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Russie 2 : Images et commentaires

Publié le par Bernard Oheix

Je sais... On m'a suffisamment fait remarquer que Sophie était absente du premier compte-rendu....Alors cette fois-ci, dans ce 2ème volet de notre voyage en pays slave, elle sera présente et bien présente... C'est un reportage photos avec légendes. Régalez-vous, et pensez à nous, perdus dans le froid sibérien, représentants de la vieille France dans les immensités glacées d'un pays tétanisé par la crise et emporté dans les tourbillons d'une histoire incontrôlée et incontrôlable... 


Arrivée à Moscou, la nuit. Il fait froid, les lumières brillent, les voitures foncent et se dressent les tours 'staliniennes" si typiques de la capitale comme des sentinelles d'un 20ème siècle de fureur.

Quand le ridicule ne tue pas ! Dans un restaurant géorgien, la coutume veut que l'on nous prenne en photo avec ces adorables colliers de fleurs fort seyants...ma foi ! Bon, il a fallu que je bataille pour qu'elle accepte la photo. N'est-on point mignons, tous les deux avec nos pots de fleurs sur la tronche !


Place centrale de Kazan. Dans la froid, sous la neige, Lenine continue de veiller sur les Tatars. Il fait -15°, la Volga est gelée, la vodka réchauffe, deux jours particulièrement intenses nous attendent !


Visite du Kremlin de Kazan. La Mosquée Bleue cohabite avec une église orthodoxe. Noyé sous la neige verglacée, le Kremlin offre une perspective qui nous plonge dans des siècles d'histoires révolues.

Devant la fameuse tour penchée de Kazan, symbole de la ville, Sophie cherche son second souffle dans un clair- obscur vivifiant.

Tatiana S et Nadia U, parées de fourrures, entourant ma toque en poil de vison, dans un des magasins les plus "in" de Saint Pétersbourg. Sophie a hargneusement effacé la photo de ses virevoltes affublée d'un manteau qui coûtait la bagatelle de 500 000$. Dommage pour la postérité !

Bernard en démonstration. Pelisse autour du cou...A little cabotin notre directeur en mission ! Un air de celui qui finalement se verrait bien avec son chat sauvage autour du cou dans les rues de Cannes !

L'élection de Miss Tatarstan, comme des poupées slaves, toutes plus belles les unes que les autres, un interminable show de petites culottes et de regards lascifs dans le vacarme d'une litanie de sponsors et la réunion d'un jury de circonstance, hommes virils pour jeunes filles en fleurs...Ames sensibles s'abstenir !

Sous la neige, la calèche de la Miss élective qui l'amènera en grande pompe à la fête qui se terminera fort tard en galante compagnie. Vive les Miss exotiques et la beauté slave des confins verglacés !


L'île aux deux phares, au loin d'une Neva gelée, palais et musées pour inscrire la grandeur de Saint-Pétersbourg dans une perspective horizontale. Ville saisissante par son assise, ses canaux, ses 500 ponts et le charme de ses constructions étales enracinées dans les marais.

Le tombeau de Dostoïevski. Quelques unes des têtes les plus pensantes, des artistes inscrit au Panthéon de l'art, enfermés dans un cimetière grand comme un mouchoir de poche... Tchaïkovski, Petipa, Grinka, Rimski-Korsakov...Ils sont tous là, à attendre que les siècles épousent leur génie, une poignée d'humains qui ont façonné le monde des idées, devant lesquels je sens le souffle des tourmentes passés.

La Neva gelée et la forteresse Pierre et Paul, berceau de la Fondation de Saint-Pétersbourg. C'est à partir de cette base que dès 1703, Pierre le Grand lance la construction d'une nouvelle Capitale pour son empire.


La loge du Mariinski, l'ex-Kirov, une des salles les plus mythiques de la danse. Ambiance feutrée avant que le rideau ne s'ouvre sur un corps de ballet éblouissant dans un Lac des Cygnes étourdissant.

L'Eglise Orthodoxe de la Conception...La nuit, un gateau à la chantilly, des bulbes de couleurs, des formes issues d'un rêve, la neige recouvre d'un manteau blanc les aspérités d'un monde incompréhensible. C'est la Russie éternelle et toujours mystérieuse.


Sophie transie. Sophie devant le Musée de l'Hermitage. Un froid perçant, une bise qui cingle le visage. Même sous ses oripeaux, elle reste belle, digne et altière représentante d'un pays de soleil ! Les Russes semblent apprécier...

Le train s'ouvre un passage dans la bourrasque, la neige penètre par tous les orifices et envahit les sas. C'est l'apocalypse version congelée, une tourmente qui nous permet de retourner vers Moscou par le train rapide. On discerne des pans de paysages noyés dans la neige qui déchire l'horizon. C'est beau et terrorisant !
........Les interminables repas, cérémonies du thé, dégustations et autres agapes, pendant des heures à parler, porter des toasts (je suis devenu un grand spécialiste au fil des années pour enfiler des perles !)... Sophie aura le privilège ce jour-là de se lancer et d'offrir un premier toast-discours dédié aux amitiés Franco-Russe. Elle s'en tirera tout à fait honorablement... Ma foi ! Et l'on continuera notre orgie...

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Russie. (1)

Publié le par Bernard Oheix

Ce compte rendu a été composé par Sophie D...la directrice adjointe de l'Evènementiel.  Enfin ! La Sophie qui peut s'évader et venir visiter la Russie en ma compagnie. En près de 20 années de travail en commun, c'est la première fois que nous partons ensemble. Séquence émotion ! Ce sera parfait, à l'égal des relations que nous entretenons depuis tout ce temps... fidélité, confiance, humour et connivence. Il avait un parfum particulier ce séjour avec Sophie en terre Russe avec nos guerrières slaves pour nous accueillir. Je vous en livre quelques pages choisies. Les italiques proposent mes commentaires !

Vendredi 30 : arrivée Moscou en fin d'après-midi. Dîner sur la Place Rouge avec Tatiana - Hélène et 2 "sponsors" du Festival. Arrivée sur la Place Rouge sous des rafales de neige froide. Il faut voir les yeux écarquillés de Sophie devant le mausolée de Lénine, les remparts du Kremlin, les domes de Saint-Basile...Comme pour moi la première fois il y a 10 ans, une beauté chargée d'histoire à couper le souffle ! 
Samedi 31 : départ pour Kazan (en avion). Accueil par Aïda (Vice-Ministre de la Culture du Tatarstan). Déjeuner à l'Hôtel avec Tatiana, Hélène et Nadia.
La mosquée bleue de Kazan
Visite du Kremlin (Mosquée bleue, Eglise Orthodoxe, Monastère...). Inauguration de l'exposition dédiée à la Feutrine.
Miss Kazan...regardez ma main autour de sa taille gracile !

Rencontre officielle dans le Musée avec la Ministre de la Culture de la république du Tatarstan : Zilya Valeeva (amie de Catherine Deneuve qu'elle souhaite avoir en invitée d'honneur du Festival). Visite du Musée (peinture, artisanat local : cuir). Une exposition sur l'artisanat Tatar sera présente lors du Festival à Cannes.
Elles ont perdu... Elles n'étaient pas assez belles !
Le soir : élection de Miss Kazan et Tatarstan (30 candidates, beaucoup de sponsors à remercier !!! "4h de spectacle "). je ne vous parle pas de ma présence dans le jury... quoique je peux vous en dire quelques mots. 30 beautés slaves, avec des traits typés, belles comme des anges de la miséricorde, défilant en petites culottes et soutien-gorge...Imaginez mon rythme cardiaque...
Miss Tatarstan.. pour moi ?
Dimanche 1er Février : Opéra National de Kazan. 10h Accueil par une fanfare féminine de Jazz puis Ensemble de danses et de chants du Tatarstan (très bel ensemble folklorique - 60 artistes - attention : de nombreux costumes - prévoir des portants. Décor : rideau de scène + Praticables). Cérémonie du Thé avec les responsables du théâtre : Nadia insiste sur les fiches techniques qui doivent être complètes. Etonnant ce dimanche matin, 5 spectateurs dans la salle immense et la troupe qui se donne comme si le monde avait les yeux sur elle !
12h30 : rencontre officielle avec la Ministre qui se fait beaucoup de souci au sujet de la crise et espère trouver le financement pour faire venir à Cannes tous les artistes. Le budget doit être présenté au Président du Tatarstan.
Nous visionnons ensuite des DVD de la fête des enfants qu'ils souhaitent importer sur le parvis (jeux de la course en sac, de la cuillère avec un œuf...). (B.O. réussira à les en dissuader).
Fin AM : visite d'un magasin d'artisanat qui exposera à Cannes.
Retour au Ministère pour dîner avec le Vice-Ministre, Tatiana, Nadia et Hélène.
Lundi 2 : Départ très tôt (en avion) pour St Petersbourg.
12h : RDV au Théâtre de Mains pour rencontre avec le Directeur et visionnement des extraits des spectacles.Cérémonie du Thé.
Visite du magasin de fourrures Lena qui doit participer au dîner russe (nous apprendrons à la fin du séjour que Mme Medvedeva s'oppose à ce défilé à Cannes et ce en raison de la crise). Commentaire de BO. Sophie avec son manteau en poil de truc à 5000 000 dollars... en train de minauder sous les yeux concupiscents de quelques Russes affamés, vision suréaliste s'il en est ! Cérémonie du Thé. Déjeuner à 16h00 dans un restaurant ukrainien avec la responsable au gouvernement fédéral (grande amie de Mireille Mathieu !).
Un des 300 canaux de la ville...
18h30 : RDV au Théâtre Mikhailovsky pour une visite du Théâtre et une rencontre avec le Directeur, Vladimir Kekhman. (800 personnes travaillent dans le théâtre). Vladimir pose une condition à la présence de sa compagnie à Cannes : que Mme Medvedeva soit présente. Son théâtre pourrait présenter un Gala de danse et, sous réserve,Giselle ( avec un Orchestre à définir). Dîner avec Vladimir dans restaurant italien.
Mardi 3 : 9h30 - visite en minibus de St Petersbourg. Visite de la fabrique de porcelaines impériales qui doit venir exposer pendant le Festival. Cérémonie du Thé avec la directrice générale et la directrice des ventes (Liliana Ilyina). Elles sont très soucieuses de la crise car elles sont responsables de plus de 1 000 salariés et ne semblent pas très motivées pour venir à Cannes en cette période difficile. Visite du Monastère Vladimir Nevski.(tombes de Dostoïevski, Tchaïkovski...).
Tombe de Tchaïkowsky...la plus formidable concentration de génies morts immaginable !
16h00 : Déjeuner avec le Consul de France, la Ministre du Tourisme (Mariana ...) et Nadège...
17h30 : Réception par le Président du parlement Monsieur Tupalov au Palais Mariinski. Présentation du projet St Petersbourg à Cannes. Visite du Palais.
19h : Théâtre Mariinski : le Lac des Cygnes. Sophie et Bernard dans la salle carmin, au premier rang, pour une oeuvre immémoriale, le Marinsky (ex-Kirov), la Lac des cygnes, la perfection de la danse classique, le coeur qui bat d'être au centre d'un monde plongé dans l'histoire de la Danse. Précision hallucinante des ensembles.Dîner avec les filles (Pizzeria).
Le Marinsky.. Le temple de la musique classique
Mercredi 3 : 10h : visite rapide de l'ermitage (50 mn) avec un guide anti-communiste, passionné et passionnant, fin lettré et cultivé s'exprimant dans un français suave, distribuant des noms au pas de course (Michel-Ange à gauche, Velasquez devant, à droite vous avez Léonardo de Vinci...etc) - visite de la cathédrale Saint-Isaac (vue panoramique depuis le toit) et de l'Eglise St Sauveur du sang versé érigée sur le lieu où le tsar Paul 1er fut assassiné. Ces 2 églises ont été ouvertes spécialement pour nous.
Déjeuner georgien avec toutes les Ministres, guides... et départ en train (4h30 de voyage dans la tempête de neige) pour Moscou. Voyage dans les bourrasques, le train fonçant dans l'ivresse d'une tourmente, la neige pénêtre dans les sas et la campagne défile écrasée sous la violence des éléments.
Le soir, repas avec Olga, la femme de Nilda F, mon ami. Retrouvailles dans un restaurant branché. C'est la fin du voyage, les images s'entrechoquent dans un Moscou bloqué par une tempête de neige. Concert de klaxons, paralysie générale, un tapis blanc recouvre la ville et le froid mordant pénêtre partout ! L'hôtel nous attend, une dernière nuit chez nos amis les Russes.

Jeudi 4 : retour en France.

Vous aurez droit à une suite très bientôt...

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Berlinade Attitude

Publié le par Bernard Oheix

Yeux fermés. Destination brouillard. En avant pour un cadeau anniversaire hors du commun. On m'avait juste intimé de réserver cinq jours de ce début du mois de janvier. Le mystère règne, je tente de connaître cette destination inconnue, propose de l'argent à mes enfants ( une somme conséquente ma fois, 200€ !)... Rien n'y fait, je ne sais toujours pas en cette aube glacée où je dormirai au soir venu. Maigres indices, l'avion, l'Europe, le froid...
Je découvrirai donc cette ville qui me tend les bras, Berlin, deux fois entrevue, jamais visitée. C'est Hartmut, mon ami de l'université de Nice, 35 ans après, qui va se charger de nous faire découvrir sa Capitale au pas de charge, à  l'Allemande, avec méthode et intensité... et c'est génial !
Merci donc à Thérèse pour cette surprise, cette vraie trouvaille de 5 jours volés au temps, une façon de faire un pied de nez au froid et à la crise.



Jardin sous la neige. Berlin, une ville de verdure, ouverte, depuis que les murs se sont écroulés, l'espace s'est agrandi et les parcs ouvrent des perspectives dans l'horizon d'un froid polaire. La vie existe, intense, et les Allemands sont sympathiques, accueillants. Un sentiment de profonde sécurité règne.


Marx et Engels... mes deux idoles du temps jadis. Ils campent toujours comme les phares des consciences qui embraseront le XXème siècle. Combien de crimes en leurs noms ?


Le mémorial pour les victimes juives. Un frisson, monument éclaté, austère, rappel d'un drame épouvantable. Comment en sommes-nous arrivés là ? Je me souviens d'un évèque négationiste qui défraie la chronique et j'ai honte pour les dictateurs du corps et de l'esprit, les bourreaux de la liberté, les innombrables servant d'un Dieu de haine. Quelle que soit la couleur de l'ignominie, le sang des victimes est toujours versé pour noircir la page d'une humanité qui n'aspire qu'à vivre dans la paix.

La porte de brandebourg, symbole d'un mur qui déchirait un peuple. Il est étrange de penser qu'une génération d'Allemands ont porté la croix des fautes de leurs parents. C'est le cas de mon ami Hartmut qui a grandi dans cette Allemagne tentant de revivre après une décénie de guerre. Combien de pays ont éludé leurs drames en niant leurs crimes ? Cette génération d'Allemands n'a pu fermer les yeux...


Place vide, théâtres et bâtiments baroques. Il y a de l'espace et une histoire à fleur de pierres, même si Berlin fut détruite et rasée pendant l'année 1945. Il reste un mélange de modernité et un parfum de passé, une ville qui envoûte comme à cheval entre deux époques.


La gare de l'Alexander platz, cette verrue d'un McDonnald qui rappelle que les impérialismes ne se diffusent pas que par les armes !

Le mur de Berlin et ses vestiges. Check point Charlie, quelques bribes conservées dans un quartier sombre, des graffitis pour se souvenir que le sang de jeunes hommes a coulé pour franchir une limite artificielle imposée par la folie des hommes. Impressionnant ces plaques apposées avec des noms oubliés. Le commerce fleurit à ses pieds pour maintenir l'idée que la vie n'est qu'éphémère passage et le prix d'une vie somme toute très relatif...


Nationalgalerie du Musée de Berlin. L'île aux morts. Un chef-d'oeuvre romantique de Böcklin. Je ne résiste pas au plaisir de vous l'offrir comme un voyage intérieur. Les couleurs sombres, la lumière cachée, l'intensité d'un lieu oppressant dans l'ultime voyage....

Karl Friedrich Schinkel. Gotischer dom am wasser. Cette exposition sur les romantiques allemands est d'une force et d'une beauté à couper le souffle. Il y a aussi des Menzel, Caspar David Friedrich, Von Marées et Lieberman. On sort ivre de tant de génie. Comment donc ce peuple, qui accoucha de tant d'oeuvres sublimes, pourra-t-il se laisser entraîner dans les affres d'une guerre sordide ! Et la France en 14-18 ? Et tous les autres à attendre que le canon tonne pour s'enivrer !
Que les pinceaux règnent sur les hommes de bonne volonté !

Voilà, juste l'arôme délicat d'un passage fugace dans une Capitale de l'Europe. Des promenades dans les parcs, un appartement spacieux dans Charlottesbourg, un lac gelé, la visite du Reishstag et l'ascension de sa coupole, des repas à l'allemande, d'énormes portions de gâteaux pour les en-cas d'après-midi, une chute sur un trottoir verglacé, une langue comme une musique et la certitude que Berlin est bien le lieu de cette histoire impossible d'une Europe dévorée par ses propres démons qui renaîtra toujours de ses cendres.
Vive Berlin !

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Le temps sans pitié

Publié le par Bernard Oheix

Je m'aperçois que les semaines passent et que les articles s'accumulent... Je n'ai toujours pas mis en ligne le compte-rendu des Rencontres Cinématographiques de Cannes où j'étais membre du jury avec mon ami Nilda Fernandez. Il y avait pourtant des films remarquables et l'ambiance était géniale.
Je n'ai toujours pas écrit les quelques pages émues sur l'Alexander Platz et la Porte de Brandebourg. Une destination inconnue que ma femme m'a offerte pour mon anniversaire sans me dire où nous allions. C'est à l'aéroport que j'ai découvert que nous nous rendions pour 4 journées à Berlin où Hartmut, vieux complice de cinéphilie des années facs, nous attendais pour nous faire visiter au pas de charge sa ville sublime. Ah ! la découverte des peintres romantiques Allemands au Musée National...
Et puis, plus récemment encore, Moscou et la Place Rouge avec Sophie Dupont, directrice adjointe de l'Evènementiel ma complice depuis 20 ans, Kazan et son kremlin, son élection de Miss Tatarstan où j'eus la charge de juger 30 beautés absolues, Saint-Pétersbourg pour finir, le musée de l'Hermitage, les tombes de Dostoïewski, Tchaïkovsky, Marius Petipas, le Lac des Cygnes au Marinsky, les canaux gelés par - 15 et ce train fonçant dans la tempête qui nous ramenait vers un Moscou noyé sous la neige.
Beaucoup d'articles en attente mais ce n'est pas cette semaine que je pourrais les pondre. Le Festival des Jeux ouvre avec ses 135 000 personnes, ses 14 000 jouieurs inscrits dans les tournois venant d'une cinquantaine de pays, les amis qui débarquent pour des nuits d'Off où tout est possible et les heures qui vont s'étirer jusqu'à l'aube.



Heureusement qu'il y a la belle, la troublante, la géniale Claudia C... pour penser à moi !

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2008 tombe à l'eau...Vive 2009 !

Publié le par Bernard Oheix

...c'est la faute à Sarko !
Le nez dans le ruisseau,
C'est la faute à Barroso !

Par un beau matin , dans une fraîcheur hivernale baignée d'un soleil luisant clair et beau (sic), comme chaque année, n'écoutant que mon courage, j'entraîne Julien, mon fils et Christian, mon beau-frère corse dans une plongée marine à ciel ouvert afin de tester notre courage !

Vous me direz, moi qui ai eu le privilège de plonger de nuit, par un trou dans la glace, par -40°, dans les plaines verglacées de Vologda, en Russie...qu'est-ce donc que cette température quasiment estivale ?
Bon, je vous la fais courte, c'était quand même pas un sauna cette Méditerrannée en ce matin du 24 décembre 2008.

La preuve, l'air dégagé de Julien au moment de rentrer dans l'eau !


En arrière-plan, les "rochers rouges" de La Bocca... Lieu mythique  où j'ai appris à nager, plonger, où j'ai dragué les fonds à la recherche des histoires d'eau et autres aventures ! Notez ce palmier esseulé qui tente d'insuffler une perspective exotique au visage coincé de mon fils !



Et  pour vous prouver que tout ceci n'est pas un montage avec une photo quelconque prise cet été, voici la preuve absolue de notre fait d'arme ! Nice-Matin, canard béni des dieux, titrait d'une façon prémonitoire, "Des stars planétaires à Cannes". Sont-ce pour moi que ces mots s'étalent sur la Une grasse ?
2009 nous le dira...
Bonne année à  tous !

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La retraite en chantant !

Publié le par Bernard Oheix

Encore un départ dans mon équipe de l'événementiel du Palais des Festivals de Cannes, une retraite en bon ordre, la fuite !

C'est une équipe qui vieillit désormais, tous ces enfants du baby-boom en train de s'évanouir dans la nature, cela fait un peu cimetière d'éléphants ! Et je commence à sentir le vieux bouc, mon tour arrive, à l'évidence !

Bon en attendant, voici le discours prononcé lors du pot de son départ. Un discours de plus pour un salarié de moins.

On gagne une parcelle de son paradis chaque jour que Dieu a fait ! 

 

Qu’est-ce que la retraite ? On se pose tous cette question un jour ou l’autre… plutôt l’autre d’ailleurs !

60 ans…Hier seulement on commençait à travailler, on arrivait pour un premier poste, timide et impressionné… le temps passe si vite. Les mois, puis les années et bientôt les artères qui chauffent et les cheveux qui ont une fâcheuse tendance à tomber tout seul… et je ne vous parle pas du ventre qui tend la ceinture !

60 ans… On regarde tout autour de soi, il y a déjà nombre de nos amis tombés au champ d’honneur du labeur, mais on se sent encore si jeune dans la tête, on sait que chaque lendemain nous rapproche d’une drôle de frontière… mais elle est là pour nous tous, plus ou moins proche, juste au détour de quelques décades, années… ou même d’un lendemain de fête !

60 ans, mais j’ai l’expérience et je peux vous dire que… trop tard mon vieux…Tu n’as rien à dire… A la casse ! A recycler ! Prends tes cliques et ne claques pas !

C’est ainsi Daniel, qu’une carrière se termine et que la retraite se gagne ! Commencée dans l’enthousiasme des terrains de foot où tu brillas comme gardien de but en te niquant le genou au passage, très rapidement, tu délaissas les salves d’applaudissements des tribunes pour des tirs autrement concentrés, celui des artificiers qui tentaient d’illuminer le ciel cannois, et ce faisant, charmaient ton âme de grand enfant.

Penalty.

Car disons-le tout net, Daniel. Tu as oublié de grandir, tu es resté un gamin émerveillé par les feux de Bengale, les fusées rouges, les spermatozoïdes multicolores et les sifflantes stridentes qui déchirent la nuit du ciel. Au lieu de dormir, tes rêves avaient la puissance des cauchemars, de la nuit paisible, tu faisais un champ de tir pour des mines déconfites au matin.

De ton parcours professionnel, que retenir ? Tant de choses il est vrai !

Que tu envisageais avec délice de devenir un taxi-boy quand tu t’occupais des thés dansants ! Que tu t’activais au dîner des anciens en bisoutant toutes les mamies folles de ton corps ! Que tu plongeas dans les contrats en te noyant sous les chiffres ! Que tu flirtas même avec le jazz en payant Nina Simone de ton charme pour qu’elle joue le soir au festival… Et tant d’anecdotes, de gens qui sont passés et ont disparu, évanouis pendant que tu restais goguenard, gardien du temple, accroché à ton bureau et qu’un jour même peut-être, tu nous narreras tout cela dans un blog qui vaudra de l’or !

Mais cela n’est rien !

Car loin de faire une carrière, de construire une stratégie pour devenir quelque chose en étant quelqu’un, tu as joué avec constance comme un enfant, avec des pétards et des mèches, à celui qui avait la plus grosse, à sauter le plus longtemps et la plus jolie, à regarder d’un œil concupiscent les belles formes éclatées de tes copines les bombes !

Tu t’es marié parce qu’il fallait bien le faire et même plusieurs fois d’ailleurs… Tu as eu un enfant parce que la nature a voulu cela… Tu as fait semblant d’être un adulte responsable et sérieux… mais c’était du vent, Daniel Delesalle, une gigantesque escroquerie ! En effet, moi qui te connais bien, je sais que tu n’aimais rien tant que boire avec les potes en attendant le décisif 10ème coup d’horloge de la journée, le moment où les lumières de la Croisette s’éteignent et où tu levais la tête pour jouir de l’ivresse des paradis d’artifices.

Tu as croisé la route de ces grands anciens chamarrés de médailles, Panzera, mort pour l’internationale des feux, ton pote qui t’a initié à la poudre noire en te droguant à jamais, Lacroix, pas le peintre, l’autre, le shooté de la bombe qui t’a pris sous son aile en te faisant voir des mirages d’hallucinés, Igual l’Espagnol qui boit de la sangria en allumant sa mèche et rigole devant les explosions, et les Portugais, les Allemands, tes amis Québécois, et tout ce petit monde des artificiers, ces hommes virils et barbus qui mâchent la cordite en regardant péter le monde plus haut que notre cul… Ils sont une poignée, on aurait pu les enfermer aux îles et tu en aurais été le garde-chiourme averti et heureux… car ils sont ta vraie famille, ceux que tu aimas et qui t’offrirent asile en leur confrérie de l’inutile !

Tu pars à la retraite mais je sais que tu vas revenir goguenard nous narguer, entre deux croisières les pieds dans une eau de mer chaude, sirotant un dernier Morito pour nous observer en train de courir à perdre haleine derrière un temps qui t’a enfin rattrapé !

Et oui, les bombes c’est comme les hommes… même s’il faut longtemps pour les allumer, elles nous pètent tout de suite au nez en dégageant une odeur de soufre.

Reste alors à vivre tout simplement, et c’est ce que l’on te souhaite, Daniel. Profiter de la vie et mordre dans le gâteau de tous les plaisirs avec juste ce qu’il faut de pétards pour t’enivrer dans les étoiles !

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Cendres et diamants

Publié le par Bernard Oheix

Le samedi 20 septembre, à Nîmes, retrouvailles pour des rires et des larmes. Pour la première fois depuis quelques décennies, les deux souches de la famille Oheix (celle de Gérard de Cannes, et celle d'Yvan du Mans, les deux frères irréductibles !) se sont réunies au complet pour fêter les noces de Diamant de Gérard et Paulette, les 80 ans d'Yvan, les 57 ans de Martine (femme de Jean-Pierre) et les 50 ans de Laurent (fils d'Yvan et mari de Rosa)...OUF ! 
Comme dans toutes les familles, le passé pèse lourdement, les failles affleurent, les non-dits hurlent... Pourtant, c'est de l'émotion brute qui s'abat sur les 25 personnes présentes. A l'intérieur de la grande histoire, les petites histoires se conjuguent. Au fond, peut-être que cette journée nous a transformés en famille normale, ni plus compliquée, ni plus tordue que la plupart des autres.
Mais revoir Jean-Pierre et Martine débarquant de la Martinique après tant de temps, découvrir Alain et Rosa les conjoints d'Edith et de Laurent, croiser des regards de tendresse et se souvenir des jours heureux, à l'heure où les vieux deviennent vraiment vieux et où leurs enfants ne peuvent plus se targuer d'une jeunesse flamboyante mais de crânes dégarnis par des cheveux tombés au fil des stress...
Il y avait du sens dans tout cela. Que les armes s'enfouissent, il nous reste si peu de temps pour vivre enfin !

Noces de Diamant pour Gérard et Paulette Oheix. Le gateau de la victoire. Qui donc y arrivera parmi nous ? les paris sont pris...

Une table comme un jour sans pain avec à l'horizon, l'ancêtre dans sa solitude. La vieillesse isole...la peur rôde sur un futur de nuages.


Maman Oheix, blanchie sous le harnais...Le monde pourrait s'écrouler qu'elle garderait ce sourire qui défie le temps. Son optimisme éternel est un remède contre l'angoisse du vide !


Père Oheix fait de la résistance. Une larme au coin de l'oeil, il savoure cette mission impossible... Tenir encore mais pour quels combats ?


Yvan, le frère de Gérard O. du haut de ses 80 ans, avec Laurent, son fils, le cousin qui atteint la ligne des 50 ans ! Ce sont les Manceaux, la branche du petit frère absent. Les orphelins ont toujours tort !



Michel, Edith, Laurent, Jean-Pierre, Bernard et Jean-Marc. L'intégralité des 6 cousins/cousines réunis pour la première fois depuis 40 ans. 319 années d'Oheix concentrées dans quelques veines...


Jean-Pierre, de retour de Martinique où il vit avec Martine et Fanny, leur fille, en train de composer des rhums comme un artiste des tableaux impressionistes. Coup de fouet garanti !

 Chantal (l'épouse de Jean-Marc), Jean-Pierre et Martine. Les blessures sont cachées, il y a du temps pour la rémission, le soleil peut encore se lever !


Clément, la perle noire d'Edith et d'Alain. Un petit black comme un espoir. La preuve d'une humanité en marche vers le métissage.



Jonathan, le fils de Michel, de passage pour une bise. Il est parfois dur de grandir et le monde que nous laissons à nos enfants est cruel. Qu'avons-nous fait de nos rêves ?

Voilà, je vois bien qu'il manque Renée, Françoise et tant d'autres. Ce n'est pas un reportage, juste une image écornée de notre vie, de nos histoires. Les petits enfants devenus adultes manquaient, sauront-ils garder des pans de ce passé qui s'enfuit.
La France de l'après-guerre s'est effacée, reste celle du troisième millénaire... Il leur appartiendra de se souvenir et de perpétuer la mémoire des pierres !
Nous, nous disparaitrons derrière ceux qui nous précédent, c'est la loi de la nature...

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Cynthia

Publié le par Bernard Oheix

Encore et toujours un de mes discours prononcé dans une fête d'adieu. Celui-là, il a fait pleurer les yeux d'une jeune fille... et même ceux de quelques-unes de ces femmes qui m'accompagnent depuis tant d'années. L'équipe de l'Evènementiel, façonnée par des années de vie commune. Un clan, je n'aime pas l'expression famille, qui subit depuis plus de 15 ans les affres d'un métier de paradoxe. Créer les conditions de la fête, de la rencontre, de la découverte, de l'émotion pour que le monde se sente mieux, c'est aussi et surtout beaucoup d'énergie et d'angoisses, de peurs à l'aune de la passion. J'aime cette équipe, elle est ma matrice, c'est d'elle que vient mon salut. Merci à l'Evènementiel de m'offrir la volonté d'être toujours leur porte-parole. En attendant, voyons un peu ce pourquoi la belle Cynthia a versé quelques perles une après-midi de juillet 2008, dernier jour de sa présence parmi nous après plus de deux années de stage. 

 

Les années passent, et chaque hiver apporte son lot de stagiaires débarquant sans armes mais avec bagages, émus de se retrouver dans ce grand et beau Palais, en présence de l’élite de l’organisation des spectacles de la Côte d’Azur, mieux, de la France du sud, de l’Europe, de l’univers intersidéral !

Chaque été les voit repartir, l’âme en peine pendant qu’une nouvelle fournée s’échoue dans nos bureaux avec les mêmes attentes dans le regard, la même impatience dans l’espoir.

Nous en avons ainsi subi des quantités de ces belles jeunes filles en fleurs, poitrines arrogantes, yeux de velours, voix suaves, en train de se former en pillant nos méthodes, en imitant nos comportements, regardant d’un œil neuf ces processus dans lesquels nous sommes installés, confortablement au fil des saisons et de l’engourdissement d’une équipe qui s’est rôdée sur le terrain de l’expérimentation.

Certains de ces stagiaires passent comme des fantômes, se glissant dans les failles d’un silence oppressant. Ils sont peu nombreux, avouons-le, à nous laisser sur notre faim.

Les autres, la grande majorité, se fondent dans l’équipe de travail, prennent rapidement leur place, trouvent leurs marques à tel point, que parfois, la frontière entre le permanent et le stagiaire s’estompe, que nous passons indifféremment de l’un à l’autre, que les missions prennent le pas sur les statuts.

Cynthia, puisque c’est de toi qu’il s’agit aujourd’hui, tu es de cette trempe, de celle qui nous donne envie de signer des chèques sur le futur, une génération qui prendra nos places et apportera sa touche, donnera un sens nouveau au vent de l’avenir.

Et puis toi, au moins, on ne peut pas dire que l’on ne te connait pas ! Depuis deux ans tu barbotes dans les eaux troubles de l’Evènementiel, tu as réussi à faire ton trou depuis ce 18 septembre 2006, où tu t’es pointée avec ton petit minois de fille des montagnes. Du courage, il t’en a fallu pour descendre de ta ville perchée sur les contreforts de Nice, tous les jours, remontant dans la nuit quand les horaires impliquaient ta présence si précieuse.

Du Festival des Jeux sous la houlette d’une Nadine Seul en générale en chef, à la saison de Cannes pour finir sur les Nuits Musicales du Suquet avec Sophie la maréchale des logis, grande prêtresse à ton tour, enfin reconnue et assumant tes responsabilités avec l’assurance d’une collaboratrice efficace et performante que tu es devenue.

On t’a vu te façonner, chercher et trouver ta voie, prendre de l’assurance, devenir une femme plus mûre, posée, affrontant sa vie avec une énergie nouvelle. Plus rien ne te fait peur dans l’organisation. Tu as bu à la source de Florence pour comprendre, t’es nourrie de l’expérience d’Eurielle, tu t’es frottée (ce n’est qu’une image, bien sûr !) aux garçons pour comprendre la technique des spectacles, tu as parlementé avec Marie pour saisir toutes les finesses d’une administration rigoureuse, tu as encarté avec Marie-Ange des tracts et appris à répondre, tu as vu arriver Nytia en remplacement de Séverine et même enduré les feux de Daniel. Aurélie, Elsa et Medhi sont arrivés, toi tu étais déjà l’ancienne, celle qui avait les clefs du savoir, nageait comme un (beau) poisson dans le marigot des problèmes éternels d’une équipe dédiée aux plaisirs des autres. Je t’ai même vue récemment subir les foudres d’un client mécontent en gardant ton calme, mieux, en débloquant une situation extrême avec finesse et élégance.

Voilà Cynthia. Cela semble étrange de penser que nous ne verrons plus tes beaux yeux noirs en train de réfléchir, concentrés sur nos réunions d’équipe, tes réflexions, tes questions, ta présence laissent déjà un vide parmi nous tous.

Parfois on peut rêver ! Alors je m’imagine que tu restes avec nous, que tu as trouvé ta place et qu’il n’est nul besoin de chercher ailleurs ce que nous avons sous la main : au nom de l’équipe entière, je te le dis, Cynthia, bon vent ne saurait mentir. Tu auras ta chance et ta place dans cette société du spectacle et que ce soit avec nous ou sans nous, ton chemin part de notre cœur jusqu’à la lisière de ce spectacle que tu aimes tant.

Merci Cynthia d’avoir été toi-même pendant ces deux années. Nous t’avons observée prendre cette maturité qui te sied à ravir, c’est notre plus beau remerciement.

Bernard Oheix et toute l’équipe de l’Evénementiel.

Le 31 juillet 2008.

 

La belle Cinthia, avec Marie-Antoinette, ma secrétaire ange-gardien.

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La mariée des Anges

Publié le par Bernard Oheix

 

Un petit discours pour un grand départ au large. Marie-Ange depuis 11 ans dans cette équipe superbe de l'Evénementiel du Palais des Festivals de Cannes, qui travaille avec intelligence dans une harmonie étonnante. Il fallait bien que l'histoire nous rattrappe, que l'envol des autres précède des horizons si proches, annonce un futur de parenthèses... Oui, un petit discours à lire entre les lignes, qui a tiré quelques larmes des beaux yeux de "La Marie-Ange de l'ombre", la voix éternelle de l'Evénementiel.

Cette voix va cesser d'informer, mais elle nous en dit plus sur nous-mêmes que beaucoup d'autres bien inaudibles ! 

 

Tant d’années partagées…que le temps passé impose parfois sa dure sanction !

Tu vas nous quitter, Marie-Ange, tu vas entrer dans un monde nouveau, celui de la retraite, celui du temps retrouvé, de cette liberté à laquelle nous aspirons tous mais qui nous fait parfois si peur. Sauras-tu relever le challenge d’une nouvelle vie à construire, d’horizons mystérieux à découvrir, de rivages désertés de tes certitudes et de ce qui fait le quotidien de ta vie depuis tant d’années vécues de concert ?

J’ai eu l’occasion au cours des anniversaires qui parsèment la vie d’une équipe de travail, de faire des mots d’amour pour des collègues qui surfaient sur le cap des 30 ans avec leur beauté orgueilleuse, qui éperonnaient la montagne des 40 ans avec la certitude d’une vie de richesse, qui glissaient irréversiblement sur les pentes cinquantenaires avec l’angoisse au fond du cœur d’un crépuscule annoncé… Mais des départs en retraite de Russie, combien peu en avais-je fait ! Si je compte bien, hormis l’Eve en feu qui tricha quelque peu en anticipant son âge de révision finale, tu es la première à partir en retraite légale sous mon ère, annuités réalisées, satisfaction du devoir accompli, médaille en prévision au revers de ton décolleté discret.

Et oui, Marie-Ange, tu seras éternellement la première de ma longue carrière à renvoyer vers l’hypothèse de mon propre départ, vers la fin des mythes : je ne suis pas indestructible et coulé dans l’airain, tu ne seras plus ma collaboratrice dévouée et efficace et je te suis de bien près sur ton chemin de croix.

 Tu annonces ainsi la fin d’une époque, le début d’une mutation en profondeur, les changements nécessaires pour que la nature conserve ses droits : les vieux à la casse, place aux jeunes ! Je suis d’une extrême maturité, tu n’es plus toute jeunette, mais au fond, est-ce tellement important ? Les flacons ne sont-ils point porteurs d’ivresse !

Et puis, souvenons-nous de ces 11 ans passés en commun…quasiment le tiers de ta vie professionnelle en compagnie d’une horde culturelle affriolante, de ces gorgones gardiennes du temple piaillant comme des orfraies, de ces soubrettes de la culture avec un grand C comme Chaleur, Câlin, et autres Chiennes de Charme de Crime d’amour… même si quelques bouledogues traînaient au milieu en tentant de délimiter leur territoire, surtout quand les adorables Claudettes stagiaires de chic promenaient leur élégante silhouette dans les bureaux sombres du fond.

La moitié de ta vie dans ce beau Palais des Festivals, tu l’as passée à recoudre les boutons de la braguette de ton directeur, à pratiquer un massage shiatsu sur la nuque fatiguée dudit directeur, à apporter un succulent fourré au chocolat adoré par ton directeur, à concocter un café pour calmer sa langueur et à répondre accessoirement à des foultitudes d’âmes en peine en train de se poser la question du contenu d’une pièce de théâtre, de l’heure de fin d’un concert ou de la longueur des moustaches du capitaine. Tant d’heures au téléphone pour que le monde continue de tourner dans le bon axe, que les salles soient pleines et que la culture rayonne dans le firmament cannois.

Car disons-le tout net : tu as choisi de venir nous rejoindre en ton âme et confiance. Tu as décidé de venir te brûler au monde de la nuit. Au passage, tu as subi une diminution de salaire conséquente, preuve si besoin était, que tu n’étais plus vraiment consciente et que les vers de la sénilité devait agir déjà en prévision de cette heure fatidique où tu rejoindrais le monde des inactifs. .

Depuis, en plus de ton occupation annexe d’être la Mère Térésa de tous les paumés de la Culture, la matrone des stagiaires déboussolés devant cet univers iconoclaste, tu as glissé d’innombrables plaquettes dans autant d’innombrables enveloppes, boudiné de tes mains agiles des documents retors, assisté des invités en les faisant patienter pendant que le personnel de l’Evènementiel se gaussait et ripaillait de fraises Tagada et autres gâteries importées par Marie, Sophie et tous les autres.

Je me dis devant ce tableau noir, que j’aurais pu t’aider et t’offrir un peu de rêves. Mais je l’ai fait, mon Ange, dans ces soirées où tu t’immisçais afin de partager avec le public les rires d’un acteur, les larmes d’un auteur, l’autre émotion d’une salle communiant avec un spectacle magique.

Car tu en as vécu de belles soirées, tu t’es payée sur la bête humaine, notre culture, et je ne sais pas si tu as gagné une portion de paradis en travaillant avec nous, mais je reste persuadé que tu as obtenu, par ton action, le droit de revenir incessamment en deuxième semaine. Notre cadeau d’adieu est un passeport permanent pour les salles de spectacles… ce n’est que justice après tout que de pouvoir goûter enfin au plaisir qui t’a torturée de si longues années.

Je pourrais aussi te confier plein de choses émouvantes. Combien ton calme était précieux, comme ton charme opérait, toutes les nombreuses fois où les producteurs, les artistes, les tourneurs me confiaient à Séville, Essen où en Russie, la mission de saluer La Marie-Ange de la Miséricorde de leur part, même s’ils ne te connaissaient que par le biais d’un téléphone.

C’est ce téléphone que l’on te greffa pour le meilleur et pour le pire à ta naissance, qui t’accompagna tout au long de ta carrière et qui nous permettra de maintenir un lien permanent avec toi. Car tu n’en as pas fini avec nous. Il y aura bien un bouton de guêtre qui sautera, un concert à ne pas rater, quelques millions de tracts à encarter bénévolement en encadrant des stagiaires rétifs… Nous saurons t’appeler et te rappeler qu’il n’y a pas qu’être grand-mère qui compte dans la vie et que la verdeur du cœur et un cerveau en pleine activité restent le meilleur gage pour mourir en pleine forme…à l’âge de 100 ans ! Ces 40 années qui te restent à vivre ne seront pas de solitude puisque nous serons toujours là pour te dire : Marie-Ange, on t’aime, reste avec nous !

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La crème de Chantilly

Publié le par Bernard Oheix

 

 

Et s’il existait un authentique Festival de Feux d’Artifice intelligent… une manifestation qui servirait la cause d’un art trop méconnu, un lieu où l’on pourrait voir les plus grands concepteurs, échanger avec les artificiers dans un endroit chargé d’histoire qui vous provoque le syndrome de Stendhal rien qu’à  plonger dans ses ors, où l’on se retrouverait entre gens de bonne compagnie en train de ripailler avant de plonger le nez dans les étoiles pour oublier un monde qui brinquebale et tangue sous l’impact de bombes autrement meurtrières ?



 une partie du jury avec la présidente Marthe Villalonga égarée dans un couloir dérobé secret du Château de Chantilly.


Si ce lieu existait, je refuserais d’en parler ! Je nierais en bloc et attaquerais mon interlocuteur en parlant immédiatement du Festival Pyrotechnique de Cannes que j’organise. Je déclarerais que nous sommes avec Montréal le plus grand festival du monde, que la baie de Cannes est l’écran de tous les désirs des artificiers et que pour vaincre chez nous, il faut avoir du génie plus que du talent. J’ajouterais, sans mauvaise fois, qu’obtenir une Vestale d’Argent ou d’Or, c’est le Graal de tous ceux qui se consacrent à griffer le ciel de leur signature éphémère, c’est gagner un bout de son paradis, entrer dans la légende et marquer l’histoire d’une empreinte indélébile.

Je parlerais bien sûr des nuits étoilées, du sable blond dans lequel un jury d’exception se vautre pour méditer, de la douceur de nos nuits câlines, de cette immense baie meublée de couleurs et de bruits, de l’histoire de notre manifestation où les Panzera, Igual, Lacroix et tant d’autres historiques des feux ont inventé un art nouveau pour les jeunes générations.

Je pourrais même raconter des anecdotes succulentes, des histoires d’histoires, des pages non écrites… mais je n’en ferais rien !

Je ne vous parlerais point de mes angoisses existentielles concernant une manifestation qui draine 150 000 personnes à chaque feu. Je ne vous donnerais pas le montant des retombées économiques colossales de chaque soirée d’artifice sur la vie économique locale. Je n’aborderais même pas les contradictions d’un dossier perclus de rhumatismes, les audits techniques, la législation de plus en plus complexe, le sous financement chronique, le montage de nuit imposé, l’impossibilité actuelle de préparer l’avenir et d’apporter du sang nouveau à un colosse aux pieds d’argile.

Non, cela ne m’intéresse pas de vous parler du Festival Pyrotechnique de Cannes puisqu’il s’agit ici de faire le compte-rendu des Nuits de feu de Chantilly.

Et pourtant, vais-je enfin faire mon coming out ? Oserais-je vous dire l’attachement que j’ai pour cette manifestation et pour ceux qui  la conçoivent, l’élaborent, la gèrent avec tant de professionnalisme ? Oui ! Après tout, comment voulez-vous résister à 3 nuits dans un château prestigieux qui vit la naissance de l’Art Pyrotechnique moderne sous l’ère de Louis XIV ?

Imaginez-vous, sur les marches du grand escalier, en compagnie de Marthe Villalonga, Surya Bonaly, Bruno Masure et autres Jean-pierre Mocky, Jean-François Garaud, Aure Atika et Marie-Christine Barrault… La soirée commence par un cocktail à la Volière, dans le flamboiement des derniers rayons du soleil avec une Isabelle Dufresne, la directrice, virevoltante de grâce et d’élégance.

Hélène Thiebaut, agent d'artistes, une rencontre du 3ème type, des projets à venir !

Jean-Eric Ougier le directeur artistique nous propose alors un abécédaire de l’artifice. Démonstration in situ sur la nature des bombes et des effets recherchés, nous ressortons de cette séance avec quelques dizaines de milliers de spectateurs mieux armés pour comprendre les effets des artificiers. Sa firme, Fêtes et Feux, propose un tir d’ouverture qui met la barre très haut pour les concurrents qui suivront. 10 minutes de féerie pure dans un lieu qu’il maîtrise à la perfection, le traître.

Et nous enchaînons avec un Stephane Bern au micro pour la présentation des candidats au Bouquet d’Argent, six firmes sélectionnées sur projet qui vont avoir 14 minutes pour séduire les 50 000 personnes payantes qui garnissent les tribunes et la dizaine de membres du jury. Un feu de clôture par le vainqueur de la précédente édition termine l’embrasement du ciel vers minuit trente, nous laissant groggy, ivres de bruits et de fureur avant de siroter quelques bières en évoquant les destinées du Proche-Orient et la misère de l’ex-Nouvelle Philosophie Française au bar de l’organisation.

Et s’il n’y avait que cela ! Des conditions idyllique d’accueil dans un hôtel de luxe, des voituriers avec des limousines à 130 000€ aux sièges massants avec écran personnel, des visites au Parc d’Astérix, dans les châteaux et cathédrales alentours…

De plus, on fait des rencontres, agents d’artistes, journalistes, comédiens, en déjeunant de concert, avant de se précipiter dans la piscine pour un ballon prisonnier. Le matin viendra toujours assez tôt pour éliminer toutes ces mauvaises humeurs dans un Spa ouvert complaisamment aux muscles las des invités.

C’est dur, je le sais… mais nous sommes des professionnels malgré tout, il s’agit de résister ! Et puis, il y a quand même quelques bons côtés à l’affaire. Par exemple la température glacée et la pluie récurrente qui provoquent une inflation de rhumes, grippes et autres angines. Le merchandising est là pour proposer des polaires, des gilets doublé, des parapluies (sic) !  Les heures de transport pour les milliers de pauvres aficionados bloqués dans une nasse dont on ne peut échapper, l’inflation des prix avec des médailles à tout le monde, le manque de rigueur du jury qui fait n’importe quoi, n’importe comment, par manque de directives et de conditions de délibérations…Je le sais, j’en étais un des membres totalement inefficaces !

Mon coup de coeur de la semaine. Elle m'avait séduit avec ses arabesques sur la glace, elle me conquiert par sa gentillesse et sa finesse. Surya Bonaly, je t'aime d'amour !

Enfin, quoi, c’est Chantilly !  Et vous voudriez en plus aimer ? Et bien, d’accord, je l’avoue, je le crie, je le hurle à la face du monde… Vive Chantilly, Vive les Nuits de Feu, Vive tous ceux qui les font vivre ! Et tant pis pour Cannes !


PS : Bon, heureusement que cette manifestation est en biennale.  Cela nous donne deux années de repos avant de retrouver la corvée de se rendre à Chantilly pour une nouvelle édition du festival. Je ne veux rien dire, surtout pas en rajouter, mais à Cannes, c’est tous les ans que nous illuminons les cieux !


PPS ; Et puis, c’est vrai que nous n’avons pas la silhouette titubante de L…, ex-star d’un soir d’une piscine loftée. A Cannes, il est impossible de la délivrer des traîtresses portes d’un WC de location (haut de gamme les chiottes de Chantilly !) qui refusent de s’ouvrir et où elle restera bloquée pendant 20 minutes d’angoisse absolue pour le monde de l’art. Et comment avoir le Samu, les flics et les pompiers aussi rapidement qu’à Chantilly quand elle tentera de se suicider au petit matin avec le bord effilé d’une cuillère à café. Non, c’est triste, on ne peut lutter avec Chantilly !


PPPS : rassurez-vous, L… a survécu !

 

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