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Entrée au Rajasthan

Publié le par Bernard Oheix

La route qui part de New Delhi vers le Rajasthan s’étire sur 300 km. Une route cauchemar, sur deux voies, réduite à une seule rapidement, avec des bas côtés défoncés. Sur ce ruban de bitume se croisent une multitude de motos, 3 roues, voitures, bus et camions, au milieu des troupeaux de vaches, de chameaux tirant des carrioles, dans un paysage où alternent l’aridité d’un semi désert, des champs irrigués, des usines flambant neuves et des villages où la population vit dans la frénésie d’un peuple en perpétuel mouvement.

Les étals de fruits et de légumes bordent les entrées des villages, les femmes en saris, visages couverts, déambulent au long de ces routes qui ne mènent nulle part.

C’est une Inde où les enfants courent en demandant un chocolat comme des gamins malicieux, où les vaches dorment au milieu de la route, où les aigles tournoient en cercles concentriques dans un ciel de tempête et où la beauté se conjugue à la saleté et aux immondices qui jonchent les bas côtés.

Entrée au Rajasthan

Et puis il y a l’arrivée dans la ville étape de Mandawa rongée par la lèpre de l’abandon et de la décrépitude. Cette région très riche située sur la route de la soie, fermée au XXème siècle à cause du conflit avec le Pakistan, s’est vu délaissée par ses négociants partis travailler dans des terres plus hospitalières et les propriétaires délaisser leur palais fastueux qui s’érodent sous le joug du temps pour une ville portuaire comme Monbay, s’ouvrant par la mer au monde moderne.

Les Havélis, petits palaces couverts de fresques,  nous rappellent combien furent fastueux ces temps d’antan. Des fresques encore vivaces parlant de l’homme et des dieux, mêlant le divin et le trivial, malgré les dégradations, nous invitent à communier avec le génie de l’homme constructeur et la richesse de ces cultures ancestrales. Le passé et le présent fusionnent alors pour nous faire oublier d’ou nous venons et où nous allons. Il reste juste le temps de l’illumination !

Entrée au Rajasthan

Après une nuit dans un havéli rénové aux chambres luxueuses, nous reprenons la route vers Bikaner, la ville rouge, longeant des zones semi-désertiques sur une route défoncée. La visite du Palais/musée de Junagarh construit en 1589 nous permet de plonger dans les fastes d’une époque révolue, quand le Rajasthan était une région de croisement, une étape indispensable sur la route des riches commerçants. 

Mais c’est au sortir du Palais, dans une ronde effrénée en tuk tuk que nous comprenons enfin ce que veut dire circuler dans l’Inde moderne. Un carnaval effrayant dans un carrousel invraisemblable, un gymkhana où le plus courageux s’impose, où les enfants et les piétons jouent à se faufiler entre tous les véhicules qui zigzaguent entre les animaux, contournent les obstacles les plus divers dans des rues défoncées. Tout cela dans un concert permanent de klaxons qui saturent une atmosphère irrespirable engendrée par une pollution à son zénith. Qui n’a jamais vécu cette expérience ne peut comprendre ce que conduire en Inde veut dire et combien les 3 conditions nécessaires pour arriver à destination sont bien indispensables : un bon klaxon, de bons freins, et surtout, beaucoup de chance !

Entrée au Rajasthan

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