire un repère pour le monde à venir. Entamer la guérison de la planète en stoppant la menace de la fonte des glaces. Il s’agit de faire un barrage de glace aux glaces dérivantes pour les stopper dans leur course vers les eaux libres. Tirer des élingues à partir de l’île d’Hans à travers ce chenal étroit pour créer les conditions d’un obstacle sur lequel s’entasserait les icebergs, bloquant le processus de la fonte !

Je ne sais pas si scientifiquement c’est une réponse au drame en train de se jouer. Ce que je sais par contre, c’est qu’Emmanuel Hussenet après nous avoir convaincu de la réalité du réchauffement climatique, tente d’offrir une réponse et de l’espoir à ceux qui en manquent tant. Oui, il faudra lutter pour maintenir la vie sur la Terre ! Oui, on trouvera des solutions… mais il est urgent de ne plus se voiler la face !
Le monde est malade de l’homme et l’homme se doit de mériter son monde ! Alors, à vos marques, lisez ce livre d’Emmanuel Hussenet, et même si le combat se fera sans vous, il faudra bien qu’il ait lieu et que la préoccupation majeure de sauver la Terre dépasse largement les intérêts partisans de ceux qui crachent sur le futur !

 

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Marie-Claude Pietragalla.

Publié le par Bernard Oheix

Etre Corse, et avoir un patronyme qui commence comme la plus célèbre bière insulaire, la Pietra, être danseuse, et avoir son nom qui finit par un « galla », est quand même une forme de prédestination qui montre à l’évidence qu’avec Marie Claude Pietragalla, rien ne peut se dérouler comme prévu !

D’une beauté à couper le souffle, cette danseuse étoile de l’Opéra de Paris aura tout vécu de la gloire sur les scènes du monde entier. Egérie d’une certaine mode et de la publicité, elle va devenir un personnage public en échappant aux cénacles des palais parfois bien poussiéreux de la danse.
En 1998, elle devient, très jeune, la directrice du Ballet National de Marseille succédant à une légende de la danse, Roland Petit.
De son expérience Marseillaise, on retiendra le tumulte d’une gestion complexe des individus, le corset d’une administration d’une institution n’étant peut-être pas adapté à sa personnalité rebelle, à ses fulgurances créatrices. Je me souviens encore de l’aventure Sakountala que j’avais accueillie en 2001, une pièce débordant de vie où les danseurs créaient dans la verticalité, un espace de danse inversé dans une complexité technique qui nous avait donné des sueurs froides pour réussir à implanter le dispositif scénique sur le plateau du Grand Auditorium du Palais des Festivals.
Au fond, tout était déjà dans cette première expérience. La folie d’une grandeur au service d’un art de la danse, la volonté d’échapper aux codes, une forme d’hystérie créant et sublimant le mouvement. 
Le public l’a toujours suivie, la critique pas toujours ! Une bonne partie des censeurs du bon goût ne pouvant accepter le refus de toutes bienséances, l’imprévisibilité de sa démarche, lui rendant coup pour coup et lui faisant payer la grâce insolente d’un corps sculpté par des années de pratique et une tête bien faite se nourrissant de lectures et d’expériences multi-disciplinaires.
Sa rencontre avec Julien Derouault va être déterminante. Dans leur relation fusionnelle, ils trouvent la force de s’émanciper d’un système où ils s’asphyxiaient pour partir dans la véritable aventure de la création d’une compagnie privée et se donner les moyens de vivre leurs rêves communs.
Au passage, notons quand même qu’à l’heure où nombreux artistes n’aspirent qu’au confort d’une institution, eux vont s’en affranchir pour plonger dans l’inconnu. C’est tout à leur honneur que d’accepter de revenir aux sources, Molière d’un théâtre de la danse itinérant, se construisant au fil des projets et des représentations, dans la complexité d’une période loin de l’âge d’or de la culture des années 80, affrontant la violence d’une crise économique, morale et esthétique tout en continuant un combat pour offrir du rêve à un public qui en a bien besoin !

De ce point de vue, leur dernière création ambitieuse, Lorenzaccio, est un véritable bijou, une pièce de danseurs/comédiens, ou les comédiens dansent, où les danseurs jouent et où la scénographie signée de Daniel Mesguich, de Julien Derouault et de la Pietra fait merveille pour reculer les limites et dissoudre les frontières entre les arts vivants !
Sur le parvis du château de Grignan, devant un parterre de plus de 800 personnes, chaque soir pendant plus d’un mois et demi (45 représentations à guichets fermés !), ils vont livrer une véritable performance physique se terminant par une standing ovation rituelle. Julien Derouault porte sur ses épaules un Lorenzaccio déchirant, magnifique, explorant de la voix toutes les gammes d’un texte d’une richesse infinie. Entre la politique et la religion, le pouvoir à prendre et la vie à perdre !
Il est entouré d’une troupe incroyable dans sa diversité et sa qualité ou Alexandre de Médicis, interprété par le magnétique Abdel Rahym Madi joue avec le destin des autres, Simon Dusigne en Cardinal Cibo, cape rouge sur un overbooard, se glisse entre les danseurs comédiens en déclamant son texte, Louise Strozzi en jeune fille évanescente, et tous les autres (11 artistes sur la scène) vont éblouir devant un château transfiguré par les effets spéciaux des lasers et des lumières qui découpent l’espace.
La touche Mesguich, le talent de Derouault, l’esthétique de Pietragalla vont transformer en triomphe leur création.

Et si vous en avez l’occasion, allez voir cette pièce qui  partira sur les routes de France à l’automne prochain et finira bien par atterrir sur la capitale !
Merci à Marie-Claude Pietragalla, à Daniel Mesguich, à Julien Derouault… et à leur administratrice, la compétente et pétulante Aurélie Walfisz qui gère avec tant d’allant et d’énergie, l’administration de la compagnie Théâtre du corps Pietragalla-Derouault.

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Riccardo Caramella : Tirer sur le Pianiste !

Publié le par Bernard Oheix

Riccardo est mon ami. On a réalisé plusieurs opérations ensemble, et quelques moments merveilleux sont toujours dans ma mémoire et dans celle des nombreux présents. La musique, les images et son humour ont fait fureur dans les programmations des "Saisons de Cannes" que je produisais. Le voilà reparti donc pour un nouvel opus, le samedi 7 octobre 2017 à 20h en la salle de La Licorne à La Bocca qu'il affectionne particulièrement. Et ce bien naturellement pour une cause humanitaire et sans percevoir le moindre cachet.

Il m'a demandé de présenter sa soirée et de lui écrire un mot pour le programme. Je l'ai fait avec plaisir car dans ce volume 2 de musique et cinéma, il y aura tout ce que j'aime dans le spectacle vivant.

Alors, à vos calendriers, cochez ce samedi 7 comme une date où l'on ne peut que répondre présent à la fois comme spectateur et à la fois pour soutenir la cause de ces enfants malades qu'il soutient avec passion. 

Voici donc le texte que son talent et notre amitié m'ont inspiré ! 

50 ans que ces doigts effleurent, caressent et se martyrisent sur les claviers des scènes du monde. Après plus de 2000 concerts, bien sûr, Riccardo, mon ami est à la retraite, choix assumé de ne plus avoir à courir les salles de tous les pays pour choisir son destin, volonté de « sortir » d’un jeu qui l’a vu triompher de tous les pièges d’une carrière en assumant le travail acharné indispensable à la maitrise de ce piano qui fut son univers exclusif pendant des décennies.
Mais avec le temps, Riccardo Caramella fait comme le bon vin italien, il se bonifie, trouve des arômes nouveaux et se forge une identité en marge des canons du grand art classique.
Passionné de cinéma, de ces musiques qui le touchent, lui, homme de sons sensibles aux images, il s’est lancé dans la cause d’une exposition de ces partitions qui n’existent que par le nom d’un réalisateur, par une séquence mémorielle, noyées dans un film dont elles n’émergent qu’avec parcimonie.
Dans ce spectacle, elles seront à l’honneur, ces bandes sons dont on ne connait que si rarement l’auteur, qui peuvent passer du classique au jazz, s’égrener sur quelques notes incertaines ou s’envoler sur des partitions connues. Elles renvoient à des scènes que l’on retrouve alors avec ferveur, enfouies dans notre mémoire, cachées dans notre histoire. Et c’est bien l’image qui viendra alors se mettre à leur service pour les honorer et les sublimer.
Aidé de sa faconde, jonglant autant avec les mots qu’avec les notes, en support d’extraits de films qu’il a sélectionnés, Riccardo va jouer à l’homme orchestre, faire une polyphonie des sens et nous prendre par la main pour dériver dans une histoire musicale du 7ème art pleine d’anecdotes et d’émotions.
Et puis, si vous n’aimez pas, vous pourrez toujours, à l’inverse de François Truffaut, "-Tirer sur le pianiste."

Bernard Oheix

 

J'avais déjà présenté son spectacle pour Cinéma et Musique volume 1... Je serai donc là pour le volume 2... en attendant la suite !

J'avais déjà présenté son spectacle pour Cinéma et Musique volume 1... Je serai donc là pour le volume 2... en attendant la suite !

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