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Montreal s'amuse, Montreal s'éclate

Publié le par Bernard Oheix

Il  ne m’a jamais été facile de me rendre à Montréal. Une malédiction, sans aucun doute, celle d’un karma où j’ai dû écraser un orignal avec mon «char» dans une vie précédente. Il y a deux ans, un «tour de reins» m’avait bloqué la veille du départ ! L’an dernier après une «escale technique» impromptue à Munich, une correspondance ratée à Dusseldorf, un  saut de puce à Bruxelles, j’avais mis 38 heures pour arriver au Mondial des Jeux. Cette année, avant partir le vendredi 21, je me suis soigneusement préparé à affronter les aléas du direct. J’avais bien raison ! Défaut d’AVE, un nouveau «visa» obligatoire pour nous rendre chez nos cousins, sorti du chapeau comme par un coup de baguette magique. 3 voyageurs esseulés (dont moi !) virent, au pied de la passerelle, l’avion décoller sous leurs yeux, emportant leurs rêves d’une poutine bien grasse à l’arrivée. C’est donc le dimanche matin, après avoir pris un nouveau billet, que je me suis re-pointé à l’aéroport de Nice, confiant, le fameux AVE en poche ! Las, une alerte au colis abandonné fit fermer l’aérogare, les démineurs débarquant pendant que je regardais l’heure tourner, n’ayant que 50mn pour changer à Zurich de terminal. Miracolo... L’avion de Montréal ayant un retard, j’ai dû être un des derniers à monter dans la carlingue, m’asseoir, et attendre gentiment que l’hôtesse (au demeurant charmante) vienne renverser sur mes bijoux de famille (les gosses en Québecois !), un café bien brûlant qui me fit hurler comme un cochon que l’on ébouillante. J’envisage du coup de devenir végétarien ! Mais bon, à la guerre des jeux comme à la guerre, je suis à Montréal et le monde à les yeux fixés sur ce Mondial des Jeux où je souffre avec constance en marchant les jambes quelques peu écartées par une cicatrisation bien trop lente de mes tissus intimes carbonisés.

Et disons-le tout de suite, en cette année 2017, enfin, la magie opère. Depuis 2012, Gilbert Rozon, le boss charismatique de Juste Pour Rire et inamovible jury de «La France a un incroyable talent», m’avait confié la mission de mettre sur pied un Mondial des Jeux s’inspirant du Festival des Jeux de Cannes sur la période juillet du Festival. L’histoire a balbutié, les éditions se sont enchaînées, avec leurs joies et l’immense difficulté de créer un évènement dans un pays hors norme, où tout est grand, immense, et où l’entreprenariat s’apparente aussi à une jungle où tous les coups sont permis.

C’est aussi l’histoire de belles rencontres. Stephane Yannako pour la première édition cataclysmique, un homme adorable et plein d’énergie, un grand enfant attaché à bien faire, mais démuni devant la machine impitoyable de JPR. Puis il y eut Arman Afkhami, un jeune producteur de talent, bourré d’idées et de passion qui vola en éclat sur les réalités d’un Mondial impossible, mais retomba sur ses jambes dans la machine «commandite» de JPR. L’an dernier, en 2016, c’est Guillaume Degré-Timmons, un jeune et talentueux producteur qui s’y attela pour faire le sale boulot avec Julien Vaillancourt-Laliberté comme administrateur (quels noms quand même !). Remettre les finances à plat et repartir d’un bon pied. Ils réussirent leur pari et livrèrent enfin une édition «rentable» même si cela avait du passer par un certain appauvrissement du contenu du projet. Depuis, il a crée sa société, jeune entrepreneur symbole de ce Québec où tant de choses sont possibles et est devenu un partenaire indispensable du Mondial des Jeux. Pendant ce temps, du haut de ces buildings futuristes de la Place des Arts de Montréal, des siècles de jeux me contemplaient en rigolant !

Et Patrick Rozon, (dans la famille Rozon, je voudrai le neveu !) arriva enfin. C’est Gilbert, qui profitant du travail remarquable qu’il avait mené sur Zoofest (un festival de jeunes atypiques, prises de risque maximum pour évènements coups de coeur) lui confia les rênes du MDJ. En France, en cette période troublée d’élection Jupitérienne, cela aurait pu s’apparenter à du népotisme, style job d’assistant parlementaire pour enfant de député !

Quelques skype en automne, des notes échangées et le «mentor» que je tentais d’être depuis 4 ans, vit débarquer en février à Cannes pour le Festival des Jeux, un grand olibrius, le verbe haut, Québecois jusqu’au bout des ongles, faconde et belle humeur, brassant l’air et le rire en panache. Mais derrière cette attitude, il y a avant tout, un homme qui comprend vite, manager d’équipe, intelligent, finaud, vrai et talentueux successeur d’un Gilbert aspiré par les planches et une carrière (brillante disons-le !) d’acteur de one man show ! Et le couple (non sexué) Patrick/Bernard se mit à fonctionner pour le plus grand bonheur des finances de Juste pour Rire et des joueurs alléchés par ce ramage et ce plumage d’un tandem qui tirait une édition 2017 enfin à la hauteur des enjeux du jeu ! La rue en folie, un travail spécifique avec les séniors, un concept jeu/humour adapté à des tournois, une grande  veillée des «Loups garous de Thiercelieux» avec Philippe Des Pallières et Hervé Marly, les auteurs de ce jeu mythique, une panoplie de tournois nouveaux genres, l’Espace créateur Loto-Québec..., une dynamique réelle comme un foisonnement pas toujours controlé mais tellement porteur et efficace !

Avouons-le, ce ne serait pas le Mondial des Jeux du 375ème  anniversaire de Montréal à la hauteur de mes engagements lointains (le meilleur du monde !). Ce n’est pas le plus grand festival de tous les temps, mais les ingrédients sont enfin réunis pour que le bébé jeu de Montréal grandisse et s’épanouisse vers une adolescence heureuse. Encore un petit effort, une équipe un peu plus solide à structurer, une intégration des acteurs locaux du jeu plus poussée et je prends date pour l’avenir : le Mondial des Jeux sera le plus grand évènement ludique du continent de Donald Trump et la destination d’été incontournable de ceux qui aiment jouer sans contrainte.

Alors oui ! Merci à Gilbert Rozon d’avoir cru en ce Festival. Je me souviens de sa tête quand il avait découvert la salle du Palais des Festivals de Cannes avec 1000 scrabbleurs. J’ai encore au fond de la gorge, le jour de notre rencontre en un mois de février du siècle dernier à la bourse Rideau, le gout âcre de quelques rasades d’un breuvage indéfinissable ingérées dans une corne de buffle au carnaval de Québec, par moins 30° devant des traineaux surchargés de jeunes filles dénudées dérapant dans la neige et une fanfare jouant de la trompette avec des moufles ! J’ai encore en moi sa déception des années précédentes devant les difficultés à créer ce Festival des Jeux. Tu ne l’as pas encore tout à fait ton Festival, mon Gilbert... mais Patrick Rozon, Julien, son équipe, Guillaume et Tim:Tom, Anthony et le Valet de Coeur, Shady, Simon et tous les autres sont bien présents pour que, dans un avenir proche, tu puisses contempler ton oeuvre et dire tout haut, le bien que tu penses tout bas de nos efforts ! Allez, Gilbert, encore un effort pour être révolutionnaire et on l’aura notre MDJ à faire pâlir tous les pisses froids qui ne croyaient pas en notre rêve !

Et bien sûr, Montréal c’est aussi la ville des festivals et des spectacles dans un foisonnement incroyable. Et de ce point de vue, on a été gâté. Un surprenant Rêveurs Définitifs avec Eric Antoine à la baguette envoutant à souhait qui fera fureur dans les tournées en Europe, un Joel Legendre attachant dans un parcours de  vie ou même un Français peut entrer en résonance avec son univers de star cathodique, des one man shows, des défilés, de l’humour, de la passion et des rues où tout le monde joue à se faire plaisir... Et elle est pas belle la vie ?

PS : Quand à moi, si d’aventure ils souhaitent me garder quelque temps encore, c’est en bateau que je viendrai l’an prochain...

La rue en folie ! Montréal joue à être heureuse !

La rue en folie ! Montréal joue à être heureuse !

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Eloge des enseignants. In mémoriam Max Gallo, mon Prof !

Publié le par Bernard Oheix

C’est la série en cours de ce blog... un départ à la retraite, un décès, un hommage à des profs disparus... Le prix d’un certain âge, il fait nul doute ! Dans notre scolarité, nous avons tous rencontré des enseignants qui nous ont particulièrement marqués. Moi, j’en ai eu 5 en 20 ans qui m’ont façonné ! 5 soleils déterminants qui m’ont, sans aucun doute, sauvé la vie, permis d’être ce que je pouvais devenir, d’éviter de plonger dans les eaux noires du désespoir où l’anonymat des sans espoirs.

Le premier est un instituteur à l’ancienne, monsieur Legal qui a convaincu mes parents de ne pas m’aiguiller vers le  «certificat de fin d’études» malgré des résultats scolaires catastrophiques en CM2. Il faut dire que j’étais traité par un psychiatre/boucher comme para-épileptique à coup de médicaments à assommer un boeuf (trimétadione/ Phénobarbital...12 pilules quotidienne) et que ce barbare héritier de la tradition d’une psychiatrie américaine toute neuve (celle de Vol au dessus d’un nid de coucou ou de Shok Corridor) avait annoncé à mes parents que je ne ferai jamais d’études. Je me souviens en contrepoint, encore aujourd’hui de la voix de Monsieur Legal tentant de convaincre mes parents «-il faut lui donner sa chance, comme à ses frères. Il a quelques petits problèmes mais laissez le aller en 6ème tenter le coup. Il va murir, les enfants ne vont pas tous à la même vitesse.» Et c’est peut-être pour le remercier, ce directeur de l’école communale de Mouans-Sartoux à l’ancienne, vêtu de sa blouse grise, avec ses marques de craie blanche sur les doigts que je me suis acharné à ne pas le trahir et à finir mes études avec 2 licences, 2 maitrises et un DEA !

Et puis, en 1964/1965, il y a eu Dédé Aschiéri, au collège de La Bocca en 4ème et 3ème. Un jeune prof de math représentant l’avenir de ce mai 68 qui s’annonçait à l’horizon. Beau, intelligent, ouvert, parlant aux élèves, construisant des projets avec eux. La modernité en marche. Il me fit basculer dans le handball (j’étais un piètre footballeur !) dont il était l’entraineur, m’initia à la philosophie de la vie, me prépara à devenir un homme...même s’il me fit croire faussement que j’étais aussi un «scientifique» et que je pouvais viser la filière «S», son seul tort à mes yeux ! Merci Dédé de m’avoir lancé sur les chemins de la vie. Il faut dire qu’entre temps, j’avais expédié le boucher/psychiatre dans les limbes grâce à une psychologue révolutionnaire de Cannes (Mademoiselle Quertant) et que j’arrivais enfin, libéré de mes médications à être un peu moi-même ! Toi, tu allais devenir le maire inamovible de Mouans-Sartoux (plus de 40 ans sans opposition !) et même un député écolo extraterrestre dans un territoire du Sud plus à l’extrême droite que la moyenne !

En terminale au lycée Carnot de Cannes, c’est un prof de philosophie qui me permit de comprendre et de digérer les soubresauts d’un mois de mai 68 pas ordinaire vécu l’année auparavant en première.  Je me souviens de son premier cours. «-Voilà, je suis votre professeur de philosophie, je m’appelle monsieur Blanche et comme vous le voyez, je suis noir. Bien, vous avez 5 mn pour en rire et après, on en reparlera plus !». Et toute l’année, chaque cours devint une aventure intense, un moment de réflexion profonde et un moment d’apprentissage, de jongleries intellectuelles, de découvertes de ce qui sous-tend le réel et ne se voit pas toujours mais qu’il est indispensable d’explorer. Merci Monsieur Blanche, colosse sur votre vélo sillonnant les routes de la région  qui avez marqué tant d’élèves de votre sceau, de m’avoir fait entrer dans l’âge des idées à défaire et des constructions intellectuelles à élaborer.

Et il m’en reste deux pour le final, l’université de Nice où j’ai passé 10 années de bonheur. Deux professeurs jeunes, héritiers de  cette tradition française des lettres mais en phase avec un présent complexe où les professeurs se devaient de muter et où les étudiants se cherchaient une nouvelle place.

L’un est toujours mon ami, Jean A Gili, professeur de cinéma, section licence d’histoire. Il fut mon directeur de mémoire de Maitrise (mention Bien) «L’ambiguïté et l’incertitude en miroir» sur Bernardo Bertolucci, dont une grande partie fut édité dans un collectif de la collection 7ème art, sous sa direction. Il est le grand spécialiste du Cinéma Italien (Ah ! La richesse de ce cinéma dans les années 60 et 70 !) et nous sommes restés amis, à travers toutes ces années. Il m’avait fait l’honneur d’être invité d’honneur de mon jury de la pyrotechnie il y a une dizaine d’années. On s’est encore revu récemment en se promettant de ne pas laisser filer le temps sans se retrouver régulièrement. Merci Jean, de m’avoir pris sous ton aile et d’avoir sublimé mon amour du 7ème art.

L’autre s’appelait Max Gallo est vient de disparaitre. Imaginez le bonheur d’avoir Gili et Gallo en même temps en année de licence... auxquels on pourrait même rajouter Christian Loubet pour l’étude des civilisations disparues Maya et Aztèque. Période fertile s’il en fut. Dans une France en effervescence, deux lumières pour nous guider, nous éclairer et nous transmettre l’amour de la réflexion, du savoir, de l’interrogation. Il venait de publier son double livre sur le Franquisme et son opus sur Mussolini, se faisant de nombreux jaloux dans le monde universitaire où son succès public faisait bien des envieux. Il préparait La Baie des Anges et quittera l’enseignement quelques années après avoir été mon prof. Je me souviens, le concernant, d’un exposé en binôme avec Sylvie Gros, ma complice d’enfance, sur la succession de Lénine. Trotsky/Staline, le duel... Dans un exposé enlevé, nous l’avions mimé et vécu cette Russie soviétique en train de se déchirer pour l’héritage d’un pouvoir sans partage. C’était le début des «exposés» comme méthode de fond, et nous nous étions mis en scène avec passion et je dois l’avouer, un certain panache. Max Gallo avait écouté sans broncher, les étudiants applaudirent. Et lui d’intervenir : «- Quel brillant exposé. Pour la forme c’était parfait, vivant, passionnant. Quand au fond, si vous le permettez, réduire l’opposition Staline/Trotsky a un conflit quasi oedipien me parait un peu osé ! Alors je vais quand même vous donner un 13... mais je vous en supplie, ne réduisez pas le courant de l’histoire à de la psychologie de comptoir. L’histoire c’est avant tout l’analyse des faits dans leur perspective historique, pas des suppositions aléatoires sur des états d’âmes supposés. Revenez aux faits ! Mais bravo quand même ! 13, cela vous convient ?

Comment résister à son magnétisme. J’avais même un ami étudiant en droit (Dominique Aubin) qui venait assister à ses cours par pur plaisir. C’était magique, de haute volée, un pur esprit brillant attaché à transmettre combinant la pédagogie et le lyrisme. je ne l’avais plus revu jusqu’à il y a une dizaine d’années, pour un Festival du Livres de Nice dont il était l’invité d’honneur. Académicien, ex-politicien de gauche appelant à voter pour Sarko..Image brouillée certes ! Pourtant, nous avons eu l’occasion de reparler en tête à tête et je lui avais rappelé l’anecdote de notre exposé sur la filiation de Lénine. Il avait souri et m’avait dit «- Finalement, ce 13, c’était un bon compromis entre l’histoire avec un grand H et votre propre histoire...». Respect !

Voilà donc une page de tournée, une de plus. Max Gallo, un de mes maîtres s’en est allé en champ d’ honneur. Gloire à cet esprit éclairé. Grandeur de ce corps d’enseignants qui a formé des générations d’étudiants avides de trouver des réponses à leurs interrogations. Merci à vous tous d’avoir mené votre mission avec tant de passion ! L’école de la République et l’ascenseur social, les deux mécaniques qui ont projeté ma génération vers le futur d’un monde dont nous avions rêvé... Mais où sont nos espoirs passés ?

 

En 1975, à la sortie de La Baie des Anges. Photo empruntée à Hélène Espesset, elle aussi victime du charme de Max

En 1975, à la sortie de La Baie des Anges. Photo empruntée à Hélène Espesset, elle aussi victime du charme de Max

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Oh Marie... si tu savais !

Publié le par Bernard Oheix

Voilà le texte intégral d'un discours dont je me serai bien épargné la rédaction.  il y avait cette tradition des discours de Bernard, comme un rituel marquant les évènements heureux de la vie de l'équipe de l'Evénementiel ! Aujourd'hui, c'est autre chose, l'annonce faite à Marie d'un destin brisé. Comme le temps passe et combien sont cruels ces départs qui parsèment nos routes. Moi, j'ai comme un vide que rien ne remplira. Je lui devais ce moment de sincérité et de reconnaissance, et je sais que même si vous ne la connaissez pas, vous  retrouverez à travers elle, des gens que vous aimez et que l'on a perdu.

Ciao, Marie ! A pas tout de suite, même si je t'aime !

 

Quelle étrange situation....
Je suis a des milliers de kms en plein ciel, au dessus de l'Atlantique, et ce texte c’est Sophie qui le lit... et tu ne l’as même pas corrigé ! 
Quoique, je t’imagine, par delà les cieux, en train de scruter chaque ponctuation, le moindre accord, les tirets et pointillés, qu’est ce que tu as pu me morigéner avec ton exigence et ton souci de la perfection !!!!!
Tu me relançais à chaque fois... Bernard, c’est les 30 ans de Nytia..., Bernard c’est les 40 ans  de Sophie... Elles y sont toutes et tous passées grâce à toi dans ces discours que tu m’obligeais (avec mon consentement ) à pondre comme un rituel que tu maintenais contre vents et marées. Nadine, Cynthia, Florence, Eurielle, Jean-Marc, Hervé... Toute ta famille de l’Evènementiel que tu t’étais forgée avec patience et constance. Et puis tu me relançais régulièrement, pour les départs à la retraite, les naissances... mais là, tu ne m’a rien demandé pour ton départ définitif, et c’est le coeur gros que je fais ce discours, même si je sais, que croyante, tu as automatiquement gagné le droit de reposer sur ton petit nuage, dans un paradis qui t’a fuit sur cette terre.

Disons-le tout net. Je vais tenter d’être le plus sincère possible, tu ne mérites plus les à peu près. A l’évidence, je pense n’avoir jamais rencontré quelqu’un d’aussi peu taillé pour le mal que Marie Antoinette Pett. Il n’y avait rien de retord ni de tordu chez toi, juste une nature un peu réservée, la solitude en partage, car tu préférais être seule que mal accompagnée, des rêves simples d’une femme que la vie n’a pas toujours gâté. Non que tu étais malheureuse, loin s’en faut, juste parfois un peu à l’étroit dans ce monde imparfait.

Comment ne pas raconter ton arrivée dans notre équipe qui allait devenir ta vraie famille. Tu étais assise discrètement sur un petit bureau à côté de Monique et de Patricia, au siècle dernier, Michel Mouillot venait de créer la Semec, je m’en retrouvais le Directeur de l’Evènementiel  après quelques péripéties cocasses, et une Directrice Générale de l’époque m’annonce que tu intègres mon équipe comme secrétaire. Sans ménagement, sans préparation, sans me demander mon avis ! Moi qui détestais qu’on m’impose quelque chose !
Et disons-le, ce ne fut pas facile au début. Tout nous opposait. Tu venais d’un monde d’avocats, tu ne connaissais rien à notre milieu de la culture, tu étais réservée, on était extravertis, tu n’avais que la rigueur comme crédo et nous étions enthousiastes et bordéliques. Le choc d’une rencontre improbable.
Mais nous avons tous gagné d’apprendre à nous aimer. Je me souviens d’une période tendue ou tu cherchais ta place et d’un rendez-vous où tu m’avais posé la question.
«-Bernard, est-ce que vraiment tu veux de moi dans ton équipe ?»... Et dans ta sincérité il y avait la réponse. «-Oui, Marie, on va faire un bout de chemin ensemble»
Et ce bout de chemin, il a duré plus de 20 ans, une vie dans une vie.
Tu as pris tes marques, tu es devenue ma conscience, mon planning vivant, Tu m’a appris la rigueur et m’a confié des outils indispensables pour survivre dans ce Palais des Festivals de tous les dangers et de toutes les passions jusqu’à en devenir l’âme battante, un pilier incontournable.
Et ce n’est pas toutes ces stagiaires que tu maternais qui pourront dire le contraire. Tu les aidais à prendre leur marque au milieu des olibrius que nous apparaissions à leurs yeux. Tu les accueillais avec gentillesse, leur donnais des conseils et nombre  d’entres elles t’en resteront éternellement fidèles. 
Et puis je vais le confesser... chaque fois qu’il y avait un sale boulot à faire, c’est à toi que je le refilais. La gestion des bons de commandes, le stock de matériel, les comptes rendus des réunions... c’était pour toi... même si tu bougonnais, et dieu sait que cela nous a servi pour affirmer notre originalité mais aussi notre crédibilité auprès des instances supérieures dans un Palais qui ne comprenait pas toujours la logique de la culture et de l’animation que nous portions dans une structure obnubilée par les congrès et le Festival du Film.
Si nous avons gagné quelques parts de liberté, c’est aussi à ta rigueur que nous le devons.

Mais je ne voudrais pas, à travers ce dernier discours que tu apparaisses comme la cerbère de service. Je me souviens aussi d’une Marie en train de recoudre le bouton de ma braguette en rigolant pendant que je dansais en slip sur son bureau... Je me souviens d’une Marie en train de passer sous mon bureau pour ramasser un document dans l’hilarité générale. J’ai encore une Marie un peu pompette après deux verres de champagne en train de sortir une vanne qui nous faisait tordre de rire. Tu étais aussi un versant ensoleillé de notre passion.

Et puis tu avais des amies. Pas nombreuses certes, mais si fidèles, si attachées à toi, que fatalement, tu portais une lumière intérieure et qu’il fallait te connaitre pour en saisir toute la richesse.

Fidélité et discrétion. Comme une image un peu sépia de cette France dans laquelle tu avais grandie sans en comprendre totalement les mutations. 
Nous savons après tant d’années en commun, si peu de choses sur toi. C’est parce que tu le voulais, ton jardin secret comme si tu avais décidé de ne laisser paraître que ce que tu voulais montrer.
Et c’est ainsi que nous t’avons aimée. Et que nous continuerons à t’aimer jusqu’à aller un jour te rejoindre pour reprendre le fil d’une amitié qui ne s’est jamais rompue.
Marie, si tu savais...
Mais Marie, tu sais qu’une bande qui a désormais un peu vieillie est avec toi pour se souvenir des jours heureux.
Avec toi, ce n’est pas la quantité qui importait, mais la qualité et si tu entends notre peine, alors tu sais que tu n’as pas vécue pour rien, bien au contraire. C’est un peu de nous que tu emportes avec toi. Nous savons que tu réglais toujours tes comptes. Tu nous rendras notre amour en nous préparant à ce que nous vivrons tous un jour... Un départ définitif pour venir te rejoindre.
Marie, on t’aime.

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Un discours pour une retraite : Jean Claude Gayet !

Publié le par Bernard Oheix


Cher Jean-Claude, 


Il faut que je te le dise mais ton départ à la retraite est une excellente nouvelle… surtout pour la MJC ! En effet à force d’être dans une Maison des Jeunes, tu commençais à faire tâche dans le tableau. Effectivement, vu que vers la fin de ta carrière tu avais l’âge moyen d’au moins 3 adhérents, tes conseils prenaient de plus en plus l’aspect de ceux du vieux sage pontifiant qui a tout vu, tout entendu et à qui on ne le fait plus !
Et cela, c’est impossible !
Le principe même de la jeunesse, c’est de rêver l’impossible, d’affronter l’improbable, d’imaginer l’incroyable et comme tu as connu tous les cas de figure possible, qu’à chaque fois tu pouvais rétorquer qu’au siècle dernier, on l’avait déjà fait -(avec l’ancien directeur Bernard Oheix, par exemple !)- tu commençais à sérieusement bassiner tes jeunes adhérents et être en décalage avec leurs aspirations.
Et puis ton salaire avec l’ancienneté s’accumulant commençait sérieusement à gréver les comptes de la MJC. Le prochain embauché coutera au moins la moitié de ce que tu percevais et le trésorier s’en frise les moustaches par avance !

Disons-le, quand moi, jeune et dynamique directeur issu de la formation je suis nommé à ce poste qui était le plus au Sud disponible, j’arrive dans une belle ville de Bourg en Bresse où il y a encore des maquignons qui soupèsent toujours le pis des vaches sur le champ de foire enveloppés dans des capes noires du plus bel effet. Robin des Bois est à la mairie et attend l’élection d’un président de la république socialiste, l’église de Brou à survécu aux guerres et n’est pas encore le monument préféré des Français qui s’égarent dans la Bresse… mais toi, tu es déjà là. Bon c’est vrai que tu étais tout jeune, un ancien militant des MJC que mes prédécesseurs avaient embauché et dont j’héritais par la force des choses. 

Tu avais une belle dégaine, des yeux clairs, des cheveux coupés courts, un éternel sourire narquois te barrant le visage dont on se demandait parfois s’il n’était pas, quand même, une marque d’irrespect. Mais de travailler avec toi allait vite prouver le contraire. 

Avec quelques autres « jeunes » qui entrèrent en force par la fenêtre, (je ne citerai pas les noms car certains n’ont pas encore fait leur pot de retraite), tu as amené un souffle flamboyant. Je me rappelle de ta tête quand à la Nuit de l’Horreur tu as dû tapisser tous les murs de l’entrée de papier crépon noir avec mamie Ophélie ou que l’on a découpé une porte pendant la projection de Massacre à la Tronçonneuse avec une scie électrique dans les hurlements du public, toi qui était responsable de la sécurité ! Où quand tu m’harnachais avec une corde de pendu pour présenter la soirée et que j’espérais que tu ne te tromperais pas : je voulais survivre à tes noeuds !
Ta tête aussi lors du combat à coup de révolvers de la Nuit du Polar sous la neige dans le patio de la mère Touton, notre présidente dont le grand âge n’avait que sa jeunesse d’esprit pour compenser sa passion de la vie !
Tu as été de tous les coups, jamais le dernier à proposer un plan tordu, un effet de plus… même si tu savais que c’est toi qui allait devoir écoper pour tout remettre en état dans les locaux.

C’est vrai qu’on a fait une belle équipe… mais c’était il y a près de 40 années, je te le rappelle.
Sais-tu que depuis, la situation a quelque peu évolué. Il y a eu Internet, Face Book, la fin des cassettes vidéos et l’agonie des CD, la disparition des walkman, Sarkosy et Hollande… il était temps que tu te remettes en « marche » pour voguer vers des horizons nouveaux, que tu jettes aux orties tes conseils frelatés de vieux sage et que tu affirmes enfin que tu es un artiste, un potier de talent, un créateur de formes nouvelles.

Tu vas t’apercevoir que ce n’est pas une punition de faire partie du 3ème âge… surtout au début d’ailleurs ! Des projets, des voyages, ton art vont remplir pleinement ton quotidien. Se lever une demi heure après que le réveil sonne, ne plus avoir à supporter Pascal ou Chantal, veiller le soir devant un bon film pas forcément cochon, entrer dans la MJC sans avoir a s’essuyer les pieds, tu verras, cela a son charme !

Mais si tu veux un conseil de vieux con, profite vite, car le stade d’après, c’est rhumatisme, arthrose et diète le samedi soir pour cause de sucre dans le sang ! mais cela est une autre histoire.

Avec Thérèse et les enfants, tu fais partie de notre vie, de ces années de jeunesse bressane que nous avons adorées. Tu restes à jamais un ami fidèle et je suis même prêt à « retchatcher » avec toi, quand tu veux, où tu veux.

Bonne retraite à notre ami Bressan et vive les vacances.
Et surtout, continue à poteler la matière inerte et à créer ces formes élégantes dans la terre que tu aime tant et qui nous enchantent.  

Vive Jean Claude Gayet, Vive la MJC de Bourg en Bresse et Vive la France !

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Festival du Film : dernier bug !

Publié le par Bernard Oheix

 

Comment un jury composé de personnages aussi talentueux qu’un Almodovar, réalisateur de tant de films qui nous ont fascinés (Tout sur ma mère, Parle avec elle, Volver, Julieta), une Agnès Jaoui, femme de culture attachante, réalisatrice et actrice de talent, un Park Chan Wook qui a réalisé des films si bizarres (Old Boy, Thirst, ceci est mon sang, Mademoiselle…), Paolo Sorrentino (Il Divo, La Grande bellezza, un peu surfait quand même mais chouchou du Festival !) ou même  Will Smith, quoique lui, on avait l’impression qu’il était tellement heureux d’être présent et de faire l’acteur qu’il a dû en oublier de regarder attentivement les films… Comment ce panel de sommités qui n’a que le cinéma à penser pendant dix jours, dont on peut imaginer qu’ils sont totalement incorruptibles, choyés et dorlotés comme la prunelle de leurs yeux qu’on leur demande d’utiliser sans faillir, comment un tel jury peut-il se planter à ce point dans son palmarès ? 

Cela apparaissait impossible : ils l’ont fait !

Le syndrome traditionnel du jury vient encore de frapper ! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, telle est la question ?

 

Il a attribué, à l’unanimité comme à l’habitude (!), une Palme d’Or à The Square, Palme verbeuse, longuette et sans grand intérêt, dont on peut imaginer qu’un simple accessit aurait été largement suffisant pour une présence somme toute déjà symbole de victoire pour son réalisateur. Dans cette sélection de films pas toujours de grand niveau, mais reflet du cinéma d’aujourd’hui et de la créativité actuelle, une pépite pourtant éblouissait, mais leur cécité fut bien plus forte que le ravissement que ce film engendre.

Il aurait pu tout avoir. Une Palme d’Interprétation masculine, il ne l’a pas eu ! Il aurait pu pareillement doubler avec l’interprétation féminine, elle ne l’a pas eu !

Il aurait mérité un prix du Jury ou un prix spécial à minima : que nenni !

Il aurait pu prétendre sans contestation à La Palme suprême, celle fabriquée par Chopard et sertie de 70 diamants en cette année anniversaire et qui représente le graal de ceux qui concourent, mais c’était sans doute trop demander que de ce laisser aller et de primer ce bijou !

François Ozon avec L’Amant Double, porté par Marine Vacth et Jérémie Renier pouvait tout espérer en cette année 2017. Ce réalisateur nous propose depuis 20 ans des films étranges, à la fois angoissants et légers, des histoires complexes filmées avec simplicité, sait créer des climats, diriger des acteurs, ose l’impossible, mais cela n’a pas été suffisant. Et pourtant, ce film s’inscrit dans sa filmographie si riche comme une page d’or, un moment de créativité parfaite. Il faut aller voir L’Amant Double, déambulation hallucinée dans l’esprit tordue de personnages dont on ne sait où ils nous portent. Même si le final laisse un léger doute et aurait pu encore frapper plus fort, il est sans conteste le meilleur film de cette sélection, celui qui offre le plus de créativité et donne des clefs pour tenter de mieux comprendre l’être humain. Film intelligent, tout en finesse, retord à toute lecture trop simpliste, cultivant « l’ambiguïté et l’incertitude en miroir » (Bernardo Bertolucci), déambulation au fil d’une réalité jamais évidente, il est une page majeure dans sa filmographie comme dans celle de cette année si peu riche en chefs d’oeuvre.

 

Alors, à l’unanimité de moi-même, en mon âme et conscience, je déclare adorer L’Amant Double de François Ozon, et aujourd’hui, je lui attribue ma Palme D’Or du coeur 2017 ! Allez voir ce film de toute urgence, vous ne le regretterez pas !

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Festival du Film 2017 : dernière livraison avant clôture !

Publié le par Bernard Oheix

 

Si le Festival a commencé tout doucement et sans passions extrêmes, depuis trois jours, de vrais films sur des histoires de chair et d’êtres humains émaillent toutes les sélections. Petit tour d’horizon de quelques coups de coeur qui donnent de l’espoir à un cinéphile enfin récompensé de ces longues files d’attentes, de ces heures à guetter l’éblouissement devant un écran qui s’éclaire !

 

Deux magnifiques films italiens pour nous rappeler que ce pays est toujours une terre de cinéma. Après le beau Fortunata, (cf. précédent article), Après la Guerre (Annarita Zambrano) tente de solder les cicatrices des années de plomb. Suite au meurtre absurde et brutal d’un professeur de droit en 2002, le spectre du terrorisme renaissant et l’abandon de la jurisprudence « Mitterrand » en France provoquent la fuite d’un ancien leader terroriste avec sa fille adolescente sur les chemins d’un nouvel exil. C’est aussi toute sa famille en Italie, la mère, la soeur, le beau-frère qui voient leur existence bouleversée par le drame.

Incapable de faire le bilan de ces années terribles, devant le désespoir d’une génération sacrifiée, l’Etat Italien s’arc-boute sur des règles qui empêchent la réconciliation. Un film sur une époque révolue où le terrorisme se voulait la bonne conscience de ceux qui luttent et que le futur rattrapera toujours dans son horreur !

L’intrusa de Leonardo Di Costanzo dévoile le visage d’une mère courage, une femme qui gère un centre de loisirs dans une banlieue Napolitaine rongée par la lèpre de la « camorra ». Dans une contexte fragile de tensions extrêmes, sa décision d’accueillir la femme d’un maffieux va mettre en péril tout le travail d’une équipe passionnée qui lutte au quotidien pour sortir les enfants du ghetto mental dans lequel la corruption et la violence les plongent. Les haines à fleur de peau et la peur qui suinte à chaque pas trouveront un fragile rayon de soleil dans un final d’espoir. 

 

On avait aimé le film Russe Sans Amour pour cette absence cruelle d’un enfant qu’un couple en train d’exploser provoquait. Une Femme Douce de Sergeï Loznitza élargit le propos, c’est la société toute entière qui est en train de s’écrouler. Un film désespéré sur la quête par une femme de son mari emprisonné dans une Russie en décomposition où toutes les valeurs se perdent, où les beuveries et le sexe se mélangent dans le pitoyable d’un échange sans partage. Une étrange fable conclut le film de 2h 22 (toujours un peu trop long !). Que l’on retrouve le film au palmarès, tout comme Sans Amour ne serait pas incongru tant les deux films russe touchent à l’essentiel des rapports humains dans une Russie qui s’enfonce dans le chaos et le désespoir.

Deux films français aussi. Le superbe et fascinant L’Atelier de Laurent Cantet où Marina Fois anime un atelier d’écriture auprès d’adolescents difficiles de La Ciotat. La violence passée, celle de la fermeture des chantiers dans les luttes et la violence d’aujourd’hui qui s’exprime dans les rapports tendus entre les jeunes se canalisent dans l’écriture d’un polar. L’écrivaine qui tente de mettre un peu d’ordre est alors fascinée par la personnalité brute d’un adolescent qui flirte avec l’ultra-violence et l’extrême droite…

Un film magnifique, sur la rédemption et l’interrogation, sur la recherche de l’humanité qu’il y a en chacun de nous !

Jeune femme de Léonor Serraille, campe une jeune femme à la limite de tout, du désespoir et de la violence, de la frustration et de la haine. Pourtant, dans un long cheminement vers elle-même, elle va recoller les morceaux épars de sa vie, faire enfin la paix avec les démons qui la hantent, accepter la fin d’un amour qui la dévore avec un artiste qui a été son Pygmalion avant de l’abandonner. C’est un vrai portrait de femme porté par une interprète fascinante, Laetitia Dosch dont l’énergie, la violence et la fragilité se transcendent dans sa volonté de survivre et de s’accomplir.

Directions du Bulgare Stephan Komandarev est un film choral dont le fil conducteur se situe dans les divers taxis qui vont charger des gens aux destins qui se croisent. C’est sur le fond d’une Bulgarie à bout de souffle, rongée par la corruption et qui fait le grand écart entre un destin européen et son passé de misère que des personnages vont accomplir leur trajet vers la solitude et les drames. Tableau désespéré d’une société en train d’exploser, entre la misère et la corruption, les trafics et les blessures du passé. Un film magnifique qui aurait mérité d’être en sélection pour concourir pour la Palme.

Je ne dirai pas de mal de In the Fade de Fatih Akim. Même si la facture du film est un peu trop classique et les effets parfois appuyés, le thème, un attentat raciste par des fascistes dans l’Allemagne d’aujourd’hui, me semble trop d’actualité pour que l’on dédaigne d’un revers de la main cette oeuvre puissante, forte sur le combat d’une mère qui vengera la perte des siens contre une société incapable de punir les coupables. Diane Kruger est remarquable et ce film, il faut l’espérer, aura une belle carrière en dehors des festivals !

 

Cette année, il n’y aura pas de pronostic sur le Palmarès. N’ayant vu que 8 films en compétition, je me garderai d’avancer des hypothèses même si j’imagine retrouver les deux Russes dans le tableau final.

Au final, j’aurai visionné 32 films dont 8 en compétition, 10 d’Un Certain Regard, 3 de La Semaine de la Critique, 5 du Cinéma des Antipodes et quelques Quinzaine et autres séances spéciales. J’en garderai la qualité évidente des Italiens, un regard toujours particulier et la richesse des réalisateurs Français, le scanner social des pays de l’est (Russie et Bulgarie) et quelques OFNI (Objets Filmés Non Identifiés). Parmi eux, Le Vénérable W, un documentaire fascinant sur les boudhistes racistes de Birmanie de Barbet-Schroeder qui fait froid dans le dos et un Ak-Nyeo du Coréen Jung Byung-Gil où dans les 3 premières minutes, une jeune fille très en colère tuent au pistolet et au couteau, 82 bandits qu’elle soupçonnait d’avoir tuer son père. C’est un film complètement fou, haletant et surprenant qui même à l’heure tardive de sa projection, ne pouvait que nous scotcher au siège et nous empêcher de dormir. Un Blockbuster à l’américaine sur fond de vengeance mais avec une maitrise incroyable et un supplément d’âme à réjouir tout cinéphile décidé à se lâcher un peu devant l’écran !

Voilà, l’heure de la cérémonie de clôture s’avance. Il faudra attendre un an avant de retrouver cette passion « cinéphilique » qui ouvre tant d’horizon, même dans ce monde qui a rétréci !

Et quand au thème de l’enfance meurtrie que j’avais défini dès le 3ème jour, il nous aura tenu en haleine jusqu’à la fin, jusqu’à l’ultime bobine, tant il ne faisait pas bon être un enfant dans les films présentés en 2017 au Festival de Cannes !

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L'Enfance meurtrie : festival du Film. 1ère partie

Publié le par Bernard Oheix

2017 ne sera pas une grande année (en terme de nombre de films !) pour moi. La faute à Lise ma petite fille me détournant allègrement des écrans. Après 5 jours, seulement 19 films au compteur, difficile d’envisager les 40 dans ces conditions extrêmes ! 

Mais puisque l’on évoque une (très) petite fille, autant rebondir sur le thème qui se dégage de cette première partie du festival avec une force peu commune ! Cette année sera celle de tous les états de l’enfance et de l’adolescence sous tous les angles possibles et imaginables ! Enfants meurtris, violés, kidnappés, abandonnés, mais aussi manipulateurs et bourreaux, on les aura tous entrevus dans cette édition du 70ème anniversaire du Festival du Film. Petite rétrospective sous l’angle d’une enfance brisée !

 

Cela a commencé avec Anu Singh, jeune fille désirant se suicider avec panache mais  qui finalement, n’y arrivant pas, décide de tuer son jeune amant, (c’est plus facile !) dans un film Australien tiré d’un fait réel du Cinéma des Antipodes, Joe Cinque’s consolation. Plus ambitieux et réussi, le film russe de Andrey Zvyagintsev, Sans Amour, devrait se retrouver au palmarès où un couple se déchirent sous l’oeil d’un enfant devenu un alibi dans la confrontation entre ses parents qui se le renvoie comme une balle encombrante. Il décide de fuguer… et la recherche désespérée des parents et d’une structure spécialisée dans la disparition des enfants le remettra au centre du jeu délétère qui s’est joué. Sa disparition inexpliquée lui redonnera sa place centrale, le rendra enfin présent et réel… mais trop tard !

Dans La lune de Jupiter, un adolescent réfugié syrien qui tente de rejoindre l’Europe avec son père, se fait tirer dessus par un commissaire Hongrois. Il va découvrir son pouvoir d’immortalité et de lévitation. Exploité dans un premier temps par un médecin corrompu puis aidé par lui qui devient son servant, il devient un objet de fascination et provoque une remise en cause des protagonistes. Film assez fascinant même si l’aspect religieux renvoie à un problématique complexe à prime abord.  

Dans la série de l’horreur absolue, rien ne sera épargné aux spectateurs dans Love Hunters de Ben Young qui nous abreuve d’images et de situations insoutenables. Une jeune fille est kidnappée par un couple de sérial killers avec tout ce que l’on peut imaginer. Ava (La Semaine de la Critique, premier ou deuxième film) de Léa Mysius, démarre magnifiquement. Une adolescente est en train de perdre la vue à cause d’une maladie génétique. C’est son dernier été. Malheureusement, le film se fourvoie dans un final totalement incongrue, échappant au contrôle de la réalisatrice-scénariste. Dommage, mais on la retrouvera dans son prochain opus tant elle affiche un vrai talent de mise en images.

Les filles d’Avril film mexicain de Michel franco présenté dans Un certain Regard (la sélection du  Festival hors compétition) voient s’opposer une fille-mère à sa mère/fille… La mère inconsistante et refusant de vieillir vient dérober le bébé et le père de l’enfant (17 ans) de sa propre fille. Celle-ci va se battre pour récupérer son enfant et renvoyer le géniteur. Un film bizarrement tordu qui laisse un goût étrange…

Gabriel e a montanha de Felipe Gamarano Barbosa suit les derniers jours d’un jeune qui a pris une année sabbatique pour parcourir le monde avant d’intégrer une université de Los Angeles. le film s’ouvre sur la découverte de son cadavre sur les pentes inhospitalières du mont Mulanji, sa dernière étape avant son retour programmé. Soutenu par des images de personnages qui l’ont vraiment connu dans sa volonté de s’intégrer parmi les populations locales, le film retrace son parcours et toutes les zones d’ombres du personnage. Son impatience, ses certitudes, son insouciance le mèneront à sa perte. Touchant et poignant.

Fortunata de l’Italien Sergio Castellitto est un film déchirant et magnifique. Une petite fille vit avec une mère courage (Fortunata), séparée d’un père policier abruti et violent. Elle tente de reconstituer sa vie et de gagner une liberté pour elle et sa fille. Magnifiquement réalisé, des personnages illuminés qui éblouissent, un final tragique et grandiose, un film attachant et singulier.

Dans Mise à mort d’un cerf sacré, de Yorgos Lanthimos, le thème de l’enfance s’impose de lui-même. Dans un processus de vengeance causée par la mort d’un patient, un père va devoir tuer un de ses enfants pour sauver l’autre !!! Âmes sensibles s’abstenir !

Enfin, on attendait beaucoup du dernier film en compétition de Michael Haneke, Happy End,  avec une distribution de prestige (Huppert, Trintignant, Kassovitz). Le film s’ouvre sur une petite fille (13 ans) qui empoisonne d’abord son hamster puis sa mère. Récupérée par son père, elle va contempler les dégâts d’une famille de la grande bourgeoise qui se décompose. Glacé et glaçant, d’une froideur chirurgicale, le film reste sur le fil du rasoir d’une réalité qui sécrète son propre poison.

 

D’une façon générale, les films sont trop longs, flirtant avec les deux heures, dégageant souvent une impression de confusion et de verbiage dont le Noah Baumbach L’histoire des Meyerowitz est une illustration parfaite, malgré un trio d’acteurs époustouflants (Hofffman, Sandler, Stiller). 

 

Dans quasiment tous ces films, un personnage vient s’imposer comme un élément indispensable de la vie quotidienne : le téléphone portable, outil de communication qui oblitère la réalité et transforme le rapport des individus. Sous couvert de les ouvrir aux autres, il les enferme dans une bulle sans prise avec la réalité. C’est particulièrement évident dans Passage par le futur du chinois Li Ruijun (Un Certain Regard) qui montre une jeune femme dans sa quête éperdue pour un avenir impossible. Elle acceptera de devenir un cobaye pour des expérimentations médicales afin d’assurer un avenir à ses parents dans une Chine où la crise ronge l’avenir. Le portable est omniprésent comme un témoin de l’agonie des êtres perdus dans un monde de souffrance.

 

Voilà, il reste 4 jours pour voir si les enfants et les portables peuvent faire bon ménage et offrir un horizon d'espoir dans un festival noir comme la vie qui nous entoure. Quand on est cinéaste, on ne doit pas facilement pouvoir créer des films heureux et optimistes quand on regarde l’état du monde qui nous entoure, et cela, nous spectateurs, nous en sommes les témoins privilégiés !

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Macron !

Publié le par Bernard Oheix

Et si l’avenir se jouait aujourd’hui... ou dimanche par exemple ?

Certains de nos choix n’impliquent que nous, sont du ressort de la sphère du privé. Athé, je respecte le croyant. Sudiste de Cannes, je n’en méprise pas le parisien… même si on peut en rire quelquefois. Blanc, je n’en pense pas pour cela être supérieur. Supérieur à qui et à quoi d’ailleurs ? Il y a tellement de gens plus intelligents que moi, à la belote comme dans le métier de programmateur, quelle que soit la couleur de leur peau, dans la vie comme dans le rêve. Nous irons tous un jour au bout de notre chemin, et ce n’est pas le ciel qui nous attend, c’est nous-mêmes, devant notre bilan, devant les nôtres, devant ceux qui nous ont connus et qui garderont notre mémoire jusqu’à l’extinction définitive des lumières.

J’ai découvert la musique du monde et elle m’a permis de voyager de par le monde, elle a ouvert des horizons d’une richesse insoupçonnée. J’ai voyagé et j’ai été reçu par des êtres qui n’avaient pas mon confort matériel mais qui m’offraient en partage leur repas et me donnaient un peu de leur humanité sans rien attendre en retour.

Ce monde, quand je suis né, à la moitié du précédent siècle, portait encore les stigmates d’une guerre effroyable où la raison avait perdu pied. J’en ai vu des traces concrètes. La fin de la guerre avait cessé depuis moins longtemps que le millénaire n’est entamé ! Une poignée d’années, une poussière de temps !

Alors je me dis que ces choix individuels que nous pouvons faire dans le secret d’un isoloir propice à se défouler, nous devons en porter la responsabilité devant les autres, devant nos enfants, devant les amis de nos enfants, devant n’importe quel humain dont les yeux peuvent pleurer à la mort d’un enfant, devant le coeur d’une mère qui voit les siens partir pour des voyages sans retour, devant ceux qui souffrent et n’ont pas les protections dont nous disposons.

J’ai grandi dans l’âge d’or, et je n’ai jamais connu le chômage, j’ai évité de justesse la grande vague du sida et j’ai vécu dans le confort d’une société française en plein développement. L’ascenseur social turbinait à plein et le monde nous appartenait.

Mais j’ai des enfants, une petite fille, des êtres que j’aime, et ceux que je ne connais pas forcément mais qui ont aussi un coeur et des réservoirs de larmes prêts à couler qui me demandent de ne pas être témoin etc complice de l’ignominie. 

 

D’un côté il y a la haine, le repliement, la fermeture, l’exclusion et avant tout, le chaos économique d’un programme absurde et changeant à tout moment avec comme seule certitude, l’explosion de l’Europe. Les négationnistes, les anciens fachos, les apparatchiks de l’appareil du Front National qui réussissent à s’adjoindre des êtres veules et cupides, des Ménard, Zemour, Collard et enfin un Dupont-Aignan qui veut se faire payer sa campagne et obtenir un poste de 1er ministre comme une consécration.

Il y a le mépris et l’utilisation sans vergogne de la peur et de la bêtise. Oui, je l’affirme, il faut être décervelé pour croire aux promesses d’une extrême droite aux slogans si faciles qu’ils en deviennent naturels. Oui il faut être con pour ne pas s’apercevoir que c’est un tissu de mensonges  et que le monde se portera plus mal de leur accession. Et la France explosera car du chaos ne nait jamais un monde harmonieux.

J’ai honte des électeurs du Front National.

J’ai honte d’un Mélanchon, vieux routier de la politique, blanchi sous le harnais des mandats interminables qui joue la stratégie du pire… Les insoumis Français ont le Pablo Iglesias qu’ils méritent, et il pue ce leader maximo, ce Trump de Gauche qui fait aimer la vertu politique comme le milliardaire de naissance Donald Trump a su se faire aimer des pauvres aux USA.

Oui je déteste ces hommes de droite, les Ciotti, Lellouche et autres qui naviguent en eaux troubles de calculs politiciens.

Oui je vomis ces cathos intégristes qui se cachent derrière leur religion comme ces intégristes musulmans qui prônent l’horreur pour faire fructifier leur petite boutique du malheur.

Il n’y a pas plusieurs votes possibles. Il n’y en a qu’un, voter Macron malgré la vraie haine qu’il déclenche. Une haine irraisonnée, sans fondements, irrationnelle comme s’il était responsable de tous les malheurs du monde.

Et si Macron me trompe, alors je pourrais descendre dans la rue et clamerais ma colère !

Je ne suis pas du tout certain de pouvoir le faire avec l'autre.

J’ai vécu une grande partie de ma vie, mais ceux que j’aime ont encore tant de rêves à accomplir, tant d’espoirs à porter que je ne peux me taire par égoïsme.

Voter Macron dimanche : une question de salut public, seulement cela, tout cela !

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En finir avec l'Inde !

Publié le par Bernard Oheix

Bon, d'accord, l'Inde c'est génial, merveilleux, et l'on peut en chanter les louanges à satiété ! Les gens sont beaux et accueillants, la nourriture est épicée, les paysages magnifiques et l'histoire chargée de gloire et de somptuosité... Le Taj- Mahal fait pleurer et Vanarasi sublime notre sens mystique ! On y trouve des déserts et des forêts tropicales, des dromadaires et des éléphants et les vaches sont les reines des autoroutes et possèdent leur propre maison de retraite (sic)...

Mais bon, je ne suis pas payé par une agence de voyage, et je peux aussi dire la vérité, toute la vérité. Tout ce que vous avez voulu savoir et que vous refusez d'entendre ! Tout ce que les touristes cachent et qu'il me faut dévoiler dans un élan incompréhensible de sincérité.

Accrochez vos ceintures, cela va dépoter !

C'est vrai que tous les moyens de locomotion ne sont pas au top ! Regardez après 15 jours de Rajasthan l'état de notre véhicule. Bon, à contrario, cela montre l'ingéniosité des mécaniciens indiens !

C'est vrai que tous les moyens de locomotion ne sont pas au top ! Regardez après 15 jours de Rajasthan l'état de notre véhicule. Bon, à contrario, cela montre l'ingéniosité des mécaniciens indiens !

Le transport de marchandises est un art en Inde. Ce camion en est le parfait exemple. Et encore, il était en train de charger une nouvelle cargaison !

Le transport de marchandises est un art en Inde. Ce camion en est le parfait exemple. Et encore, il était en train de charger une nouvelle cargaison !

Non, tous les guides ne sont pas en train de se pomponner toute la journée. Mais le nôtre, Prem, avait en ce jour de la Holy fête, un peu forcé sur le fond de teint !!

Non, tous les guides ne sont pas en train de se pomponner toute la journée. Mais le nôtre, Prem, avait en ce jour de la Holy fête, un peu forcé sur le fond de teint !!

S'il y a des électriciens au chômage en France à cause de la gauche incapable de créer des emplois, qu'ils se rassurent, leurs compétences sont les biens-venues en Inde !

S'il y a des électriciens au chômage en France à cause de la gauche incapable de créer des emplois, qu'ils se rassurent, leurs compétences sont les biens-venues en Inde !

Les indiens ont une conception un peu particulière de la tenue de soirée. Pas certain qu'il puisse monter le tapis rouge du Festival du Film notre ami en pleine démonstration de "macramé"

Les indiens ont une conception un peu particulière de la tenue de soirée. Pas certain qu'il puisse monter le tapis rouge du Festival du Film notre ami en pleine démonstration de "macramé"

Nos amis indiens sont si gentils avec les touristes, qu'ils n'hésitent pas à leur prêter une portion de leur système pileux ! Générosité et altruisme !

Nos amis indiens sont si gentils avec les touristes, qu'ils n'hésitent pas à leur prêter une portion de leur système pileux ! Générosité et altruisme !

Un pays où les drapeaux avec la faucille et le marteau flottent dans le vent existe ! Mon âme de soixante-huitard s'est réveillée. Le Kerala où le communisme (non Léniniste) est soluble dans le thé massala ! Cela existe !

Un pays où les drapeaux avec la faucille et le marteau flottent dans le vent existe ! Mon âme de soixante-huitard s'est réveillée. Le Kerala où le communisme (non Léniniste) est soluble dans le thé massala ! Cela existe !

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Fin de voyage... le Kerala

Publié le par Bernard Oheix

This is the end... comme pourrait le chanter Jim Morrison. Une fin de voyage dans le calme et la sérénité d’un état verdoyant et étonnant. Imaginez après l’âpreté de notre rencontre avec Venarasi, l’avion pour Kochi via Mombay, et le changement brutal à l’atterrissage. Un climat tropical, chaud et humide, des arbres qui envahissent le moindre espace, cocotiers, hévéas, palmiers... les montagnes plongeant dans l’océan Indien. 

Dans les rues, des drapeaux rouges au marteau et à la faucille faseyent dans le vent. Le Kerala est un état de l’Union Indienne qui est géré depuis les années 50, en alternance, par le parti de Ghandi et par un parti communiste qui a décidé que l'idéologie marxiste permettrait d’avoir aussi bien les oranges que le socialisme (gag !).  Actuellement, ils ont repris le pouvoir par les urnes et gèrent avec intelligence un des états les plus riches de ce pays. Comme quoi, le communisme est parfois soluble dans le thé massala !

Et il faut reconnaitre que cela a l’air de marcher. Pas de pauvreté apparente, des rues propres, des gens aimables et souriants, des maisons aux couleurs pimpantes. Une quiétude et une nonchalance même si la circulation reste un problème que seuls les locaux sont en mesure de contrôler.

 
Fin de voyage... le Kerala

Après un détour vers les hauteurs (1500 mètres d’altitude), les pentes noyées dans les champs de thé et d’épices, nous redescendons en longeant d’immenses rizières pour aboutir dans les backwater’s, un territoire gigantesque classé au patrimoine de l’humanité, entre l’eau douce et l’eau salée, entre l’océan indien et l’eau qui ruisselle des montagnes pour former un delta gigantesque où la terre et l’eau s’épousent en fusionnant avec le ciel.

Sur notre bateau de confort, des cabines pimpantes, un équipage de 3 personnes attentionnées, un pont qui s’ouvre sur la nature où nous prenons le temps de vivre au rythme lent du bateau qui emprunte des canaux serpentant entre deux haies d’une végétation luxuriante.

Femmes qui lavent leur linge en le frappant contre des roches, enfants qui pêchent avec des bâtons, vieux qui contemplent l’eau miroiter sous un soleil étouffant, quelques villages accrochés a des pans de terres, des oiseaux et des fleurs aquatiques, la vie s’écoule au fil de l’eau calme et du temps serein !

Fin de voyage... le Kerala

Une dernière escapade vers les plages immenses de l’océan Indien, un retour à Kochi pour quelques monuments à visiter et un dernier shopping dans des petites ruelles 

colorées.

Et bien naturellement, avant de prendre l’avion, un spectacle de Kathakali dans le centre culturel de la ville, une première partie en forme de démonstration des techniques utiisées ( mouvements des yeux, grimaces, mimes des émotions diverses) et une démonstration par une pièce sur les amours contrarié, au jardin du paradis, d’un jeune homme en proie à un démon qui se dissimule sous les traits d’une femme ! Mais le mal sera découvert et le bien triomphera !  

Et l’avion à 4h20 d’une nuit qui nous ramènera par Dubaï vers les rivages de notre Méditerranée.

Le voyage en Inde est terminé. Il reste à digérer cette somme incroyables d’images, de couleurs et de sons. Il reste à tout remettre en ordre. Mais je sais bien que plus jamais je ne pourrais entendre parler de l’Inde, évoquer ce pays et son histoire, sans qu’il se déclenche un mouvement violent en moi. L’Inde n’est pas qu’une destination normale, un voyage de plus... c’est avant tout, une rencontre avec soi-même et une interrogation sur la vie et la mort.

Et c’est bien là un thème, qui a notre âge, résonne fortement en nous !

 
Fin de voyage... le Kerala

Merci à Cannes Azur Voyages de l'avenue Francis Tonner à La Bocca d'avoir si bien compris le voyage dont nous rêvions et de l'avoir mis en musique.

Merci à la SITA, l’agence Indienne qui a organisé localement notre séjour si magnifiquement.

Merci aux divers guides et conducteurs dans les étapes diverse de notre séjour, avec une pensée émue pour Prem qui aura passé deux semaines avec nous. 

Et surtout, merci aux innombrables indiens qui nous ont fait des sourires, des gestes de bienvenue avec la main, qui nous ont regardés dans les yeux avec de la bienveillance, qui ont échangé tout au long de ces 3 semaines en anglais ou dans des langues incompréhensibles... mais dont la gentillesse profonde s'affichait sur leur visage et dans leurs attitudes.

Dans les restaurants, dans la rue, sur les lieux si beaux que nous avons visités, il nous ont accueillis comme des invités et non comme des gêneurs !

Namaste... et à bientôt l’Inde !

Après le Rajasthan, l’Utar Pradesh et le Kerala, il nous reste encore 25 régions à découvrir !

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